mise à jour 2006

GUELMA

Plan de 1950
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Cartes postales offertes à "Lol" par Brahimi Salim de Guelma année 1901

LA FAUNE ALGERIENNE 1858

II y a dans les forets des déserts que les Arabes habitent, des chevaux et des ânes sauvages, mais ils ne les peuvent prendre que dans des pièges, rien n'étant égal à l'agilité de ces animaux. Ils les tuent lorsqu'ils sont embarrassés et en mangent la chair, qu'ils estiment très délicate surtout celle des ânes. Il y a dans ces forêts des lions, des léopards, des tigres, des ours, des autruches, des porcs-épics, des sangliers, des cerfs, des caméléons, des élans, des chèvres au musc, des civettes, des gazelles, des vaches sauvages faites tout autrement que les privées, des chats qu'ils appellent garde-lions, parce que, disent-ils, ils font la garde hors de l'antre et la découverte de la proie, en avertissent le lion, et ne mangent qu 'après qu 'il en est rassasiée. On y trouve plusieurs autres animaux sur lesquels les historiens africains se sont fort étendus extrait du journal "La NUMIDIE 1859"

LES ÉLÉPHANTS DE GUERRE.

Les témoignages classiques abondent sur la valeur exceptionnelle de la cavalerie indigène : Tite-live, César, Salluste sont pleins, à ce sujet, de faits et d'anecdotes ; je n'ai pas besoin d'insister. J'ai peut-être ici une occasion de dire deux mots de cette autre machine de guerre africaine, l'éléphant, machine vivante aussi et qui parut d'abord à Rome un redoutable épouvantail. Voici ce qu'en dit M. H. Gaidoz dans un curieux article publié par la Revue des Deux-Mondes du 1er août 1874, sous ce titre : Les éléphants à la guerre. " L'exemple des Ptolémées et l'ambition de mettre leurs armées à la hauteur de l'armée égyptienne avaient poussé les Carthaginois à employer des éléphants de guerre. Les éléphants ont été indigènes dans l'Afrique septentrionale jusqu'au quatrième ou au cinquième siècle de notre ère. La race y a disparu à la suite des chasses séculaires faites d'abord par les Carthaginois et par les rois africains pour le service de leurs armées, plus tard par les Romains pour les jeux et les combats de l'amphithéâtre. Séparés par le Sahara des gens de leur race, si nombreuse aujourd'hui dans le Soudan, les éléphants de l'Afrique septentrionale furent exterminés jusqu'au dernier. " Pendant longtemps, les Romains ne s'occupèrent que de neutraliser l'action des éléphants ennemis. A la fin pourtant, ils adoptèrent cette machine de guerre, et, dans la troisième guerre punique, où les Carthaginois n'avaient plus d'éléphants, ils menèrent contre ces derniers des éléphants que Masinissa leur avait procurés. Ce roi africain en entretenait un nombre considérable, et il en fournit libéralement aux années romaines a plusieurs reprises ; les Romains en avaient en outre une réserve qui provenait de leurs victoires sur les Carthaginois. En Afrique, les éléphants continuèrent à être employés et par les rois indigènes et par les Romains. On les retrouve et dans la guerre de Jugurtha, et à la bataille de Thapsus. " ,0n a dit que le chameau n'y avait été importé que fort tard et surtout par les musulmans. C'est une erreur. Juba en avait déjà dans son armée
source Algérie romaine,
texte communiqué par madame A-M.P (Héliopolis).


LA FAUNE DISPARUE

Le lion, animal féroce et redouté ; la Mahouna, l'Aouara, les Beni-Mezzeline, les Beni-Salah étaient jadis leurs domaines ; au sein de ces derniers se trouvent les pics de Meïda (947 m), de Bouabad (733 m) et de Narah (536 m).La panthère s'était, elle aussi, réfugiée dans les massifs accidentés environnants. Très prudente, elle se nourrissait surtout de sangliers ou de menu gibier. Elle ne se chassait qu'à l'affût ou avec un appât.
La hyène était très fréquente. Elle faisait l'objet d'une véritable guerre d'extermination de la part des indigènes ; elle suivait les ravins de l'oued Skhoun, oued Maïz, l'oued Zimba etc... pour attaquer le cheptel en plaine.
L'éléphant et le rhinocéros existaient aussi dans nos régions dont on retrouve les peintures rupestres tout autour de Guelma et notamment dans les grottes de la Mahouna ou du Taya. Ces figures sculptées ou dessinées attestent, malgré la grossièreté du dessin, la présence, d'éléphants et de rhinocéros. Leur origine paraît remonter à une même époque, et les hommes qui ont gravé ces figures sur les rochers, avaient sous les yeux des êtres dont ils ont reproduit les traits. Les monnaies carthaginoises portaient souvent l'empreinte de ce pachyderme. Le roi Juba (une rue porte ce nom) fit même déposer et conserver, vivant, dans le temple d'Isis à Cherchell, un crocodile pris dans une rivière de Berbérie. La présence des troupeaux d'éléphants, des rhinocéros et de crocodiles, exigeait une végétation susceptible de les nourrir et, par conséquent, un climat plus humide. Dans les terrains d'alluvions, relativement récents, on a trouvé des ossements d'éléphants, de buffles et d'hippopotames, en sorte que la zoologie et l'art s'accordent à démontrer les changements climatiques considérables, survenus en Algérie sous les yeux et en présence de l'homme. Tout le monde connaît les éléphants d'Hannibal ; mais on ne nous a jamais dit d'où Carthage les avait eus. Il est sûr que ce pachyderme était autochtone ; à l'état libre, il vivait en troupeaux dans l'Atlas (Système montagneux de l'Afrique du Nord s'étendant du S.O du Maroc au N.E de la Tunisie). L'espèce d'éléphant lybique que l'on trouvait en Numidie appartient à l'espèce Africaine.
Au début du IIIème siècle, le prêtre carthaginois Tertullien, cité par Gsell, écrivait non sans emphase : "de riants domaines ont effacé les déserts les plus fameux, les champs cultivés ont dompté les forêts, les troupeaux ont mis en fuite les bêtes féroces". On ne connaît pas avec précision la date de disparition des éléphants. Gsell cite un texte du IXème siècle, un autre du VIIème siècle. Ce qu'on peut dire avec certitude, c'est qu'ils ont disparu, progressivement, sous l'empire romain.
La faune sauvages existante, il faut citer :

