Conseil général du 14 décembre 1858
     Je viens vous présenter son rapport sur la deuxième partie.
       Huit projets ont été soumis à notre appréciation à savoir :
Premièrement : la construction neuve de l'école Arabe-française de garçons à Guelma.
Numéro deux : trois projets relatifs, aux casernes de gendarmerie de Jemmapes et Penthièvre, et le troisième, à la mosquée de Philippeville.
Trois : l'achèvement de la mosquée de Bône ;
Quatre enfin, aux restaurations des mosquées de Constantine, la grande mosquée et la mosquée Salah Bey.

Un crédit total de 177 000 F est demandé aux articles 4 et 6 du chapitre 4 de votre budget, pour l'exécution de tout ou en partie de ces travaux, dans le courant de l'année prochaine.
Votre bureau avait déjà commencé l'examen de divers dossiers, lorsque M. le préfet, en nous présenta un rapport, suivi d'une instruction de S.A.I.(Son Altesse Impérial) ; le prince chargé du ministère de l'Algérie et des colonies, relatives à la répartition de l'octroi de mer, nous a signalé l'insuffisance du crédit de 10 000 F prévu à l'article 10 du budget, et nous a engagé à prélever 70 000 F sur les travaux neufs dans l'exécution ne seraient pas de première urgence.
À partir de ce moment, nous avons dû abandonner ce qui nous paraissait utile, pour nous borner à ce qui devenait indispensable.

Nous avons pensé que l'économie devait porter sur nos bâtiments plutôt que sur nos routes, quelques-uns d'entre eux remplissant encore leur destination, tandis que la pénurie de nos routes se fait sentir tous les jours, et que leur mauvais état rend les communications de plus en plus difficiles.
Cette branche importante de nos travaux publics nous a constamment préoccupées. Les transformations survenues dans les temps modernes par les voies de communication, sont, pour un peuple nouveau, un exemple qui ne doit jamais perdre de vue.

C'est en effet par elles, que la consommation s'équilibre et que la production suit une marche régulière.

Je vais vous faire connaître les divers projets qui sont soumis, en commençant par ceux dont je vous proposerai l'adoption ; je tâcherai d'expliquer la pensée qui les a produits et les besoins qui sont appelés à satisfaire.
École Arabe-Française des garçons à Guelma.
L'école arabe-française des garçons à Guelma est aussi simple que coûteuse. Construite dans la cour de la mosquée cassure accordée à cet édifice. Elle donnera lieu à une dépense de 3000 F.
Cette création est de première utilité dans un lieu où les musulmans sont nombreux et viennent de loin pour suivre les écoles.
Je vous propose l'adoption de ce projet.

Mosquée de Bône.
La mosquée de Bône a reçu depuis trois ans une allocation de 65 000 F. Il est demandé 18 000 F pour terminer les travaux de cet édifice important.
Votre bureau pense un crédit destiné à finir un travail commencé ne saurait être refusé.

Casernes de la gendarmerie de Jemmapes.
La gendarmerie de Jemmapes est installée dans deux maisons de colons, l'écurie est en planches et tombe en ruines.
On propose une dépense de 25 000 F, pour compléter cette installation.
Deux pavillons en façade sur la place joindraient les deux maisons et serviraient de logements aux gendarmes. On y ajouterait une écurie, avec grenier à fourrage au-dessus, une sellerie, une buanderie, une chambre de sûreté et un bûcher accessoires réglementaires.
Votre bureau conclut à l'adoption de ce projet.

Route de Constantine à Alger.
Cette route, est d'une importance de premier ordre, puisqu'elle relie le chef-lieu à Sétif et aux riches contrées qui l'environnent, est destinée à être encore longtemps le débouché de cette province, car la route de Bougie ne sera pas dans un bref délai en état de supporter le roulage dans la mauvaise saison.
Aussi, votre deuxième bureau n'hésite-t-il pas à vous proposer de voter tous les crédits qui vous sont soumis pour l'entretien en territoire civil :

22700 F pour l'entretien de la route ; 9000 F pour la réparation des ponceaux entre Constantine et Sétif; 500 F pour l'entretien d'un pont entre Sétif et Bordj.

En territoire militaire :
45 000 F pour la route de Constantine à Sétif ; 5000 F entre Sétif et Bordj Bou Arridj.
Ou la construction :

En territoire civil, 135 729 F.
En territoire militaire, de Constantine à Sétif, 250 000 F.
De Sétif Bordj Bou Arridj, à 1000 F

