18 JUIN 2010
UN GRAND GUERRIER EST MORT

MARCEL BIGEARD…

Insigne du 3e régiment de chasseurs parachutistes: Bruno L C

Marcel Bigeard : Né le 14 février 1916 à Toul, à quelques kilomètres du front, le jeune Marcel ne se destinait pas à une carrière militaire. Fils de cheminot, il entre comme employé de banque à la Société générale - ce qui constituait déjà une vraie promotion sociale. Très sportif, c'est un garçon moderne de l'avant-guerre, qui s'enthousiasme pour le cyclisme et pratique la boxe. Il est appelé sous les drapeaux en septembre 1936 au 23ème régiment d'infanterie de forteresse, sur la ligne Maginot. En 1939 , il est volontaire et s'engage dans les groupes francs, et fait prisonnier par les allemands. Il s'évade d'Allemagne en 1941. Guerre d'Indochine 1945-1954 et fait prisonnier par le vietminh. 1955-1960 guerre d'Algérie au 3 RPC. Secrétaire d'état au ministère de la défense de 1975-1976. Député de la Meurthe et Moselle de 1978-1988. Décédé le 18 juin 2010 Mis à part blessures et attentat auxquels il survit, Bigeard évite l'écueil des secousses politiques en Algérie. Mais des officiers ne lui pardonneront jamais son "attentisme". De février 1960 à juin 1960, il connaît une relative disgrâce en France où il a été rappelé. En haut-lieu, "on" n'apprécie pas son non-conformisme et son franc-parler. Après cinq mois d'attente chez lui, il comprend en recevant le commandement du 6e RIAOM en Centre-Afrique que son "expiation" n'est pas terminée. Il y restera de juillet 1960 à janvier 1963. Bigeard est un esthète dans la lignée des hussards du Premier Empire : "On ne peut être médiocre avec un tel uniforme". La gravure de mode ne l'intéresse pas. Il veut des "gueules" et des silhouettes qui reflètent l'éthique. La pilosité est impensable au 3e Régiment de Parachutistes Coloniaux. Le guerrier est glabre. Certes la tenue camouflée est l'apanage des paras (ce que l'on a oublié). Les tenues "cam" sont alors retaillées au point d'en devenir presque des collants. Mais quelle allure! Bigeard impose la casquette déjà portée en Indochine. Elle est fabriquée à partir des chutes des tenues. On y rajoute un couvre-nuque. Elle crée l'esprit de corps et durcit le visage. Bientôt toutes les unités veulent la "casquette Bigeard", y compris ceux d'en face! Un style et une signification qui vont perdurer, plus longtemps que la casquette du .père Bugeaud- de la conquête .... Elle sera portée avec honneur par les troupes d'élite portugaises dans leurs combats africains et beaucoup d'armées d'Afrique l'arborent, sans oublier les chasseurs et les pêcheurs... o

