PÉRIODE BERBERE ET ARABE-HILALIENNE
1045-1515

L AFRIQUE, LA SICILE ET L'ESPAGNE
VERS 1045.
Histoire de la manipulation des tribus berbères pendant ces périodes de conquêtes arabes
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Coup d'œil d'ensemble sur les modifications survenue dans les populations de la Berbérie. Barka et tripolitaine. - Tunisie. Province de Constantine. - Maghreb central. - Maghreb extrême. - Grand désert. - Situation de la Sicile. - Situation de l'Espagne.

Domination du khalifat;
Les deniers gouvernements arabes sont tombés sous les coups des Ketana, et cette vieille tribu berbère a pris prépondérance sur toutes les autres. Mais bientôt, ses mei1leurs éléments ayant été absorbés dans les guerres ou entrainés en Égypte à la suite des khalifes fatemides, c'est sa sœur, la tribu des Sanhadja, qui prend le pouvoir et l'exerce d'une manière tout à fait indépendante.

Perdant ce temps, les tribus Zenètes des Mag'roua et Beni-Ifrene connaissent aussi des jours de gloire; elles contre balancent quelquefois la puissance des Ketama et des Sanhadja et, après avoir régné successivement sur les deux Mag'reb, finissent par se fondre dans les populations du Mag'reb extrême, où la dynastie arabe des Edrisides a laissé un souvenir presque effacé.
En se fractionnant, elles envoient des essaims à. Sidjilmassa, à Tripoli et en Espagne

D'autres Zenètes, les Ouerrnmnou et Honmène les remplacent dans le Mag'reb cetral. tandis que les Beni-Badine, autres Zenètes, se massent sur la lisière des hauts plateaux et se préparent à entrer en scène et à jouer le grand rôle qui leur est réservé.

Enfin à l'extrémité du désert, près du cours du Niger, d'autres autochtones, les Sanhadja-au-Litham (voile), véritables sauvages. se groupent autour de missionnaires, et se préparent à la conquête du Mag'reb.
On le voit, les anciennes populations berbères que nous avons trouvées occupant le pays au VIIe siècle, lors de la conquête arabe. ont vu leur puissance décroître; beaucoup d'entre elles ont disparu ou se sont fondues et partout elles ont dû, ou vont céder, l' occupation et le commandement à de nouvelles tribus indigènes venues presque toutes du Sud.
Examinons maintenant en détaill la situation de chaque province

BARKA ET TRIPOLITAINE
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- Il ne s'est pas produit de grandes modifications dans l'ethnographie de ces provinces. Les Louata et Haouara1 en occupent toujours la plus grande partie.. Cependant, une tribu arabe, celle des Beni-Korra, à déjà fait irruption sur le territoire de Barka. Toute la région qui s'étend de l'Égypte à Tripoli vit dans la plus complète indépendance.
Tripoli est au pouvoir des Beni-Khazroun, mais ces Mag'roua n'exercent leur autorité que sur un territoire restreint; ils sont entourés d'une colonie de Zenètes.
Au sud, le massif du Djebel-Nefouça, avec ses mêmes populations, ne reconnaît aucun maître. Le kharedjisme y compte de nombreux adhérents, de même que dans l'ile de Djerba.

L'AFRIQUE, LA SICILE ET L'ESPAGNE
(1045)

TUNISIE.

Le nord-est de cette province obéit aux Zirides de Kaïmuao. Le Djerid est en partie sous l'influence des Beni Khazrum de Tripoli
Les Nefzaoua quelques restes des Ifrène occupent l'intérieur du pays. A ces tribus il faut joindre des Laouta et Houra. Ces berbères sont fractionnés et appauvris par suite des guerres incessantes qu'ils ont supportées.
A Kairouan, se trouve toujours une colonie arabe d'une certaine importance. Des groupes de Ketama et de Sanhadja sont établis aux environs de Tunis et de Kairouan.

