C'est à la reception de ce mot de notre ami Claude Dubreucq, qui fut militaire au 52° bataillon du Génie, que nous est venue l'idée de refaire paraître le dossier des cloches de l'église de Guelma

LE DOSSIER DES CLOCHES DE L'EGLISE SAINT POSSIDIUS DE GUELMA
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1 MARS 1898

           Les deux cloches arrivées avant hier seront baptisées dimanche à l'office des vèpres. Elles seront placées en attendant à gauche et à droite du maître autel . Nous relevons les inscriptions suivantes : Je me nomme ELISE - JULIE. en l'an de grâce 1898 j'ai été donnée à l'église de Guelma par les familles LAVIE , CHETCUTI et de nombreux autres paroissiens qui veulent que Dieu seul connaisse leur noms. J'ai pour parrains Mr Marcel LAVIE et pour marraine Madame ELISE BARTHE épouse CHAUTARD.
Monseigneur Cazanol étant évêque de Constantine et Banithon chanoine honoraire

           Sur l'autre il est gravé, je me nomme SALVATOR-MARIE , j'ai été donnée à la paroisse pour appeler à la prière par les familles SAID Fortuné, et TEUMA Dominique.

           Le 8 mars, les deux nouvelles habitantes de notre clocher ont reçu dimanche passé leur baptême avec la cérémonie accoutumée, j'entends, musique, pluies abondante de dragées.Parrains et marraines ont fait vibrer l'airain des nouvelles cloches et des dragées ont été largement distribuées de qui a entraîné quelques barreaux d'échelles, des chaises et des dossiers brisés . Aucun incident n'est venu troubler la joie universelle Monseigneur Cazaniol a appelé les bénédictions du ciel sur l'assistance et les mamans se sont disputées l'honneur de faire effleurer par la main épiscopale la joie de leurs poupons . On ne peut que remercier M Benithon pour cette cordiale cérémonie.


Photo envoyée aimablement par Claude Dubreucq qui fut militaire à Guelma. Les visiteurs se recueillent devant les cloches de l'église saint Possidus qui sonnèrent trop souvent le glas pour accompagner des jeunes militaires tués dans la région .
Voyage organisé par la F N A C A / U N C

Photo année 2005

Parmi les affaires importantes entreprises et suivies dès 1996, par la présidente de l'association "Guelma89" Yvette Martinez , il y en a une qui présente un caractère exceptionnel le rapatriement des Cloches de Guelma.
Nous vous donnons lecture des principales lettres envoyées et restées sans réponse

Dès 1962, un grand nombre d'associations, de municipalités et de personnalités diverses ont entrepris des opérations de transfert sur le territoire national, des cloches de leur paroisse d'Algérie. Beaucoup ont réussi car organisées très tôt. Certaines ont trouvé immédiatement un clocher d'accueil, d'autres ont attendu de nombreuses années (celles de Sétif, d'Ain Beida, etc) avant de faire entendre à nouveau leurs voix. Pour GUELMA, rien n'existait et notre association n'a officiellement vu le jour qu'en 1989.
Néanmoins, nous avons pensé que des démarches pouvaient être entreprises afin de tenter un rapatriement. Depuis notre départ, 35 années se sont écoulées; l'opération n'est pas facile. Avant notre voyage à Guelma en 1990, notre ex-président Jacky Malléa accompagnés de Ghislaine Véla secrétaire, et d'Yvette Martinez-Borg alors "déléguée aux affaires algériennes", partis "en éclaireurs" dans le but d'organiser et de réussir notre voyage collectif (75 guelmois voir photo), avaient remarqué que nos cloches étaient entreposées entre des statues situées de part et d'autres de la scène du théâtre romain (elles s'aperçoivent ou plutôt se devinent sur la photo de couverture de notre bulletin n°28). Elles n'ont donc pas disparu et ne présentent aucun intérêt pour l'actuelle ville de Guelma. Leur trouver un lieu d'accueil sur le sol national ne devrait pas poser de gros problèmes mais le rapatriement, par lui-même, demande avant tout des contacts avec les autorités algériennes locales qui ne semblent pas, pour l'instant, manifester l'enthousiasme nécessaire pour nous aider dans le but fixé. Evidemment, les évènements qui se déroulent dans ce pays ne sont sans doute pas étrangers au manque d'empressement de ces autorités à répondre au courrier et aux appels téléphoniques répétés de notre présidente. C'est le mutisme absolu.
Nous publions dans ce dossier les démarches entreprises et les correspondances échangées dans le cadre de cette opération afin que vous sachiez que nous ne sommes pas indifférents à ce problème qui nous tient à cœur.

Réussirons-nous ? L'avenir nous le dira...


