L'histoire qui va suivre sera le film raccourci de l'œuvre accomplie à Guelma de 1900 à 1962. Pour recréer le contexte de cette époque, qui manque dans nos archives, les rares journaux ou des informations recueillis par nos anciens véritable bibliothèque du temps passé ont servi de support à ce travail de synthèse. C'est en réalité, une " Chronique du temps écoulé ".

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LA GENDARMERIE DE 1830 à 1962

Dès que fut décidé l'expédition d'Alger, une ordonnance royale en date du 21 mars 1830 créa une force publique. Cette force publique commandée par un grand prévôt accompagnait le corps expéditionnaire. Elle se composait de cent vingt sept sous officiers et gendarmes, et de trente cinq chevaux. Cette dénomination de force publique dura de 1830 à 1833; de 1834 à 1839, elle devint la gendarmerie d'Afrique; de 1839 à 1875, la légion de gendarmerie d'Afrique; de 1875 à 1879, la 31 eme légion de gendarmerie, de 1879 à 1945, la 19° légion de gendarmerie et enfin, de 1946 à 1962, la 10° légion d'Afrique
*(Bibliographie: " La gendarmerie d'Afrique 1830-1930".par René Baulard.
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Nous retrouvons dans nos archives guelmoises que : conformément à l'article deux de l'arrêté du 18 avril 1841, tous les emplacements nécessaires aux services publics ont été réservés, ces lieux comportent une église, un presbytère, un temple protestant, le logement du ministre et les écoles, une mosquée, un commissariat civil, un tribunal, un hospice, un dispensaire, la prison, et pour une gendarmerie.
Mais ce ne fut qu'en date du 5 janvier 1844 (3 éme compagnie) que fut décidé, la création d'un poste de gendarmerie à Guelma (et bien plus tard à Sédrata le 20 août 1892 (3 éme compagnie).

Le 15 avril 1868, le cercle de Guelma n'avait toujours qu'une brigade, et dans un rapport, il est écrit : il s'ensuit qu'il deviendrait nécessaire pour la constatation de quelque crime ou des poursuites à exercer, de venir la requérir, on peut toujours prévenir l'autorité militaire qui reconnaissant l'urgence, pourrait donner aux gendarmes une autorisation écrite de pénétrer en territoire militaire. La gendarmerie à l'époque ne pouvait se déplacer sans l'avis des militaires.
En 1850, les centres de colonisations font l'objet d'attaques indigènes dans notre région et la gendarmerie se distingue par de nombreuses sorties qui repoussèrent les assaillants.
Nous relevons dans les rapports quelques plaintes. Le 10 octobre 1868, vol de bestiaux commis hier entre 11 heures et midi au préjudice de Mr Martin adjoint au maire du village de Petit.
Le 19 octobre 1859, parait des observations relatives à la création et à l'emploi d'une gendarmerie indigène auxiliaire dans le cadre de la gendarmerie. Depuis longtemps souhaitée, ces auxiliaires, jusqu'alors intégrés dans la 3éme compagnie, faisaient du service en liaison avec elle. Désormais leur prestation de surveillance se fera à part de celui de la gendarmerie et rentrera exclusivement dans le ressort des bureaux arabes.

Cette même année elle porte secours à de nombreux européens et indigènes menacés par les inondations de le Seybouse. Citons pour terminer cette période que le 21 septembre 1885 la mort d'un gendarme noyé en traversant la Seybouse en crue.

Le ministre de la guerre a décidé, en octobre 1900, qu'il sera crée dans notre localité, une nouvelle brigade de gendarmerie à cheval de 5 hommes y compris le chef de poste.
La nouvelle brigade de gendarmerie à cheval se fera au mois de mai 1901 et son local dans l'immeuble situé rue de Carthage et dont M.Peyre est propriétaire.
Il y aura donc à Guelma 3 brigades de gendarmerie ; une à pieds et deux à cheval Guelma étant en sous-effectifs, cette nouvelle fut accueilli avec joie par les habitants qui se plaignaient constamment de vols et de rapine.

Le 12 décembre 1930 installation de la gendarmerie à Gounod.
Enfin, le décret du 27 avril 1935 crée dans la colonie un Groupe de Garde Républicain Mobile à pied.

