GUELMA


Photo crédit Gilles Martinez : taxis stationnés sur l'oued skhoun qui a été baché

DE L'ETRANGER (EXTRAITS)

D'UNE ETUDE SUR LE QUARTIER
OUED SKHOUN
GUELMA (Algerie)


Bengladesh ou Medina ? Espaces urbains périphériques et représentations : deux exemples à Annaba et à Guelma (Algérie)

Au cours des dernières décennies, de vastes périphéries se sont constituées autour des villes algériennes. Spontanées ou planifiées, ces dernières sont variées. Ce travail soulignera l'opposition entre deux d'entre elles en analysant les perceptions que les habitants se font de leurs espaces de vie respectifs. Surnommée Bengladesh, la Cité des 600 logements est incluse dans le grand ensemble planifié de la Plaine Ouest, situé en périphérie d'Annaba. Dans les années 1980, ce programme a permis de reloger une partie de la population antérieurement installée sur un site informel. Aujourd'hui considérée comme la vraie Médina de Guelma, Oued Skhoun est au contraire un espace urbain spontané et informel qui concentre une véritable dynamique commerciale.

Bengladesh ou Médina, les perceptions liées à ces deux espaces sont donc radicalement contradictoires. Rationnellement planifiée, la cité des 600 logements concentre pourtant pauvreté et mal-vivre. À l'inverse, Oued Skhoun propose des formes d'urbanité spontanées qui profitent à l'ensemble de l'agglomération de Guelma avec les productions spontanées. Localisé en marge des agglomérations ou dans les interstices des discontinuités urbaines, l'habitat spontané est devenu une forme d'urbanisation ordinaire. L'habitat planifié, quant à lui, "dresse ses grands ensembles stéréotypés, s'inspirant du modèle occidental qui masquent les vieux centres et banalisent la ville" (Côte, 1988).

Dans les villes de l'Algérie contemporaine, ce type d'habitat occupe des superficies énormes et il est désigné sous le terme de "villes nouvelles". C'est le cas d'Ali Mendjeli à proximité de Constantine, de la Médina El-Djedida à Oran ou de Sidi Abdellah à Alger. Les pouvoirs publics encouragent ce type d'urbanisation car il contribue à atténuer la crise du logement et à résorber une partie de l'habitat précaire. Arrivé au pouvoir depuis quelques années, le président Bouteflika a renforcé les moyens accordés à cette politique, promettant la construction d'un million de logements avant le terme de son second mandat, soit une moyenne de 200 000 logements par an. Selon les observateurs, le défi s'avère difficile au regard des difficultés que rencontre le pays, notamment dans le secteur de l'habitat. La cité-dortoir est donc un modèle de référence qui se perpétue, bien qu'il soit disqualifié par de nombreuses contraintes :

" Guelma, est une ville de taille moyenne (109 779 habitants) est située à environ 60 km de la Méditerranée et à 150 km de la frontière tunisienne. Considérée comme un centre local dont dépendent cinq chefs-lieux de wilaya. Cette agglomération des métropoles suscitées de la région s'intercale entre Annaba à 60 km au nord et Constantine, 120 km au sud (carte n°1).

