SAGA DE LA FAMILLE SAUVAGE
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Tout d'abord et avant de parler de la " parenthèse " algérienne de la famille Sauvage, je tiens à remercier Lionel Laurency , mari de ma cousine Michèle Piana (fille de Yolande Sauvage), sans qui il m'aurait été impossible d'écrire ces quelques lignes.

Ses recherches généalogiques sont à la source de tout.

Mes remerciements iront aussi à Mr Guy Falcoz, né en métropole et descendant d'une des filles ( Marie, née en Algérie (Souk-haras ou Guelma ?) , épouse Bourgeois Antoine) de Félix Sauvage " Le Breton " qui le premier quitta la France dans le milieu des années 1800 et fut le fondateur de cette " lignée ".

Je ne saurais également oublier Mr, Guillaume Rohard également né en métropole, et qui est un descendant d'une des sœurs de l'épouse de Félix " junior " (née Fleurier Ernestine Marie) premier Sauvage né en Algérie et bâtisseur de la ferme qui se trouvait route de Gounod.

Mes remerciements iront aussi à Pierrette Marazzani (née Sauvage fille d'Henri, frère de mon grand père Fernand) pour m'avoir communiqué le résultat de son travail sur la reconstitution de l'arbre généalogique de la lignée de Félix " junior ".

Mille merci encore et surtout à ma tante Yolande Piana née Sauvage dont la mémoire toujours aussi précise aura permis de corriger de nombreuses erreurs dans la version initiale et avec laquelle nous travaillons sur l'histoire de la famille de ma grand mère Emma Ollier épouse Fernand Sauvage (mais c'est à venir).

Sans eux, sans les renseignements qu'ils m'ont fourni, sans l'ouverture de leurs albums familiaux (riches en photos d'un autre age), il m'aurait été impossible de rédiger et d'illustrer cette parenthèse algérienne et surtout guelmoise de la famille de ma mère, parenthèse qui se sera déroulée sur plus d'un siècle et cinq générations.

Et je ne saurai oublier Gilles Martinez (notre webmaster comme l'on dit aujourd'hui) qui aura été le premier à faire germer en moi l'idée de rédiger et d'illustrer cette " saga ".

Tout commence lorsque Felix " le breton " (né en 1823 à Plelan, Ille et Villaine fils de Florimont Sauvage (1779-1845) et de Marie Madeleine Delalande (1779-1830) , maitre charon de profession prend la décision de mettre le cap au sud et de s'embarquer, de traverser la mer et de débarquer en Algérie.

Pourquoi a-t-il pris cette décision, en quelle année a-t-il " immigré "?

Deux questions auxquelles je ne saurai répondre.

La seule chose dont je sois certain c'est qu'en 1858, il épouse à Guelma Augustine Adeline Levasseur (1839-1915) dont les parents Marie-François-Auguste (Neuf-chelles 1808 - Guelma 1875) et Marteau Geneviève Victorine (Mareuil 1810 - Guelma 1879) ont traversé la " grande bleue " en 1848.
Félix " le breton " a fait partie de cette génération qui a chassé " les lions de la Maouna ", de cette génération qui s'est heurtée à un environnement hostile, de cette génération qui s'est accrochée, qui a voulu survivre, et surtout bâtir sur cette terre ingrate, mais aussi tellement attachante et qui, aujourd'hui encore, nous habite tant, nous qui en avons été chassés, non pas par les autochtones, mais par nos " chers compatriotes " pour lesquels nous étions devenus un fardeau..

Il s'est éteint en 1867, a été, dans un premier temps, enterré à Souk-Haras dans ce qui doit rester (soyons optimistes) du cimetière européen.

Son épouse a ensuite fait ramener sa dépouille dans le caveau qu'elle avait fait ériger au cimetière de Guelma.

De son mariage sont nés quatre enfants

Félix (Souk-Ahras 1861 - Guelma 1918) mon trisaieul

Henriette Arsène mariée le 17/03/1877 à Zurietti Benigno Louis Marie
Marie Augustine mariée le 21/12/1891 à Bourgeois Antoine

Emelie décédée à Guelma le 12/10/1868

Félix " le Breton " entouré de Félix junior (mon bisaieul ) et d'Henriette Arsène

(un tantinet d'humour, ne pensez vous pas qu'il ne lui manque qu'un " colt " et nous pourrions l'imaginer au far-west, peut-être aurait-il mieux fait de prendre cette décision, ses descendants vivraient encore dans leur pays)

Felix " junior " est le premier de la lignée à avoir vu le jour en Algèrie, A Souk-Haras plus précisément en 1861.

