Itinéraire de l'Algérie, de Tunis et de Tanger
par Louis Piesse.... 1882.

GUELMA.!

Description. Guelma, jolie ville neuve d'un aspect tout à fait européen, placée en dehors de la vieille Kalama, devenue sa citadelle, est entourée d'un rempart crénelé dans lequel sont percées cinq portes qui doivent aux routes qui en portent les noms de Bône, de la Pépinière, de Constantine, de Medjez-Ahmar et d'Announa.

Aux places de l'Église, Saint-Augustin, Saint-Cyprien, Coligny, de la Fontaine et du Fondouk, viennent aboutir de belles rues plantées d'arbres, pou la plupart, et arrosées par de nombreuses bornes fontaines.

Les rues principales sont les rues Saint-Augustin, Saint-Louis, de Bône, d'Announa, de Medjez-Ahmar, Mogador, Duquesne, Bélisaire, Jean-Bart, Négrier, de la Fontaine, etc. .

La rue d'Announa, au N. de la ville, longue d'un kilomètre, habitée par des Arabes, est la plus curieuse à visiter le lundi, jour du grand marché arabe. Les marchands de nouveautés, les teinturiers, les bouchers, les restaurateurs, les cafetiers et les mendiants, aux costumes bizarres, aux allures bibliques, donnent à cette rue une physionomie qui, pour : n'être pas celles des rues d'Alger, ou de Tlemcen, ou de Constantine, n'est pas dépourvue cependant, d'un vif intérêt.
Une modeste église, un plus modeste oratoire protestant, une élégante mosquée, la plus jolie qu'on ait construite dans la province de Constantine, constituent les édifices religieux.

Les édifices militaires sont : l'hôtel du commandant supérieur du cercle, un bureau arabe, quatre casernes et un hôpital dans l'ancienne forteresse romaine. Quant aux édifices civils, sauf les écoles, la halle au blé et l'abattoir, dont, la destination a été toujours la même, on les citera pour mémoire.

Le Musée de Guelma, installé à droite de la place de l'Eglise, dans un fort joli jardin, renfermé des statues, des tombeaux, des autels, des inscriptions, qui ont été recueillies par le Génie militaire. Cette belle collection, susceptible de devenir plus riche, au moyen des nombreuses ruines qui entourent Guelma, serait plus importante depuis longtemps si la ville n'avait pas été rebâtie de nos jours par des constructeurs malheureusement pleins de dédain pour les objets d'art et pour les reliques des temps passés. Indépendamment de la kasba reconstruite avec des matériaux romains, on peut visiter encore, entre la halle au blé et la rue d'Announa, l'ancien théâtre, assez bien conservé, mais souillé par les Arabes, qui en ont fait leur via stercoraire.

Guelma n'est pas, comme on l'a prétendu un instant, sur l'emplacement de Suthul, la formidable citadelle, dépositaire des trésors de Jugurtha, et sous les remparts de laquelle le prince numide fit éprouver un grave échec aux aigles romaines.

Guelma, telle que les Français la trouvèrent à la fin de 1836, était bâtie avec les matériaux provenant de l'ancienne Kalama, nommée pour la première fois par saint Augustin; mais remplacement qu'elle occupe n'était pas celui sur lequel fut jadis construite la véritable cité romaine. Celle-ci était devenue la proie soit des Maures révoltés, soit des Vandales : probablement elle avait eu beaucoup à souffrir, tant dans ses monuments et ses remparts que dans la personne de ses habitants. Ceux-ci, profitant d'un moment de répit, se construisirent une forteresse imposante, à côté de l'ancienne Kalama, dont ils employèrent une partie des matériaux. Mais, en 1836, le rempart ; de la seconde Kalama était renversé sur tout son pourtour d'une manière irrégulière; et, si la main des hommes avait contribué à cette destruction, un examen approfondi de la situation de certaines fractions restées encore debout, prouvait d'une manière incontestable qu'un ou plusieurs tremblements de terre avaient été la cause principale de la chute de cette citadelle.

Voici, parmi les nombreuses inscriptions trouvées à Guelma, une de celles, qui figurent sur un monument élevé, au moyen d'une souscription, à Quintus Domitius Victor, patron de Kalama :
Q. DOMITIO. Q. F. QVIK. VICTOKT . FRAISF. COH. VI. BR1TTON TRIB. MIL. ÎEG. X. ERETENSIS TRIB. MIL. I,EG. III. CYRENAICAE CALAMENSES . PATRONO AERE CONI.ATO.

Le maréchal Clauzel, frappé de l'importance stratégique de Guelma, y établit un camp permanent, destiné à surveiller le bassin de la Seïbouse et à préparer définitivement la conquête, de la province. Guelma présentait des pierres de taille en immense quantité, des carrières de bon calcaire, des pierres à plâtre, du bois de chauffage à proximité. De belles casernes et un hôpital parfaitement installé s'élevèrent, une place publique fut tracée, des fontaines furent établies, des plantations furent faites, et bientôt le camp de Guelma, dont le colonel (depuis général) Duvivier fut le premier commandant, devint l'un des plus beaux établissements militaires de l'Algérie et le chef lieu d'un cercle important et d'une sous-préfecture

La ville de Guelma, chef-lieu d'une commune de plein exercice, possède avec Aïn-Touta, son annexe, 5,233 hab., dont 1,149 Français, 344 Israélites, 2,194 indigènes, 1,546 étrangers.
La population de sa commune mixte est de 13,963 hab, dont 4 Français, 13,679 indigènes et 10 étrangers.
Eglises, écoles des 2 sexes.

Description
Guelma, jolie ville neuve d'un aspect tout à fait européen, placée en dehors de la vieille Kalama, devenue sa citadelle, est entourée d'un rempart crénelé dans lequel sont percées cinq portes qui doivent aux routes qui en partent les noms de Bône, de la Pépinière, de Constantine, de-Medjez-Ahmar et d'Annouhna.

