Renseignements sur les fours des boulangers demandés par un Guelmois ;
de Gilles Martinez à Mohamed Laïd GASMI

Bonjour M L
C’est à mon tour de faire appel à votre mémoire, ci-jointes mes deux questions, la première relève du texte du journaliste Karim Dadci concernant la photo jointe:
De quelle BOULANGERIE s’agit-il ? Question posée par de nombreux guelmois apatrides

La seconde est typiquement Bônoise, on dit :( si tu vois le cimitière de Bône envie de mourir il te donne ), étant donné le parlé particulier des Bônois, j’ai tendance à croire qu’il s’agit du cimetière chrétien, mais d’autres assurent avec énergie et conviction que c'est le cimetière arabe, les question exposées, pouvez vous y répondre ?.
Je vous cite la réponse d'un de mes correspondant Annabi :

Je doute que les termes exprimés soient du fait d'un algérien, car ces écrits seraient libellés en arabe, mais non en "français" d'ailleurs de n'en ai pas connaissance en algérien d'une telle réflexion.
De plus c'est dans le cimetière chrétien que ce trouvent les monuments et tombes construits en marbre, le rite musulman est sobre et ne correspond pas aux mots employés pour donner l'envie d'être mis en terre sous de tels chapiteaux, bien à vous, signé illisible
Merci par avance, en vous priant de m’excuser pour ces demandes d’informations

Amicalement
Gilles M

Bonjour,
Tout d'abord, je dois me faire excuser, auprès de vous, du retard que j'ai mis pour prendre connaissance de votre envoi.
En fait, j'étais bien loin de la messagerie, car je n'ai pas touché à l'ordinateur depuis un mois, au moins.
Durant les vacances que j'ai passées sur la côte du saphir, entre Béjaïa et Jijel, en famille, j'ai eu le souci d'être plongé dans la quiétude de la nature.
Concernant la question sur la photo de la boulangerie, je crois qu'une visite des lieux s'impose afin de m'assurer de l'intérieur du local supposé pour éviter toute méprise. Durant des années, je ne faisais, en effet, que passer et ne voyais l'endroit que de l'extérieur ne pensant jamais que l'entrée allait avoir de l'importance, un jour !
Pour Annaba ( Bône), mon déplacera se fera ultérieurement avec la reprise des activités dans les différents secteurs au terme des périodes sur lesquelles s'étalent les congés.
Meilleurs sentiments.
Bien à tous les amis.
G ML

Source : Texte paru dans un journal et envoyé depuis Guelma

Sur la dizaine de fours traditionnels qui étaient en activité, il n’en reste aujourd’hui que deux.
La population a gardé ses us et coutumes culinaires à l’approche de chaque Aïd El Fitr. Les préparatifs des gâteaux traditionnels et leur cuisson dans les fours populaires en est un bel exemple. Mais sur la dizaine de fours traditionnels qui étaient en activité, il n’en reste aujourd’hui que deux, à la rue Debabi Mohamed, parallèle à la célèbre rue Announa.
«Deux fours pour toute une ville, c’est la galère. En ce vendredi, depuis ce matin, je n’arrive toujours pas à faire accepter mes plateaux de gâteaux (Makrout et baklawa) auprès des artisans. Ils affichent complet !», nous déclare un père de famille visiblement agacé par la situation.
Et de conclure: «Je crains que nous allions devoir cuire nos gâteaux à la maison !»
En effet, derrière chaque four populaire, très prisé pour sa qualité de cuisson, construit en briques réfractaires et chauffé au brûleur à gaz, il y a des hommes:
«Les rares fours traditionnels encore en activité à Guelma connaissent une affluence constante, notamment en été avec les mariages et principalement à l’approche de l’Aïd», déclare à El Watan un artisan, paraissant exténué en cette fin du mois de Ramadhan, par la chaleur du four.
Et de conclure: «La relève est menacée, d’une part parce qu’il est difficile de trouver un artisan maçon pour changer la brique, et d’autre part c’est un travail très difficile,comparativement aux autres fours modernes. Je doute qu’un jeune puisse travailler dans ces conditions, quel que soit son salaire (sourire)! Nous, ce n’est pas la même chose, ce métier nous l’avons hérité de père en fils et en plus nous ne faisons pas de pain. Notre spécialité c’est la cuisson des gâteaux traditionnels en général, cuissons des cacahuètes et parfois même des poulets et viandes rouges.»
Ainsi, sommes-nous à la fin d’une époque?
Non, par forcément, puisque ce service est toujours sollicité à Guelma. Et la clientèle n’hésite pas à payer le prix fort», tentent d’expliquer des artisans.
Et de conclure:
«L’abandon progressif des fours traditionnels est venu avec l’introduction, durant les années 1980, des fours rotatifs en Algérie, principalement pour les boulangeries. En ce qui nous concerne, nous avons une clientèle fidèle, et pour longtemps!»
Photo:Des fours construits en briques réfractaires et chauffés au brûleur à gaz

