mise à jour 2006

Le site GUELMA-FRANCE est ouvert à l'intention du grand public. Il s'efforcera, par conséquent, à rester humble et accessible à tous, de garder une certaine simplicité d'expression. Nous renonçons délibérément à une 'culture' de spécialistes ou 'd'historiens' que nous ne sommes pas.
Il s'agit là d'une tâche d'INFORMATIONque l'on voudrait remplir le mieux possible. Ce parcours nostalgique s'est arrêté en 1962, mais l'histoire de nos pionniers est demeurée dans l'ombre, à nous, à vous de la raconter et de faire connaitre la mémoire oubliée

Guelma en quelques dates

Occupation des ruines de Guelma les 10-15 novembre 1836.
Création de la ville le 20 janvier 1845.
Guelma dans le département de constantine en 1848.
Constitution de la commune le 17 juin 1854,
Création du square en 1871.
Construction du théâtre municipal en 1880.
L'amphithéâtre romain est relevé de ses ruines en 1905 par M. Joly maire.
Les fêtes de Calama en 1908.
La grande guerre 1914-1918.
Regroupement des statues antiques dans le jardin public en 1920.
Inauguration du monument aux morts 1923.
Construction du kiosque à musique 1930.
Inauguration des docks coopératifs 1934.
Seconde guerre mondiale 1939-1945.
Emeutes sanglantes à Guelma 1945.
Début de la guerre d'Algérie Novembre 1954.
L'exil 1962.



GUELMA A TRAVERS LES AGES

1- LA PREHISTOIRE

Si l'on interroge la paléontologie, des études récentes {1) ont montré qu'au niveau de la culture capsienne (d'après la région de Gafsa) des hommes de type protomé{méditerranéen s'étaient introduits dès le début de l'ère épipaléolithique, entre le Xe et le Vll e millénaire avant notre ère, dans l'est algérien et le territoire tunisien actuels, y submergeant des hommes de type de Cro-Magnon qui s'y trouvaient déjà. Ce que l'on connaît de leur civilisation laisse supposer qu'il s'agissait de populations d'origine égypto-lybienne, venues sans doute par la Tripolitaine et la Cyrénaïque. Dès les origines, elles se répartirent en des aires géographiques bien déterminées qui firent obstacle par la suite à toute unité durable du pays, Au centre et à l ouest les Kabyles occupèrent les massifs montagneux le long de la côte, les Gétules et les Capsiens se .fixèrent au sud dans les Monts Aurès et à la lisière du Sahara, les Numides enfin dans les plaines du centre et de l'est: Calama l'ancienne fut d'origine numide.Toutes ces populations furent englobées par les Romains sous le nom de Barbari = Berbères: étrangers non civilisés, qui leur est resté, Sans jamais constituer une nation homogène et organisée ils vécurent en tribus et groupes autonomes, allergiques à toute assimilation étrangère profonde, unifiés seulement par des dialectes apparentés à un fonds commun, que S, Gsell (2) appelle la langue Iybique, du groupe chamito-sémitique.

2 -LA PERIODE PUNIOUE
Au début du premier millénaire avant J.C, on entre vraiment dans l'histoire. Des marins phéniciens, du nom d'un peuple sémite des rivages de la Méditerranée -Liban et Syrie actuels -intrépides navigateurs sillonnent la mer jusqu'en Espagne et en Afrique du Nord. Sans pénétrer à l'intérieur des terres ils se contentent de fonder sur la côte des comptoirs portuaires: Rusuccuru (Dellys), Rusicade (Philippeville) Hippo Regius (Bône) datent de cette époque. Vers la fin du siècle avant J.C., en 814, une colonie venue de Tyr en Phénicie fonde la ville de Qart Hadasht (qui signifie ville neuve) que les Romains -encore eux !- déformeront en Carthago (Carthage). Les chefs berbères de Numidie qui dominaient l'intérieur du pays furent le plus souvent les alliés ou les clients des Carthaginois qui au début se consacrèrent à des conquêtes surtout maritimes, dans les Îles de Sicile, Sardaigne et Corse. Mais quand Carthage amorça au Ve siècle un mouvement d'expansion vers territoires berbères, les réactions furent violentes ne permirent jamais aux Carthaginois d'annexer de grandes portions territoriales. Ils durent se contenter d'implantations dans quelques centres urbains. comme ce fut le cas à Theveste (Tébessa) et à Cirta (Constantine) où la découverte en 1950 de 600 stèles puniques dont 300 portaient des inscriptions a prouvé une implantation phénicienne sur le célèbre rocher. Il en a été de même pour le site de Calama. Non seulement ce nom est d'origine punique, mais les fouilles archéologiques opérées à Guelma et dans la région ont révélé de nombreuses épitaphes et des ex-voto phéniciens. On y a découvert des stèles puniques en l'honneur du dieu Baal-Hammon, des inscriptions attestant le culte du dieu carthaginois BALIDDIR (Maître puissant) et de la déesse phénicienne Astarté. De plus, preuve a été faite que Cirta et Calama avaient reçu une organisation municipale de type punique et qu'elles étaient administrées par des suffètes. magistrats d'origine carthaginoise. Naturellement, la langue punique suivra cette expansion,en concurrence avec la langue berbère, et au Ve siècle de notre ère, la majorité des paysans, au dire de St Augustin, la parlera encore, ignorant toujours le latin des occupants romains.