C'est lui qui s'est réellement intégré à la région de Guelma.

C'est lui qui, en 1886, fut le batisseur de la ferme Sauvage qui se trouvait (je préfère employer le verbe au passé et si je me trompe tant mieux) sur la route de Gounod.

C'est également lui et sa génération qui ont commencé à enrichir la famille Sauvage de toutes ses alliés et toutes ses ramifications. A guelma, combien de familles étaient liées, directement ou indirectement par l'intermédiaire de leurs unions, à la famille Sauvage. Je ne saurai le dire exactament, de mémoire je me contenterai de citer (sans ordre exaustif ni assurance orthographique) : Zurietti, Vidal, Gaucy, Samuel, Zarra, Dabezies, Boucher, Gerbaulet…. Excusez moi, mais j'en oublie certainement beaucoup d'autres…

Louis Zuretti, Sa femme Arsène née Sauvage, X, Felix (junior) Sauvage, Sa femme Ernestine Marie née Fleurier, Augustine Adeline Levasseur (ma lointaine aieule, mère de Félix), Maria née Sauvage épouse Antoine Bourgeois
De son union avec Ernestine Marie Fleurier (1863- Guelma 1954) , sont nés quatre enfants.

Fernand Auguste (Guelma 07/1893 - Tunis 11/06/1934)

Suzanne Marie (Guelma 05/05/1896 - Guelma 12/1958)

Henry Léon (Guelma 27/03/1898 - Guelma 02/06/1959)

Roger Edouard (Guelma 13/10/1899 - Guelma 19/04/1946)

Quelques photos de famille du début du 20 ème siècle
Fernand (3ème zouave Constantine) en 1914 avant de partir en France pour la grande boucherie

Suzanne
Roger et Henri

Avant d'aller plus avant dans la lignée de Fernand (mon grand père) je vous livrerai les données concernant les trois autres enfants de Félix " Junior " qui m'ont été communiquées par Pierrette Marazzani.

Suzanne Marie a épousé en 1916 à Guelma Benjamin Samuel (Millesimo 06/01/1893 - Guelma 07/01/1947) de cette union sont nés :

1) François Valentin Yves, le célèbre " Vonvon " (Guelma 15/12/1917 - Montauban 10/02/2000) qui en 1942 a épousé à Collo Letteri Adrienne (12/08/1919) (institutrice à l 'école Sévigné).

Ils ont eu deux filles

- Christiane (Collo 07/08/1946)

- Michèle (Guelma 29/04/1950)

2) Suzanne (Guelma 19/03/1919 - Bessières 01/2002) mariée à Guelma en 12/1939 à Ranfaing Marcel (Biskra 11/1907 - Toulouse 09/1992).

Ils ont eu 2 fils

- Pierre (Bône 04/11/1940)

- Jacques (Bône 11/11/1941).

3) Jean-Claude (Guelma 11/11/1924 ) que toute la famille appelait "Claudé" a épousé le 21/09/1946 à Paris (époque où il jouait au Racing club de Paris, voir " rubrique football " ) Vairel Simone (08/02/1925).

Ils ont eu 3 enfants :

- Gérard Benjamin ( Bône 01/01/1948 )

- Jean-Louis (Guelaat-bou-sbah 05/02/1951 - Langon 20/05/2003)

- Sophie Marie (Montauban 13/09/1959)

N.B et très important :

Vous retrouverez "Vonvon" et "Claudé" dans une autre rubrique du site GUELMA-FRANCE beaucoup plus intéressante et beaucoup plus importante et enrichissante celle consacrée au sport à Guelma et plus particulièrement au football.

Henri Léon a épousé en mars 1926 Marie Dominiquette Vidal (Guelma 07/03/1900 - Rabais 27/11/1989).

Ils ont eu trois filles

1) Suzanne Ernestine (Guelma 24/03/1927) a épousé le 12/10/1949 à Guelma? Guy Gerbaulet (Guelma 31/07/1925 - Barlonges 13/03/2000)

2 enfants :

- Jean-Bernard Marie (Constantine 16/08/1955)

- Anne-Marie Henriette (Guelma 09/11/1959)

2) Pierrette ( Guelma 30/06/1932) a épousé le 07/07/1959 à Guelma Jean-Louis Marazzani (Grenoble 01/09/1934)

3) Henriette Jeanine (Guelma 05/08/1934 - Clamart 26/06/1983) a épousé en 1958 à Guelma Guillon Daniel (Cormeray 07/10/1930)

4 enfants :

- Jean-Michel (Clamart 01/07/1959)

- Françoise Catherine ( Bourg la Reine 27/11/1960)

