ENTRE L'ENCLUME ET LE MARTEAU

Durant la guerre d'Algérie, le FLN lançait des mots d'ordre de grève que les Algériens devaient suivre, sous peine de représailles s'ils n'obéissaient pas à ses injonctions. Ces derniers se trouvaient alors dans une situation fort délicate lorsqu'ils étaient employés chez un Français. Comment ne pas décevoir à la fois, l'autorité française et le FLN ?

Mon papa, alors greffier en chef, avait trouvé la solution. Il autorisait deux de ses employés, dont l'un fit d'ailleurs une grave dépression en raison de cette situation, à se montrer à tour de rôle dans le haut de la ville de Guelma, là où se trouvaient les chefs fellaghas afin que ceux-ci les croient acquis à leur cause, et à faire de même dans les couloirs du tribunal à l'égard du Président et des magistrats. Cette feinte a permis à ces deux employés de ne courir aucun risque ni de la part du FLN, ni de la part de l'Etat français.

Que l'on ne vienne pas me dire que mon père faisait du " paternalisme ". Aucun intérêt personnel ne le poussait à agir ainsi, il se comportait tout simplement en honnête homme.

Magdeleine MURACCIOLI