Aux places de l'Église, Saint- Augustin, Saint-Cyprien, Coligny, de la Fontaine et du Fondouk, viennent aboutir de belles rues plantées d'arbres, pour la plupart, et arrosées par de nombreuses bornes-fontaines.

Les rues principales sont les rues Saint-Augustin, Saint-Louis, de Bône, d'Announa, de Medjez-Ahmar, Mogador, Duquesne, Bélisaire, Jean-Bart, Négrier, de la Fontaine, etc.

La rue d'Announa, au N. de la ville, longue d'un kil., habitée par des Arabes, est la plus curieuse à visiter le lundi, jour du grand marché arabe. Les marchands de nouveautés, (les teinturiers, les bouchers, les restaurateurs, les cafetiers et les mendiants, aux costumes bizarres, aux allures bibliques, donnent a cette rue une physionomie qui, pour n'être pas celles des rues d'Alger, ou de Tlemcen, ou de Constantine, n'est pas dépourvue cependant d'un vif intérêt.

Une modeste église, un plus modeste oratoire protestant, une élégante mosquée, la plus jolie qu'on ait construite dans la province de Constantine, constituent les édifices religieux. Les édifices militaires sont : l'hôtel du commandant supérieur du cercle, un bureau arabe, quatre casernes et un hôpital dans l'ancienne forteresse romaine. Quant aux édifices civils, sauf les écoles, la halle au blé et l'abattoir, dont, la destination a été toujours la même, on les citera pour mémoire.

Le Musée de Guelma, installé à droite de la place de l'Eglise, dans un fort joli jardin, renferme des statues, des tombeaux, des autels, des inscriptions, qui ont été recueillies par le Génie militaire. Cette belle collection, susceptible de devenir plus riche, au moyen des nombreuses ruines qui entourent Guelma, serait plus importante depuis longtemps si la ville n'avait pas été rebâtie de nos jours par des constructeurs malheureusement pleins de dédain pour les objets d'art et pour les reliques des temps passés.

Indépendamment de la kasba reconstruite avec des matériaux romains, on peut visiter encore, entre la halle au blé et la rue d'Announa, l'ancien théâtre, assez bien conservé, mais souillé par les Arabes, qui en ont fait leur via stercoraire (Qui a rapport aux excréments; qui concerne les matières fécales).

Il nous reste à parler du commerce et de l'industrie assez prospères à Guelma, mais qui prendront plus de développement encore avec l'ouverture du chemin de fer qui relie cette ville à Constantine et à Bône. L'industrie principale consiste en minoteries, tanneries et briqueteries. Les marchés sont :
le marché aux légumes, place Saint-Cyprien, tous les jours;
le marché au bois, place Coligny, tous les jours également;
le marché au blé et aux huiles, place de l'Hôpital, les mardis ; et les samedis, et enfin le marché aux bestiaux, le plus important, les lundis et les mardis, au champ de manœuvres. Les promenades immédiates de Guelma sont :

L'Esplanade, prolongement de la place Saint-Augustin, le jardin des fleurs et l'ex-pépinière convertie en promenade

Excursions. Hammam-Meskhroutin (V. p. 457). Hadjar-Tseldj et Ksar-Tekkout, à 18 kil; 50 de Guelma. A la limite des Beni-Foural et de l'oued-Zenati, tout près du chemin d'Hammam-Meskhroutin, Hadjar-seldj, la Pierre de la Neige, et Ksar-Tekkout, le Château du Coucou, l,040 mètres de hauteur, dominent un immense panorama formé de vallées et de collines couvertes d'une végétation de toute beauté. " Ces deux points, éloignés l'un de l'autre de 1,740 met, prennent le sommet de la chaîne dite Ênchir-ngab et laissent voir au N. oued-Bou-Hamdan, oued-Djebbara, le Kef-Ms'ouna, le Kef Aouneur, le djebel-Taïa et la Méditerranée à l'est; les sommets des environs de Guelma, de Bône, de Souk-Ahrras et de la Tunisie ; au S., cent lieues d'un horizon légèrement ondulé; au fond le regard devine le désert, quand il s'est reposé sur le Siçli Rouis et le Guérioun; à l'O. Enfin, la vallée de l'oued-Zenati, les Ameûr-Cheraga et les crêtes élevées de Batna et de Sétif, "(Annuaire archéologique de la province de Constantine, 1869.)

Oum-Guerrigch, à 40 kil, S.-O. o- De Guelma à Medjez-Ahmar, 12 kil. De là on suit en droite ligne la rive .g. de l oued-Cherf, affluent de la Seïbouse, pendant 24 kil. ; Puis, appuyant au pied N. du djebelel-Houfa, on remonte à(4 kil.) Oum Guerrigch, où le commandant de Génie Dewulf a signalé le premier un fort byzantin, des corniches et des chapiteaux annonçant des monuments d'une certaine importance, et couvrant un espace assez considérable
La découverte principale est celle d'une inscription, dédicace à Septime-Sévère, en 204, et restituant à Oum-Guerrigch son premier nom de Civitas Nattabutum. A 3 kil.. S., le djebel-Mahouna, couvert de forêts, de clairières, de ravins et de rochers, au milieu desquels Gérard, le tueur de lions, a commencé sa renommée.

Roknia, à 16 kil. N.-O., sur le ruisseau du même nom, affluent du Sannedja ou oued-el-Kebir. Sorti par la porte de Bône et traversant le pont sur la Seïbouse, le touriste laisse à dr. l'a route de Jemmapes et se dirige en droite ligne sur les pentes du Djebel-Debbar.