PROVINCE DE CONSTANTINE

Cette vaste région obéit presque en entier aux Hammadites de la Kalâa.
Des Nefzaouz sont répendus dans l'est de la province; une de leurs fractions celle des Oulhaça est établie non loin de Bône.
Des Houara et Louata sont cantonnés sur les versants septentrinaux de l'Aourès jusque vers Tebessa
Les Aoureba et Djeraoua ont disparu; les Ifrenes se sont fondus dans les autres populations.
Les Rir'a fraction des Mag'raoua occupent la région située au midi de l'Aourès avec les Ouargla.
Les Ouacines (Zenètes) se sont avancés vers le nord-ouest; les Abd-el-Ouad, une de leurs fractions, commencent à descendre de l'Aourès.
Les Ketama ont vu leur périmètre se resserrer ; ils occupent cependant encore la vaste région comprise entre Constantine, Collo, Bougie et Sétif: Une de leurs fractions celle des Sedouikch occupe les environs de Constantine et la plaine qui s'étend de cette ville à Sétif

MAG'REB CENTRAL.

- Les Hammadites de la Kalâa y exercent encore leur autorité jusque vers le méridien d'Oran.
Les Zouaoua et Sanhadja occupent tout le Tell compris entre Bougie, Tenès et les hau1s plateaux.
Un groupe de Mag'raoua (Beni-bou-Saïd) est établi, dans les montagnes des environs de Tenès.
Les Ouemannou et Iloumène se sont étendus sur les deux rives du Chélif et jusqu'auprès d'Oran, en refoulant devant eux. les Beni-Fa1ene (Mediouna, Koumïa, Mar'ila, etc.). qui se sont groupés au nord et à 1'ouest de Tlemcen.
Les Houara et Louata, venus avec les Rostemides, occupent les environs de Tiharet avec les débris des lemaï el Malmala (Beni-Falene). Tous professent plus ou moins ouvertement, le kharedjisme.

Les Ouadjeidjene et Ouar'mert sont toujours dans les montagnes des environs du Hodna; auprès d'eux les Demmer.
Les Sindjas et Lar'ouate (Mag'roua) occupent les régions méridionales des hauts plateaux; les Rached sont établis sur la montagne à laquel1e ils ont donné leur nom, le Djebel-Rached, appelé maintemnt Djebel-Amour.
Les Toudjine touchent le mont ouarsenis ; les beni mérine s'étendent vers l'ouest dans le Sahara, jusqu'auprès des sources de la Moulouïa.. Les Mzab sont au midi des Lar'ouate
Les Ournid très réduits en nombre, ont été repoussés jusqu'auprès de Tlemcen.
Les Ifrène sous le commandement des Beni-Yala,leurs chefs régnent Tlemcen et dans les environs.
Les Iffrène ont été refoulés jusque vers Sidjimassa.

MAGR'EB EXTRÊME
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Une anarchie complète règne dans le Mag'reb extrême. Les Mag'roua, Ifrene et Mikcnaça s'y disputent le pouvoir. L'influence de l'Espagne a disparu par suite de la chute de la dynastie omé'ïade.
A Tanger, commandent les Edrisides-Hammoudites et, à Sidji1massa, règnent les Beni-naououdine-ben-Khazroun, dont 1'autorité s'étend sur toute le vallée de la moulouïa.

Sauf rétablissement des Mag'roua à Fès et à Sidjilmassa, celui des Beni-Ifrene à Salé et le refoulement des Miknaça la population du Mag~reb extrême n'a pas subi de grandes modifications
Les Masmouda de 1'atlas acquièrent chaque jours de la puissance. Les Hentata les avoisinent, ayant eux-mêmes au sud dans les provinces du Sous et du Deraa, les Guezoula et Lamta.
Les Berg~ouata chez lequels domine toujours le schisme de Younos vivent dans l'indépendance.

LE GRAND DÉSERT
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Les Sal'lhadja-au-Litham (voile) et spécialement les fractions de Lemntouma, Messoufa, Guedala et Targa, semblent se préparer à un mouvement d'expansion les poussant vers le nord.

SITUATION DE LA SICILE.

Nous avons vu qu'a la suite du départ d'Abd-Allah fils du Ziride El-Moèzz, et de l'expulsion des Byzantins, un démembrement se produisit dans l'empire musulman de Sicile.
Au centre de 1'i1e, Castrogiovaoni, pays de culture depuis longtemps converti à l'islamisme obéissait à la noblesse militaire arabe; mais un esclave affranchi, du nom d'El-Haouachi, venait d'en prendre le commandement.
La pointe occidentale pays maritime obéissait à un autre plébéien nommé Ibn-Menkout.
Palerme vivait à part, de sa vie propre gouvernée par une oligarchie de personnages importants par leur fortune ou les fonctions remplies par leurs familles_
La côte orientale occupée en gramde partie par des vassaux chrétiens, était sous 1'autorité de Simsam
Enfin Catane tenait pour l'aventmier berbère Ibn-Menkout.

