La bataille de Medjez-Amar

AVANT LA BATAILLE

Le colonel LAMORICIERE

"Le colonel Lamoricière commande les zouaves du 2éme léger, il est campé sur la rive droite cet emplacement qui se trouve être de la plus grande importance. Il établit un poste retranché de 40 hommes commandé par un capitaine et un lieutenant, avec ordre de tenir à tout prix cette position, même si l'ennemi s'approchait du camp.
CAMP RETRANCHÉ photo 2006

      Le camp de Medjez-Amar, sur la rive droite de l'oued Seybouse, est protégé par un ravin et des postes retranchés, il n'est guère abordable, mais à sa gauche existe un plissement de terrain qui longe la rive gauche de l'Oued Cherf ce par lequel l'ennemi peut se glisser derrière notre gauche.

        Un poste de nuit est placé à ce débouché afin de surveiller ce passage. Au camp de la rive gauche de la Seybouse, le 47e de ligne est couvert par trois mamelons, celui de l'extrême droite, le plus élevé des trois, défend les approches du camp contre l'ennemi qui voudrait y pénétrer par le chemin d'Hamam Meskoutine.

       Toutes les hauteurs sont gardées par des postes retranchés, les troupes attendent l'attaque. Le 19 on avait appris par des renseignements digne de foi que le Bey de Constantine s'avançait dans l'intention d'attaquer le camps avec des forces que l'on évaluait à 10.000 hommes d'infanterie et de la cavalerie chiffrée à 3 ou 4000 cavaliers.

      Dans la nuit du 21 au 22 septembre plusieurs coups de fusils sont tirés contre nos positions. L'attaque débute dès le matin du 22 septembre, 700 à 800 cavaliers et une infanterie de 1500 kabyles font mouvement vers le poste des zouaves où se trouve le général Lamoricière avec ses 7 compagnies du 2 eme léger et du 47 eme de ligne.

       A peine établit sur le mamelon les kabyles et les cavaliers tentent de s'emparer de cette position. La première résistance ne fait que les exciter d'avantage, mais les tirs de l'infanterie et d'un obusier de montagne bloquent la tentative et ouvrent de larges brèches parmi les assaillants. Un obusier et deux pièces de campagne situés sur la gauche de la ligne contribuent à dégager la position menacée. Un autre obusier et une pièce de campagne en position sur la rive gauche de la Seybouse s'ajoutent aux tirs. Cette escarmouche fait 1 tué et 8 blessés dans nos rangs.

       L'ennemi laisse un bon nombre d'hommes sur le terrain ainsi que de nombreux chevaux on les voit distinctement emporter leurs morts et blessés. A midi un violent orage, qui dura environ deux heures, nous oblige à nous mettre à couvert, à 4 heures les arabes reprennent l'offensive, leurs dispositions sont les mêmes que celle du matin. L'infanterie arabe attaque avec plus de rigueur, mais est repoussée sur tous les points. Vers 5 heures 1/2, l'ennemi regagne ses positions annonçant l'intention de renouveler ses attaques. Les sentinelles ont ordre de veiller mais il ne se passe rien, vers les 10 heures du soir, 30 à 40 coups de fusils sont tirés depuis les deux camps sur des arabes qui cherchaient à s'approcher de nos postes.Le 23 septembre, dès 6 heures du matin l'ennemie attaque de nouveaux en force 7 à 8000 hommes, dont 2 à 3000 kabyles. Comme les autres jours, la plus grande partie de la cavalerie se poste face au camp sur la rive droite, tandis que 700 à 800 cavaliers et 4000 kabyles marchent contre la position du colonel Lamoricière, mais, ils ignorent que pendant la nuit on envoya 160 hommes couper les buissons et les arbres, à la faveur des quels les kabyles avaient pu s'approcher du camps. Trois compagnies de zouaves, deux du deuxième léger occupent toujours la position. Prévoyant une lutte plus sérieuse que la veille, on fait venir sur la rive gauche, 1 obusier, et 1 pièce de campagne, pour porter à 5 pièces notre artillerie. De ce point on découvre les mouvements de l'ennemie. Il fait mouvement en avant, et descend par la route que le génie a tracé, et se place sur les mamelons qui font face de notre ligne de la rive droite. Il y a sur ces mamelons environ 1500 chevaux. Bientôt 300 à 400 cavaliers engagent la fusillade avec nos avant postes. Quelques coups de canons et obusiers les tiennent à distance, après 1 heure 1/2 d'engagement, ils regagnent Ras-El-Akba. Personne de blessés ou de tués de notre côté, cependant que chez l'ennemi l'artillerie fait des ravages, tant parmi les hommes que parmi les chevaux.