A 2 kil de la dernière, croupe de cette montagne et au N d'Hammam-Meskhroutin, il trouvera d'innombrables tombeaux, monuments mégalithiques, tantôt en plein air, sous : forme de dolmen, tantôt creusés dans le roc et représentant des chambres carrées de 1 met. 50 à 2 met de côté, auxquelles les indigènes donnent le nom de khanout, boutiques.
On discute beaucoup sur l'âge de ces monuments et sur la race d'hommes dont les os y ont été retrouvés.
A 88 kil. 500 met., le chemin de fer croise la route de terre de Guelma Constantine, qu'elle laisse à dr. 99 kil. Pont de 60 M à 2 travées, avec tablier métallique sur la Seïbouse.
102 kil. Medjez-Khmar,le gué rouge, station du chemin de fer de Guelma à Constantine, créé en 1848,et annexé à Guelma, le 31 décembre1856, rappelle le souvenir de la 2° expédition de Constantine, en 1837. Pour ne point laisser à Ahmed-bey l'espoir qu'il nourrissait peut-être de gagner du temps et d'échapper encore cette année au péril dont il se sentait menacé, le général de Damrémont résolut de se rapprocher de Constantine en occupant fortement la position favorable de Medjez-Ahmar, destinée à devenir le point de départ des opérations ultérieures; un vaste camp y fut tracé et devint , bientôt une immense place d'armes. Le 20 septembre 1857, Ahmed en personne, à la tête de 10,000 hommes, espéra surprendre le camp, sur lequel les Arabes se précipitèrent avec fureur ; ils furent repoussés avec des pertes considérables. L'armée expéditionnaire, partie de Medjez-Ahmar le 1 octobre suivant, arrivait, le 6, sous les murs de Constantine, qui tombait en notre pont voir, le 13.

L'ancien camp concédé d'abord, en 1849, avec 500 hect de terrain, à M. l'abbé Landmann pour, la création d'un orphelinat semblable à ceux de Ben-Aknoun, de Bou-Farik et de Misserguin (F. p. 198)-,fut remis ensuite à M. l'abbé Plasson, par décret du 26 juillet 1852.

Au 31 décembre 1856, il était encore confié à la direction des religieux de l'ordre de Saint-Augustin. Depuis 1857, ces religieux ont renoncé à leur concession ; l'orphelinat a été dissous, et les enfants ont été répartis dans les autres établissements du même genre en Algérie. Par suite, la concession est rentrée dans les mains de l'État, qui l'a donnée en location, en attendant qu'une occasion se pré- sente d'en tirer meilleur parti.
C'est à Medjez-Ahmar que le chemin de fer vient retrouver la route de terre.
La jonction, au-dessous de Medjez Ahmar, de l'oued-Cherf et de l'oued Bou-Hamdan, continuation de l'oued Zenati, forme la Seïbouse, Ubus des anciens, qui, coulant d'abord de l'O. à l'E., remonte ensuite au N. et va se jeter dans la Méditerranée près de Bône, 103 kil. 500 met.

Pont de 54 met avec tablier métallique sur l'oued Hamdan (Seïbouse plus bas). La voie ferrée remonte brusquement au N.-O. entre l'oued-Hamdan et la route d'Hammam-Meskhroutin, jusqu'à 107 kil. L'oued-Chedakhra, affluent de l'oued-Bou-Hamdan; on le traverse sur un viaduc de 90 met et de 17 met de hauteur , 107 kil, .50 met.

Hammam-Meskhroutin à g. de l'oued-Bou-Hamdan qu'il domine à 300 met d'alt. On peut encore, après Medjez-Ahmar, un peu au-delà de la 79° borne kilométrique de Bône à Constantine, 14° de Guelma, prendre à dr une excellente route qui conduit aux Bains après un parcours de 2 kil. Mais le voyageur préférera toujours les sentiers arabes qui sillonnent en zigzag les flancs des montagnes, s'il veut voir se dérouler devant lui les capricieuses beautés d'une nature; orientale;
De la gare de Hammam-Meskhroutin, le chemin, longeant d'abord le petit hôpital militaire à d., descend, à travers de beaux massifs d'oliviers, jusqu'à la cascade pétrifiée. Au-delà à-g., les piscines destinées, aux militaires, et dominant les ravins de l'oued-Chedakkra du fond desquels d'épaisses vapeurs indiquent la thermalité des eaux. A d., les piscines et les baignoires rudimentaires, pour les malades civils indigènes ou européens; Plus haut les chalets et l'hôtel près desquels quelques mosaïques bien conservées et des débris plus ou moins frustes indiquent, dans tous les cas, que les Romains connaissaient l'efficacité des eaux " aqua; Tibilitanoe", qui ont précédé Hammam Meskhroutin.
La notice suivante, complète de tous points, est due à M. le docteur Richard, médecin-major, directeur de l'hôpital militaire d'Hammam Meskhroutin :

" Hammam-Meskhroutin est admiré de tous les touristes pour sa riche végétation, la beauté de ses sites et les gracieuses lignes de crêtes qui encadrent son horizon. Les sources émergent au centre d'un cirque montagneux elliptique dont le grand axe a de 6 à 7 kil., le petit de 4 à 5. Les dépôts calcaires qu'elles ont laissés pendant la suite des siècles prouvent qu'il existe dans les roches profondes une longue faille de plus de 2 kil d'étendue et dirigée du S. au N.
Dans des âges géologiques reculés l'eau jaillissait en une nappe allongée, déposait ses sédiments sur les bords de la fissure superficielle, et élevait lentement ces longues murailles que nous admirons aujourd'hui, et dont l'une mesure jusqu'à, 400 met sur une hauteur moyenne de 7 à 8 met et une base de 6 à 7.

Ce qui attire surtout l'attention dans ces espèces de dos d'âne, c'est un profond sillon médian qui ne manque Jamais, qui les partage dans toute leur longueur en deux immenses valves et qui représente l'ancien er griffon de ces gigantesques sources aujourd'hui taries. Elles ont tari parce qu'elles incrustaient elles mêmes les parois de leur cratère, et parce qu'en élevant constamment leur niveau d'émergence, elles finissaient par l'amener au niveau de leur bassin d'origine :- alors l'eau était forcée de se frayer des voies nouvelles à travers les roches superficielles pour devenir sourdre sur les côtés de la saillie; de là, ces nombreux cônes, vrais cratères parasites dont la formation ne diffère en rien de celle des murailles : les uns et les autres sont largement présentés et cormuniquent à la contrée un aspect très original, presque fantastique, qui a enfanté bien des légendes.

