Il y a quelque chose plus fort que l'absence, c'est la présence des absents dans la mémoire des vivants, de ceux qui vivent dans l'esprit et dans le coeur de ceux qui se souvienent, Jean d'Ormesson

GUELMA ET SON HISTOIRE, LES BERBERES, LES JUIFS, LES CHRETIENS, LES ARABES
CONFERENCE LORS D’UN RASSEMBLEMENT DE GUELMOIS EN 1994
de 10 heures à 11 heures 45, salle projection cinéma
Par MARTINEZ Gilles Édouard

Lors du dernier regroupement des habitants de la région de Guelma, j’ai donné une conférence sur l’histoire de notre ville, elle fut trop longue j’en conviens, aussi un grand nombre d’entre vous ont manifesté le désir de pouvoir lire cet exposé.
Toutes les photos accompagnant la projection ne peuvent être présentées, cependant voici quelques grandes lignes de ce qu’il fut raconté
Préambule A force de vouloir faire entrer notre histoire dans un cadre préconçu, certains historiens donnent une vision stéréotypée de notre passé. Longtemps on a cru qu’il y avait au Maghreb qu’une invasion arabe, celle du VII siècle, ce ne fut pas le cas.

Pour écrire cet exposé, j’ai consulté en références les archives militaires et civiles qui nous livrent, sans ambages, les difficultés de la colonisation de la région de Guelma et de ses environs

Notre histoire vivante et passionnée renouvelle notre discernement des faits qui nous apparaissent ainsi dans leur vigueur et leur contenu émotionnel.
Les sources militaires et civiles de l'époque nous livrent les drames et les incohérences de la conquête, environ 100 000 morts, et du peuplement difficile de cette colonie d’Afrique
Ces mémoires d’histoire laissent apparaître une situation souvent différente de la réalité.
Sans prétendre vous présenter une contre-histoire, les témoignages et les rapports d’officiers prennent souvent le "contre-pied" des poncifs de l'histoire.

Je ne suis pas un conférencier et je n’ai pas la prétention d’être un historien, cependant, je vais tenter à l’aide de photos de ce rétro projecteur et en 90 minutes de cartes et dessins, de vous faire partager 3000 ans d’histoire.
J’ai ressentie une grande émotion quand, par curiosité, pour combler un vide d’histoire, et ensuite par passion, je me suis plongé corps et âme dans le passé de notre ville.

Cette flamme, cet engouement éveillé par notre professeur d’histoire monsieur Grégoire qui n’hésitait pas à fractionner les lectures de l’histoire de France en incluant celle de l’Algérie.

L’histoire du haut moyen-âge maugrebin est vierge de toute monographie et comme en dehors de tout champ d’érudition.
C’est pourquoi, j’ai tenu à prendre mes distances avec les écrits récents et donner aussi a parole à un historien arabe Ibn Khaldûn qui apporte sur Maghreb bien des révélations dans ses livres "Discours sur l'histoir universlle" Muqaddima Prolégomènes
Un proverbe arabe dit :
L’amour dure sept seconde, la fantasia sept minutes et la misère toute la vie

Je ne doute pas qu'il reste dans cet exposé très succinct bien des ombres, et je vous prie de m’excuser les lacunes de cette narration.
Si elles provoquaient des critiques positives dans le cercle très restreint de ceux que notre histoire intéresse, elles seraient les bienvenues.
Aussi en fin de présentation je donnerai la parole à ceux qui veulent bien intervenir, et dans la mesure de mes connaissances j’y répondrais

LES BERBERES
Qui étaient-ils ! D’orient venaient-ils ? Ont-ils occupé le pays avant la désertification du Sahara ? Sont-ils Cananéens ? Procope historien byzantin, explique VI lème siècle que des Cananéens' les Girgaschites' étaient arrivés jusqu’en Numidie poursuivis par Josué. Ibn Khaldûun écrit "

Les Berbères sont les enfants de Cham et de Noé. Ils reçurent leur judaïsme de leur puissant voisin israélite de Syrie. Les généalogistes s'accordent à rattacher toutes les branches des berbères à deux grandes souches :
celle des Bernes (Beranes descendrait de Mazigh, fils de Canaan) et celle des Botr el abter, fils de CaÏs et petit fils de Gahilan) (projection de la carte)

La Berberie non seulement n'a jamais été une nation mais n’a jamais été un état autonome€' Elle a toujours fait partie d’un empire dont elle était une province, comme elle a été une colonie française province de l’empire musulman de l’empire byzantin, de l’empire romain

