Joseph Borg né le 12 octobre 1854 à Birkirkara (Malte), frère de Louis Borg qui est le père d'Yvette Martinez-Borg

GUELMA,

           Située presque à mi-chemin entre Bône et Constantine, cette charmante ville blottie dans son coin comme un élève sage, abrite une population composée de Musulmans, de Juifs, de Français de souches diverses : maltaise, italienne, espagnole et naturellement de métropolitains, il y avait même des musulmans du Maroc et de Tunisie.

           Tout près de la Tunisie, cette région, dans le département de Constantine, jouit d'un climat idéal ; certes, les hivers sont rigoureux, mais ils durent peu de temps. Les habitants aimables et travailleurs forment dans cette ville une véritable petite famille. Tous s'entendent bien et rares sont les malentendus de tous genres.

           Constantine la belle, au Sud de Guelma est une capitale romaine ou plutôt, elle était. Des édifices dont les Romains dotèrent la ville, rien ne restait qu'un vieux pont écroulé, quelques inscriptions et au musée, des médailles et des ex-voto. Constantine, capitale romaine, devint par la suite capitale berbère, puis arabe, puis turque etc... etc...

           Constantine qu'es-tu devenue ? Il ne nous est pas possible d'en parler davantage. Nous dirigeons humblement nos pensées vers sa cathédrale qui, lorsque l'on a connu ces beautés, portait le nom symbolique de : Notre Dame des Sept Douleurs. Les ravins du Rhumel l'entourent, la gardent et la protègent.

           Remontons vers le Nord de Constantine à Bône, le merveilleux port et voyons la cascade et les sources chaudes de "Hammam-Meskoutine" peuplées de légendes...

            Revenons à Guelma, notre ville d'or, à l'ouest de la frontière de la Tunisie. Paisible ville, elle travaille dans la douceur de son atmosphère qui rappelle le midi de la France.

           Peuplée de commerçants, d'industriels et d'artisans, elle est comme un bijou dont l'éclat ravit les visiteurs qui, de Bône (Hippône) ou de Constantine viennent admirer les environs, cascades, sources chaudes, vignes et champs plantés par ces valeureux agriculteurs venus, il y a près de deux siècles de l'ile de Malte dont les mérites ont été loués par M. Ropa, auteur et poète français, de père et de mère maltais, émigrés de l'époque.

           Il serait trop long de rendre ici l'hommage mérité par ces colons de la première heure, ouvriers pauvres de 1848, certains arrivés pieds nus mais ô combien heureux, qui ont émigré de leurs chères îles d'origine : Gozzo et Malte du milieu de la grande bleue et qui ont été les véritables pionniers en Algérie, plus particulièrement dans le département de Constantine dans sa partie, géographiquement parlant, la plus proche de leur point de départ.

          L'histoire des Maltais est connue et a fait l'objet de récentes études

          Guelma, toute proche de Bône, ce port qui exportait énormément de marchandises diverses était la sœur naturelle de Hippone (Bône) et vivait bien à l'époque. Ayant sa gare de chemin de fer dont le trafic ne manquait pas d'importance, elle échangeait sa production avec les ports algériens de Philippeville et Bône. A l'Est, les rives Tunisiennes abritent les ports de Bizerte et le golfe de Tunis ; ces localités échangeaient leur commerce avec l'Europe. Pleine de charme, Guelma la douée, baignée de verdure, de fleurs, de caroubiers et d'arbres fruitiers. Pays de cocagne, heureux, il n'est pas surprenant que les anciens en aient fait ici et là de belles villes. Les vins généreux, les oranges, les minerais de toutes sortes, les bois, les fameux chevaux arabes, les blés durs, les tapis ; tout cela, venant de cette belle région (Philippeville, Guelma, Constantine, Tébessa etc...) s'exportait dans le port de Bône, la ville de Saint-Augustin.

Nous avons été, ici, obligés de parler des autres localités sœurs ; en effet, leur vie, leur activité, leur développement dépendaient de leur inséparable courage et leur ardeur. Guelma, pays de notre enfance, de notre jeunesse, terre qui nous a vu naître, nous garderons toute notre vie ton souvenir. Loin de toi, nous aimerions te revoir un jour. En attendant, nous embrassons l'espérance qu'une vie paisible demeure encore et toujours dans ton cœur uni aux nôtres. Belle Guelma, tous tes enfants se souvenant de toi, te disent : au revoir, en tous cas, merci pour le bonheur que tu nous as donné.

Joseph BORG

Collectif des Guelmoissite Internet GUELMA-FRANCE