Tahar Ben Jelloun ne veut pas expliquer les raisons de la guerre totale sunnite-chiite !

Shmuel Trigano et Hamdane Ammar se complètent pour expliquer la faillite du moyen orient ''arabo-musulman''....

Dans mon 2eme livre sur le monde arabe, ''Le Monde arabe face a ses démons : nationalisme, islam, et Juifs'' (ed Colin)
J'expliquais :
- que le nationalisme arabe était bien différent de l'européen ou du sioniste - qu'il avait pris de l'importance car soutenu par l'Occident contre les Ottomans durant la 1ere guerre mondiale - que le découpage ''national'' n'était en fait qu'un découpage ds l'ancienne oumma que le Califat turc constituait et qui fut dissous par Atatürk au début des années 20.
Car l'effondrement du Califat fut un grand traumatisme dans la conscience musulmane et la constitution des états ''arabo-musulmans'' ne fut qu'un succédanée pour atténuer la douleur de la fin du Califat la cassure fatah/hamas montre depuis longtemps que les ''palestiniens'' sont loin de former ''une nation'',elle montre aussi qu'ils n'ont pas d'autre projet (national) que celui de faire disparaitre Israël...
bien a vous
Jean-Pierre Lledo.

Tahar Ben Jelloun ne veut pas expliquer les raisons de la guerre totale sunnite-chiite !
Publié le 23 juin 2014 par Hamdane Ammar - Article du nº 361
http://ripostelaique.com

Dans un article paru sur l'hebdomadaire le point, en date du 20-06-2014, le grand écrivain franco-marocain, Tahar Ben Jelloun parle de malédiction de ce qui se passe actuellement en Irak, tout en faisant référence au livre de feu l'écrivain algérien Rachid Mimoun, ayant pour titre la Malédiction. Dans ce roman, l'écrivain algérien Rachid Mimoun y avait diagnostiqué les ingrédients de la barbarie qui s'était abattue sur la terre algérienne, au nom de l'islam qui avait provoqué des milliers de morts et des millions de déplacés.

Dans le cas de l'Irak, l'écrivain franco-marocain botte en touche et refuse dans son article de désigner les vecteurs de la tragédie qui se déroule en Mésopotamie. Il cherche des boucs émissaires comme tout bon musulman qui considère qu'il n'est pas responsable de ce qui lui arrive et que ce sont les autres, c'est-à-dire les Juifs et les Croisés qui cherchent à dominer le monde arabo-islamique pour piller ses richesses.

Pourquoi M. Tahar Ben Jelloun ne diagnostique-t-il pas les causes de la tragédie irakienne ? Pour n'importe quel historien spécialiste de l'histoire islamique, la conclusion sera évidente. En lisant les manuels d'histoire, il découvrira les vecteurs de la guerre civile qui se déroule actuellement en Irak et au Levant. Les Sunnites et les Chiites ne s'aiment pas depuis la bataille du chameau à Bassorah le 9 décembre 656, entre le quatrième calife bien guidé Ali, cousin et gendre de Mahomet et Aïcha la femme de ce dernier, la mère des croyants musulmans. Cette haine s'était amplifiée le 10 octobre 680, à la bataille de Kerbala en Irak qui avait opposé le Calife Omeyade Yazid ibn Mu'awiyya à Husayn, fils d'Ali et petit-fils de Mahomet dont la tête fut envoyée à son pire ennemi le maître de Damas.
La guerre islamo-islamique qui se déroule en Moyen-Orient a pour origine une querelle familiale de la tribu des Quoreiches pour le pouvoir et ses avantages, sans plus, sur fond religieux. Et pour cette bonne cause, les Sunnites et les Chiites convoquent tour à tour Allah et son Envoyé pour justifier leur barbarie respective.

Il est vrai que depuis 14 siècles, c'est la première fois que les Chiites détiennent le pouvoir à Bagdad, et ça c'est une ignominie insupportable pour les Sunnites.
Bagdad, capitale du monde et de ses lumières comme le prétend Tahar Ben Jalloun, est un non-sens, car malheureusement pour lui, elle n'a pu accéder à ce statut que grâce aux Chrétiens d'Orient. Au temps de sa splendeur sous les califes abbassides, Bagdad avait rayonné avec l'apport des Chrétiens syriaques et des Perses. Pour preuve toutes les traductions scientifiques et philosophiques du grec à l'arabe de l'époque furent l'œuvre de ces Chrétiens d'Orient. Dar Hikma à Bagdad, ne fut-elle pas dirigée par des Chrétiens syriaques ? Et la ville de Bakhtistu ( près de la ville actuelle de Shahabad en Iran) ne fut-elle pas un centre reconnu de la médecine et de la traduction tenu par les Chrétiens nestoriens ?

M. Tahar Ben Jelloun, ignore-t-il que les médecins personnels des califes abbassides étaient tous Chrétiens ? Et ça, il ne faut pas le dire, car cela va dévaloriser l'islam qui est le vecteur principal de la barbarie.
Lire le livre de Jean Maurice Fiey ayant pour titre : Chrétiens d'Orient syriaques sous les abbassides surtout à Bagdad ( 749-1258).

Dans son article, M. Tahar Ben Jelloun passe aussi sous silence l'accord de Sykes-Picot de 1916 qui avait dessiné la carte géopolitique du Moyen-Orient, en faisant la part belle aux Sunnites au détriment des Chiites, des Kurdes (qui furent ignorés), sans parler des autres minorités telles que les Chrétiens d'Orient. Eh bien, la roue de l'histoire s'est remise en marche grâce au fanatisme islamique et notamment le wahhabisme sunnite ennemi de la culture et de la vie tout court.
Un nouveau Moyen-Orient est en gestation et les vaincus d'hier seront les vainqueurs de demain. N'en déplaise à M. Tahar Ben Jelloun, les Perses seront les gagnants, car ils ont derrière eux une histoire trois fois millénaires et ils seront les premiers à tordre le cou à l'islam. Ils s'y préparent. La jeunesse perse a compris que son avenir dépend de son ouverture vers la modernité, le progrès et ce n'est pas le cas des jeunes sunnites qui sombrent chaque jour qui passe dans le djihad…

Dans cette guerre sunnite-chiite, l'Occident a choisi le mauvais cheval, c'est-à-dire les Sunnites qui ne croient qu'au sabre pour s'imposer comme le leur ordonne Mahomet qui a dit : " j'ai été désigné pour combattre contre les hommes aussi longtemps qu'ils ne disent pas : il n'y a que dieu qu'Allah. "

Et bientôt, ce djihad s'invitera sur leur territoire, car ils n'ont pas été lucides en l'encourageant en Syrie, en Afghanistan, en Irak, en Libye… Attention, les Occidentaux auront des soucis à se faire dans peu de temps, car le diable en djellaba se terre désormais, chez eux !

Lire mon article sur RL N° 234 du 16 janvier 2012, pour comprendre ce qui se passe en Syrie et en Irak.
Hamdane Ammar

Source: J.P Lledo

Site internet GUELMA-FRANCE