Avec la chute des Kelbites,le royaume musulman de Sicile voyant dispaitre l'unité de commandement, avait perdu toute force propre et n'avait pu résister à l'attaque combinée des Chrétiens que grâce aux secours venus d'Afrique.
Or, El-Moëzz allait avoir chez lui d'autres affaires lui interdisant toute expédition extérieure; aussi la perte de la Sicile était-elle proche.

SITUATION EN ESPAGNE.

L'empire musulman d'Espagne avait également achevé de se décomposer. Hicham III ayant été détroné par une sédition populaire, les Cordouans avaient essayé de le remplacer par l'autre prince; mais, forcés bientôt de renoncer à établir un gouvernement ayant quelques chances de durée, ils se constituèrent en république, administrée par um conseil de nobb1es et une sorte de consulat, dont l'emploi fut confié à la famine des Ben-Djahouar.

Cette capita1e était entièrement déchue de sa splendeur et, non loin d'elle, Séville aspirait à la remplacer vivant, elle aussi, sous un régime oligarchique, elle obéissait de fait à la famille des Ben-Abbad, dont un membre, le cadi Abou-l'Kacem-Mohammed, s'était mis à la tête d'um mouvement populaire qui, en 1023, avait débarrassé la ville de la garnison berbère laissée par Kassem le Hammoudite.
Par son habileté politique, secondant une ambition sans bornes, Mohammed-ben-Abbad était arrivé à obtenir une grande autorité, en se posant comme le chef du parti arabe espagnol opposé au parti berbère. Après plusieurs années de luttes, il finit par triompher de l'edriside Yayaia qui périt en combattant (octobre 1035).
Mais la guerre ne cessa pas pour cela, elle continua, entre les Arabes par des alternatives diverses. En 1042, Abou I'Kassem-Mohammed cessa de vivre et fut remplacé par son fils Abbad surommé El-Motadhed. C'était un homme érrudit mais soupçonneux, violent et cruel
Le midi de 1'Espagne était aux mains du parti berbère. Les idrisides, Hammoudites régnaient à Malaga et à Tanger, et avaient comme vassaux les Zirides Sanhadjiens de Grenadz, les Ben-el-Aftas, berbères arabisés, seigneurs de Badajoz, et les chefs de Carmona, de Moron et de Ronda tous indépendants.

Après la mort de Yahïa son frère EdrÏs avait été proclamé à Malaga, mais le prince avait abandonné la direction des affaires à ses vizirs et bien sur son autorité s'était affaiblie au profit des Zirides de Grenade.
Après un court règne interrompu par sa mort la guerre civile avait éclaté. Son cousin Hassan, soutenu par un officier slave du nom de Nadja était parvenu à monter son trone; mais il n'avait pas tardé à mourir, empoisonné peut-être par Nadja lui-même, qui voulut le remplacer et fut tué à son tour par ses propres soldats. Edris frère de Hassan, fut alors proclamé à Grenade, les Zirides étaient devenus malgré lem qualité de vassaux des Hammoumdites, de véritables souverains indépendants. Ils étaieut entourés de sauvages berbères; aussi leur cour ne ressemblait-elle en rien à celles des princes arabes de l'Espagne.
Grenade renfermait alors, un grand nombre d'Israélites, ce qui lui valait le surnom quelque peu dédaigneux de "ville des juifs". Un de ces Sémites, le savant rabbin Samuel-Halévy était patvenu, par son habileté et sa supériorité sur les Africains, au poste de premier ministre des Zirides.
Durant de longues années, il exerça à Grenade une autorité sans bornes.