Mme MARTINEZ-BORG Yvette Présidente de "GUELMA 89"

à M. le Walli de la Willaya de GUELMA

Le 27.09.1996

Objet : Demande de rapatriement de cloches de l'ex-Eglise Saint Possidius.

Monsieur,

Au nom de l'association des Guelmois que je représente, j'ai l'honneur de vous demander de bien vouloir nous accorder, comme ce fut le cas pour d'autres villes et villages, le rapatriement des cloches de l'Eglise de Guelma.
Lors de nos voyages en 1989 et 1990, nous les avons vues; elles étaient entreposées sur la scène du théâtre romain, mais nous n'avons pu les approcher et supposons qu'elles sont en bon état.
Notre communauté d'anciens guelmois vous serait redevable si vous nous faisiez l'honneur d'accepter notre supplique. Notre association prendrait en charge l'emballage et le transport de ces cloches qui nous tiennent à cœur.
En souhaitant que notre sollicitation puisse trouver en vous une écoute positive, veuillez agréer, Monsieur le Walli, l'expression de mes remerciements anticipés.

Yvette MARTINEZ-BORG


Le 07. Juin.1997

à Monseigneur l'Evêque de Perpignan

Objet : Cloches de l'Eglise Saint Possidius de Guelma.

Monseigneur.

Notre association de la ville de GUELMA en Algérie, souhaiterait rapatrier les cloches de leur église actuellemnt stockées et abandonnées sur la scène du théâtre romain.
Nous avons écrit au maire de cette ville afin de le prier de nous permettre de les ramener en France. Nous attendons sa réponse.
Notre communauté serait heureuse de redonner à ces cloches qui ont rythmé nos cœurs. une nouvelle vie dans un clocher de métropole. Nous avons interrogé un Président d'association sur la manière de procéder pour aboutir et qui avait payé le transport. L'un d'eux m'écrit : "Au sujet des frais de transport, Bône- Marseille, Port Vendres ou Sète, comme pour l'église de Charniers (24), la paroisse ou le diocèse rembourserait au vu des justificatifs".
Ma question est donc celle-ci : prendriez vous à votre charge ces factures en partie ou en totalité ?
Je vous remercie. Monseigneur de l'attention que vous voudrez bien porter à notre demande, et je vous prie d'agréer mes sincères salutations.

Réponse de l'Evêque :

L'Evêque de Perpignan
à Madame Yvette MARTINEZ-BORG


Madame

Ma réponse à votre lettre du 7 octobre est bien tardive et je vous prie de m'en excuser.

Après avoir pris de nombreux contacts, je n'ai pas trouvé dans notre diocèse, une paroisse qui envisage un nouvel équipement pour son clocher et qui serait ainsi disposée à prendre en charge l'ensemble des frais de transport des cloches de Guelma.

Si la réponse que vous avez obtenue du maire est favorable à votre requête et si vous tenez à ce que les cloches de Guelma fassent de nouveau entendre leur voix, il faudrait sans doute faire passer des annonces dans les journaux et revues les plus lues par les catholiques et leurs prêtres

Soyez assurée, Madame, de mes sentiments religieux dévoués.


Le 28.12.1996

à M. le Président de l'Assemblée Populaire Communale de GUELMA

Objet : Demande de rapatriement de cloches de l'ex-Eglise saint Possidius

Monsieur le Président,

Dans une lettre adressée à Monsieur le Walli de Guelma le 27 Septembre 1996. restée sans réponse. je lui écrivais en qualité de Présidente de l'Association des Guelmois. pour lui demander de bien vouloir nous accorder, comme ce fut le cas pour d'autres villes et villages d'Algérie; le rapatriement des cloches de l'ex-Eglise de Guelma.

Lors de nos voyages en 1989 et 1990, nous les avons vues; elles étaient entreposées sur la scène du théâtre romain, mais nous n'avons pu les approcher et supposons qu'elles sont en bon état. Notre communauté d'anciens Guelmois vous serait redevable si vous lui faisiez l'honneur d'accepter notre supplique. Notre association prendrait en charge l'emballage et le transport de ces cloches qui nous tiennent à cœur.

Depuis septembre. je tente en vain de converser par téléphone avec M. Le Walli afin qu'il me donne une réponse mais il est à chaque fois en "réunion". En souhaitant que notre sollicitation puisse trouver en vous une écoute positive. votre réponse sera transmise à toute la communauté Guelmoise par l'intermédiaire de notre .journal.

Je vous prie d'agréer. Monsieur, l'expression de mes remerciements anticipés.

Yvette MARTINEZ-BORG


PREMIÈRE LETTRE :

Mme Yvette MARTlNEZ-BORG Présidente de "GUELMA 89"
à
M. Hubert VEDRINE
Ministre des Affaires Etrangères 37, Quai d'Orsay 75007 PARIS.