Cet officier subjugue ou agace, mais il ne laisse pas indifférent. Cet autodidacte a marqué la guerre subversive et forgé la mystique parachutiste qui imprégna les années 60. L'appellation "para" connaîtra une renommée internationale et sera adoptée, entre autres, par les Anglo-saxons. Sitôt décroché son certificat d'études, Marcel Bigeard entre à la Société Générale. Des traits dominants émergent déjà : bucheur et accrocheur. Il travaille dur le week-end pour décrocher un jour la direction d'une agence. En septembre 1936, il est incorporé au 23e RIF (1). Expérience décevante pour ce Lorrain à l'amour viscéral de la Patrie et au respect inné pour l'armée. Mais façonné par un rigoureux entraînement physique, le corps du scribouillard est devenu celui d'un athlète et lui a insufflé le goüt de l'action et l'amour du sport. Libéré deux ans plus tard comme caporal-chef, la vie civile l'étouffe. En mars 1939, il rejoint son régiment. Promu sergent, il est reçu premier sur soixante au brevet de chef de section. Il combat dans les Groupes Francs pendant la "Drôle de guerre". Son régiment dépose les armes le 22 juin 1940. Bigeard tente plusieurs évasions. En juillet 1941, il réussit. Il rempile et part en AOF comme adjudant. En octobre 1943, le sous-lieutenant Bigeard se porte volontaire auprès des recruteurs de la France Libre pour sauter en France. Formé par les Anglais, il saute en aoüt 1944 sur l'Ariège en tant que délégué militaire départemental. Le para participe largement à la libération du département avant de terminer la guerre en Allemagne avec le 23e RIe. Déjà remarqué pour son ascendant sur les hommes et sa façon de commander, Bigeard débarque en Indochine en octobre 1945 avec le 23e RIe. Après un intermède cochinchinois, le Tonkin où Bigeard fera campagne toute la guerre. En septembre 1947, le capitaine Bigeard, 32 ans, Légion d'honneur, onze croix de guerre, DSO britannique, deux blessures, arrive à Orly pour une permission. Marié et père de famille, il est déchiré de repartir mais il rejoint le 3e BCCP (2) en formation en Bretagne. Le bataillon est engagé en Haute Région à partir de novembre 1948. La légende de Bigeard s'ébauche par son sens tactique et ses actions audacieuses. En octobre 1949, il quitte les TAP(3) pour former et commander le 3e bataillon Thaï. Façonnée à la Bigeard et servie par des officiers qui feront leur chemin (Bôle du Chaumont, Faure, Godard, etc.), l'unité obtient de beaux résultats. Puis avant de repartir en France, Bigeard reprend en main le bataillon de marche indochinois le 5 avril 1950. Nommé chef de bataillon le 1er janvier 1952, il forme le 6e BCCP avec lequel il commence son troisième séjour en Indo le 28 juillet 1952. C'est l'affaire de Tu Lé. Le "6" est étrillé mais Bigeard l'a sauvé. Il a les honneurs de la presse qui ne l'oubliera plus. A Diên Biên Phu, Bigeard est l'un des piliers de la résistance. A la chute du camp retranché, les Viets demanderont: "Où est Bigeard?". Cinq mois d'une captivité au taux de mortalité supérieur à celui des camps de concentration allemands ne le vaincront pas. Il revient le 4 septembre à Hanoï, émacié mais indomptable.

Octobre 1955 le trouve en Algérie. Le 3e BPC qu'il reprend en main est pratiquement une unité de va-nu-pieds aux résultats décevants. Bigeard va en faire une "locomotive" dont l'allure des hommes et les bilans vont provoquer l'émulation, pas toujours dans la franche camaraderie, chez les TAP.
C'est la course "à la banane"! En AF , Bigeard a le grade et les moyens de maîtriser la situation. Autant d'opérations, autant de revers pour les fells.

Lors de la bataille d'Alger, le "3" est l'une des principales unités à casser l'organisation politico-militaire rebelle. Bigeard est aussi l'artisan de "l'enveloppement vertical", ce binôme hélicoptères-paras, vecteur principal de la victoire militaire en Algérie et dont les Américains retiendront les leçons.
Il passa son régiment à Trinquier. Dès lors il n'ira plus au baroud avec ses paras. Après la direction de l'Ecole de contre-guérilla à Philippeville, on le trouve commandant le secteur de Saïda puis commandant opérationnel du secteur Méchéria Ain Sefra- Géryville.
Bigeard en Indochine puis en Algérie