" Les sources se sont constamment déplacées de siècle en siècle : aujourd'hui, elles forment cinq groupes à l'extrémité N. de la grande faille, et dont le cinquième est placé sur son côté 0 à 200 met environ; ce dernier groupe occupe le lit même de l'oued-Chedakhra, à 1,500 met en amont de l'hôpital militaire; il est dit ferrugineux, mais ne contient que des oxydes de fer en suspension, nullement en dissolution.

Le groupe placé à l'autre extrémité, dans la tranchée même du chemin de fer de Constantine à Bône, est très abondant, et le ruisseau d'eau chaude auquel il donne naissance suit la voie sur une certaine distance. Le groupe dit de la Ruine s'appauvrit tous les jours ; il est situé sur le champ des cônes. Les deux groupes les plus abondants sont, ceux des Piscines et de la Cascade; ce sont les seuls utilisés pour la cure thermale.
La température des sources est de 95°; leur débit de 100,000 lit à la minute, et elles sont très remarquables à ce double point de vue : en effet, elles viennent en quatrième ligne pour leur thermalité élevée parmi toutes les eaux minérales connues : le "Grand-Geysers, en Islande, mesure 1O0°-; Saint-Michel, en Amérique, 99°; Ischia, en Italie, 98°; les sources de la Grande-Cascade fournissent à elles seules un volume égal à celles de Bourbon Archambault, la source la plus abondante de France.

" Chaque printemps, des baigneurs civils et militaires, nombre d'indigènes, et surtout d'Israélites, viennent demander la guérison aux eaux d'Hammam-Meskhroutin. Celles - ci sont surtout efficaces dans les affections rhumatismales chroniques, les anciennes névralgies, les arthrites chroniques, les raideurs articulaires consécutives aux fractures et aux luxations, etc. Elles sont administrées sous forme de bains, de douches, de bains de vapeur, inhalations. En boisson, elles sont légèrement laxatives et ne possèdent aucune propriété médicinale.
" Au point de vue pittoresque, les dépôts modernes de la Cascade avec leurs stalactites, leurs aiguilles. Au point de vue pittoresque, les dépôts modernes de la Cascade avec leurs stalactites, leurs aiguilles, leurs nappes figées, leurs colonnettes, leurs corniches, leurs vasques élégantes, leurs tons variés, ici d'un [ blanc de lait d'une pureté parfaite, t là d'une couleur de rouille claire, et , enfin les colonnes de vapeur, qui les couronnent, forment un ensemble extrêmement beau qui reproduit et e rappelle en petit les assises plus grandioses, mais identiques quant à leur nature, leur origine et aussi a quant à leur aspect, de Panbouke Kalassi (Château du Coton), près de Smyrne.

"De nombreuses cavernes souterraines font résonner le sol sous les pas du voyageur : à 2 kil de l'hôpital militaire, à l'extrémité S. précisément de la grande faille, la voûte d'une de ces cavernes s'est effondrée soudain, en juin 1878, par un jour d'orage, sur un cercle qui mesure le 30 met de diamètre et à une profondeur moyenne de 1 met. 50.

Depuis lors, on a accès dans la grotte, dont la voûte est superbe pour la Longueur de son rayon. Le fond de la grotte est occupé par un lac souterrain, dont le niveau est à 10 met au-dessous du sol, et dont la température, mesurée par MM. les pharmaciens militaires David et Mérelle, est a 21°.

En dehors de ce curieux phénomène géologique, Hammam-Meskhroutin offre au visiteur des curiosités d'un autre genre, tout aussi remarquables et qui font l'objet de charmantes excursions à travers un pays splendide.
A 1 kil. 0. se trouve d l'entrée des grottes de Taïa, qu'on peut traverser en chemin de fer, mais que le touriste fera bien de parcourir à pied.
Au-dessus du viaduc du chemin de fer, à une altitude de 200 met environ au-dessus du, Bou-Hamdan, se trouvent les ruines , d'un observatoire romain, vue splendide.
En deux heures on peut aller à dos de mulet à la nécropole celtique de Roknia d'un côté, aux belles ruines romaines d'Announa du côté opposé . " Dr Richard, médecin-major ".

Il reste à raconter la légende spéciale à Hammam-Meskhroutin :
" Un Arabe riche et puissant avait une sœur; mais, la trouvant trop belle pour la fiancer à un autre qu'à lui, il voulut l'épouser malgré l'interdiction formelle de la loi musulmane, malgré les remontrances et les supplications des anciens de la tribu, dont il fit rouler les têtes devant sa tente. Alors commencèrent les fantasias, les danses, terminées par un immense festin, puis, comme le couple maudit allait se retirer, les éléments furent bouleversés : le feu du démon sortit de terre, les eaux de leur lit, le tonnerre retentit effroyablement; puis, quand tout revint au calme, on retrouva l'Arabe et sa sœur, les gens de lois, les invités, les danseuses et les esclaves pétrifiés : les cônes représentent tous les acteurs de ce drame.
Si, sur certains points, le sol résonne sous les pieds de chevaux, c'est la musique infernale de la noce. Si l'une des sources dé là Cascade rejette au-dehors des corps ronds ou ovoïdes, gros comme de petites dragées, les indigènes ne manquent pas de vous dire que ces petits corps, pisolithes, formés dans une colonne liquide tenant des sels en solution, sont les grains de kouskoussou du repas de noce. Et, ajoutent-ils, quand vient la nuit, fuyez cet endroit : chaque pierre reprend sa forme, la noce recommence, les danses continuent, et malheur à celui qui se laisserait entraîner; quand le jour reviendrait, il augmenterait le nombre des cônes. " (Dr Hamel)