En 1950 le commandant de la gendarmerie était le Capitaine Guy.
La caserne de la gendarmerie que nous connaissions, rue Sadi Carnot, a été rasée ainsi que l'école Sévigné après l'indépendance de 1962
Les décrets pris deux ans avant l'année 1900, le 23 août 1898, à l'occasion de l'arrivée du nouveau gouverneur de l'Algérie, avaient eu les plus heureux effets sur les esprits, les rôles du Gouverneur Général renforcés, les délégations financières créés et le conseil supérieur du gouvernement réorganisé. Mais l'opinion publique exigeait plus encore, et la loi du 19 décembre 1900 vint investir la colonie de la personnalité civile, en donnant à ces deux assemblées le droit de voter le budget; les seules restrictions étaient que certaines dépenses, comme celles concernant la gendarmerie seraient obligatoires et que le budget de l'Algérie serait contrôlé par le gouvernement et sanctionné par le parlement. Le régime des rattachements avait entravé, dans uns certaine mesure, l'essor de l'Algérie ; celle-ci après les lois de décentralisation, devait connaître, après 1900, une ére de remarquable prospérité le vignoble, bien qu'éprouvé à son tour par le phylloxéra, continuait à être très rémunérateur dans certaines région de l'Algérie, mais les agriculteurs de Guelma optèrent pour la polyculture, l'élevage, la culture des céréales, le tabac, et surtout les primeurs.

En 1902, la colonisation était en reprise marquée, la naturalisation automatique des étrangers incitant le peuplement français et le budget de la colonie, avec l'emprunt, qui tendait à manquer. D'autre part, la législation sur la matière était rendue plus souple; le décret du 13 septembre 1904, qui remplaçait celui de 1878, prévoyait plusieurs modes d'aliénation, et celui du 9 septembre 1924 facilitera le peuplement rural. Le but de la colonisation officielle :

Assurer la prise de possession effectives des terres par les colons était atteint, et, progressivement la colonisation libre tendra à prendre sa place.

ANNEE 1900 :
Elections et épidémie de rage. Les élections dans notre ville ont toujours revêtu un caractère passionnel qui ont divisé notre communauté, bien souvent pour des sujets futiles, de moindre importance. Mais c'était ainsi, on était pour ou on était contre sans bien savoir pourquoi. Chacun avait son clan qu'il défendait passionnément, et quand le maire était élu, la vie recommençait comme si rien ne s'était passé, à part quelques rancunes qui risquaient de durer longtemps.
Donc au mois mai de la même année Guelma vote pour l'élection de son maire et une nouvelle équipe est élue.
Maire: M.Panisse, 1er adjoint M .Joly. 2 em adjoint M. Rubaglia, longue vie à la nouvelle municipalité et que Dieu fasse quelle contente tous les Guelmois.

Justement, comme nous parlions de rancune en voilà une qui fit les beaux jours de Guelma (car chacun avait sa version). En effet " Le Progrès " en ce matin du mois de septembre titre en première page et sur deux colonnes: Tentative d'assassinat; lundi dernier, vers 8 heures du soir, M. Poggi Pierre, avoué demeurant à Guelma, à l'angle des rues d'Anouna et Scipion, soupait sur son balcon. Lorsque tout à coup, il entendit le sifflement et sentit contre sa tête le passage de projectiles qu'il n'a pu définir. Aussitôt, il s'est mis à crier, à l'assassin!. La police informée de cet attentat, s'est immédiatement transportée sur les lieux. De la déclaration de M Poggi, il en résulte qu'il accusa le nommé Joseph Saphar, demeurant à Guelma, qu'un instant avant il avait vu roder autour de sa maison. Au cours de la constatation, la police a remarqué de nombreuses traces de plombs, dont deux du numéro 6. Joseph Saphar arrêté a été mis le lendemain en liberté provisoire, le sieur Saphar ayant tout bonnement expliqué qu'il avait lancé " le plomb " avec un tire boulettes, histoire de s'amuser. Cette affaire viendra tout de même en correctionnel la semaine suivante.
Quand même, à cette époque, les Guelmois avaient de drôles de jeux.