HOMMAGE AU COLONEL BIGEARD
TÉMOIGNAGE D'UN ENFANT DE GUELMA

POUR L HONNEUR
JEAN MARC LAVIE

Préface du livre par le Général Bigeard

Le récit de Jean-Marc plein de fraîcheur, de jeunesse mérite d'être lu par notre jeunesse de FRANCE.
Jean-Marc, dès l'âge de 16 ans a recherché le risque, l'impossible. Gâté par les Dieux, il avait tout pour mener la vie de fils de riches colons qui avaient œuvré durement depuis 4 générations sur cette terre d'Algérie. Jean-Marc à 17 ans tenait à suivre les 'professionnels" parachutistes en opération dans le djebel afin de se mesurer avec lui-même et montrer à ceux de la Métropole, que certains pieds noirs étaient capables d'en découdre. A 20 ans, son expérience de pilote le voit effectuer son service militaire dans l'aviation légère de l'Armée de terre.
En pleine jeunesse son appareil s'écrase dans le djebel algérien... pour Jean-Marc, une nouvelle vie commence, il lui faut survivre, réapprendre à marcher à se servir de ses mains. Calvaire qui durera 20 années, ce qui n'empêche pas Jean-Marc de continuer à piloter et d'être capable d'écrire ce beau et simple récit.
MERCI Jean Marc pour cette belle leçon et tu sais combien je suis fier de toi
Le Général de Corps d'Armée
BIGEARD Marcel
Député de Toul

.../...Je savais que le colonel Bigeard se trouvait à Toul. Je l'avais bien connu, ce grand guerrier, et l'avais beaucoup admiré à l'époque où il se trouvait basé dans la ville de Bône.

Tous les matins, il faisait sa gymnastique pour conserver sa pleine forme. Il passait le long des quais. Un matin, deux "bandits" l'attendirent pour essayer de le tuer. Dès qu'ils le virent, l'un d'eux tira et le toucha à l'épaule. Projeté au sol par la force de l'impact, il eut le courage, tenant de l'autre main le bras blessé, de se précipiter sur les assassins.
Et ceux-ci, voyant cette grande et légendaire carcasse se précipiter vers eux, bien qu'il soit touché et n'ait aucune arme, n'eurent pas le courage de l'achever; pris de panique, ils s'enfuirent.

......./......Je lui téléphonai pour me faire reconnaître, et il vint me chercher jusqu'au poste de la caserne, où je l'attendais. Je reconnus de suite son pas élastique, quand il descendit de voiture. Cette permission fut formidable.
Je fus reçu maternellement par Madame Bigeard, qui savait bien qu'un soldat a faim, et s'employa à me gâter ! Avec sa fille, France, je fus admis aux séances matinales d'entraînement sportif, puis j'appris à attraper les poissons à la main dans les rochers de la Moselle.
Le Colonel mettait la main dans un trou et attrapait les carpes qui venaient se frotter contre elle. Pour y parvenir, il fallait d'abord choisir le bon trou, ensuite tenir sa main immobile aussi longtemps que nécessaire, et vite la fermer si l'on sentait le frôlement du poisson.
Après nous être régalés de la pêche, chacun fit honneur à la charcuterie du pays. La soirée se déroulait et, dans l'ombre, le visage de Bigeard me ramena, encore une fois, en Algérie.

...../....Là-bas, j'avais eu la chance d'être admis dans une section du régiment du 3° RCP que Bigeard commandait. J'admirais beaucoup cette unité, combien valable.
On m'avait accepté à la 3° Cie, commandée par le capitaine Chabanne, pour une opération militaire, bien que je fusse encore civil à l'époque.
Je partis donc de Bône à destination de La Calle, où se trouvait basé ce régiment. Je n'avais que mon courage et une mitraillette, le reste de l'équipement me fut prêté remis par un vieil adjudant-chef nommé Blavier. C'était un vieux de la vieille qui avait ramassé un nombre impressionnant de décorations.
Avec sa tête de brute, il faisait son possible pour être gentil avec moi et pour me mettre progressivement, dans l'ambiance de la guérilla. Je le gratifiai du surnom de grand-père. Il en eut les larmes aux yeux ce dont il se défendit en jurant comme un sourd.
Mais le surnom lui resta dans sa compagnie jusqu'à sa mort deux ans plus tard alors que ce régiment se trouvait en opération dans le Sud Algérien.

OPÉRATION RÉGION DE GUELMA

Le premier jour, transport en camion jusqu'à une place du Djebel Debar (Guelma). Les camions regagnèrent, alors la plaine et la marche à pied commença, d'abord sur un chemin, ensuite dans la montagne.
Durant une halte, au cours de laquelle le capitaine Chabanne prit contact avec "Bruno" Bigeard, je sortis ma gourde de son étui et j'allais boire, le grand-père m'en empêcha. Si je commençais déjà, j'aurais de plus en plus soif et de plus en plus de mal à crapahuter.