A 17 kil. N.-O. d'Hammam-Meskhroutin, on visitera les belles grottes remplies de stalactites du djebel Taïa (1,200 met.) et les cavernes à ossements de R'ar-ed-Djemma. Nombre d'inscriptions votives ont été gravées sur les parois des grottes, en l'honneur d'une divinité locale, l'auguste Bacax :
BACACI AVG SAC Voir le recueil Léon Renier,

De Meskhroutin à Bordj-Sabat, au confluent de l'oued-Sabat et de l'oued-Bou-Hamdan, la voie ferrée, dominée par des montagnes boisées, qui seront prochainement couvertes de vignes, prend une direction générale O., remontant la vallée rocheuse pont métallique sur l'oued-Bordj- Sabat. Bordj à dr Sur l'oued-Sabat; Moulin sur l'oued-Bou-Hamdan.
De là, le chemin de fer s'en va au S.-O. entre le Bou-Hamdan à g. et l'oued-Zenati à dr., jusqu'au village de Sidi Tamtam. 134 kil. Bordj-Sabat. 135 kil. Pont de 15 met sur I Youed-Bou-Sekouni à 150 kil.
L'oued-Zenati, chef-lieu de la commune, comptant, avec Aïn-Abid, son annexe, 8,338h. dont 202 Français, 46 Israélites, 7,988 indigènes et l02 étrangers. Église; école mixte; marché couvert. Un canal de dérivation amène les eaux de l'oued-Zenati dans le village. Auberges et relais de poste. Marché arabe très-important tous les lundis et jeudis.

La voie ferrée rejoint la route de terre dé l'Oued-Zenati au Khroub, grands plateaux cultivés mais sans arbres, généralement 152 kil. Sidi Tamtam, village contourné par la voie ferrée qui, à partir de ce point, prend une direction générale vers l'O. 161 kil. Ain-Regada, un des villages de la Société algérienne, sur l'oued Zenati, chef-lieu de la commune mixte de l'Oued-Zenati, population 12,881 hab., dont 19 Français, 12,851 indigènes et 11 étrangers.
Des fûts de colonnes, des chapiteaux et des inscriptions ont été découverts à AïnRegada. On peut visiter près de là un ravin entre des rochers; sur la paroi de l'un deux est sculpté un Hercule.

176 kil. Aïn-Abid, village annexe de l'Oued-Zenati, créé par la même Société : il se trouve entre les bassins du Bou-Merzoug et de la Seïbouse, sous un climat très sain, à 800 met d'altitude. Afin de pourvoir aux besoins des colons, on a construit, un aqueduc qui amène sur la place du village les eaux de la Touifza, affluent de l'oued-Zenati. Deux terrains d'une superficie de 7 hect, et un ravin long de 5 kil ont été plantés d'arbres d'essences variées, qui servent de pépinière. A dr. du village, à 4 kil au-delà de la route, ruines romaines; connues des Arabes sous le nom de Enchir Kebira (la grande ruine). Autres ruines à 4 kil. 187 kil. Bou-Nouara, sur l'oued Berda, affluent du Bou-Merzoug. Village créé par la Société algérienne. La place du village et une allée sont déjà plantées d'arbres d'une belle venue. 203 kil.' Le Khroub (F. R. 50). Embranchement sur Constantine à dr et sur Setif à.g.
A 2 kil. N.-O. hameau de Former, près du monument romain en ruine, connu sous le nom de Sonia (tour ou minaret). 205 kil. Ouled-Hamimin 213 kil. Hippodrome. 216 kil. Constantine. 182 kil. Route de terre.

Service de diligences
1° de, Bône à Guelma, départ à 11 h. 30 du m., et 7 h. 30 du s. Coupé, 7 fr.; autres places, 3 fr. 50;
- 2° de Guelma à Constantine, route carrossable. 12 kil. D'Uzerville (F. p. 453). El Hadjar, dépendance de D'Uzerville, sur le chemin de Penthièvre, à dr 22 kil, Dréan, à g. ;
C'était, en 1836, lors de la première expédition de Constantine, un camp bastionné, entouré d'un fossé profond et armé d'artillerie, servant de lieu d'étape, et mettant à l'abri de ses canons les populations indigènes qui avaient fui la domination d'Ahmed-bey. Quelques levées de terrain, qui, disparaissent de jour en jour, sont tout ce qui rappelle le camp de Dréan.
De Dréan à Penthièvre, la route monte au milieu des lentisques et des myrtes, puis court en ligne droite à travers les cultures, laissant à dr. Le lac Fetzara.
33 kil. Penthièvre, au confluent de l'oued-Berda et de l'oued-Gaïssej qui forment la Meboudja, appelée aussi le Ruisseau d'Or. C'est, comme tous les villages qui jalonnent la route de Guelma à Bône, un centre e agricole en pleine prospérité. Les Allemands y sont nombreux.
BALDIR. AVG SAORVM N". Léon Renier.

56 kil. Hamann-Berda le bain du bât, près de Oued-Bou-Sba, ruines romaines, et source, saline carbonatée calcique, à 29°; ses eaux sont employées dans les affections de la peau. " La route qui y conduit est montagneuse, accidentée...
On ne tarde pas à apercevoir Hammam Berda assis sur une colline verdoyante, et qui fut sans doute pour les Romains un lieu de plaisance, car l'on voit encore à mi-côte les restes d'anciens bains, des pierres, des colonnes, à présent recouvertes de branches touffues de lauriers et de vignes vierges qui, courant en désordre, se joignent et s'entrelacent en berceaux, en gracieux festons au-dessus de la source, d'où l'eau s'échappe pour retomber dans un bassin entouré de grandes pierres que le temps n'a pu séparer,
Ces eaux tout à fait thermales bouillonnent dans une cuvette naturelle en forme de vaste baignoire, au fond de laquelle l'œil distingue, à travers une limpidité de cristal un sable doux et fin. Délicieuse oasis jetée sur les plages africaines, et d'où la pensée, (franchissant 250 lieues de distance, se reporte vers les eaux élégantes de Bagnères ou de Bade, pour les comparer à celles d'Hammam-Berda bien plus poétiques et bien plus agrestes.... " (M. Bavoux.)