LA RAGE
La rage est de tous les dangers celui que nous craignons le plus, la multitude de chiens errants, abandonnés par les caravanes de passages, inquiètent les autorités municipale. Quand l'alerte est donnée, tous les chiens deviennent suspects et la fourrière capture tous canins qui divaguent. La mémoire collective transmet qu'à une époque antérieur à la découverte de vaccin anti-rage, les personnes atteintes de cette maladie épidémique étaient tout étouffées entre deux matelas.
Or depuis plusieurs décades la ville de Guelma, subit dans sa vie de tous les jours des problèmes de rage véhiculés par des chiens qui sont eux mêmes contaminés par des chacals. Ces canidés sont abattus ainsi que tous les animaux mordus par eux. C'est ainsi que depuis une dizaine d'années tous les chiens doivent être recensés en mairie. Alors quand le 29 août, la police informée qu'un cabot, appartenant au sieur Dimeck Louis meunier à Guelma, avait mordu plusieurs de ses congénères, monsieur Fournier vétérinaire communale a fait mettre cette bête en observation, et le 23 août déclarait qu'il était bien atteint de la rage et qu'il avait été abattu ainsi que tout ceux qu'il avait mordu.
La mairie a aussitôt publié un avis aux propriétaires de : museler ou de tenir en laisse leur chien, qu'en cas d'infraction l'annimal serait capturé et abattu dans les 48 heures. Ces moyens ont été rigoureusement prises et exécutées.

Le 4 septembre, donnait avis que la chienne de madame Heintz, ménagère, demeurant rue de la pépinière (ancien tribunal) avait mordu plusieurs enfants, notamment les nommés Bahes Berte, âgé de 5 ans, Heintz Claire, âgée de 4 ans, Heintz René âgé de 2 ans, Koels Jean-Baptiste âgé de 11 ans , Escande Eugénie âgée de 14 ans, et Fabre Yvonne âgée de 10 ans.
Monsieur Fournier en examinant cette chienne avait été mordu à la main et déclarait que la bête était atteinte d'Hydrophobie. Cette animal avait également mordu Heintz Honorine âgée de 10 ans, Fabre Gabriel âgé de 6 ans, Koch François âgé de 16 ans, Koch Henry âgé de 18 ans, Heintz Emile âgé de 14 ans, Viteli André âgé de 5 ans, M Heintz, propriétaire de la chienne, un chat un chien appartenant à M Valin et une chatte appartenant à Mme Heintz. Les animaux mordus ont été abattus par les soins de la police.
Les personnes mordues ont été dirigées sur l'institut Pasteur à Alger, afin d'être soumis à l'inoculation du vaccin anti-rabique.