Toulouges le 24/08/97

Monsieur le Ministre, Présidente de l'association "GUELMA 89" (loi 1901) qui regroupe plus de 500 familles originaires de la ville de Guelma (Algérie), J'ai écrit et téléphoné au Wali (Maire) de la dite ville ainsi qu'à Monsieur le Président de I'Assemblée Populaire Communale pour leur demander de bien vouloir nous donner l'autorisation de ramener les cloches de l'ancienne église de cette ville, en France. En effet, elles pourraient être installées dans l'église de Saint-Estève dans les Pyrénées Orientale. Cependant nos demandes sont restées à ce jour sans réponse de la part des autorités Algériennes.

J'ai 1'honneur de vous demander de bien vouloir alerter l'ambassade de France à Alger et le consul général à Constantine pour que ce vœu puisse être exaucé comme cela a été le cas pour d'autres villes d'Algérie.

Il est bien entendu que nous nous engageons à assurer tous les frais que cela entraînera.

Dans l'attente d'une issue favorable, je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de ma haute considération.

Yvette MARTINEZ-BORG

NDLR : Le ministre n'a jamais donné de suite à ce courrier ni aux autres

DEUXIÈME LETTRE :

Mme Yvette MARTINEZ-BORG Toulouges le 24/08/97 Présidente de "GUELMA 89"
à
Monsieur l'Ambassadeur de France à Alger sous couvert de la Valise diplomatique, 37, Quai d'Orsay 75007 PARIS

Monsieur I'Ambassadeur, Présidente de l'association loi 1901 "GUELMA 89" qui regroupe plus de 500 familles originaires de la ville de Guelma (Algérie) et des villages alentours, j'ai écrit et téléphoné au Wali (maire) de la dite ville pour lui demander de bien vouloir nous donner l'autorisation de ramener les cloches de l'ancienne église de cette ville en France.

En effet, elles pourraient être installées dans l'église de Saint-Estève dans les Pyrénées Orientales. Cependant nos démarches sont restées à ce jour sans réponse de la part des autorités Algériennes.

J'ai adressé un courrier au Ministre des Affaires Etrangères pour lui signaler cette situation et demander son intervention. Je vous serais reconnaissante de bien vouloir intervenir afin d'obtenir, comme ce fut le cas pour d'autres villes d'Algérie, ce rapatriement.
En l'attente, je vous prie d'agréer, Monsieur l'Ambassadeur, l'expression de mes sentiments les plus distinguées.

Yvette MARTINEZ-BORG

Vous avez été nombreux à nous demander la suite donnée aux différentes interventions entreprises par notre association concernant le rapatriement des cloches de Guelma déposées sur la scène du théâtre romain. Nous ne pouvons pas, malheureusement, vous apporter de nouvelle. En effet, que ce soit aussi bien du côté des Algériens que de l'Ambassade de France à Alger ou de M. Vedrine, Ministre des Affaires Etrangères, aucune de ces personnalités ne nous a donné de réponse, bien que nous les relançons périodiquement. Il faut se rendre à l'évidence: nous ne les intéressons pas.
Gardons simplement l'espoir qu'un jour ces cloches sonnent leur liberté quelque part en France.

Yvette MARTTNEZ~BORG~

LES CLOCHES DE L'ÉGLISE SAINT-POSSIDIUS AU CHATEAU DES JULHANS ?.
( 13380 ROQUEFORT-LA-BEDOULE)

Comme le précise notre Présidente dans son éditorial du n°29 de "GUELMA 89", à sa demande, je suis intervenu pour le projet de réinstallation des deux cloches de notre Eglise de Guelma.
Dans un premier temps, un contact avait été établi avec la "Collectivité Territoriale Pieds-Noirs" qui s'est implantée au Domaine des Julhans, à Roquefort-La-Bédoule (proche de Aubagne -Bouches du Rhône). Cette piste semblait intéressante puisqu'une proposition de clocher "d'accueil" avait été faite à notre association.

Il faut dire également que les cloches de Guelma auraient trouvé un clocher digne d'elles dans la chapelle du XVIIème siècle édifiée sur ce domaine, dont la restauration entreprise par la Collectivité Territoriale est très avancée.
En effet, cette chapelle connaît un passé historique révélé par des documents recueillis dans l'histoire de Roquefort-La-Bédoule (cf extrait de ce document). Le citoyen Joseph Bonaparte, futur Roi d'Espagne et frère de Napoléon 1er, y a épousé Julie Clary le 1er Août 1794 (4 jours après le 9 Thermidor). Napoléon lui-même aurait résidé plusieurs fois au château des Julhans, selon les mêmes sources.