Habbous" fils de Zaoui" était mort en 1 038, en laissant deux fils, Bologguine et Badis, qui, appuyés sur un nmbre à peu près égal de partisans, se disputèrent le pouvoir. Badin, bien que le cadet, finit par triompher et faire reconnaître son autorité par son frère. C'était un homme d'une grande énergie, guerrier redoutable, toujours en lutte contre ses voisins et même contre son suzerain. Il était l'ennemi né; le rival des Beni-Abbad de Séville.
Dans l'est de l'Espagon, dominaient les Slaves. A Alméria, Zoheir, successeur du Slave Kheïrane, s'était posé en adversaire déclaré des Berbères, mais, en 1038. Badis ayant marché contre lui, l'avait vaincu et tué. Alméria était alors tombé aux mains de 1'oméïade Abd-el-Aziz, seigneur de Valence.
Le Slave El-Medjahed était maitre des Baléares et commandait à Denia, sur la terre ferme. C'était un célèbre corsaire, dont les vaisseaux sillonnaient la Méditerranée et portaient le ravage sur le littora1 cbrétien.
Valence obéissait ainsi que noua l'avons vu à l'oméïade Abd-el-Aziz.
A Tolède dominait uoe famille berbère arabisée, les Ben-Dhien-Noun, que nous allons voir entrer en scène. Enfin Ibn-Houd, arabes d'origine, commandaient à Saragosse.

Tels étaient les principaux chefs qui se disputaient alors les lambeaux de l'empire musulman d'Espagne ; nous ne les avons pas tous nommés car, à côté de ces "princes" gravitaient me foule de petits seigneurs visant à l'indépendance ou en jouissant ; chaque ville avait pour ainsi dire le sien. C'étaient de petites royautés dont quelques-unes n'avaientpas plus de deux ou trois lieues carrées.
Les prétentions de ces roitelets ont arraché à l'auteur Ibn-Bachik la boutade suivante: "Tous ces prétendants me font 1'effet d'unchat qui se gonfle, miaule et se croit un lion.
Les princes chrétiens étaient alors trop occupés chez eux pour pouvoir tirer parti de cette situation; mais il était à prévoir qu'aussitôt qu'ils seraient débarrassés des affaires les retenant, ils envahiraient le territoire musulman.
RELATIONS C0MERCIALES ET POLITIQUES DES PUISSANCES CHRÉTIENNES DE LA MÉDITERRANÉE AVEC LES MUSULMANS D'AFRIQUE ET D'ESPAGNE.

- La fin du Xe siècle ayant coincidé avec l'affaiblissement des empires musulmans d'Afrique et d'Espagne, leurs flottes cessèrent d'être maitresses de la mer, en même temps que la Sardaigne et la Sicile étaient en butte aux expéditions heureuses des Chrétiens. Les républiques ou principautés italiennes saisirent habilement cette occasion de rétablir leur infleunce dans la Méditerranée et d'assuœr la sécurité de leurs relations commerciales en Mag'reb.
Gênes" Pise, le Saint-Siège, Venise firent de grands efforts dans ce sens, et nous avons relaté à la fin du premier volume les expédition, des Pisans et des Génois dans les îles, à El-Mehdia et à Bône. Leurs succès, quelque fois chèrement achetés ou expiés par de dures représailles ne tardèrent pas à les faire respecter par des gens qui ne s'inclinent que devant la force.


1. Amati Musulmants de Sicile, t. ID, p. 1 et suiv.
2. Cité par El-Kaïrouani,. p. 168. 169.
3. Dozy, musulmans d'Espagne t.IV p. 1 à 68. lbn-Khaldoun,.t. II, p. 62, 154. E1-Marrakchi, p. 48 et suiv.

LA SICILE ET L ESPAGNE EN 1045

Au centre de l'île,Castrogiovanni, pays de culture, depuis longtemps converti à l'islamisme obéissait à la noblesse militaire arabe; mais un esclave affranchi du nom d'El-Haouachi venait d'en prendre le commandement .La pointe occidentale; pays maritime obéissait, à un autre plébéien nommé Ibn-Menkout.
Palerme vivait à part, sa vie propre, gouvernée par oligarchie de personnages importants par leur fortune ou les fonctions remplies par leurs familles.
La côte orientale: occupée en grande partie par des vassaux chrétiens, était sous l' autorité de Simsam.
Enfin Catane tenait pour l'aventurier berbère Ibn- Me1dati.

Avec la chute des Kelbites, le royaume musulman de Sicile voyant disparaître l'unité de commandement, avait perdu toute force propre et n'avait pu résister à l attaque combinée des Chrétiens que grâce aux secours venus d' Afrique. Or, El-Moëzz allait avoir chez lui d'autres affaires lui interdisant toute expédition extérieure; aussi la perte de la Sicile était-elle proche.
Plus tard nous verrons En-Nacer, consulté par Grégoire VII sur la nomination du prêtre Servand à l'évêché de Bône, répondre au Saint-Père par l'envoi de riches présents et la mise en liberté de tous les captifs chrétiens, rachetés à cet effet par lui dans tous ses états. Des patriciens saisirent cette occasion pour entrer en relations avec le souverain hammadite et lui adressèrent, de même que le Pape, les lettres les plus flatteuses (1).