ACCIDENT
Le temps qui conditionne la vie rurale est redevenu mauvais et la neige continue de tomber, en ce mois de janvier 1900 dans une certaine partie de notre région, les montagnes qui entourent Guelma en sont encore couvertes. La Seybouse a débordé inondant les champs sur de grandes étendues. Mais c'est surtout que ce mauvais temps a causé de nombreux dégâts et fait des victimes parmi les bestiaux. Un grand nombre de moutons ont péri de froid, notamment à la Mahouna, à Ras el Akba et jusqu'à Montcalm. Les indigènes et beaucoup de colons sont dans la consternation devant les pertes enregistrées. Dans la région de Ras el Akba le thermomètre est descendu jusqu'à moins quinze et à la Mahouna à moins dix sept degré. La vie est paralysée, l'eau manque, le charbon n'arrive plus des douars et les routes ou pistes sont impraticables. De très nombreuses passerelles, faisant office de ponts, ont été emportées par les oueds en crue. Guelma est sinistrée et ne peut compter que sur sa volonté de dégager les principaux axes routiers pour se ravitailler.
" Le Progrès " relate le premier accident survenu au train de la ligne Bône Guelma. Il est intéressant de le raconter car depuis la création de la ligne de chemin de fer Bône-Guelma, aucun incident majeur n'avait fait l'objet d'un rapport. Le train étant le moyen le plus sûr pour rejoindre les villes du département. Ce jour là, il avait quitté la gare à 6 heures et demi du soir (on ne disait pas à l'époque 18 heures 30), se rendant à Constantine où il devait arriver à 7 heures 25. A quatre kilomètres avant la gare du Taya, le train a heurté un rocher de 8 m3 cubes qui venait de se détacher du flanc de la montagne. Quand le mécanicien aperçut l'obstacle il était trop tard, si bien qu'avant qu'il eut le temps de faire marche arrière, la locomotive venait butter contre le rocher. Celle-ci sous le choc a été renversée, et, continuant sa marche en bondissant est allée se précipiter dans le Bou-Hamdam. Le fourgon qui suivait ainsi qu'un wagon de 3 eme classe, ont été précipités dans l'oued tandis que deux autres wagons restaient suspendus en dehors du talus sur le bord de l'oued. La locomotive à fait un terrible saut en faisant plusieurs tonneaux. On conçoit que cet accident aurait pu avoir des conséquences autrement plus terrible que celles que l'on a constaté. Le mécanicien a eu la jambe cassée en 2 endroits, mais son état n'est pas désespéré. Le chauffeur a été aussi grièvement blessé mais son état est encore moins grave. Enfin, un indigène qui se trouvait dans un wagon de troisième classe est tombé dans la rivière. Quant aux dégâts, ils se bornent à la locomotive aux fourgons et aux wagons. Ce sont les voyageurs eux même qui sont allés donner l'alerte. Ce qui fait qu'à minuit un train de secours venant d'oued Zenati, (mais sans médecin celui-ci étant en promenade à Constantine), les voyageurs ont pu continuer leur voyage non sans quelques appréhensions.
L'inquiétude sur la fiabilité de ces grosses machines crachant une épaisse fumée et faisant un bruit d'enfer, n'empêcha pas la visite à Guelma d'un personnage de marque en ce matin de février 1900. " Le Progrès " relate l'événement en ces termes : Monsieur Slimane Ben Nacer, gouverneur de Dar el Salam (Zanzibar) est arrivé à Guelma par le train de 11 heures. Il était accompagné d'un interprète et, est descendu de la rue Négrier vers la maison Chuchana que les mozabites avaient décoré avec des fleurs, des drapeaux Français, Russes et Mozabites. Auparavant, une délégation de commerçants mozabites s'étaient rendus à la gare dans des voitures également fleuries et avaient escorté le gouverneur Africain jusqu'à son logement qu'ils avaient meublés luxueusement. Le gouverneur a continué son voyage vers Constantine le jeudi matin, et la communauté mozabite garde un excellent souvenir de ce séjour.
Nous ne savons pas quel intérêt à poussé ce personnage à visiter Guelma.

ACCIDENT
En cette matinée de novembre où vers 11 heures, la voiture à quatre roues tirée par un cheval, qui appartenait à une boulangerie et conduite par le nommé Mohamed ben Tahar, suivait la rue située place Saint Augustin devant les arcades. En arrivant en face du " cercle Amical ", les deux roues de cette voiture sont sorties de leur essieu, la caisse est tombée par terre et le cheval effrayé par le bruit s'est emballé. C'est alors que l'agent Fieschi de service sur la place Saint Augustin, s'est courageusement lancé à la bride du cheval et a réussi à l'arrêter, évitant ainsi, peut être, un grave accident car des enfants jouaient sur la place et dans la rue.
Comme chaque année l'activité des organisateurs de l'exposition de Guelma donnaient des informations afin que le déroulement et la présentation des articles soient rigoureusement officiels. C'est ainsi que l'on peut lire : Messieurs les exposants sont avisés qu'ils trouveront chez madame Veuve Aldebert, rue Saint Louis à Guelma, les types officiels de bouteilles flacons et bocaux pour renfermer leur produits.

CONDAMNATION A MORT

Le conseil de guerre a condamné à mort le soldat Pellegrin pour coup de poing à la figure de son sergent.

PONT SUR LE RHUMEL

Bien que cela ne concerne pas Guelma il est intéressant de savoir qu'un projet de construction d'un deuxième pont sur le Rummel (Constantine) sera construit, son coût 1 400 000 fr.

TRACHOME
Le journal, " L'écho du soir de Constantine " était en vente à Guelma et annoncait la venue d'un ophtalmologue rendu nécessaire par l'état des indigènes souffrant de trachome.
Le trachome est, avec la prophylaxie du paludisme, une préocupation dominante que l'on rencontre dans notre région.