C'est pour toutes ces données très séduisantes que les contacts se sont poursuivis jusqu'au 1er novembre ]996.
Ce jour-là, une messe inaugurale y était dite et "Notre Dame des Pieds-Noirs"' prenait naissance. Notre Présidente y avait convié tous les Guelmois proches de Roquefort-La- Bédoule. Ainsi, nous nous sommes retrouvés une trentaine de Guelmois autour du Président du "Conseil Délibératif Provisoire" de la Collectivité Territoriale, pour poser toutes les questions qui nous brillaient les lèvres.

S'il apparaît en effet que l'idée de "Collectivité Territoriale" puisse être louable en elle-même, il en est tout autrement dans la réalité. Deux raisons essentielles génèrent des incertitudes, voire même des inquiétudes, sur l'installation des cloches de Guelma sur ce site.
I°) Le clocheton existant de la Chapelle est déjà occupé par une cloche. Les deux cloches de Guelma n'auraient donc été "logées" que dans un mémorial contigu à la chapelle. Auraient-elles alors sonné un jour ? Ce que de nombreux Guelmois souhaitent sûrement ardemment.
2°) L'appartenance du Domaine des Julhans elle- même, n'est toujours pas définitivement établie puisqu'un différent juridique existe: une situation de fait n'offre pas toutes les garanties voulues pour l'avenir...

C'est donc un projet de site qui sera vraisemblablement abandonné puisque, aux nouvelles plus récentes, nous pourrions obtenir un "vrai" clocher pour 1999.

En attendant, si le bureau de notre Association (qui œuvre d'arrache-pied au rapatriement des cloches de Guelma) parvient à ses fins, nous saurions les mettre en lieu sûr et les protéger.
In Ch'Allah !

Notre Dame des Pieds-Noirs

Le château construit par Esprit Garnier, un membre du parlement enrichi dans le négoce, datait de 1639. Peu avant la Révolution, les Garnier avaient vendu leur domaine aux Clary.
Or, le 1er Août 1794, 4 jours après le 9 Thermidor, un mariage était célébré à la Chapelle Paroissiale entre le citoyen Joseph Bonaparte, 25 ans. et la citoyenne Julie Clary, 22 ans. C'est Désirée que Joseph aurait du épouser, mais, Napoléon, amoureux de la belle lui avait conseillé d'épouser sa soeur Julie. Désirée Clary devint la fiancé de Napoléon qui résida plusieurs fois aux Julhans. Mais. elle ne l'épousa pas et finit par devenir la femme du Général Bernadotte futur Roi de Suède.
A l'époque. le domaine de Rouvière faisait partie de Julhans.

Marcel GAUCI

Marcel GAUCI à Madame Yvette MARTINEZ-BORG

Les Guelmois présents à la cérémonie

Je vous remercie pour la confiance que vous m'avez accordée en me faisant parvenir la photo du théâtre romain de Guelma où sont entreposées les cloches de l'Eglise de Guelma. Si j'ai tardé à vous renvoyer cette photo c'est que..., comme tous les gens qui se libèrent de leurs aClivités professionnelles, j'ai été très pris depuis le début juillet. Je vous demanderais de bien vouloir pardonner ce retard.
Il est en effet difficile de se faire une idée de l'importance de ces deux cloches, mais je crois qu'il doit s'agir des deux plus petites (il me semble qu'il y avait au moins trois cloches ?).
En les comparant à la hauteur des marches de la scène, j'ai évalué les diamètres à 60 cms et 80 cms, environ. Au travers du dernier "GUELMA 89" (pour lequel je félicite toute l'équipe de rédaction et de composition, pour sa qualité), j'ai compris qu'il était préférable de "mettre la pédale douce" pour la recherche d'un clocher, compte tenu des évènements actuels, en Algérie.
Nous l'avions effectivement évoqué au cours de notre dernier entretien téléphonique, et c'est bien dommage.
J'avais déjà contacté le curé de La Valette, pensant à l'Eglise du quartier de la Coupiane qui ne dispose que d'un enregistrement. Comme en a conclu le prêtre également: "c'est de la zoubia" (il est natif d'Alger...). A l'époque il m'avait donné son accord de principe, mais hélas cette Eglise n'a pas de clocher et il faudrait en monter un de toutes pièces.
Si un rapatriement s'avérait possible (ce que je souhaite) dans l'avenir, je reprendrai mes investigations... Promis !

Je ne peux pas terminer ce petit mot, sans me joindre à tous amis guelmois qui vous ont témoigné leurs reconnaissances pour les belles journées de rassemblements. Toute l'équipe organisatrice dans son ensemble est formidable et encore merci à toutes et tous.

En 2007 où en sont les démarches ? elles n'ont pas abouties malgré des relances incessantes. Nos cloches sont exposées comme une prise de guerre sur l'estrade du théâtre romain et à moins d'un revirement de politique, elles seront à jamais abandonnées en terre Algérienne. Y. M-B
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Collectif des Guelmois site Internet GUELMA-FRANCE