- Marc (Auvers sur Oise 05/12/1961)

- Danièle Annie (Viry Chatillon 04/06/1967)

Roger a épousé le 09/12/1922 Louise Julie Dabezies (Guelma 30/08/1900 - Guelma 11/07/1953)

Ils ont eu 6 enfants

1) Roger Jules (Guelma 26/03/1919 - Tréteau 10/04/1978) a épousé Baron Suzanne (Guelma 06/04/1921)

3 enfants :

- Danièle (Guelma 23/10/1950)

- Jeanine (Guelma 17/11/1952)

- Christine (Guelma 28/12/1955)

2) Paul (Guelma 07/03/1927 - Guelma 07/09/1934)

3) Jacqueline (Guelma 26/03/1929 - Guelma 19/10/1934)

4) André Henri (Guelma 03/02/1932 - Uzès 30/07/1997) a épousé en 1956 à Guelma Alphon Evelyne (Uzès 17/12/1933)

une fille :

Régine (Guelma 27/06/1956)

5) Paulette-Jacqueline (Guelma 15/11/1936) a épousé le 8 juillet 1957 à Guelma Delaye Roger (Chalagnac 27/12/1933)

2 enfants :

- Bernard (Alger 14/01/1959)

- Claude (Dakar 16/08/1962)

6) Jean-Pierre (Guelma 17/12/1939) a épousé en 1960 Truy Liliane (06/05/1942)

2 enfants :

- Corinne (Nancy 27/09/1961)

- Garde (Nancy 21/08/1968)

Je terminerai donc par où, si javais suivi la logique, j'aurai du commencer, par l'ainé des descendants de Felix " junior ", mon grand père Fernand Auguste. Il est né en juillet 1893 à Guelma.
Comme vous avez pu le voir plus haut, il a eu la " chance " en 1914 d'être déjà incorporé au 3ème zouave à Constantine.

Il a donc, dès le début, pu participer à la grande boucherie du début du 20ème siècle, de l'Argonne au chemin des dames, en passant par Verdun et la Somme, il aura vraiment fait du " tourisme " dans notre " mère patrie ".

Il aura vraiment eu de la chance, il en sera rentré vivant, deux fois gazé, blessé 3 fois, mais vivant.

La France, dans sa grandeur bien connue, lui en sera reconnaissante, il en sera récompensé par la république, il reviendra, certes diminué, certes en partie traumatisé dans son corps et dans son esprit, mais décoré de très nombreuses médailles.

Revenu à la vie civile, il épousera à Guelma le 31 juillet 1920 Ollier Emma née le 31 mars 1896 à Kellerman.

De cette union naitront 3 enfants :

Le 5 mai 1924 à Bône, Félix Auguste celui que tous les guelmois connaissaient sous le surnom (encore une de nos spécialités, le surnom) de " Chouchou ".

" Chouchou " vivait encore très récemment à Montpellier, et puis, lui aussi est parti le 19 décembre de cette année 2007
.

D'un premier mariage avec Charlette Dabezies, il a eu une fille née et décédée en 1947.

Après le décés de Charlette, " Chouchou " s'est remarié avec Liliane Gras née à Jean Rigal le 08/06/1933.

ils ont eu deux enfants :

- Guy Bernard (Guelma 24/09/1958)

- Annie (Constantine 08/06/01961)

Le 18 novembre 1926 à Guelma, Yolande qui le 23 octobre 1948 a épousé Raymond Piana né le 01 aout 1916 à Sétif et qui est décédé le 10 avril 2000 à Jurançon.

Ils ont eu deux filles

- Michèle (Guelma 07/04/1949)

- Danièle (Aïn Beïda 13/03/1955)

Enfin, le 10 mars 1929, Arlette (ma mère) à Guelma qui le 10 octobre 1946 a épousé Georges Pietri né le 05 février 1922 à Bône.

Nous avons été deux frères :

- Jean né à Guelma le 02 juin 1947

- Pierre né à Guelma le 18 février 1950

Photo prise en 1961 devant le garage qui se trouvait derrière l'immeuble boulevard du général Leclerc où nous habitions (derrière, très peu visible, le cinéma Arrela).
à droite mon frère Jean à 14 ans et à gauche, moi à onze ans.
Derrière nous la 4 CV de mon père et l'immatriculation " 9 C "

Fernand mon grand-père s'est éteint, selon la formule consacrée, d'une longue maladie et après plusieurs opérations chirurgicales au cours desquelles il n'a pas pu, compte tenu de son passé de grand gazé, être anesthésié, le 11 juin 1934 à Tunis.