On a quelque fois donné à Hammam-Berda le nom ancien 'Aquae Tibilitane; on sait que ces dernières sont le Hammam-Meskhroutin des Arabes
58 kil. Héliopolis, commune de 1,137 hab., dont 391 Français, 668 indigènes et 78 étrangers. Église; écoles; salle d'asile. Jolies maisons disséminées au milieu de gais vergers; de nombreux moulins à blé et à huile mus par des eaux abondantes, au moyen d'une dérivation de 150 met. ; route plantée de beaux arbres. 63 kil. Pont sur la Seïbouse. Après le pont,- à dr route de Guelma à Jemmapes. 65 kil. Guelma; -88 kil. Medjez-Ahmar 94 kil. Clauzel ou l'Oued-Cherf, .chef-lieu de commune de 1,220 hab.,, dont 126 Français, 1,089 indigènes et 5 étrangers. Église et école. Adr., route à'Hammam Meskroutin Ici commencent les beaux massifs d'oliviers, presque tous greffés, et les belles cultures de céréales qui font la fortune de cette partie du territoire de Guelma, 100 kil. Ferme, auberge et relais.
Quelques centaines de met plus loin : Aïn-Amara, à g. M... Poule y a relevé, chez le colon Bauer, une inscription provenant des ruines d'Announa, Tibili, et terminée par cette ligne : R. P. M. T., Respublica municipii Thibilitani.
102 kil. Ras-el-Akba, défilé au pied des pentes S. du djebel-Sada, entre les bassins du Zénati et de l'oued Cherf ou Seïbouse supérieure. C'est entre Ras-el-Akba et le djébel-Sâda que gisent les ruines d'Ahnouna
Ahnouna, ville romaine dont le nom antique Tibilis, longtemps ignoré, a été retrouvé par le général Creully, sur l'inscription suivante, découverte dans les fouilles qu'il fit faire à Announa au mois de mai 1856 :
" FAUSTINÀE....- . :: IMP.. ÇAES, ANTO . ...' ININI. AYS.AR . MENIACI. PAR, THICI., MAXI MI. MEDIOI THI13ILITA NI. .P. P. B. D.
" A Faustine Auguste, femme de l'empereur César Anton Auguste, l'Arm niaque, le Parthique très grand, le Modique, les Thibilitains, des deniers publics, par décret des décurions. "

Les ruines d'Announa couvrent la croupe d'un mamelon à pentes raides, enserré à ,l'E par l'oued-Cherf, et au N.-O par l'oued-Announa Les plus remarquables de ces ruines sont : au centre un arc de triomphe de 4 met d'ouverture, et qui devait avoir, d'après M. le commandant de Lamarre, 8 met de hauteur sur 10 met et demi de largeur ; au N.-O de cet arc, un espace rectangulaire de 30 met sur 20, avec des murs de 0,80; à l'extrémité N. du plateau, au bord du fossé naturel qui le termine, des figures obscènes sculptées sur les parties restantes des murs de la ville; vers le S,., une porte de la ville et des bas-reliefs; en tournant vers l'O., des mosaïques, des fûts, des chapiteaux; de 1 met. ; plus, à l'O. encore, des inscriptions tumulaires, autre porte de la ville; enfin, sur le plateau au S.-O., l'église dont les traces laissent encore voir la disposition : mesurant 1,2 met. 30 c. sur 15 met 30, elle était divisée, en trois nefs;' celle du milieu était terminée par une abside de 4 met. 90 d'ouverture.
Les ruines d'Announa ont été étudiées et décrites à différentes époques par MM. Berbrugger, Falbe et Temple, de Lamarre, Ravoisié et le général Creuly.
108 kil. L'Oued-Zenati(F. p. 460). ! On laisse à g. le chemin de fer qui s'enfonce au N.-O., jusqu'à Bordj-Sebat, au confluent de l'oued de ce nom et de l'oued-Hamdan.
112. kil. Koubba de Sidi-Tamtam, bien connue de notre armée, lors de la première expédition de Constantine ; elle fut respectée par les spahis et les turcos de Yusuf, quand on marchait sur cette ville; il n'en fut pas de même au retour.
Après avoir traversé un pont sur l'oued-Zenati, on arrive à 122 kil. Aïn-Règada (F. p. 460). 136 kil. Aïn-Abid (F. p. 460). 152 kil. Bou-Nouara (F. p. 460). .| 166 kil.
Le Khroub à la bifurcation des chemins de fer de Bône, Batna et Sétif à Constantine.
170 kil. Station des Ouled Hamimin.
178 kil. Sidi-Mabrouck{V. p. 342).
182 kil. Constantine (F. p. 303). La route est parallèle au chemin de fer et au gouffre du Roumel. La diligence, après avoir dépassé la gare commune aux chemins de fer de l'Est et de Philippeville, franchit le pont, suit la rue Nationale dans tout son parcours et s'arrête enfin sur la place de la Brèche, non loin des meilleurs hôtels de Constantine.

