REVUE DE LA PRESSE
Septembre 1899.
Chemin de Fer
Le Bône Guelma et l'immigration
Dans le but de faciliter l'immigration en Algérie et en Tunisie, la compagnie de chemin de fer Bône-Guelma et prolongement vient de prendre la décision suivante, approuvée par l'administration supérieure.
Les colons et leurs familles qui se rendent en Tunisie ou en Algérie, seront transportées en voiture de troisième classe du Kroubs, de Bône, de Bizerte, de Tunis, et de Sousse vers une gare quelconque des lignes Algérie et de Tunisie, à moitié prix des places de troisième classe, à condition d'être muni des titres ci-après :
1: titre provisoire de propriétés.
2: actes provisoires de location.
3: certificat délivré par les commissions d'immigration de Belfort et de Nancy.
Cette disposition s'adresse également aux acquéreurs des terres domaniales, porteur d'un titre constatant la vente par l'état d'une propriété en Algérie et portant l'autorisation de passage gratuit de Marseille ou de port Vendres en Algérie. Chaque colon adroit à un passage gratuit de 10 kg de bagages.

Janvier 1900. Le temps est redevenu mauvais et la neige continue de tomber dans certaines parties de notre région, les montagnes qui entourent Guelma sont encore couvertes. L'Oued Seybouse a débordé ce matin dans les champs sur une assez grande étendue. Mais c'est surtout la semaine dernière que le mauvais temps a causé beaucoup de dégâts et a fait des victimes parmi les bestiaux. Un grand nombre de moutons au péril de froid, notamment à la Mahouna à Ras el Akba et à Montcalm, les indigènes et beaucoup de colons ont subi de ce fait de très grosses pertes et sont dans la conservation. Ras el Akba, le thermomètre dans des pièces fermées est descendu jusqu'à 15 degrés en dessous de 0. À la Mahouna, il a été mesuré 17 degrés en dessous de 0.

La rage
Depuis plusieurs années la ville de Guelma subi dans sa vie de tous les jours des problèmes de rage. Véhiculée par des chiens qui sont eux-mêmes contaminés par des chacals.

Voilà déjà plusieurs années que des chiens sont tués régulièrement, ainsi d'ailleurs, que tous les animaux qui ont été mordus par eux.
Quand Guelmois qui se font mordre par ces animaux contaminés ils se trouvent dans l'obligation d'ëtre transférés à l'institut Pasteur Alger. C'est ainsi que depuis une dizaine d'années tous les chiens sont recensés en mairie.

Janvier 1900.
Accident du Bône-Guelma.
Avant hier le transport parti de Guelma, à six heures et demi du soir, se rendant à Constantine. Arrivé à 7 h 25, au 119 ème kilomètres, et à quatre kilomètres de la gare de Taya, a heurté un rocher de 8 m³ qui venait de se détacher du flanc de la montagne située à droite de la voie, est tombé sur la ligne. Quand le mécanicien aperçu l'obstacle il était trop tard, si bien qu'avant qu'il eut le temps de faire marche arrière, la locomotive venait buter sur le rocher. Celle-ci au choc a été renversée, et, continuant sa marche en bondissant sur elle même, elle est allée se précipiter dans le Bou Hamadam qui coule à cet endroit à droite de la voie.
Le fourgon qui suivait ainsi qu'un wagon de troisième classe, ont également été précipités dans la rivière tandis que deux autres wagons restaient suspendus en dehors du talus sur le bord du bou hamdam. La locomotive a fini par s'abattre sur le flanc la tête en avant, du côté de Guelma ce qui prouve qu'elle a dû faire un saut avant de se retournée plusieurs fois sur elle-même.
On conçoit que cet accident, aurait pu avoir des conséquences autrement plus terribles que celles qu'on a à constater. Le mécanicien a eu la jambe cassé à deux endroits. Mais son état n'est pas désespéré, le chauffeur a été aussi gravement blessé mais son état est encore moins grave. Enfin, un indigène qui se trouvait dans un wagon de troisième classe est tombé dans la rivière.
Quant aux dégâts matériels, ils se bornent à la locomotive, à un fourgon est un wagon. Ce sont les voyageurs mêmes qui sont allés donner l'alerte. Ce qui a fait qu'à minuit un train de secours arrivé d'oued Zenati, mais sans médecin celui-ci étant en promenade à Constantine.

Février 1900.
Étalage : En quelle langue raconter, sans blesser la pudeur, de ce qui nous a été donné d'entendre et de vive voix l'autre matin au marché aux légumes.
À la suite d'une querelle survenue entre deux dames Madame F et Madame S, tout le vocabulaire de la halle y est passé, il est même arrivé à un moment donné et à bout d'arguments, que l'une des combattantes soulevant d'un geste décidé sa jupe et ses jupons, a étalé aux yeux des spectateurs ébahis la partie la plus secrète de son corps.

Février 1900 : personnage de marque.
Mardi matin, Sliman ben Nacer, gouverneur de Bab Eslem (Zanzibar), est arrivé à Guelma par le train de neuf heures. Il était accompagné d'un interprète, il est descendu rue Negrier maison Chuchana, les habitants avaient décoré avec des fleurs et des drapeaux français l'appartement garni de meubles luxueux. Une délégation de négociant s'était rendu à la gare pour escorter le gouverneur africain jusqu'à son logements dans des voitures à deux places également fleuries.
Une grosse foule d'indigènes et de curieux a stationné longtemps devant sa maison. Sliman ben Nacer, a quitté Guelma jeudi pour se rendre à Constantine.

Mai 1900.
Élection municipale. Nouvelle équipe élue : MM Panisse, Lavie, Escande, Gonthier, Lalande, July, Auriol, Gisselbrecht, Roure, Gerardin , Rubaglia, Martin, Maraval, André, Bougeot, Achard, Febure, Schifferdercker, Mercier, Suret, Denave, Blidi, Farhi, Dziri, Mounaud.
Maire élu : M Louis Panisse, premier adjoint M Joly, deuxième adjoint Rubaglia

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