Emma ma grand-mère est morte le 31 août 1979 à Bollène. Elle y repose dans le même caveau que la mère et le beau père de ma tante Lilane, deux anciens guelmois eux aussi Mme et Mr Morgat. Nous y avons accompagné " CHOUCHOU " samedi 22 décembre 2007.

Ma mère Arlette est décédée le 02 février 1980, mon père Georges l'a rejointe le 14 décembre 1984.

Ils reposent tous les deux, dans le cimetière de Marines (95), en compagnie de mon frère Jean mort le 15 août 1996.

La cinquième génération, née " là bas ", a, à son tour, fait sa vie, s'est mariée, a eu des enfants qui, pour certains, ont eux aussi eu des enfants.

La vie continue…..

Dans la dernière semaine de novembre, n'ayant pu, pour raison professionnelle, m'y rendre Le 1er novembre , seul devant la tombe de mes parents et de mon frère, j'ai eu une pensée, non seulement pour tous ceux de cette lignée qui reposent de l'autre côté de la méditerranée, mais également pour ceux qui ont leur dernière demeure un peu partout en France. Je me suis même surpris à sourire in peto en m'imaginant devoir aller fleurir leurs tombes.

Imaginez un peu le périple. Dans la même journée :

Cergy, Marines, Clamart, Bollène, Montauban, Bessières, Toulouse, Langon, Barlongues, Treteau, Uzes, Jurançon…………

Je n'ai pu m'empêcher, confronté à cette opportunité touristique, d'avoir une pensée " émue " et de " remercier " une fois encore l'homme qui, ayant besoin des habitants de ce pays ( et là je dois préciser absolument de tous les habitants quelle que soit leur ethnie ou leur religion, souvenons nous, à ce propos des GMC militaires faisant le tour des douars et déversant leur " cargaison " devant les bureaux de votes, revoyons, en toute honnêteté les distributions d'un seul bulletin de vote à ces gens) pour reconquérir le pouvoir, s'était servi d'eux comme de simples kleenex.

Merci encore à cet homme pour, une fois réinstallé dans ce qu'il ne pouvait concevoir autrement que comme l'unique endroit dévolu à sa très haute destinée, avoir transformé la partie de ces " mouchoirs " qui s'était trouvée face au choix célèbre de " la valise ou du cercueil " en encre absorbée par un buvard (mot d'humour, certes beaucoup moins célèbre qu'énormément d'autres, mais que l'histoire lui prête lorsque, moins d'un an après notre exil, le secrétariat d'état aux rapatriés fut dissout).

Sont alors remontées dans mon esprit les images de ma mère, de mon père, de mon frère, chacun une valise dans chaque main, sur les quais de Bône où nous sommes restés trois très longs jours en juin 1962 avant de pouvoir embarquer sur le " ville d'Alger " où nous étions plus de deux mille sur un paquebot qui normalement pouvait accueillir six à sept cents passagers.

Me sont également revenues en mémoire des scènes relatives à la " chaleur humaine " dont ont fait preuve les habitants d'une bourgade de Normandie, encore complètement en ruines suite aux bombardements de juin 1944, où nous avions fini par poser nos valises début septembre (il était temps car le mozabite qui les avait vendues à mon père en juin 1962 à Souk Haras était si peu honnête que les ferrures avaient très rapidement toutes été remplacées par de la ficelle) après presque trois mois de pérégrinations à travers notre " mère patrie ".

Je revoyais ma mère prise à parti (pour ne pas dire, littéralement agressée) chez un commerçant par des mégères du cru lui reprochant de venir voler l'un des rares appartements qui venaient d'être reconstruits et qui, dans leur esprit, étaient tout naturellement dévolus aux natifs de la région.

Je nous revoyais, mon frère et moi, ne quittant jamais seuls le lycée, parce que lorsque nous étions deux, les enfants (à l'époque on ne disait pas ados) natifs de la ville nous laissaient tranquilles.

Allez, je vais arrêter, parce que sinon je risquerai encore une fois d'être qualifié d'anti français et il est certain qu'une bonne âme ne raterai pas l'occasion de me redire encore et encore et encore, une fois de plus (et je suis persuadé que nous sommes tous capables de réciter ce refrain, car nous le connaissons par cœur tellement nous l'avons entendu) :

Mais retournez là bas, on ne vous a pas demandé de venir chez nous.

Je ne sais qui a écrit un jour :

" Le racisme n'est ni une question de couleur de peau, ni une question de religion, c'est tout simplement et avant tout une question d'égoïsme, d'obscurantisme, d'ignorance et de bêtise humaine. "

Pierre Piétri

Collectif des Guelmois site Internet GUELMA-FRANCE