COUP D'ŒIL D'ENSEMBLE SUR LES MODIFICATION SURVENUES DANS LES POPULATIONS DE LA BERBÉRIE
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- Au moment où l'invasion arabe hilalienne va se répandre sur l'Afrique et modifier si profondément l'ethnographie de la Berbérie tandis que la fondation de l'empire almoravide qui doit redonner un peu de force à la race autochtone se prépare, Il convient de jeter un coup d'œil d'ensemble sur l'état du pays et d'examiner en détailles modifications qui se ont produites dans les tribus indigènes.
Nous touchons, en effet à l' époque capitale dans l' histoire d'un peuple et, avant de commencer une nouvelle étape, il convient de bien préciser les conditions où nous nous trouvons.
Depuis près d'un siècle et demi, la Berbérie s'est débarrassée de commerce et de navigation conclus entre les Musulmans et les Chrétiens.

El-Bekri, l'Edrisi parlent des échanges qui se faisaient à cette époque dans les ports de Tunis, de Bougie, de Melila, de Ceuta, de Tanger, de Salé, etc. Les laines. les peaux, le corail, les fruits secs, le miel la cire, les bestiaux, les esclaves, les grains étaient les principales marchandises d'exportation qui s' échangeaient contre les étoffes, la quincaillerie. les armes d'Europe. Les Génois et les Pisans, successeurs des Amalfitains, leurs anciens rivaux, avaient presque partout le monopole de ce trafic. Le souverain Hammadite En-Nacer,lorsqu'il fonda Bougie, ainsi que nous le verrons plus loin, chercha à attirer dans sa nouvelle capitale des commerçants européens, et, il cet effet , entra en relations avec le Saint-Siège.

Nous avons dit qu'au groupe important de chrétiens avait contribué à former la population de la Kalâa. Les souverains musulmans, au moins dans l'lfrikiya toléraient alors leur présence en nombre assez considérable pour que cinq évêques africains, fussent en fonctions au milieu du XIe siècle. Celui de Karthage était en quelque sorte leur primat, et nous savons, par des lettres du pape Léon IX. qu'en 1033 un certain Gummi, titulaire de cette dignité, voulait s'arroger le droit de consacrer les autres évêques d'Afrique. Ces chrétiens soumettaient leurs difficultés inférieures aux princes musulmans ou à leurs représentants, qui agissaient en présence de ces controverses un peu comme Pilate à l'égard des Juifs.
Plus tard nous verrons En-Nacer, consulté par Grégoire VII sur la nomination du prêtre Servand à l'évêché de Bône, répondre au Saint-Père par l'envoi de riches présents et la mise en liberté de tous les captifs chrétiens, rachetés à cet effet par lui dans tous ses états. Des patriciens saisirent cette occasion pour entrer en relations avec le souverain hammadite et lui adressèrent, de même que le Pape, les lettres les plus flatteuses (1).

Après cette rapide revue de l'état des empires musulmans du Mag'reb, au milieu du XIe siècle, il convient d'entrer dans quelques détails sur tes tribus arabes qui vont faire invasion en Afrique et avoir une si grande influence sur l'histoire de la Berbérie. Prochainement l'invasion de la Berbérie par les tribus Beni Hilal et Soleïm

1. Élie de la Primaudaie, Villes maritimes du Maroc (Revue africaine. nQ 92 et sWv. - De Mas-Latrie (Traités de paix, etc.). p. 22 et suiv. (de l'intr.) 3 et suiv. (de l'ouvr:.) - El-BB1cri, l'Edrisi, passim. 1. Amari. MusulmatJS de Sicile, t. III, p. 7 e sniv.
2. Cité par El-Kaïronnai, p. 168. 169.
3. Dozy~ Musulmans dJE-spagnel t ~ p. 1 à 68. Ib~Khaldo IL p.
62., 154. El-Marrakchi, p. 48 e sniv.

Sources "L'Afrique septentrionale" (BERBERIE) Ernest Mercier (1868)

Site Internet GUELMA-FRANCE