CONVOIS VERS GUELMA et MILLESIMO

         Le jeudi 28/12, paraît un reportage dans le "Moniteur Algérien" du 20 courant :

         Le 11ème convoi d'émigrants parisiens est arrivé à Bône le 8 décembre. La ville entière s'est portée à sa rencontre. Les autorités civiles et militaires se sont rendues à bord. La musique militaire et la musique maltaise exécutaient des airs patriotiques auxquels répondaient les chants des nouveaux colons.
Les 980 émigrants qui composaient ce convoi ont été répartis entre les casernes et autres bâtiments militaires que possède la ville de Bône. On avait pris des soins particuliers pour le bien-être des femmes et des enfants. Le 10 décembre, 340 hommes faisant partie du convoi ont pris part aux élections pour la présidence de la République. Le lendemain, plus de la moitié des émigrants a quitté Bône pour se rendre à sa destination. Le reste est parti le surlendemain. Ce convoi est destiné à peupler le village de Mondovi (Coudiat-Mena) entre Bône et Guelma. Ce territoire sera divisé en deux centres qui recevront l'un 215, l'autre 155 familles. Les colons se sont montrés fort reconnaissants de l'accueil qu'ils ont reçu des autorités et de la population de Bône. Les autorités déclarent : On est très content des dispositions et du bon esprit qu'ils manifestent. Les Mardi 2 et Mercredi 3/49, le Moniteur fera paraître la conclusion à ce voyage du 11ème convoi :
On écrit de Bône, le 21/12 au "Moniteur de l'armée":
Il ne reste plus en ville que 54 familles du convoi de colons arrivé dernièrement, elles quitteront Bône le 24 décembre pour être rendues le 26 à leur destination.

L'arrivée prochaine du 16 ème et dernier convoi parti de Paris à destination de Guelma est annoncé et bien que ce supplément de population, qui n'était pas attendu cette année, prenne en quelque sorte l'autorité militaire au dépourvu, l'activité et le dévouement du commandant supérieur de cette subdivision, M. le Colonel Eynard, suppléeront sans aucun doute à l'insuffisance des ressources locales.
Guelma qui n'attend pas ces colons de dernières heures ouvrira un premier camp qui prendra le nom de Millesimo 1. Rapidement ce village de colonisation deviendra trop petit et un second plus au Nord accueillera des nouveaux arrivants il prendra le nom de Millesimo 2 et plus tard deviendra Petit.
La mortalité dans ces deux villages est importante des marécages véhiculent la malaria et autres fièvres. Le commandement militaire avait cru bon de retenir ce lieu à cause des vestiges romains qui pourraient servir de protection contre les attaques des arabes. De suite les émigrants reçoivent des outils afin de creuser des fossés de défenses. Sur des terres propices aux cultures maraîchères des paysans retournent la terre et sème des graines ramenées de France.
Le soir les soldats montent la garde afin d'empêcher les pillards de venir déterrer les plants fraîchement plantés.
Les arabes, les vols uniquement par curiosité ils ignorent ces semences nouvelles.
Millesimo 1 dresse des tentes et des caisses de transports de ravitaillement de munitions vides se transforment en baraques. Tout est prévu mais tout est encore à Bône, porte, fenêtres, clous. Les colons, femmes et enfants en âge de travailler œuvrent dès le lever du jour à la nuit noire sans relâche à la confection des pièces manquantes.
Nous sommes en décembre, l'oued Seybouse est en crue et coupe l'accès vers Bône. Le camp militaire de Nechmeya, base arrière de Guelma et des villages de colonisation engrange tous ces matériels en attendant des jours meilleurs. Deux cavaliers avec les attelages se sont noyés en voulant traverser la rivière Seybouse en crue. Celle-ci qui charge et transporte des arbres arrachés en amont est dangereuse. Un bivouac a été dressé en attendant la baisse du niveau de l'eau