3- L'OCCUPATION ROMAINE
En effet. à partir du premier tiers du Ille siècle, vers 260 avant J.C., les Berbères vont être entraînés malgré eux dans le conflit implacable, connu sous le nom de guerres puniques. qui opposera pendant près de 120 ans les Romains aux Carthaginois, jusqu'à la ruine totale et définitive de la rivale de Rome en 146 avant J.C.A cette époque, les tribus berbères avalent ressenti le besoin de se regrouper face aux menaces étrangères et la plupart d'entre elles s'étaient confédérées sous l'autorité d'un chef, l'aguellid pour former ce qu'on appelle un peu pompeusement les royaumes berbères. Les sources historiques dont nous disposons pour cette époque troublée n'ont pas toujours la précision souhaitable et elles sont parfois sujettes à caution.En voici un exemple. D'après S. Gsell traduisant Tite-Live la Berbérie au Ille siècle avant J.C était divisée en deux royaumes: à l'ouest celui de l'éthnie des Masaesyles avec comme aguellid Syphax et comme capitale Cirta à l'est celui des Massyles centré dans l'Aurès et en rivalité avec le précédent. Sous la conduite de son aguellid Masinissa il s'empare de Cirta et imposa sa domination à toute la Berbérie. Or, d'après une solide étude de MM, Julliet et Berthier de la Société archéologique de Constantine en collaboration avec M. l'abbé A. Charlier, professeur de langues et littératures anciennes au Séminaire Diocésain {5) étude basée sur les données géographiques précises de Salluste dans son De Bello Jugurthino, la capitale du royaume numide de Masinissa était Cirta Regia ou Cirta nova, située au lieu dit Le Kef aux confins de la Tunisie actuelle, donc à 300 kilomètres à l'est de la Cirta Julia qui deviendra romaine sous Octave Auguste (Début du 1er s.) et à qui Constantin (début IVe s.) donnera son nom actuel. Quant à la Cirta nova, elle prit sous les Romains le nom de Sicca Veneria. On voit par là que le royaume de Masinissa était loin d'englober presque tout le Maghreb selon l'opinion reçue.Quoi qu'il en soit, ce n'est pas ici le lieu de retracer les péripéties des campagnes des guerres puniques auxquelles sans aucun doute les habitants de Calama furent mêlés, vraisemblablement dans le camp des Romains, car Masinissa (238-148), fin politique, avait pris parti pour les envahisseurs, ce qui fit également son fils Micipsa (148-118) (6). Par contre son successeur Jugurtha (118-105) opta pour une politique d'indépendance et de rébellion ouverte vis-à-vis de Rome, C'est ce qui valut à Calama d'être le théâtre d'un désastre retentissant des armées romaines. A l'automne de l'an 110, Jugurtha, simulant la fuite, entraîne la troupe ennemie commandée par; le légat Aulus Postumius, frère du Consul Albinus, dans un lieu marécageux aux environs de la ville, pendant qu'il regroupe ses troupes dans un massif boisé tout proche. En pleine nuit, le camp romain est assailli par les Numides, auxquels se joignent quelques mercenaires déserteurs et même un officier romain. Saisis de panique jetant leurs armes, les survivants du massacre se réfugient sur une colline voisine. Jugurtha leur accorde la vie sauve, à condition de subir l'humiliation de passer sous le joug et d'évacuer le pays dans les dix jours. Mais un peu plus tard, trahi par le roi de Maurétanie (Maroc du Nord) avec qui il avait fait alliance, Jugurtha fut fait prisonnier par le général romain Marius qui le laissa mourir en prison à Rome. Quelque soixante ans plus tard, César lui-même acheva la conquête de la Numidie en venant à bout du roi Juba 1er qui préféra se suicider. La Numidie devint alors la Province romaine d'Africa nova, rattachée à l'Africa proconsularis ou Africa velus. Désormais, la voie était ouverte à l'implantation et à l'essor du christianisme en Berbérie.