ANNABA
Aujourd'hui la situation est cependant loin d'être normalisée et la précarité subsiste. Beaucoup d'appartements demeurent occupés par plusieurs ménages, les relogements ayant été peu nombreux et tardifs (délais de neuf à douze ans). Vingt ans après l'installation des sinistrés, la situation demeure alarmante dans les appartements que j'ai eu l'occasion de visiter. Certains sont dépourvus des commodités minimales : une télévision, un réfrigérateur, un réchaud à butane, quelques matelas pour dormir constituent le maigre équipement de base. Déplacée avec les habitants du bidonville de l'Oued D'Hab, l'image miséreuse du Bengladesh exprime la pauvreté qui se développe dans cette partie de la Plaine Ouest à partir des années 1980. Les Annabis sont unanimes à dénoncer l'image négative attachée à ce quartier. Pour eux, il symbolise le saccage de la ville attribué à une population étrangère à Annaba, les Baraniyas. Issus du monde rural, ces ruraux mal dégrossis sont réputés user de l'espace urbain sans discernement. Leurs comportements sont explicitement décrits comme incompatibles avec l'urbain et l'urbanité, portant ainsi atteinte à la qualité du cadre de vie. "Personne ne peut imaginer un coiffeur-barbier tenant son salon à l'intérieur d'une cave, et pourtant c'est au Bengladesh que ça existe", m'ont ainsi expliqué les jeunes de la cité voisine des Allemands. En renvoyant ces images négatives, les Annabis expriment leurs craintes d'une cohabitation avec des populations venues de l'extérieur. Dans les entretiens que j'ai mené avec quinze personnes résidant à Annaba, il est fréquemment rappelé que les habitants des 600 logements sont majoritairement originaires des parties les plus reculées des Wilayates de Souk Ahras, Guelma, Tébessa, etc.
Regroupés selon leur origine géographique et répartis dans les étages des immeubles suivant leurs liens de parenté (cas des blocs 46 et 47), ces ruraux exilés ont cependant inventé des modes inédits d'appropriation spatiale correspondant à leurs sociabilités antérieures et répondant à l'impuissance des pouvoirs publics.
Au cours des années 1980, le transfert des habitants de l'Oued D'Hab s'est accompagné de celui de la mosquée.
Installée illégalement sur un espace libre, cette dernière a conservé son nom et son Imam. Hadj Ammar, respecté par les habitants de l'ancien bidonville, a pris l'initiative de déplacer la mosquée pour l'édifier sans autorisation au cœur de la cité. D'abord construit de manière informelle, le bâtiment cultuel a été durci à partir de 1983, les fonds nécessaires ayant été recueillis auprès des fidèles par le biais de quêtes. Au début du Ramadan de 2002, la nouvelle mosquée des 600 logements à la Plaine Ouest, El-Takoua, a été officiellement inaugurée par le Wali d'Annaba, qui, par ce geste, accorde une légitimité à l'accaparement illégal du terrain d'assiette. Imam mais également président du comité de quartier, Hadj Ammar utilise cette mosquée comme lieu de discussion lorsqu'il s'agit de résoudre les problèmes nés de la cohabitation forcée entre les ménages.

Devant la défaillance des pouvoirs publics, se multiplient les initiatives des habitants pour occuper illégalement les espaces communs de la cité.
Les nombreux terrains vagues ou espaces en déshérence sont progressivement colonisés en vue de renforcer la sécurité ou d'améliorer l'intimité des familles. Des terrains jamais aménagés servent d'égouts à ciel ouvert du fait de la déficience des réseaux d'assainissement et de la stagnation des eaux pluviales. Les décharges publiques sauvages, les pâturages, les poulaillers, une multitude d'activités spontanées occupent les espaces communs et surprennent le visiteur. Des ateliers de mécanique automobile prennent place sur des espaces attenants aux immeubles tandis que les vides sanitaires surcreusés accueillent des commerces. "Le coiffeur n'éprouve aucune gêne à installer son salon dans une cave, c'est une honte" nous ont ainsi déclaré des jeunes gens résidant dans des cités voisines de la Plaine Ouest (photos I et II, III et IV).

Servant d'étals aux marchands ambulants, les charrettes en bois pullulent devant les bâtiments, à l'intérieur des cages d'escalier ou au milieu des aires de jeux réservées aux enfants. Ce mobilier urbain d'un nouveau genre est devenu l'une des références du Bengladesh.
Par ailleurs, les kiosques commerciaux sont nombreux et occupent souvent les espaces de stationnement.
Autoconstruites, ces baraques sont progressivement consolidées (chapes de ciment, matériaux plus solides que le carton ou le bois, etc).