Karim Dadci


Bonjour,
Aujourd'hui, je donne suite à mon envoi du 7 août courant.
Votre première question était: " De quelle BOULANGERIE s’agit-il ?"
A dire vrai, il s'agit d'un four. On ne vient pas à cet endroit pour acheter le pain. On s'y rend, exclusivement, pour obtenir la cuisson des pâtisseries préparées à la maison ou de certains autres aliments.
Cet endroit a toujours existé. C'est finalement là, que j'allais confier les gâteaux apprêtés par ma mère, quand j'étais enfant, dès les années 1945-46, lorsque mon tour fut arrivé de faire les commissions de la famille après mes frères plus âgés, pris par leur travail respectif à l'extérieur.
Il se trouve en contrebas de l'ancienne synagogue (dans l'artère qui s'appelait " rue Mogador").
On peut y accéder en quittant le monument antique par le portail du parc, comme l'indique le schéma png ci-joint. Il suffit de se diriger dans l'ancienne petite artère qui était précisément connue sous l'appellation de "rue du théâtre romain" et amorçait par le bas la rue Mogador, première parallèle à la rue d'Announa.
La portion de carte capturée indique plusieurs jalons pour faciliter l'orientation du lecteur. C'est ainsi qu'on peut se repérer, à l'aide des emplacements de l'office de tourisme et de l'hôtel Mermoura, par exemple, en plus du site archéologique déjà mentionné.
L'article de presse dont vous m'aviez transmis une copie parle de deux fours. Ah si on pouvait savoir pourquoi il n'en cite pas le troisième ! Celui-ci fait face à l'édifice religieux ayant remplacé l'ancienne synagogue, pas loin du tout, pourtant. Est-ce parce qu'il serait moins ancien que les deux autres ? Ou plutôt, à cause de la diversification de son activité par rapport à la leur, en ce sens qu'en plus du travail qu'ils accomplissent, il met en vente des produits qui lui sont propres.On peut lire les noms de ses denrées sur le rebord du store surmontant l'entrée du local. Lors de ma visite, j'ai constaté que même des habitants de villes lointaines viennent en acheter.

Les photos suivantes se répartissent entre les trois fours de la manière que voici:
1/ Celles portant les n° 20170812_113336 et 113347 concernent le four le plus rapproché du théâtre romain. Propriétaire: Chebata.
2/ Les n°121023 et 121923 se rapportent au four du milieu dénommé Raïs. (Celui dont vous m'aviez envoyé une image).
3/ Les n° 122240 et 125940 reproduisent des vues du four le plus haut et dont le propriétaire est Touahri.(L'article de presse n'en parle pas)
Meilleurs sentiments G ML






Mes plus sincères remerciements à monsieur M. L. Gasmi et à l'Office de Tourisme de la ville de Guelma pour les renseignements et photos donnés

Site internet GUELMA-FRANCE