Le premier jour se passa de la sorte : prendre position, démarrer, marcher quatre minutes, arrêt, nouveau départ. Plus personne ne parlait, articuler une syllabe coûtait de la salive et chacun la gardait soigneusement.
On n'entendait d'autre bruit que celui des souliers, d'autre son que les cinq lettres quand l'un de nous marchant tête baissée heurtait un camarade qui s'était immobilisé.
Enfin, nous arrivâmes à la hauteur du point de bouclage, chacun prit sa position de combat. Les points présumés de fuite fellagha furent barrés par les mitrailleuses de 30.
Comme nous arrivions à cette hauteur, où le Colonel Bigeard se trouvait déjà, que j'avançais fourbu, le nez au sol et la casquette enfoncée, j'entendis une exclamation et cette question: "Qui est-ce qui avance en comptant les cailloux '?" Je levais le nez et vis "Bruno" qui observait notre installation.
Quand il me reconnut, il se mit à rire me secoua en me donnant un coup sur l'épaule qui justement, faillit m'envoyer embrasser les cailloux.

Et c'était ce même homme que je voyais, ce soir, chez lui. Tout comme un autre, il savait profiter d'une soirée paisible en famille, et jouir de la vie quotidienne... et pourtant, celui que j'avais connu en Algérie ne cessait de s'exposer en donnant l'exemple. Je continuais à penser à mon crapahutage sous ses ordres.
Après cette marche si dure, ce fut enfin l'arrêt. L'emplacement pris, la nuit survint. Je ne faisais pas partie des patrouilles de nuit et restais avec le grand-père adjudant, qui me montra la façon de s'installer pour ne pas crever de froid vers minuit.
Je m'endormis comme dans un palace. A cinq heures du matin, de l'eau noire arriva, baptisée café : comme elle était bonne! Dès que le jour se leva un peu, un avion de L'A. L.A. T. arriva et prit contact. Je restai en position de bouclage.
L'unité du capitaine Chabanne commença le ratissage jusqu'à 10 heures, aucun accrochage n'eut lieu, puis tout d'un coup le claquement sec d'une rafale survint.

Au son, je me rendis compte qu'il s'agissait d'une mitrailleuse sans doute une mitrailleuse allemande de la dernière guerre que des amis de la France avaient plus données que vendues aux terroristes.
L'avion mouchard permit de la situer et pendant que des hommes attiraient son attention, d'autres la prirent à rebrousse-poil et la réduisirent au silence.

L'arrivée d'une alouette avec des civières m'indiqua qu'elle nous avait cassé du monde. Alors que la section de bouclage n'était plus très loin de nous, un bruit suspect de pas me tendit, prêt à tirer, une forme noirâtre s'élançait sur moi et je l'arrosai des 22 balles de mon chargeur.
Alors, j'entendis l'exclamation du grand-père qui se moquait de moi en disant :
"Merde alors, heureusement que mes vingt ans d'opérations militaires m'ont appris à faire la cuisine parce que Jean-Marc vient de nous abattre un sanglier terroriste". Ce fut mon premier exploit de guerrier. Et le soir, quand l'animal fut cuit et partagé, j'appris ce que c'était que la véritable amitié entre des hommes courant les mêmes risques.
Ils ne me firent pas de grands discours élogieux sur mon obstination à ne pas avoir le derrière dans un siège d'hélicoptère, comme on m'avait dit que je terminerais l'opération, mais tout simplement:
"mon vieux, pour un gars habitué à avaler les kilomètres à l'aide d'un moteur d'avion, chapeau de nous avoir suivis jusqu'ici".
Bien sûr, ils ne me firent pas remarquer que je ne portais plus mon sac, que le colonel avait bien ri en voyant un de ses hommes avancer en comptant les cailloux.
A part les hommes de veille, le reste s'installa pour prendre quelques heures de repos. Je me retrouvai moins crevé que la nuit précédente. Mon rude sac de couchage me parut encore délicieux.
Et je sais qu'à ce moment, comme au cours de cette soirée, je me faisais du souci en pensant qu'un jour l'Algérie risquait de ne plus être française.
J'avais allumé une cigarette et je pensais... Je me rendais compte, maintenant, de ce que pouvaient certaines troupes. Je savais qu'elle peuvent ratisser un terrain sans y laisser de suspects.
Cette guérilla demandait une grande connaissance des hommes, au moins autant que celui du maniement des armes, et il fallait connaître leurs possibilités.
Arriver à faire dire aux habitants d'une mechta où étaient cachées les armes et reconnaître parmi ses habitants le terroriste du paisible laboureur.