ROUTE 63. DE BONE A PHILIPPEVILLE. A. 95 kil. Par Jemmapes.
Service de diligences tous les jours de Bône à Saint-Charles; chemin de fer de Saint-Charles à Philippeville. La route de terre, souvent parallèle au chemin de fer de la compagnie de Mokta-el-IIadid:, court au S.-O. l'oued-Zid, pointe N.-E,: du Fëtz'arà, après avoir traversé là plaine des Kharesas, bordée à g, par la montagne du même nom, dans laquelle la société de Moktarel-Hadid exploite une mine de fer. La, concession, à 12 kil de Bône, est d'une superficie de 1,438 hectares..'.
20 kil. Le lac Fetzara. Ce lac est situé, dans une plaine qu'encadrent au nord les monts Edough, au S. des mamelons moins élevés; à l'O s'ouvre sur la vallée inferieure de l'oued-Senendja, qui débouche, non loin de là dans la mer; à l'E., elle se prolongé dans la vaste plaine qui se développe entre Dréan et Bône, sur les bords de la Seïbouse.. Le niveau du lac est à 15 met environ, au-dessus de la mer. Sa superficie est de 12,700 hectares. La profondeur moyenne de ses eaux est de 2 met ; la profondeur maxima 2met 60 c. ; leur niveau varie peu. Le Centre algérien disait, dans son numéro du 20 janvier 1857, que des ruines considérables venaient d'être découvertes vers le milieu du lac Fetzara. Cette découverte éclaire un problème historique vainement discuté jusqu'à ce jour.
Les géographes grecs et romains, non plus que les anciens itinéraires, ne font aucune mention de ce lac. Saint Augustin lui-même, évoque d'Hippone, à quelques lieues de là, n'y fait aucune allusion. 'Parmi les auteurs arabes, El-Bekri est le seul qui, Sans le nommer, l'indique assez clairement pour qu'on ne puisse le méconnaître : il dit qu'il abonde en gros poissons et qu'il est fréquenté par le grèbe, auquel il donne le nom de kaïkel, "oiseau singulier par son industrie de faire des nids flottants ". Le silence général dans les temps anciens, le peu de notoriété dans le moyen âge portent; à croire que ce lac est le résultat d'un affaissement du sol, produit pendant la période arabe par quelques tremblements ; de terre, et les ruines découvertes dans les eaux pourraient bien être celles de là station ad Plumbaria, dont les savants ont jusqu'ici cherché vainement les traces à 5 lieues d'Hippone, sur la route de Rusicade,

ROUTE 64. DE GUELMA A PHILIPPEVILLE. 99 kil.
Service d'omnibus de Guelma à Jemmapes et de Jemmapes à Saint-Charles. Chemin de fer de Saint-Charles à Philippeville. 2 kil. Pont sur la Seïbouse. Direction N.-O. 4 kil. Embranchement de la route de Medjez-Ahmar à Héliopolis. 6 kil. Oued-Touta, la rivière du Mûrier, village annexe de Guelma, dans une vallée, au pied du djebel Debbar'.Église ; école mixte ; jardins arrosés par un canal de 500 met., amenant les eaux de l'oued-Touta, affluent de l'oued-Séibouse.
21 kil. Enchir-Saïd, chef-lieu de commune de 341 hab., dont 47 Français, 258 indigènes et 36 étrangers. Église; école mixte; moulins à eau.
36 kil. Gastu, nom d'un général mort à Constantine; village créé dans la vallée de Youed-Sanedja et au milieu de belles forêts au lieu dit Ksentinu-Kedima, population, 495 hab., dont 113 Français, 370 indigènes et 12 étrangers. Eglise et école mixte. 46 kil. Pont de l'Emchekel, à l'embranchement de la route de Bône à Philippeville.
52 kil. Sidi Nassar, village annexe de Jemmapes.
59 kil. Jemmapes , chef-lieu de canton; sa population, avec celle de ses annexes Sidi Nassar et Ahmèd ben-Ali, est de 1,940 hab dont 738 Français, 69 Israélites, 805 indigènes, 328 étrangers;
Jemmapes est une charmante petite ville aux rues, larges et aérées convergeant vers un square ;au milieu duquel se dresse un monolithe de 5 met de haut, extrait d'une carrière des environs. Justice de paix; église; écoles des deux sexes; salle d'asile; marché couvert; marché arabe le lundi.. :
"A 9, kil. N.-E- de Jemmapes,. Djendel, village en création sur une colline couverte de ruines d'établissements romains, parmi lesquelles M. Poulie a signalé des débris de murs ornés de peintures et de briques vernissées, une statuette en marbre blanc et un autel avec inscription. Près de là, eaux sulfureuses, à 40°, fréquentées par les Arabes.
A 6 kil. S.-O. Ahmed-ben-Ali, annexe de Jemmapes, à l'endroit dit Ksar.-Inta-el Aribïa, où l'on voyait des ruines romaines. École mixte, à 6 kil plus bas, dans là même direction, à Souk-es-Sebt dans l'a vallée du Fendek, Robertsau, village en création. M. Poulie. A remarqué dans cette localité des marbres tumulaires, des inscriptions, des fragments de-statues, de briques et de tuiles.
Reprenant la route de Philippeville, on rencontre . , 70 kil. Ras-el-Ma; on a abandonné depuis quelque temps l'exploitation de la mine, de mercure située en cet endroit,
83 kil. Saint-Charles chemin de fer jusqu'à Philippeville (F. R. 48). 99 kil. Philippeville (F. p. 343). La belle vallée; peu ondulée; qui conduit de Jemmapes à Philippeville, était, couverte d'une forêt de chênes-lièges, l'une, des plus belles de la province de Constantine; UN incendie dont on voudrait ignorer les causes, mais dû à la malveillance des indigènes, a complètement détruit cette forêt en 1875