LES VANDALES

La situation créée par la décomposition romaine encouragea le roi Vandale Genseric à envahir l'Afrique en passant par l'Espagne. A la tête des germains, (et autres peuplades d'Europe : Goths, Alains, Suèves) soit une horde de 80 000 personnes dont 15000 soldats, Genseric traverse le détroit d'Hercule (Gibraltar) et aborde les côtes africaine en 429. C'est le début de la conquête et l'occupation de l'Afrique romaine par les vandales qui déferlèrent à travers les plaines nord-africaines pour atteindre Hippone en 431 où ils bâtirent le général romain Boniface et ensuite Carthage en 439, après une lutte acharnée.Les vandales et les Goths ne laissèrent sur leur passage que ruines et cadavres. Les évêques furent obligés de chercher refuge sur les terres encore soumises aux romains. La population de Calama dût se réfugier en partie dans les grottes des montagnes emportant quelques biens afin de les soustraire au pillage, et en partie à Hippone suivant l'exemple de l'évêque Saint Possidius. Seules trois église subsistaient, celle d'Hippone, de Carthage et de Cirta, les autres avaient été saccagées voire rasées.Saint Augustin mourut pendant le siège d'Hippone, le 28 août 430, assisté par Possidius, son disciple et son biographe. Quelques années plus tard l'évêque de Calama fut arrêté alors qu'il essayait de rejoindre sa ville. Genseric l'expédia en Italie, son pays natal, où il mourut. Le chef des vandales, poussé par les Maures, les Goths et sa propre haine, ne cessa de persécuter les chrétiens, d'expulser les évêques et de mettre à mort mes chrétiens qui refusaient d'embrasser l'arianisme. Calama, comme les autres villes, dut subir le joug des envahisseurs cruels. Ce n'est qu'en 476, un an avant sa mort, que Genseric, sur la prière de l'empereur Zenon, permit aux catholiques d'ouvrir leurs églises et aux évêques expulsés de rejoindre leur ville épiscopale

LES BYZANTINS

A cette époque, Solomon ordonna la construction de murailles autour des villes, ainsi en 539, on éleva à Calama, l'enceinte Byzantine que les Français découvrir, plus ou moins intacte en 1836. Ils la restaurèrent en 1842 et 1843, ce ne fut pas le cas des petites forteresse à l'extérieur de la ville, ni d'un nombre de fortins et citadelle érigés dans la circonscription. L'enceinte fut construite à l'aide de pierres d'anciens monument, sculptés ou non, en marbre ou en calcaire. Les voussoirs des anciens arcs de triomphe ou des aqueducs furent utilisé pour les arceaux des porte. L'ancien bâtiment des termes fit partie intégrante des remparts grâce à ses fortes dimensions et sa hauteur imposante, mais nous donnerons des explications complémentaires ultérieurement. Revenons à Calama, ces importants travaux pour mettre la ville à l'abri d'éventuels coups de main furent appréciés, comme le prouve cette inscription en versu bon latins gravés au-dessus d'une porte intérieure du rempart :
...MIRABELEM OPERAM....PATRICI SOLOMONIS INSTITUTIONEM NEMEO EXPUGUARE VALEVIT
ce qui signifie :...."oeuvre admirable.....
Personne ne put s'attaquer aux réalisations du patrice "Solomon".Paulus succéda à Solomon en 542 et acheva les travaux commencés, Calama comptait parmi les villes les plus importantes de Numidie.