Au départ, ils avaient le même faciès, la même gandoura, la même façon de dire qu'ils avaient renvoyé les fellaghas parce qu'ils représentaient des bouches à nourrir et qu'ils avaient juste assez de blé et de bétail pour eux-mêmes.
Il fallait des heures de patient interrogatoire pour arriver à deviner quel était celui qui se cachait parmi eux. Les fellahs bien souvent auraient volontiers parlé, mais ils savaient qu'une fois les troupes françaises parties, la mechta qui les avaient renseignés serait brûlée par de nouveaux terroristes, que les femmes seraient violées et transformées en porteuses, que les hommes seraient émasculés et égorgés.
Pour gagner la partie, il fallait montrer que nous étions les plus forts. Mais les fellaghas étaient les maîtres six heures sur vingt-quatre

        Brusquement, la chanson rapide et courte d'une arme automatique se fit à nouveau entendre. Deux éclaireurs de pointe s'écroulèrent. L'un resta complètement inerte, l'autre rampa jusque vers un fossé et disparut.
Ainsi, ils s'étaient retranchés dans la grotte. L'objectif fut indiqué aux avions d'alerte qui attendaient à cinq minutes. U n L.19 de reconnaissance de l' A. L.A. T. fit un passage très bas, et dans l'axe de la grotte, pour bien marquer l'objectif à l'aide d'une grenade fumigène, il se fit arroser, sans être touché, et dégagea par un virage ascendant très serré.
La chasse suivit et, au moyen des roquettes, arrosa rentrée de la grotte; les lieux se trouvaient encore noyés dans la fumée de l'explosion que déjà les hommes de la troisième compagnie, avec le capitaine Chabanne, se trouvaient à l'entrée.
Son nettoyage permit de mettre la main sur une cache d'armes et de provisions.

     Toujours décontracté, le grand-père adjudant, responsable des cuisines, fit bonne provision de tout ce qui se mangeait. Plusieurs deuxièmes classes repartirent avec un sac un peu plus lourd, maudissant certainement les kilos supplémentaires qu'ils avaient sur le dos.
Je venais de vivre mon baptême du feu. Pour la première fois, j'avais pris part à la vie des combattants, vie toute mêlée de moments dramatiques, d'épisodes comiques...

    Je regardais de nouveau celui qui, de longue date lui, connaissait cette existence. Interrompant mes souvenirs, je me retrouvais à Toul, en permission de 24 heures chez ce même Bigeard. "Pour l'instant, mon colonel, il faut que je regagne la caserne militaire, si je ne veux pas que l'adjudant-chef Richard m'avertisse avec une séance de Pelote que l'heure du retour à la caserne est implacable". Il me raccompagna jusqu'à la porte de la base d'Essey-Ies-Nancy.
      Tout le monde militaire et civil connaissait ce grand colonel et une fois de plus son accolade me rendit très fier.
D'un air détaché, je dis à l'adjudant du poste de Police :
"vous savez, en famille, on s'embrasse toujours".

Documentation Historia : Alger la bataille des paras n° 363, Photo page 20,.
Collection du Patrimoine 6, rue Anatole de la Forge 75017 Paris,www.tresordupatrimoine.fr.: Histoire des grands conflits, Actions de choc et commandos en algérie, partie 1.
Collection du Patrimoine,6, rue Anatole de la Forge 75017 Paris,www.tresordupatrimoine.fr. : Paroles d officiers 40 ans après ils témoignent, souvenirs d'Algérie du colonel Bigeard photos page 38
Site Internet GUELMA-FRANCE