Convoitant tout espace où il peut exercer une activité en vue d'améliorer son sort, l'habitant du Bengladesh n'accorde aucune attention à l'environnement immédiat de son logement.
Au tout-est-permis implicitement prôné par les habitants répond le laisser-aller des autorités qui interviennent a minima dans cet espace de relégation.
Contrevenant aux textes en vigueur sur la domanialité publique qui interdit l'occupation ou le détournement d'un espace de telles appropriations se font dans la plus totale illégalité.
Esquissant un ensemble d'isolats fonctionnels fragmentés et isolés, elles contribuent à construire une poche de misère et de pauvreté à l'intérieur de la Plaine Ouest, justifiant toujours le nom de Bengladesh donné à cette cité par les Annabis.
16Une telle appropriation des espaces communs va plus loin que les bricolages couramment observés dans d'autres ZHUN. En Algérie, il est fréquent que, dès la livraison des logements, apparaissent des phénomènes d'appropriation sauvage : annexion de garages, privatisation de cours, constructions verticales ou horizontales à partir des logements ou de leurs abords, etc. Dans la cité des 600 logements à la Plaine Ouest, l'observateur est cependant confronté à un degré supérieur dans l'appropriation illégale, puisque ce sont les espaces communs qui sont attaqués. Identifiable par le passant, cette appropriation sauvage contribue au marquage négatif de l'espace et de ses habitants. "Passer par là serait tenter une aventure déplorable" nous ont confié des habitants de la Cité des Allemands. Deux jeunes sœurs de la cité des 600 logements s'abstiennent de déclarer leur appartenance au quartier. "Nous ne disons jamais aux habitants des autres quartiers où nous habitons, car nous éprouvons de la gêne et de la honte, à cause de sa réputation". Lorsqu'elles rentrent du centre ville en taxi, elles m'ont en outre confié qu'elles arrêtaient le chauffeur avant d'arriver à leur domicile, de peur de révéler leur lieu réel d'habitation.
L'insertion économique via l'activité informelle

Si les plus jeunes vendeurs traînent leur charrette d'un quartier à l'autre , ceux qui les précèdent de quelques années peuvent connaître une réelle ascension sociale. Capables d'investir, certains d'entre eux n'hésitent pas à acquérir une flotte de véhicules utilitaires afin d'augmenter leur rayon d'action.
La multiplication des chantiers de construction a par ailleurs permis de former de jeunes plâtriers réputés dans l'ensemble du pays.
Initialement formés par des Constantinois de passage, ces jeunes sont demandés sur des chantiers très éloignés, jusqu'à Alger ou Oran.
Se dénommant Charikat El-ghabra (littéralement "la société de poussière"), cette communauté professionnelle a contribué à la décoration intérieure de la mosquée El-Takoua ainsi qu'à la décoration de nombreux appartements de la Plaine Ouest.

Ces deux métiers sont devenus des éléments d'identification propres aux habitants du Bengladesh. La volonté des jeunes est reconnue, notamment par leurs homologues des cités voisines qui admirent cette capacité à s'ancrer dans la vie économique par le biais d'une activité informelle.
Oued Skhoun : la médina de Guelma
Restructuration d'un secteur informel et émergence d'un quartier commerçant
Situé au nord-ouest de la ville de Guelma à une cinquantaine de kilomètres au sud d'Annaba , le quartier spontané de Oued Skhoun s'étale sur une superficie de 127 ha. Il regroupe environ 50% de la population guelmoise dans un parc estimé à 8 766 logements. Phénomène rare dans les autres villes algériennes, ce quartier spontané est situé à proximité du centre ville.
Dans les années 1950, seules quelques exploitations agricoles occupaient les rives de l'Oued Skhoun. Vingt ans plus tard, le fond de la vallée est colonisé par une multitude de baraques illégales dans lesquelles tout confort est absent.

D'après l'étude du Bureau d'étude français ERES (Etudes et Réalisations Économiques et Sociales) menée en 1977, Oued Skhoun qui s'étendait alors sur 70 hectares, était peuplé de 35 000 habitants occupant 3 600 logements informels.
Dans les années 1960 et 1970, le statut juridique privé des terrains de la vallée facilite l'accession à la propriété pour les ruraux qui migrent vers la ville.
Des transactions foncières informelles sont avalisées par un notaire mais elles ne sont pas enregistrées par les services de l'État. Elles contribuent à la diffusion d'un habitat spontané soumis aux menaces de destruction jusqu'à la reconnaissance administrative, obtenue par une ordonnance du 13 Août 1985.