Découverte depuis le fort de l'oued Seybouse

Vers les 8 heures du matin, l'on remarque un grand mouvement du côté de Ras-El-Akba,

         La cavalerie en plus grand nombre vient reprendre les positions de la veille, et s'étend jusqu'à l'Oued Cherf, cherchant à pénétrer sur notre gauche. Elle attaque sur toute cette ligne avec plus de résolution que la veille, mais elle est repoussée sur tous les points par les postes retranchés et par les tirailleurs qu'on a embusqué à la gauche de la ligne. Le feu des trois pièces d'artillerie contribue à éloigner l'ennemi. Les coups de fusils continuent toujours sur la rive droite en particulier vers la position du colonel Lamoricière. L'ennemi à déployé 4000 kabyles, parmi les quels se trouvait un bataillon de régulier en uniforme de 600 à 700 hommes de l'armée d'Ahmed, et qui marche musique en tête. 700 à 800 cavaliers sont mêlés au milieu de toute cette infanterie. Après bien des cris et des coups de fusils tirés hors de portée, toutes ces bandes s'avancent, avec une audace peu ordinaire. Les sept compagnies installées par le colonel Lamoricière, sur le flanc gauche de la position, cachées derrière des broussailles a l'ordre de tirer qu'à très faible portée; pendant le mouvement en avant de l'ennemi, les trois obusiers de montagne jette constamment au milieu de ces maures des obus qui en tuent et en blessent beaucoup. Les deux pièces de campagne de la rive gauche de la Seybouse et l'artillerie de notre gauche sur la rive droite lancent également des boulets et des obus. L'ennemi avance toujours, mais arrivé à 30 ou 40 pas de la position, les sept compagnies et l'infanterie ouvrent le feu, un mouvement de recul se remarque sur le champ. Ce fut le dernier effort des arabes en une demi-heure le feu avait cessé sur tous les points autour du camp, et bientôt les kabyles et toute la cavalerie fuient.
Pendant les deux premières heures du combat, le Bey de Constantine, ses drapeaux et ses principaux chefs se trouvaient au milieu de 2500 à 3000 cavaliers, qui étaient face au camp, sur la rive droite. Il passa à la gauche de la campagne de la rive gauche de la Seybouse et l'artillerie de notre gauche sur la rive droite lancent également des boulets et des obus.

         L'ennemi avance toujours, mais arrivé à 30 ou 40 pas de la position, les sept compagnies et l'infanterie ouvrent le feu, un mouvement de recul se remarque sur le champ. Ce fut le dernier effort des arabes en une demi-heure le feu avait cessé sur tous les points autour du camp, et bientôt les kabyles et toute la cavalerie fuient.

        Pendant les deux premières heures du combat, le Bey de Constantine, ses drapeaux et ses principaux chefs se trouvaient au milieu de 2500 à 3000 cavaliers, qui étaient face au camp, sur la rive droite. Il passa à la gauche de la ligne avec 700 à 800 cavaliers, pour être témoin de l'attaque contre la position du colonel Lamoricière, il fut par conséquent témoin de la défaite de ses troupes.

        Quand aux pertes de l'ennemi, elles ont dû être grandes, les kabyles sont venus jusqu'à 25 pas de la position les traces de sang en font foi, 25 cadavres gisent abandonnés, lorsque l' on sait que les arabes ne laissent pas leurs morts et leurs blessés et qu'ils font tous les efforts pour les emporter. Le bey avec le reste de ses troupes reflua vers Constantine non sans tirer encore quelques coups de fusils "pour sauver la face". Mais Hadj Ahmed, le savait, il venait de perdre sa première bataille. Les tributs arabes et Kabyles de la région allaient se soumettre aux français, laissant ouverte la route de Constantine. La ville fut prise ce 13 octobre 1837, mais à quel prix, Danrémont et 23 officiers de tués, 57 dont Lamoricière blessés et plus de 500 soldats sont tombés. Malheureusement il y a des soldats atteins de choléra et la colonne au retour sur Medjez-Amar, Guelma et Bône est une colonne de malades. La France est à Constantine et n'entend pas lâcher une ville qui lui a coûté si cher.

Collectif des Guelmois site internet GUELMA-FRANCE