EXPLOITATION MINIERES DANS LA REGION DE GUELMA

               Aucune mine n'est exploitée sur le territoire de la commune. Toutefois, dans ses environs immédiats, il existe, près d'Héliopolis, une mine de soufre mélangée de calcaire. Ce mélange, nécessaire dans le traitement de la vigne, peut être la base d'une reprise de l'exploitation, en vue d'un écoulement régional des produits.

Les gisements ne manquent pas à Guelma et dans ses environs. Un document d'archives nous apprend que : "Presque tous les gisements sont inexploités, la plupart sont loin d'être épuisés et cette situation tient à deux causes principales :

1°) L'application prématurée, en Algérie, des mesures fiscales édictées dans la Métropole où les mines métalliques sont peu connues ;

2°) L'avilissement du prix des minerais, consécutif à la baisse accentuée depuis 1930, du cours des métaux. Un régime administratif et fiscal plus souple, et quelques mesures de protection contre le dumping étranger permettraient à l'industrie extractive algérienne de connaître de nouveaux jours de prospérité. La main d'œuvre locale, le budget algérien, la balance commerciale française y trouveraient leur compte, ainsi que la Défense nationale à qui les métaux sont indispensables et qui ne saurait demeurer tributaire de l'étranger".

D'autres documents précisent

Aux environs de Guelma, il existe de nombreux gisements de gypse, de calcaire lithographique, de calcaire blanc saccharoïde et de marbre statuaire. Ce marbre est remarquable par sa blancheur, il a beaucoup d'analogie avec l'albâtre de Paros. Dans le djebel Aouara, vers le Fedjoudj, on a effectué des recherches sur des affleurements d'antimoine et de plomb. Dans le Nador, on trouve des gisements de plomb carbonaté et sulfaté et de la galène. Au djebel Taya, des recherches qui ont produit d'assez grandes quantités de sulfures d'antimoine et de mercure. D'après l'avis de M. Dubosc, ingénieur des mines, le gîte métallifère comprenait toute la masse du Taya. Un autre gîte métallifère est à la limite du cercle à environ 40 km de Guelma. C'est une mine de plomb argentifère à l'état de sulfure. Il existe encore un grand nombre de gîtes où le sulfure d'antimoine se présente en abondance qui devraient faire l'objet de future exploitation". Dans le Fedjoudj, on rencontre de nombreuses couches d'argiles calcaires, qui, bien traitées, peuvent donner un excellent ciment. Enfin, Roknia possède trois qualités de Kaolin : un blanc exceptionnellement pur, un rose et un gris. Toute la production est exportée à Limoges pour la fabrique des porcelaines.

LES MARBRIÈRES

Le djebel "Mahouna", montagne qui se dresse, au sud de la ville, à 1.411 mètres d'altitude, renferme dans ses flancs, surtout vers l'Ouest, des bancs de marbre blanc et coloré d'une valeur artistique considérable, mis en exploitation pendant de longues années. La proximité des carrières devient pour Guelma, en peu de temps, une source de richesse et de prospérité par l'augmentation de sa population ouvrière et par les revenus de la location du site à la "Société des Marbrières" pour l'exploitation, surtout lorsque la voie ferrée du Bône-Guelma est construite. Sept carrières sont exploitées en même temps. Elle sont, sous leurs noms respectifs et par ordre de distance, celles du "Boisé-Romain", de "Saint-Augustin I", de "Calama", de "Sutulle", de "Saint-Augustin II", de "Jugurtha" et de "Babauri". Chacune d'elle extrait un marbre de nuance différente. La plus rapprochée est celle de Boisé-Romain qui doit son nom à la nuance particulière du marbre qui ressemble aux veines et aux sillons jaunâtres et bruns d'un beau bois verni. Elle est la plus estimée. Son banc s'étend sur un kilomètre environ de longueur avec une épaisseur de 1,40 mètres et sur une profondeur jamais connue semble-t-il, puisque l'extraction, se pratiquant à ciel ouvert dans des tranchées de 10 à 15 mètres de profondeur, ne permet pas de situer cette limite. A quelques centaines de mètres, vers l'Est, se trouve la première carrière de Saint-Augustin I qui livre du marbre rose à veines striées. A un kilomètre de Boisé-Romain, vers l'Ouest, la carrière de Calama dont le banc s'étend aussi sur une grande longueur. Ce premier groupe de trois carrières est sur le territoire de la commune de Guelma en plein djebel Hallouf.

Le second groupe se compose de Sutulle dont le marbre est jaune avec des ondulations de teinte et de dessin remarquables. Le Saint-Augustin II n'est autre que l'onyx rose translucide ; la profondeur et l'épaisseur de son banc permet d'en tirer des colonnes roses d'une richesse qualifiée d'unique au monde. Le marbre de Jugurtha est violet avec des nervures, des veines et un dessin inimitable, dit-on. Quant au veiné Babauri il complète merveilleusement l'admirable collection de nuances réunies dans les marbres de Guelma.

L'exploitation de ces carrières est hélas abandonnée en raison des difficultés de transport, de l'état des routes et des problèmes économiques.

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