La crainte des épidémies et l'absence d'assainissement poussent alors les autorités à réagir et à annoncer une restructuration de l'ensemble du secteur (mai 1986).
Cette restructuration est marquée par la réalisation d'un grand boulevard, le boulevard du Volontariat, qui prend place dans le lit de l'oued. Ce nom est donné pour rappeler l'opération à laquelle ont concouru tous les habitants du secteur.
Ne pouvant prendre à leur charge les travaux, l'APC et la Willaya mettent à la disposition des habitants des matériaux et des outils leur permettant de les effectuer eux-mêmes. Le remblaiement de l'oued est notamment effectué par travail volontaire.
Jusqu'à aujourd'hui, le nom du Wali ayant milité pour la réalisation de cette opération est toujours évoqué avec reconnaissance par les habitants de Oued Skhoun.

Aujourd'hui Oued Skhoun joue un rôle prépondérant dans le développement de la ville de Guelma. Bien équipé, relié au reste de l'agglomération grâce à son boulevard structurant et ses axes de liaison transversaux, ce quartier est très attractif pour l'ensemble des Guelmis. Situés au cœur de Oued Skhoun, les marchés de Bourara et de Hadj M'barek sont fréquentés par une clientèle nombreuse. Outre les marchés périodiques, Oued Skhoun regroupe 3 232 commerces et activités regroupés par spécialités. Les boutiques occupent les rez-de-chaussée des maisons dont le nombre de niveau varie entre un et deux étages.
La Médina : une imagibilité forte mais contestée
Composé de 23 cités qui portent chacune le nom du propriétaire foncier initial, le quartier de Oued Skhoun s'étage sur les versants de la vallée. Constituant l'œuvre des habitants, les constructions organisées autour d'une cour forment un tissu urbain comparable à celui d'une Médina.
Vu de l'extérieur, le quartier Oued Skhoun apparaît comme une masse compacte et homogène rappelant en effet les médinas des grandes villes algériennes.

La morphologie du bâti, sa fermeture et sa concentration ; la multiplication des impasses contribuent à renforcer cette image.
D'ailleurs, la référence à la médina est régulièrement évoquée par les habitants de Oued Skhoun : " Vous êtes venue voir notre Casbah ", nous ont-ils répété au cours de nos enquêtes de terrain (photos X et XI plus annexe méthodologique).
Guelma ne possédant pas de ville traditionnelle, Oued Skhoun joue donc le rôle d'une médina installée dans un tissu urbain récent d'origine spontanée.

C'est surtout dans la cité Bencheghieb, au centre du quartier, que les habitants et particulièrement les jeunes, évoquent cette similitude. " Nous avons l'impression que la rive droite est perchée sur un rocher en altitude. Vous avez vu ces vignes qui percent de temps à autre le quartier ? N'est-ce pas que c'est la Casbah ? " m'a ainsi expliqué un jeune cordonnier de la cité Seddiki, faisant allusion à la Casbah d'Alger.

La prépondérance de l'artisanat, la spécialisation commerciale des ruelles, leur étroitesse, leur sinuosité, les odeurs qui s'en dégagent, la fréquentation du lieu et sa popularité, tout concourt à accentuer l'imagibilité de la médina, pour reprendre l'expression de Kevin Lynch (Lynch, 1994).
Si, pour les Oueds Skhouniens, la figure de la médina semble appropriée pour décrire leur espace de vie, ce type de représentation n'est pas partagé par le reste de la population de Guelma.
Pour les Guelmis, Oued Skhoun constitue un secteur marginal, marqué par la saleté et l'insalubrité. Ils assimilent Oued Skhoun au versant miséreux de Guelma qu'ils souhaitent voir éradiqué.
Pour eux, cette partie de la ville est assaillie par des ruraux qui, ayant du mal à s'intégrer, se sont nichés sur les berges de l'Oued.

En maintenant leurs pratiques rurales (élevage, abattage clandestin de poules et moutons), ils sont réputés nuire à l'image de la ville (Kerdoud, 2000).
Ces représentations ne semblent pas avoir de réalité puisque l'enquête de terrain a révélé la marginalité de ces pratiques.
Dans un échantillon de 763 ménages enquêtés, seuls 11 ménages pratiquent l'élevage à l'intérieur de leur maison comme activité d'appoint. En outre, mon enquête de terrain a révélé la présence, dans ce quartier, de nombreuses professions libérales qui tirent vers le haut le profil social du quartier : avocats, huissiers de justice, cartographes, architectes, médecins, vétérinaires, moniteurs d'auto-école etc. (Kerdoud, 2000).
De la déqualification à la revanche : une tentative d'accès à la reconnaissance