LES ARABES

Lors du déferlement des premières hordes arabes en Afrique du Nord, le territoire compris entre La Calle et Cherchell comptait 400 évêques. Cinq siècle plus tard, il n'en restait que quatre, bientôt obligés de fuir ou de mourir martyrs, aujourd'hui combien en reste -il ?.On avait cru jusque là qu'il avait eu au Maghreb une invasion arabe, celle du VII siècle or l' historien Ibn Khaldoun (1332-1406) nous a révélé, qu'il y en avait eu une autre au milieu du XI siècle.

LA PREMIERE CONQUETE.

Lors de la promulgation de l'islamisme, les armées arabes en l'an 647, pénétrèrent dans le Maghreb et prirent toutes les villes de ce pays. Afin d'éliminer toutes traces écrites lybiques langue parlée par les Berbères, ils détruisirent les stèles, les monuments trouvés dans ces cimetières ainsi que les écrits, coupant de leurs racines ce peuple. Au fil des ans les arabes éprouvèrent le besoin de conquérir l'ensemble du pays. Ils trouvèrent une résistance acharnée en Numidie particulièrement les tribus des Aures les Zenatas,(anciens Gétule sous la domination Romaine). Il faut signaler le lien indéniable au moins à l'origine entre les Zenatas et le judaïsme.La tribu illustre des Aurebas, qui étaient Beranes, a joué un rôle bref mais brillant au tout premier début de la conquête arabe sous son chef chrétien Koceila qui avait pour lieutenant un autre chrétien Sekerdid el roumi. (Sekerdid le romain). Il semble bien que les tribus groupées derrière Koceila gardaient un contact assez étroit avec le christianisme et la latinité. Koceila chassa les musulmans de la Numidie en l'an 69 de l'hégire 686/687 et fut tué à Kairouan.La mort de Koceila eut pour conséquence de faire passer la primauté à une autre tribu des Aurès celle des Djeraroua. Son chef est une femme Dihia la Kahena elle porte un nom juif Kahena la prêtresse ou la prophétesse, racine conservée dans le nom si répandu de Cohen. En 688/689 sur la Meskiana au nord de l'Aurès elle écrasa les Arabes, les expulsa de la Numidie et du territoire de Gabès et les contraignit d'aller chercher refuge à Tripoli.D'autres tribus juives étaient les Nefouca berbères de l'Afrikia. Mais voici qui est encore plus net au Gourara dans l'extrême nord du Touat, dans ce pays même, où le nom la langue et la race des Zenatas se sont conservés intact jusqu'à nous, un petit état juif indépendant s'est conservé jusqu'à la fin du XV siècle et se fit massacrer en 1492 à cause de la recrudescence du sentiment religieux musulman après le triomphe définitif du christianisme en Espagne
Les héros de l'indépendance berbères sont donc le chrétien Koceila et la juive Kahena, ils ont été pendant des années les maîtres du Maghreb.

LES INVASIONS

A l'époque de l'envahissement musulmane, la population de la région de Guelma appartenait à la tribu berbère des Houara nomades et pasteurs. Dès leur installation, les arabes changèrent, afin de les couper de leurs repères, tous les noms des villes et des villages autochtones. L'arabe devint la langue régulière du Maghreb, mais en dehors de la bourgeoisie jusqu'aux portes de la ville le berbère fut la seule langue populaire . La première invasion proprement dite fut, du type habituel, un gouvernement régulier celui des Khalifes. Ibn Khaldoun souligne: que cette conquête a été la simple installation de garnisons, de bureaux dans la ville, mais encore ces arabes étaient pratiquement tous des célibataires les familles qu'ils n'ont pas manqué de fonder furent de sang mixte, le résultat fut le triomphe total de l'islam
La seconde invasion, du XI siècle fut celle des bédouins appartenant à deux tribus, celle des Hillals et celle des Soliem. L'émigration du XI siècle, survenue V siècles après la conquête, n' a pas du tout continué l'oeuvre, elle a arrêté net le développement du Maghreb. La conquête avait apporté le germe de vie intéressants, l'immigration bédouine n'a apporté que les germes de morts, des toxines d'une nocivité extraordinaire. Et de citer toujours Ibn Khaldoun : Ces arabes du XI siècle n'avaient plus de commun que le nom avec leurs ancêtres lointains du VII siècle, ils ne parlaient plus le même arabe, mais un dialecte barbare ,