ANNEE 1901.
Guide touristique
Parmi les questions que la nouvelle municipalité s'était promis de faire aboutir et qui faisait partie de son programme, se trouvait la composition d'un guide de l'étranger à Guelma. Cette idée est rentrée dans la voix d'exécution et l'ouvrage qui sera illustré de nombreuses photographies sera terminé d'ici un ou deux mois environ. Cet ouvrage édité avec le plus grand luxe formera un volume de 40 à 60 pages illustré de plus de 60 photogravures et d'une valeur de 2 francs.
Il comprendra la description de toutes les curiosités de la ville, des villages environnants et des promenades principales. Un certain nombre de pages seront réservées pour les annonces et M Carpaneti s'est chargé de fournir, à ce sujet, aux intéressés tous les renseignements nécessaires. Les personnes qui voudraient connaître la forme et le fond de cette publication trouveront ces détails à l'imprimerie de " l'Union ". Ceux de nos concitoyens qui voudraient s'assurer un certain nombre d'exemplaire feront bien de s'inscrire à l'avance, car l'édition sera vraisemblablement très rapidement enlevée. Les annonces recevront une prime qui les couvrira du montant des souscriptions et qui consiste à un certain nombre de volumes de " Guelma Guide ".

DEPOT D ORDURES
Fureur des guelmois qui s'exaspèrent de constater que le théâtre romain, encore à l'état de ruine, sertt de dépôt d'ordures à tout un quartier de la ville française qui y déposet ses immondices. L'odeur est pestilentielle, des milliers de mouches les occupent surtout en été, et une pétition est lancée auprès du maire, afin d'interdire que cet endroit ne reçoive des déchets et autres pourritures. Et qu'enfin la municipalité interdise ces décharges et désigne un autre site plus à l'extérieur de la ville.

BASILIQUE DE SAINT AUGUSTIN

La basilique Saint Augustin de Bône, si nous en donnons un extrait c'est que des matériaux de notre région ont été utilisés.
Au sommet de la colline, s'élève la basilique dont la construction est due à l'initiative du cardinal de Lavigerie. Le grand prélat avait eu la pensée de relever les gloires religieuses de l'Afrique. Il était tout naturel de commencer par Saint Augustin.
La première pierre fut posée en 1885 et la basilique put s'édifier grâce aux souscriptions venues du monde entier. Les plans furent dressés par Mr l'abbé Pougnet et c'est Mr Jammy, entrepreneur à Bône qui les a exécutés.
L'église est dans le style Romano-Byzantin, est une merveille d'élégance. A remarquer les colonnes monolithes en granit rose de Corse que l'on voit sur le porche et dans l'intérieur. Tous les marbres employés à la construction sont Africain, ce sont des onyx d'Aïn Smara, des marbres gris de Fil Fila, des marbres roses de la Mahouna (Guelma) et des marbres polychromes du Nador (Guelma).

DEUIL
L'Indépendant du Cantal dont nous publions un extrait rend hommage à M Cheymol propriétaire et conseiller municipal de Guelma depuis plus de trente ans décédé à guelma dans sa 88ème année et qui était originaire de Saint Cirgues-de-Malabert.
M Cheymol que les arabes surnommaient El Rachil, (le juste) ne les empécha pas de tuer son fils en 1888.

ANNEE 1902
L'hygiène du marché.
Déjà en 1896 les guelmois exprimaient leur mécontentement sur l'hygiène du marché. En mai 1902, ils réitèrent leur mauvaise humeur, car malgré toutes les précautions prises par la municipalité, les abords de la ville devienne, disent-t-ils, de nouveaux foyers d'infections. Les barrières établies en faisceaux " Guendouls " sur chaque accotement ont été détritus et emportées. Les détritus de toutes sortes, les cadavres d'animaux sont jetés le long des remparts, infectent les maisons environnantes et les rats pullulent.
" Nous croyons qu'il est de notre devoir à l'entrée des chaleurs de signaler sans acrimonie ce fait à notre municipalité et aux services de la voirie. Nous savons bien que l'on ne peut pas contenter tout le monde. Nous signalons également, à qui de droit, que nombreuses sont autour du marché aux légumes, les maisons non munies de fosse d'aisance. Ne pourrait-on pas mettre en demeure les divers propriétaires d'en construire.
(Il est vrai qu'à cette époque vider son seau hygiénique dans la rigole ne devait pas contribuer à l'hygiène d'un marché aux légumes.)
NOUVELLES
Le journal locale titre une information, dite, sensationnelle.
" Il parait, mais sous toute réserve, que 217 indigènes faisant partie d'un douar très important des environs de Guelma auraient adressé à Monsieur le Préfet, une supplique à l'effet d'être autorisés, après les moissons, à quitter en masse leur douar. Afin de se soustraire aux vexations et aux abus criant de leur Cheik. Si cet exode avait lieu, nous pouvons affirmer que se serait la ruine de notre région. Nous ouvrons une enquête à ce sujet et d'ores et déjà nous nous faisons fort de publier les griefs très graves sur lesquels est basée cette supplique. Les autorités supérieures étant saisies nous attendons avec impatience, leur verdict.