Le chacal, grand ravageur des basses-cours et des jardins. Le sanglier était très largement représenté dans notre région, sa prolifération occasionnait des dégâts aux cultures. C'était le gibier d'excellence de toutes les sociétés de chasse de Guelma et d'ailleurs. Citons également le chat sauvage, (djebel Mahouna), la loutre dans l'oued Seybouse, le cerf moins grand qu'en Europe se retrouve dans les Beni-Salah, une montagne porte le nom de djebel Houach (montagne des cerfs), le daim, le hérisson, la mangouste ou raton (oued Skhoun, oued Maïz etc.).
Le lièvre était le régal des chasseurs. "Le capucin" de son surnom, détalait à une vitesse foudroyante et, il fallait être une bonne gâchette pour l'atteindre.
Le pluvier, le vanneau, la grue, le héron, la cigogne très respectée parce qu'utile, la bécasse, les râles d'eau et de genêt etc...Le canard, la sarcelle, l'oie sauvage.
Pigeons, tourterelles, perdrix, cailles, etc. croissaient et se multipliaient abondamment.
Tous les passereaux étaient représentés, surtout les becs fins, les alouettes dont on comptait jusqu'à quatorze espèces, les étourneaux qui volaient en bandes si denses qu'ils masquaient parfois les rayons solaires.
Cette population nombreuse comprenait également le moineau, excellent réveille-matin avec ses pépiements.Cette espèce, différente du moineau domestique (passer domesticus) ne se rencontre, en Europe, que dans la péninsule italienne, en Sicile et à Malte. En Afrique, il était très commun en Tunisie et dans l'Est algérien ; dans nos campagnes comme en ville, par exemple, il pullulait. Les Arabes appelaient cet oiseau "Zaouij" en raison sans doute de son babillage agaçant pendant ses disputes fréquentes avec les autres moineaux. D'autres fois, ils le nommaient "Beni A'ddès" du nom d'une tribu de la région de Millesimo qui était, semble-t-il, connue pour ses fréquentes chicaïas, sa malice, son effronterie et ses chapardages...
Ceci explique cela...
Les rapaces existaient également et l'on trouvait parmi les diurnes, les aigles surtout dans les hautes montagnes ; les vautours que l'on appelle "charognards" et qui rendent d'éminents services en mangeant les cadavres d'animaux (comme on pouvait les voir sur les bords de la Seybouse) ; les milans, les éperviers, chassant et se nourrissant de petits reptiles et rongeurs. Quant aux nocturnes, les hiboux, chouettes et chats-huants signalaient leur présence dans les bois et forêts par leur ululement nocturne.Les reptiles étaient aussi représentés ; parmi les serpents, les plus connus étaient la couleuvre, pas dangereuse, que l'on trouvait dans les bois et les vieux murs ; la vipère commune et vipérine, plus petite, mais pas très nombreuses ; les lézards verts, les geckos ou tarentes vivant surtout près des habitations, gros mangeurs de moustiques et autres insectes ; les tortues terrestres dites "mauresques" qui fréquentaient les jardins et les tortues d'eau douce dans les oueds.Les poissons de rivières étaient peu nombreux et de qualité médiocre, tels les barbeaux et anguilles. Quant aux insectes, mises à part les mouches communes au bassin méditerranéen, il y a lieu de signaler les moustiques, surtout l'anophèle vecteur du paludisme ; les criquets et les sauterelles qui sont de véritables fléaux, s'attaquant et détruisant les récoltes. Les premiers colons guelmois (dont la plupart arrivaient d'Europe) parlaient avec horreur des invasions de sauterelles et de la passivité surprenante des indigènes à les combattre, ces derniers estimant que c'était "la punition de Dieu". Ces acridiens se présentent sous deux formes, celle des larves sans aile ou criquets qui avancent à ras de terre, par masse profonde, avec une vitesse toujours croissante, et celle de sauterelles ailées qui forment des nuées vivantes obscurcissant le soleil, avant de s'abattre sur les champs. Que l'ennemi marche ou vole, la région parcourue était promptement dévastée. Ce fléau nécessita de longues et pénibles journées de travail et beaucoup d'investissements pour combattre les différentes invasions.


Collectif GUELMA FRANCE 2005