LES BEDOUINS.
c'est un peuple intégral, les femmes et les enfants sont là, toute la tribu se déplace en bloque, non seulement en pâturage, mais à la guerre et cela jusqu'au XIV siècle sous les yeux de l'historien : cette fois c'est le peuplement arabe, la colonisation arabe, elle s'est fait attendre 4 siècles mais la voilà. Ce n'est pas une colonisation rurale, propagatrice d'une civilisation, ces Hillals et ces Soleim sont des nomades purs, ennemi nés de tout gouvernement quel qu'il soit et de toute civilisation, de purs agents de pillage et de destruction. Auteur du "Discours sur l'histoire universelle" (3 tomes) Ibn Khaldoun écrit : Si ces arabes ont besoin de pierres pour servir d'appui à leur marmite, ils dégradent les bâtiments pour s'en procurer, sous leur domination la ruine envahit tout, l'ordre établit dérange et la civilisation recule. Parcourue et pillée sans trêve ces bandes nomades saccagèrent tout sur leur passage. L'Afrique du Nord vit diminuer dangereusement sa richesse agricole surtout sur les lieux de passage qui rétrogradèrent à l'état quasi désertique dont des siècles d'efforts les avaient fait sortir. L'organisation sociale fut du même coup totalement bouleversée, langue et traditions furent refoulées dans les montagnes et le désert. Les éléments de désordre et d'anarchie en devinrent tout à fait irrépressibles, troubles dans les villes et razzias dans les campagnes se succédèrent. Sous la domination de ces arabes, les vieux foyers de civilisation préislamique, comme la Chaldée, la Sicile ou l'Andalousie, ont pu se réveiller un instant, mais c'est un phénomène étonnant qui a cessé dès que le Coran est devenu dogme.A partir du XI siècle jusqu'au XIV siècle sans discontinuer l'immigration bédouine, évaluée à un million de personnes, fut l'immense catastrophe, la fin d'un monde. Ces Hillals et Soleim (Banû Sulaym) de la tribu des Chabbia, dans leur pays d'origine Hedjaz, (Arabie) et frontière de la Syrie, étaient les plus insupportables des tribus nomades,. A la suite d'insurrections ils furent à titre de châtiment et de précaution déportés en masse en haute Egypte sur la rive droite du Nil, il ne restait plus qu'à les faire passer sur la rive gauche pour les lâcher vers le Maghreb, pour cela, le gouvernement Fatimide donna une fourrure et une pièce d'or à chaque individu. En 1051, les premières tribus Illaliene entrèrent en Afrikia saccageant tout sur leur passage. Cette race d'arabe n'a jamais eu un chef capable de les diriger et de les contenir, expulsés des grandes villes ces bandits allèrent s'emparer des campagnes et là, ils ont continué jusqu'à nos jours (1453) à opprimer les populations, à piller les voyageurs et à tourmenter le pays par leur esprit de rapine et de brigandage. Au Maghreb souligne toujours Ibn Khaldoun, la vermine Hilaliène semble avoir développé une toxicité qu'elle n'avait pas dans son pays d'origine.Soixante dix ans voilà ce que dura, en 8 ou 9 campagnes les invasions arabes. Elles commencèrent en 641 ou 642 pour se terminer à Tanger en 711. Ils subirent des défaites écrasantes, Ocba et ses compagnons furent exterminés jusqu'au dernier auprès de Biskra (683) Zoheir, en 690, après une victoire précaire batit en retraite et fut tué en Cyrénaïque, Haçan, en 698, est battu à la Meskiana, au pied des Aurès, mais ils occupèrent le pays. Ibn Abî-Sarb vainquit les Berbères et Ibn Abi Yezid écrivit que ces derniers apostasièrent jusqu'à 12 fois tant qu'en Ifrikia qu'au Maghreb. Chaque fois, les autochtones soutinrent une guerre contre les musulmans qui les massacrèrent. Ibn-Abd-el Hakem, le plus ancien des historiens arabe raconte que le kalif Omar sollicité d'autoriser la conquête de l'Ifrikia, aurait répondu " Ce pays ne doit pas s'appeler l'Ifrikia, il devrait plutôt se nommer El Moferrecat-el-Radera (le lointain perfide); je défends qu'on y fasse une expédition, tant que l'eau de mes paupières humectera mes yeux". Pour contrer l'Islam les berbères adoptèrent l'hérésie Khârèjite, il fallut attendre que Mûsa ben Nusayr devint gouverneur, pour que l'islam s'établisse solidement, il ne restait alors au Maghreb "que des morts ou des musulmans"