CONSCRITS
Mardi dernier, notre charmante et si brillante petite ville était en liesse. Dès le matin les clairons se faisaient entendre. C'était le jour du conseil de révision. Date mémorable pour chacun et qui laisse dans l'esprit un souvenir inoubliable. Nos conscrit tout joyeux, parcouraient les rues de la ville, bannières en tête, bouquets et cocardes à la boutonnière. Un bon point pour leur bonne tenue générale. Le conseil terminé, ils se sont rendus à Héliopolis pour trinquer avec leur camarades de ce charmant village. De retour, ils se sont retrouvés chez le sympathique ami Mifsud, qui leur avait préparé un fin menu, dont sa femme, un véritable Vatel en robe, connaît seule le secret. Durant le repas la plus franche gaieté a régné et aux champagnes les langues se sont déliées chansonnettes, monologues, les uns sérieux les autres moins, ont fait la joie des futurs défenseurs de la patrie. N'oublions pas Laurent Ferro qui leur a offert un apéritif d'honneur. Samedi soir eu lieu une retraite aux flambeaux avec le concours de la clique et de la nouba des tirailleurs. Puis le bal à la hall aux grains offert gratuitement par la classe 1901 s'est terminé vers deux heures du matin. Monsieur Panisse notre maire avait mis tout le matériel nécessaire à la décoration de la salle.

VOLS
Chaque année lorsque arrive la récolte des olives, les propriétaires sont sur le pied de guerre, car les indigènes commettent des vols d'olives. Pour perpétrer ces vols ils n'hésitent pas à briser les branches des oliviers, compromettant ainsi les récoltes des années suivantes. Ces vols exécutés rapidement de nuit, laissent des plaies aux arbres qu'il faut soigner, car les maladies dégraderaient les productions a venir. Ces récoltes d'olives sont revendues à des fabriquant d'huile peu scrupuleux qui les achètent à vil prix. Mais ce n'est pas tout, c'est qu'une autre cause de dépradation existe pour la vente aux charrons comme bois de service des branches et même des troncs d'oliviers sauvages récemment greffés. Les propriétaires dans leur plainte à la gendarmerie émettent le vœux que :
" Tout acheteur d'olives pour faire de l'huile, ainsi que tout acheteur de bois de service en oliviers soit tenu d'avoir un registre sur lequel il devrait inscrire le nom des vendeurs d'après sa carte d'identité. Qu'il exigera que tout consommateur ne se conformant pas à cette prescription soit considéré comme complice pour vol et recel, ainsi que cela se fait dans les grandes villes pour les brocanteurs. Ce genre de plainte reparait pour les fruits, des agrumes non à maturité, encore verts mais ayant un côté rouge, celui exposé au soleil, sont volés de la même façon que les olives. Les arbres en pleine rentabilité sont sciés et emportés de nuit. Ces dégâts répétés chaque été font l'objet de réclamations et les agriculteurs paient des arabes de confiance afin de les alerter dès la moindre présence suspecte. D'autres emploieront des canons gardiens, bourrés de gros sel dont le percuteur relié à un fil de fer se libérait au passage du voleur. L'un des ouvriers indigène manquant à l'appel du matin, un propriétaire alla se rendre compte du motif de son absence. Il le trouva assis dans une cuvette d'eau et dit à son patron " Ya Maâlem (patron) la prochaine fois mets du plomb mais pas du sel ça brûle trop "