ROUTE. DE BONE A GHARDIMAOU '(FRONTIÉRE TUNISIENNE), PAR SOUK-AHRRAS.
A. 167 kil. Chemin de fer. 55 kil. de Bône à Duvivier. V. R. 62. De Duvivier, station du chemin h de fer de Bône à Guelma, se détache le chemin de Souk-Ahrras dans une direction générale S.-E. La ligne de Duvivier à Souk-Ahrras a été ouverte au public le 30 juin 1881 ; elle avait déjà, par les soins de la Compagnie de Bône à Guelma, pu être mise en état de transporter les troupes et le matériel de guerre dès le 14 avril. Cette ligne, d'une longueur de 52 kil., a présenté de très considérables difficultés d'exécution, tant à cause de la nature argileuse du sol qu'à cause du relief accidenté du terrain et de l'altitude à atteindre au col de Fedj-Makta; 703 met; au-dessus de Duvivier. 55 kil. 1/2. Pont sur la Seïbouse. 56 kil. Duvivier (F. p. 453). 63 kil. Après la traversée de la Seïbouse, la voie ferrée s'engage dans la vallée de L'oued-Melah, affluent de la Seïbouse, qu'elle traverse deux fois, sur des ponts de 40 met. d'ouverture. 64 kil. Pont sur l'oued-Melah, affluent de la Seïbouse. 64 kil. 1/2. Station de Medjez-Sfa, au croisement de la voie ferrée avec la route départementale de Bône à Souk-Ahrras. C'est à partir de cette station que commence la longue rampe de 25 millim par mètre sur 27 kil. de longueur pour atteindre le col de Fedj-Makta.
B. 66 kil. Medjez-Sfa, annexe de Duvivier, à la jonction des routes de Guelma et de Bône à Souk-Ahrras. Le.village est situé à dr. du chemin de fer dans un crochet que ce dernier fait entre lé 66° et le 69° kil. Après avoir traversé un tunnel, pu arrive à 73 kil. Aïh - Tahamimin, hameau dépendant de Duvivier. Le chemin de fer monte et s'engage dans deux petits tunnels de 196 et 80 met., puis, s'infléchissant sur la g., traverse l'oued-Cherf sur un magnifique viaduc en courbe de 8 arches en maçonnerie, sur 28 met de hauteur.
C. 78 kil. Halte forestière. Le chemin de fer, montant toujours, fait dans la direction E., pour revenir à l'O., un crochet de 12 kil. Tunnel de 720 met., au 83° kil. et de 200 met. au 86e kil. A mesure que la voie va en s'élevant, le panorama qui se déroule sur la dr. devient magnifique. La vue domine les vallées de l'oued Melah et de la Seïbouse, ainsi que les montagnes de la rive opposée. On aperçoit à ses pieds, à plus de 600 met. de profondeur, le tracé que vient de parcourir la voie ferrée et les villages de Medjez-Sfa et AïnTahamimin.Le coup d'oeil est splendid
D. 90 kil. 1/2. La Verdure, village de 25 feux, devant son nom à un cantinier qui s'était fixé sur ce point, i il y a une vingtaine d'années.
E. 92 kil. Tunnel de 485 met. sous la colline de Fedj-Makta. 93 kil. Tunnel de 140 met. _ La gorge dite du Colimaçon, que vient, de parcourir la voie ferrée, est des plus sauvages et des plus pittoresques.'
F. 98 kil. Àin-Seïnour, où l'on arrive à après avoir traversé une belle forêt e de chênes-lièges; village de 50 feux e en création. Les eaux gazeuses froides d'Aïn-Senour sont utilisées pour la table à Souk-Ahrras. Après avoir atteint, au 100° kil. le la plus grande altitude de la route, 778 met. au-dessus du niveau SOUK-AHRRAS. Situation. L'heureuse et exceptionnelle position de Souk-Ahrras, sur la jonction des routes de Tunis à Constantine et de Tebessa à Bône, et sur la jonction du chemin de fer de Tunis avec le chemin de fer de l'Algérie, - l'importance du commerce qui s'effectue avec la régence de Tunis, dont il est distant de 35 kil. en droite ligne, les immenses quantités de grains et les nombreux bestiaux, bœufs et moutons, que fournit cette contrée, l'étendue des forêts environnantes, bois de construction et liège, un marché très-important, des terres de qualité supérieure, de grandes facilités pour l'élevage du bétail, des cours d'eau abondants et un climat des plus salubres forment une réunion d'avantages qu'on chercherait difficilement ailleurs, et expliquent le développement rapide dû à la seule initiative dés colons.
G. Souk-Ahrras, chef-lieu de commune de l'arrondissement de Guelma, compte 3,065 hab. dont 842 Français, 121 Israélites, 822 indigènes et 1,980 étranger. La commune indigène est 52,865 hab., dont 255 Français, 52,370 indigènes et 240 étrangers.
H. Église; écoles des deux sexes. Histoire. La ville de Souk-Ahrras, située par 36° 15'. de latitude n et 5. 37' de longitude E. .à 4 kil. O. de l'oued-Medjerda, liagradas des anciens, et 35 kil. O. de la Tunisie, s'élève sur un petit plateau mamelonné, à 630 met. d'altitude. Des ruines, couvrant un périmètre de 19 hectares sur ce plateau, attestent l'existence d'un établissement romain important, d'où l'on rayonnait dans les bassins de la Seïbouse, de la Medjerda et de la Mellaya. Diverses inscriptions, découvertes principalement par M. le capitaine J. Lewal, permettent d'assurer la synonymie de Souk-Ahrras avec Thagaste, siège d'un évêché.
I. Voici les fragments essentiels de l'une d'elles : MAMVLION - K. ORDO SPLENDI DISSIMVS THA GASTENSIVM " A Marius Amulliùs, fils de Marius le très splendide corps municipal des citoyens de Thagaste. "
J. Saint Augustin, que nous retrouverons plus loin, est né le 13 novembre 334, à Thagaste, dont Patrice, son père, était décurion.
K. Souk-Ahrras, le Marché du Bruit, est le nom qui a prévalu pour l'appellation de la ville actuelle. D'après M le capitaine J. Lewal, l'origine de ce mot vient de Souk, marché, et d'Ahrras, nom d'un cordonnier qui possédait une petite boutique établie dans des ruines romaines, prés de la fontaine nommée Aïn-el Bouïra, à 2 kil. E. de la ville actuelle.
L. Le marché, qui avait pris le nom du cordonnier, dut se déplacer, parce que les sources ne fournissaient presque plus d'eau. Il fut transféré aux ruines de Thagaste, que les indigènes nommaient Sidi Messaoud; mais on conserva au marché le nom d'Ahrras, après avoir traversé un dernier tunnel au 106° kil., on arrive à Souk-Ahrras .Quoi qu'il en soit, Souk-Ahrras, ancien centre de commandement de la puissante tribu des Hanenoha, fut, lors de la révolte de ces derniers, en 1852, érigé en poste militaire, annexe de Guelma, et en cercle militaire dépendant de Bône, à la fin de 1855

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