Les témoignages recueillis attestent d'une prise de conscience des Oueds Skhouniens par rapport à l'image négative que leur renvoient les Guelmis.
Ils y répondent par la production de codes et de normes qui leur sont propres, en développant des pratiques sociales et spatiales spécifiques (Kerdoud, 2000). La création d'une équipe de football (la JSO) constitue par exemple un signe de citadinité (Claval, 1981) visant à répondre au qualificatif péjoratif de Baraniya, terme qui désigne les populations venues d'autres régions (voir plus haut).
Au contraire, les Oued Skhouniens se considèrent comme Ouled El Bled c'est-à-dire, littéralement, fils de la ville et donc vrais citadins. Ils évoquent leur ancienneté dans le quartier ainsi que leur parfaite connaissance de l'ensemble de la ville de Guelma. " Nous sommes les vrais Ouled El Bled, en se comparant à ceux qui habitent actuellement le centre ville, car en réalité, c'est eux qui sont venus s'installer dans la ville et habiter le centre bien après nous, à partir de 1965 " m'ont par exemple affirmé les héritiers des grands propriétaires fonciers ayant vendu une partie de leurs terres dans les années 1960 et 1970. Ils suggèrent ainsi que beaucoup des Guelmis d'aujourd'hui sont citadins de fraîche date, arrivés en ville pour occuper les logements laissés vacants au lendemain de l'Indépendance. Ayant progressivement acquis leurs biens fonciers au cours de la colonisation, les premiers Oued Skhouniens s'estiment davantage enracinés à Guelma que ces nouveaux citadins.
Cette urbanité est logiquement évoquée par les personnes les plus âgées, qui résident depuis longtemps à Oued Skhoun. Depuis peu, elle est reprise par les jeunes générations qui revendiquent un esprit de revanche vis-à-vis des Guelmis. Ces jeunes ambitionnent de se faire une place dans la ville, en s'affirmant sur le plan sportif ou par l'intermédiaire de mouvements associatifs. Court-circuitant les rivaux guelmis les plus proches, les supporters de la J.S.O. mettent un point d'honneur à comparer les prouesses de leur équipe à celle du Constantine Sporting Club ou bien à celles des clubs étrangers, notamment italiens.L'encadrement de la J.S.O est assuré par des éducateurs recrutés parmi les jeunes. En plus du football, la JSO propose d'autres disciplines sportives comme le karaté, le judo ou le handball. Outre le club de football, deux associations importantes sont également présentes à Oued Skhoun : l'association de la culture, la J.S.O.S (Jiil E-ssâad de Oued Skhoun, littéralement, la génération montante de Oued Skhoun) et l'association des aveugles.
Conclusion
Depuis trois décennies, les processus d'évolution de la Cité des 600 logements de la Plaine Ouest et ceux de Oued Skhoun à Guelma sont radicalement opposés.
Conçue de manière volontaire, la cité des 600 logements de la Plaine Ouest aurait dû proposer une urbanité idéale, conforme aux préceptes du mouvement moderne en architecture. Dans la pratique, le Bengladesh d'Annaba offre des modes de vie très dégradés et marqués par une forte pauvreté. Réduits à l'appropriation sauvage des espaces interstitiels, ses habitants tentent d'inventer une " urbanité de la misère " qui rencontre la désapprobation du reste de la population. Plébiscités pour leur volontarisme économique, les jeunes actifs de la Plaine Ouest tentent cependant de trouver une issue à la pauvreté par le développement des activités informelles.
À Oued Skhoun, l'urbanité n'a été ni planifiée, ni figée sur une planche à dessin. Édifié de manière totalement spontanée, ce quartier d'habitat dense s'est pourtant imposé comme vecteur de centralité en moins d'une génération. Retournant l'espace urbain, les habitants de la médina de Oued Skhoun utilisent l'image de la médina en vue de s'approprier l'ensemble de la citadinité guelmie.

Credit: Nadia Kerdoud
Département d'architecture. Faculté des Sciences de la Terre, Géographie et Aménagement du Territoire, Université de Constantine, Algérie

EXTRAITS d'un Texte envoyé par une internaute depuis la ville de Guelma.

Site internet GUELMA-FRANCE