Puis ce fut les siècles obscurs du Maghreb, la terrible et sanglante colonisation Turc. Les ottomans eurent l'habilité d' opposer les tribus les unes aux autres, de s'appuyer sur certaines d'entre elles, dites tribus Makhzen (exemptés d'impôts). La pression fiscale exercée par l'oligarchie turque sur les tribus fut écrasante. Le chef de tribus pour conserver sa tête et ses privilèges, jouèrent bien souvent le jeu de l'oppresseur. L'administration Ottomane constitua une classe de serfs, les Khammés,. (sur 5 jours de travail, il en devait 4 au bey).Le bey de Constantine connu pour sa cruauté et son despotisme confisquait les terres des récalcitrants, tranchait les têtes des contestataires, et exerçait par la pire des cruautés une justice d'une rare inhumanité. Avec son gouvernement le beylick, El Hadj Ahmed règna surtout sur les villes et les plaines, la plupart des régions montagneuses échappèrent à son autorité.
Lorsqu'au XVI siècle, les Turcs se furent emparés de Constantine, ils firent alliance avec les Haractas de notre région et engagèrent leur chef Ben Oumed-Allah à accepter un burnous d'investiture en échange de quoi, il reçu le commandement de tout le pays allant de Constantine-Guelma-Bône. De retour dans sa région, son attitude valut à Ben Oumed-Allah de dures critiques, il fut assassiné au cours de violentes mises au point. Les Heractas choisirent leur chef parmi les familles les plus représentatives, mais, de nombreuses querelles troublèrent la région jusqu'au 18 éme siècle.En 1720, le Bey de Constantine fit élire un de ses fils, El Ouassi, comme caïd des Haractas, mais l'esprit d'indépendance de cette tribu prit parfois le dessus, entraînant des troubles et de nombreux heurts avec le beylick.Pendant cette période, de nombreuses tribus, notamment celle des Heneuchas, arrivèrent de l'Est où elles vivaient primitivement sous la suzeraineté du Bey de Tunis. Aussi les turcs du bey de Constantine eurent-ils d'importantes difficultés à percevoir les impôts dont ils taxèrent les nouveaux venus et de nombreux îlots de résistances se créèrent dans la région.La colonisation turque, après l'invasion Hilalienne, a été le grand fléau de l'Algérie. Sous cette oligarchie militaire, ne sachant que rançonner et tuer, le pays est retourné au plus complet abandon. Il est devenu" la terre pauvre et nue que nous avons découverte avec une sorte d'horreur". Ce qui est paradoxal, c'est que les historiens arabes contemporains, promptent à condamner le colonialisme Français, observent un surprenant mutisme, ou minimisent cette période tragique de l'Algérie.Le dernier bey de Constantine, que les français combattront, plus connu sous le nom de Ahmed Bey régna de 1827 à 1837. Après la prise de Constantine, il s'enfuit dans les Aurès, renonça définitivement à la lutte qu'en 1848, se fixa à Alger où il mourut en 1851.Guelma, sous la domination Arabes et celle des Ottomans restera à l'état de ruine, et celà, pendant des siècles jusqu'à l'arrivée des Français à Guelma en 1836.


