Lettre de voyage

A six heures du matin, nous débarquions à Bône.
J'ai passé la journée à visiter les environs. J'ai vu les fonderies de fer et les hauts-fourneaux de l'Alelik où travaillent un grand nombre de nègres.
Un peu plus loin est le dépôt d'étalons. Partout, en Algérie, les écuries se composent simplement d'un toit, soutenu par un mur du côté de la mangeoire.
Par derrière, elles sont ouvertes tout au plus des nattes y sont elles suspendues pour empêcher le vent ou la pluie de pénétrer. De cette manière les chevaux sont à peu près au grand air, ce qui doit les rendre plus vigoureux. Je fus enthousiasmé des magnifiques bêtes de ce haras il y avait des chevaux syriens superbes, quelques-uns d'un poil blanc si fin et si soyeux, que la peau, visible à travers, leur donnait un reflet rose admirable.
M. G., mon ami, m'a mené voir des plantations de coton; de loin on dirait des forêts de petits arbustes à fleurs blanches. Des enfants y étaient occupés à la cueillette. Malheureusement cette culture est encore si récente, elle occupe un territoire si restreint que ce n'est, pour ainsi dire, qu'un essai il y a loin de là à une véritable production en grand. Cependant ressentie! est de commencer; car, malgré les difficultés, le succès ne paraît pas douteux. Mais il faut du temps et de la persévérance il faut enfin des capitaux, des machines, et des ouvriers à bon marché. J'ai oublié de parler d'une des curiosités naturelles de Bône on voit sur le bord de la mer un rocher d'une forme particulière, qui à distance représente à merveille un lion gigantesque couché sur l'eau. En somme, cette ville a un grand avenir sous le rapport commercial et agricole la végétation dans les campagnes environnantes a une sève et une vigueur incomparables.

J'ai quitté Bône à sept heures du soir par la diligence de Guelma. Celle-ci ne m'a que très-médiocrement satisfait, et cependant j'avais une place de coupé mais la banquette était si étroite, les coussins si usés et si durs, la voiture si mal suspendue, que je suis arrivé à destination à moitié rompu. Je n'avais rien vu d'intéressant sur la route que de nombreux rouliers qui voyagent de nuit à cause de la chaleur.

Les villages que nous avions traversés m'avaient paru assez prospères.

Je voulais partir immédiatement pour Constantine; il était six heures et demie du matin. Le conducteur de la diligence, que j'avais prié de me procurer une monture, n'a pas tardé à se mettre en relation avec un Arabe qu'il avait trouvé au marché, avec son cheval, occupé à vendre son blé seulement j'ai dû attendre pour partir qu'il t'eût fait mesurer. J'ai profité de ce répit pour visiter les antiquités romaines de Guelma, dont quelques-unes sont assez bien conservées: un amphithéâtre, un établissement de bains, et quelques restes de fortifications.

Du reste, Guelma est une jolie petite ville, bien située, bien bâtie, avec un marché important et qui se développe tous les jours davantage.

Collectif des Guelmois site Internet GUELMA-FRANCE