Guelma est plus pauvre et moins avancé; aussi depuis quelques jours tous les transports sont-ils dirigés de ce côté et bientôt il y aura là 15.000 planches sur les 25.000 nécessaires aux trois centres que doivent peupler les colons attendus prochainement. Tous les jours, avant quatre heures du matin le colonel est à la besogne et préside lui-même à tout. Croiriez vous que dans la prévision où les départements enverraient l'année prochaine 15.000 colons en Algérie, il s'est engagé à en établir 5.000 dans la seule subdivision de Bonne (Bône) ?A Guelma les attelages manquent ou ne sont réservés qu'au seuls militaires. Les arabes ne veulent pas vendre des bêtes de traits, seule la tribu kabyle des Foulaghs qui se trouve sur les bords de l'oued Seybouse accepte, de temps à autres, à aider pour des labours. Guelma dépend entièrement de Bône Bonne assez sérieusement éprouvée par la crise qui afflige la France, renaît et voit avec confiance l'avenir qui se crée pour elle, grâce à l'heureuse direction donnée aux colonies agricoles par le commandant de la subdivision, grâce aussi aux bonnes dispositions des colons eux-mêmes. Vous connaissez les ouvriers de Paris et leurs exigences parfois exagérées; mais vous savez également qu'ils entendent facilement raison. Pas une plainte ne s'est, jusqu'à ce moment, élevée contre eux, même contre ceux qui auraient pu causer quelque inquiétude. Il y en a bien qui boivent un peu; mais l'argent n'est pas abondant et iln'y a eu aucun désordre. La plupart sont de très bons ouvriers qui demandent à travailler pour améliorer la position de leur famille. Si elle reçoit 5.000 colons en 1849, Bonne (Bône) dans deux ou trois ans sera la seconde ville de l'Algérie et ses maisons auront peut être triplé. N'est-ce pas là, pour une administration militaire ou civile, un résultat digne de son intelligence, de ses efforts et de son activité. Dans une lettre du Ministre écrite depuis Guelma le 27 juillet 1847 à monsieur le Gouverneur général il est question de primes pour l'attribution de 600 francs aux familles ex-allemandes, en vue de l'achat des matériaux pour leur installation, après avis de la commission législative. Extrait du procès verbal des délibérations de la dite commission qui accorde cette prime aux familles suivantes : WAGNER François. GEBER François. BAVER Antoine. DUFOUR Antoine. GALLARD Raymond. HECHMANN Pierre. KAEMAERE Adam. KRAUSS Jean. LOEFFER Adam. MEIRTZ Jean. SCHULL Christofle. VINCK Adam. WALTER Joseph. La plupart de ces colons sont très mal logés désirent commencer à construire leur maison en dure. Les gourbis faits de pailles, de dix et d'argile. Ils sont froids en hiver la pluie pénètre et glace les pauvres colons, bien que ces derniers soient habitués à la neige. En été ces cahutes sont étouffantes et ne protègent pas contre les mouches, moustiques et moucherons qui par milliers assaillent ces pauvres gens. Concession temporaire d'un terrain à Guelma, 06 avril1847 : à charge par le concessionnaire monsieur Instamond d'y élever un marché couvert. Le devis joint est d'un montant total de 10 977,58 Francs en date du 01/04/1846. En mai 1847 : il est prévu l'empierrement des rues de la ville. La boue qui faisait office de route va être remplacée par une voie empierrée et par endroit il sera édifié des sections pavées. Un budget sera voté pour prévoir à son entretien et entretien et des plantations d'arbres de la pépinière apporteront l'ombre qui manque atrocement à cette ville.

14 AVRIL 1847 : Aucune route ou piste carrossable n'existe, il faut donc en créer cela ne va pas sans mal avec les propriétaires arabes qui bien que n'ayant aucune utilisation des parcours refusent ou à prix d'or de laisser l'armée, le Bureau du commerce et les Travaux Public de faire des levées cadastrales afin de tracer et construire un chemin vicinal reliant Guelma à Medjez Amar. Après de nombreuses transactions à cause des multiples propriétaires d'une même parcelle le budget est voté : Dépenses 3 000 Francs pour le chemin de Guelma à Medjez Amar et 300 Francs pour la plantation d'arbres le long des voies vicinales. JUIN 1847 : Le tracé de la rue Zama est adopté. Cette rue, est comme les autres projets, large et les trottoirs prévus mesureront au moins 4 mètres.
Le 01juillet 1847, le Génie propose un plan d'alignement des rues de la ville de Guelma.

Collectif des Guelmois GUELMA FRANCE 2006