HENRI CHAUTARD

Maire de GUELMA (1870-1886) - (1892-1900)

             Contrairement à Marc LAVIE, les hommes de ma famille ont colonisé sans l'avoir voulu. Leur adhésion à la colonisation n'a donc pu que gagner en objectivité.

             Donc, Henri CHAUTARD arrive en Algérie, comme "déporté politique". Il n'avait pas accepté le coup d'état de Napoléon III, le 2 décembre. J'insiste sur ce titre car il y tenait. Quand il fut présenté au Président Loubet, de passage, ce ne fut pas en tant qu'ancien maire mais en tant que déporté politique qu'il tint à lui être présenté.

             D'une famille d'universitaires, le jeune Henri Chautard débutait comme professeur de lettres à Marseille. A-t-il commis un article dangereux (pour lui) ? Il en fallait si peu ! Toujours est-il qu'après les casemates de Briançon, il fut expédié en Algérie. Il y cassa, non loin de Souk-Ahras, la caillasse des futures routes d'Algérie.

             Un colonel, nanti de deux grands garçons, entendit parler de ce jeune déporté. Pour enseigner ses fils, quoi de mieux ? Ainsi, notre jeune universitaire revint, de la caillasse, à son premier métier : l'enseignement.

             Les études de deux adolescents ont une fin. Soucieux de l'avenir de son protégé, le dit colonel le confia à un sieur ami, en poste à Guelma. Nous savons tous ce qu'était Guelma en ce temps. Rien de bien distrayant. Mais le soir, protecteur et protégé se rendaient chez le médecin de colonisation. Ils y trouvaient des livres, ils y trouvaient même l'Encyclopédie ! Inconscience ou confiance en la durée de notre présence dans ce pays ? Et la conversation allait bon train et la soirée passait agréable, malgré tout. On passait d'ailleurs de l'Empire "autoritaire" à l'Empire libéral. Et puis ce fut "70", et bientôt la nième République.

             De déporté, on le fit Maire, Henri Chautard. l'était encore en 1900, date où il jugea bon de prendre sa retraite.

             La République avait reconnu ses mérites en 1895 en lui décernant l'ordre de la Légion d'Honneur

            Il ne m'appartient pas de rappeler ses mérites, mais il me plait de dire que, lorsqu'il nous quitta en 1910, de façon toute spontanée, les cantonniers apportèrent une pyramide de fleurs. Eux aussi connaissaient la caillasse.

Maddy DEGEN.

Site Internet du Collectif des Guelmois GUELMA-FRANCE