Route de Bône à Saint-Charles.
Au sujet de cette route, votre deuxième bureau s'est trouvé partagé, non pas sur le crédit, dont tous reconnus de la grande utilité, mais sur la dénomination qu'il convient de lui donner.
Cette route, portée sur le projet de budget de Bône a Philippeville et Saint-Charles, apparue à une partie de votre bureau devoir plutôt s'appeler route de "Bône à Constantine", car elle met en communication ces deux villes, et c'est la seule route en état de construction qui établisse cette communication.
De plus, la route de Guelma à Philippeville par Jemmapes étant en voie de construction, le vrai chemin pour aller de Bône à Philippeville ne serait pas d'aller jusqu'à Saint-Charles, mais bien de se diriger de Jemmapes directement à Philippeville.
D'un autre côté, l'autre partie de votre bureau à pensé que la dénomination de route Bône à Constantine devrait être réservée à celle qui passerait par Guelma, lorsque la route de Guelma à Constantine sera faite.
Ce dernier tracé a, en effet, huit kilomètres de moins ; mais il est encore à l'étude, tandis que l'autre est déjà pratiqué et serra très prochainement terminé.
Le conseil général prononcera.
La route qui nous occupe est déjà fort avancée, et, entre les deux points importants qu'elle met en communication, qu'elle relie encore Jemmapes, qui est si prospère et qui a tant d'avenir, avec Bône et avec Constantine. Elle traverse de plus, des pays très riches, et dessert un grand nombre de forêt de chênes lièges. Le pont de Saint-Charles, construit sur l'échelle trop restreinte, a été enlevé, il y a déjà plusieurs années par des crues. Sans lui, la route deviendrait inutile, car l'oued Saf Saf encaissé dans un lit très profond, roule des eaux torrentielles pendant l'hiver, et l'été même, offre un passage difficile.
Un crédit vous est demandé pour reconstruire ce pont en pierre et de façon à résister à tous les efforts de la rivière.
Avec les crédits qui vous étaient demandés, la route aurait été terminée sur la presque totalité de son parcours. Une lacune seule serait restée dans la partie qui mène de Bône aux forêts du cap de fer. Cette lacune, de 11 814 mètres, s'étend depuis la maison crénelée, près de Bône jusqu'à la limite du territoire civil.
Votre deuxième bureau à pensé qu'il y avait eu lieu d'augmenter le crédit pour cette portion de la route et vous propose le voter ainsi modifié :
Territoire civil -- circonscription de Constantine 24 000 F, circonscription de Bône 5000 F
Territoire militaire 40 000.
Constructions.
Territoire civil -- circonscription de Constantine : 10 000
Circonscriptions de Bône 25 000.
Territoire militaire - construction de la route 100 000 F. Reconstruction du pont Saint-Charles 150 000 F. Route de Batna à Lambèse.
Cette route, complètement terminée, dessert d'importants établissements dont le pénitencier. Il ne vous est demandé de crédit que pour son entretien. Il s'élève à 14 000 F.
Route de Philippeville à Guelma. Cette route, qui traverse aussi de riches contrées, en grande partie livrée à la colonisation, doit servir de débouché sur la mer aux trois centres de Jemmapes, Sidi Nassar et Hamed ben Ali. Elle dessert aussi de nombreuses exploitations de chênes lièges et toutes les mines du bassin de Fendek points allaient en voie de construction forte avancée entre Guelma Jemmapes et dans la partie qui va jusqu'à la mer en territoire civil. Votre deuxième bureau a cru devoir aussi reporter sur elle une partie des fonds qu'il a pu économiser ailleurs. Il vous propose le voter les crédits ainsi modifiés : Entretien.
Territoire civil -- entretien de la route 15 000 F réparation du pont du SAF SAF 4 200 F.
Bône Souk-Ahras et Tébessa.
Cette route, en construction jusqu'à Souk Ahras est le seul débouché sur la mer de ce centre, qui se développe avec tant de rapidité. Nous vous proposons de ratifier tous les crédits qui vous sont demandés pour l'entretien et la construction.
Entretien : territoire civil 13 000 F -- territoire militaire 9000 F.
Construction territoire civil : 21 000 -- territoire militaire 50 000.

Route de Bône à Guelma.
Cette route, toute entière en territoire civil et qui relie Guelma à Bône et à la mer, en traversant un pays fertile et plusieurs centres, n'a plus qu'une lacune impraticable de 10 152 m. Avec les crédits qui vous sont proposés, elle sera terminée sur tout son parcours. Il ne restera plus qu'à construire que le pont sur l'oued Seybouse, détruit il y a quelques années et aujourd'hui remplacé par une passerelle capable de supporter les charrettes.
Le crédit qui vous est présenté comprend deux maisons de cantonniers, dont nous avons examiné avec soin les devis, qui nous ont semblé conforme à la maison et l'économie. Nous vous proposons l'adoption des crédits, tels qu'ils sont portés au projet de budget.
Entretien: 85 000 F, construction 100.000 f.

Bône à la Calle.
La route habituellement suivie de Bône à La Calle longe les sables de la mer et traverse la Mafrag, avec un bac. Cette route sera difficilement rendue carrossable. Mais elle a besoin de quelques entretiens pour maintenir les communications entre La Calle est Bône.
Il y a aussi des réparations indispensables au bac. À cette occasion, il vaudrait peut-être recommander l'administration; la possibilité d'établir un péage pour subvenir aux frais du passeur et du bateau.

Une autre route est projetée qui s'écarterait de la mer et passerait à l'oued Kébir, sur un pont destiné à desservir à la fois cette route, et celle qui pourrait être un jour de La Calle à Souk-Ahras.
Pour cette année, nous proposons d'adopter les crédits qui vous sont demandés pour l'entretien de la première route et la construction du pont sur la route ainsi répartis.

Entretien : Territoire civil 13 000 F -- territoire militaire 5000.
Construction : terrain militaire -- pont : 55 000.

Site Internet GUELMA-FRANCE