IMPRESSIONS

Les textes qui suivront sont les résultats des impressions de chaque heure, de chaque jour, de conversations avec des indigènes et avec de vieux officiers d'Afrique, du long séjour que nous avons fait dans le pays, et des expéditions auxquelles les officiers ont pris part.A l'exception des rapports militaires insérés dans les journaux officiels, il ne reste plus guère que quelques romans jargonnés d'un orientalisme de convention, et les froides descriptions de certains géographes de cabinet, qui répètent, en estropiant les noms, de grossières et regrettables erreurs. C'est que cette conquête s'est faite modestement et sans bruits, et puis, d'ailleurs le pays est bien trop ingrat, trop triste, trop difficile, pour que la renommée s'y hasarde et y traîne ses trompettes. Que voulez-vous qu'elle fasse, en effet, dans le pays de la soif, de la faim, des sables et plaines brûlantes ou des pluies diluviennes et des oueds en crus. L'Afrique c'est une affaire de privations et de souffrance de toute nature : des coups de soleil, des souffles brûlants du sirocco, la soif toujours présente et des eaux infectes et putrides, la faim qui tenaille l'estomac, le biscuit rance ou la datte véreuse. De longues et fatigantes journées de marche de fantassins un lourd sac sur le dos, le fusil sur l'épaule, le bâton de tente à la main, la nuque couverte d'un lambeau de toile blanche de crainte des insolations ; souvent le même horizon pendant des jours ; la fièvre, la dysenterie, les poux, puces et autres vermines. Les mœurs, les coutumes, les usages des habitants du pays, les luttes tribales, les convulsions, les usurpations d'identités, les traîtrises, les meurtres, les sanglantes représailles, sont monnaies courantes et la surprise des roumis que nous sommes devant l'exagération arabe. Mais il était facile de faire parler les indigènes eut qui convaincus de la valeur de cette maxime :
" Roubbamâ el-leçân îouhlik el-însân " ce qui traduit signifie " Souvent la langue a perdu l'homme " ne se lancent dans les confidences, même les plus insignifiantes, qu'avec la plus grande réserve. Quant à ces malheureux colons venus d'horizons divers, enthousiastes en débarquant à Bône découvriront vite que la poudre d'or qui leur avait fait croire à un pays de cocagne, un El dorado, ne sera qu'illusions, et qu'ils devront payer le prix fort pour hériter de ces splendeurs enfantées par leur imagination sous l'influence de journalistes n'ayant jamais quitté leurs bureaux.
Ainsi pour paraphraser Montaigne nous pourrons " escrire " que nous vous informerons :

Ce que nous en sçavons et autant que nous en sçavons "

La ville de Guelma se situe dans l'est Algérien à 64 kilomètres du port de Bône et à 114 de Constantine.
C'est en 1836 que le docteur Wagner écrivain allemand, qui suivit les troupes françaises dans leur expédition de Constantine relate l'admiration de l'armée quand, marchant sur l'ancienne capitale de Jugurtha, et frappée de la tristesse et de l'uniformité de la route, elle découvrit tout à coup les ruines de l'ancienne Calama. Personne dit le narrateur, ne s'attendait à cette rencontre; ces grandes ruines jetées dans la solitude ranimèrent l'esprit de l'armée; elles l'avertissaient solennellement qu'avant la France il y avait eu un peuple qui avait conquis et civilisé cette terre, et qu'il n'y avait pas un coin d'Afrique septentrionale, si stérile qu'il parût être, qui n'eût quelque monument imprévu, du haut duquel Rome contemplait la France.Mais à ces splendides vestiges d'une gloire passée, une autre vision apparaissait celle écrite par les officiers qui notèrent:

la Ghelma des arabes n'est qu'un amas de ruines antiques sur les quels de tristes et rares gourbis se disséminent ça et là entourés de leurs ordinaires immondices. Des chèvres faméliques et sauvages broutent une herbe rare. Des enfants en haillons qui nous observent de loin prennent, affolés, la fuite en se cachant dans d'anciennes citernes romaines bâties là ,il y a des siècles, quand cette ville était à l'apogée de sa gloire et de sa resplendissance.Ainsi, Guelma, est une ville Française construite par le Génie Militaire. Aucune trace de civilisation, de sédentarité des populations n'est apparente. Guelma n'est qu'un point d'eau pour les nomades de passage .

Guelma en quelques dates :
1836 Occupation temporaire d'une partie des ruines de la forteresse en ruines par le général Clauzel 1837 L'armée, sous le commandement de Duvivier et Hackett, relèvent les murailles. 1840-1841 Premiers colons. Création du cercle de Guelma et naissance de la ville française. 1845 Naissance de la ville de Guelma. 1848-1849 Arrivée des ouvriers d'Art. Le choléra décime la population. 1854 Administration Civile succède à l'organisation des Militaires.

De 1855 à 1900, Guelma se modernisera et prendra de l'extension et de l'importance. La guerre de 1914-1918 amorcera son déclin

Bibliographie : Archives d'Outre-Mer Aix en Provence, Le journal "Le Progrès" et les Archives Militaires de Vincennes Dans le désert Saharien C Trumelet 1863
Collectif des Guelmois GUELMA FRANCE 2005