LES JUIFS
Des traditions rapportées par la littérature talmudique placent en Afrique et probablement à Carthage des exilés des dix tribus d’Israël déportés en, moins 722, par I ‘Assyrien Sennachérib, mais des traditions locales font remonter encore plus haut leur présence en Afrique du nord.b

D'après André Chouraqui (La saga des juifs en Afrique du Nord), dans l‘antiquité, une légende dit que les juifs auraient leur habitat originel en Afrique du nord avant d'émigrer Palestine, la réalité historique de la présence des juifs au Maghreb n’apparait qu’au IV siècle avant Jésus christ, ils arrivent des colonies juives installées en Égypte'

A partir du III ème " siècle, la Pax Romana favorise la libre circulation des colonies juives et permet l'établissement du judaïsme, les berbères, avant d'être chrétiens ou musulmans furent juifs ou musulmans
A compter 6u VI ème siècle les communautés juives vivront dans l‘incertitude permanente.

Il n'y a pas une histoire des juifs en A.F.N, mais autant d’ histoires que de communautés soumises à des maîtres différents.
La population juive était évaluée vers le XV ème siècle à 100 000 individus ; le premier recensement effectué par la France, en I875, fait état seulement de 2I 000 juifs.

LES CHRETIENS
L'apparition du christianisme en Afrique du Nord provient de deux sources. La première et la plus ancienne se situe en Cyrénaïque en provenance directe du Moyen-Orient à l'âge apostolique, on pense à Simon de Cyrène. Selon l'église copte égyptienne, Saint Marc aurait été en Cyrénaïque en 40.
La seconde source intéresse la seule Afrique du Nord. L'implantation du christianisme s'est faite par la voie du trafic commercial, de la colonisation et des migrations humaines. Carthage semble avoir eu la première communauté chrétienne, précédée par une colonie juive fondue dans la civilisation punique.
Des documents historiques (Tertullien 155/235), fournissent la certitude de l'existence de communautés chrétiennes à la fin du I er siècle ou au début du 2 ème siècle.
Lors du déferlement des premières hordes arabes en Afrique du Nord, le territoire compris entre Cherchell et La Calle comptait 400 évêques. Les berbères christianisés furent massacrés ou forcés de s'islamiser.

LES ARABES
La conquête nécessitera 8 ou 9 campagnes commencées en 647 par la Tunisie elle dureront 63 ans, pour se terminer à Tanger en 711.
Au fil des ans les arabes éprouvent le besoin de conquérir I ‘ensemble du pays. Ils trouvent une résistance acharnée en Numidie particulièrement les tribus des Aurès les Zenatas. Il faut signaler le lien indéniable au moins à l’origine entre les Zenatas et le judaïsme.
Les héros de l‘indépendance berbères sont Koceila et la Kahena.

La tribu illustre des Aurebas, qui était Beranes, a joué un rôle bref mais brillant au tout premier début de la conquête arabe sous son chef chrétien Koceila qui avait pour lieutenant Sekerdid el Roumi,"sekerdid le romain" lui aussi chrétien. Il semble bien que les tribus groupées derrière Koceila gardaient un contact assez étroit avec le christianisme et la latinité.
Koceila chassa les musulmans de la Numidie en l'an 69 de l’hégire 686/687 et fut tué à Cairouan.
La mort de Koceila eut pour conséquence de faire passer ra primauté à une autre tribu des Aurès, celle des Djeraroua.

Son chef est une femme Dihia la Kahena ; elle porte un nom juif la prêtresse ou la prophétesse, racine conservée dans le nom répandu de Cohen.
En 688/689 sur la Meskiana au nord de l Aurès, elle écrase les arabes et les expulse de la Numidie.

D’autres tribus juives étaient les Nefouca berbères de l’Afrikia.
Au Gourara dans l‘extrême nord du Touat, un petit état juif indépendant s'est conservé jusqu'à la fin du XV eme siècle et se fit massacrer à cause de la recrudescence du sentiment religieux musulman, après le triomphe définitif du christianisme en Espagne.

La première invasion, celle des émirs à la fin du VII siècle, a été du type habituel, un gouvernement régulier celui des kalifs simple installation de garnisons, de bureaux dans la ville.
Ces arabes pratiquement tous célibataires, les familles qu’ils n’ont pas manqué de fondre furent de sang mixte, le résultat fut le triomphe de la religion musulmane.
Fin de l'exposé, et maintenant à table
Un menu spécial est réservé à ceux qui ne mangent pas de porc, cette viande sera remplacée par du poisson péché en méditerranée .

Site internet GUELMA-FRANCE