LE PROGRES
Titre: La prospérité de Guelma.
Les habitants de Guelma , sauf les rentiers et les riches propriétaires, et ceux qui ont une profession libérale, sont unanimes à déclarer, que les affaires à guelma sont dans un marasme complet, pas d'argent, et pas conséquent pas de travail, de là, il découle que le commerce se meurt et que les prolétaires ont toutes les peines du monde à élever leurs familles. Nous pouvons espérer que cela change, il faudrait pour cela, que M le maire hâte dans toutes les mesures du possible la canalisation d'eau d'Oued Hallia qui pourraient attirer chez nous, une certaine quantité d'ouvrier qui en consommant relanceraient le commerce. De plus notre garnison pourrait augmenter de deux ou trois escadrons de chasseurs. Or, nul n'ignore, que toutes les villes qui sont dotées d'une forte garnison prospèrent. Il faudrait aussi que l'on change les tirailleurs contre des zouaves . Les zouaves qui sont pour la plus part des soldats français font gagner les commerçants chez lesquels ils s'approvisionnent. Il n'en est pas de même des tirailleurs, ils se contentent de boire un kaoua (café), le commerce local n'a donc aucun profit avec eux ".
Devant cette fronde,la municipalité s'adressa à Monsieur le Ministre de la Guerre dont nous ne retenons que les dernières lignes laconiques datées du 19 septembre 1902 et rédigées par le Général André
" Sont compatibles avec les intérêts supérieure de la défense du territoire ":.
Nous sommes heureux, écrit le journaliste, d'entendre le ministre de la guerre tenir un pareil langage. Mais nous ne saurions trop féliciter M le général André d'avoir fait connaître une fois pour toute , que les troupes seraient réparties suivant les " besoins de la défense " et non suivant l'influence de tel ou tel député.

AVIS
Avis de M. le Maire: Une nouvelle loi concernant les élections en ce douze décembre 1902. Cette législation consiste, à faire entrer les électeurs, au moment du dépôt de son vote, dans une chambre spéciale où il placera son bulletin dans une enveloppe cachetée avant de la mettre dans l'urne.
On se demande (à Guelma), si ce procédé sera efficace pour empêcher les fraudes, et surtout la pression officielle. Personne ne croit que le but sera atteint , "on" empêchera peut-être, les électeurs d'être embrigadés et amenés au scrutin comme un troupeau de moutons, ce qui sera aussi dégradant pour les auteurs de ces manœuvres que pour ceux qui s'y prêtent, mais la pression officielle existera encore longtemps, et P.Riols le journaliste, termine par ces mots :
Nous ne sommes pas non plus ennemis de la nouvelle loi dont nous avons parlé plus haut, mais nous estimons qu'elle ne donnera pas tous les fruits qu'on attend et que le temps où les suffrages seront exprimés d'une façon complètement libre sans fraudes ni pression, sont encore bien éloignés. Décidément les guelmois, par l' entremise de la presse contestent tout et réglent leurs comptes. Mais peut-être s'agit-il d'un journal qui marque une opposition tenace aux municipalités successives.

Par contre quelques petites annonces anodines nous apprennent que: Ouverture du cabinet du docteur Jouane le 1 novembre 1902 qui consultera au 29, rue Sadi Carnot de 2 à 4 heures, gratuité le mardi.

Que le 23 mars, l'eau à la fontaine de la rue des Pyramides, ainsi que celle qui se trouve à l'angle de la rue Sadi Carnot et des Lauriers seront supprimées.

UNE INDUSTRIE A CREER
La fabrication de conserves, tant de viandes que de légumes et de fruits mérite d'être signalée aux colons comme aux industriels Algériens. Elle nous paraît aussi de nature à l'attention des capitaux de la métropole qui trouveraient là un emploi plus rémunérateur que dans certaines entreprises exotiques lancées à grands renfort de réclame. des usines pourraient être installées à proximité des principaux marché à bestiaux Maison-Carrée, Le Kroub et Guelma plus particulièrement.
Il trouverait sur place à acheter dans de bonnes conditions, des bœufs, dont la viande donne un rendement normal. Les éleveurs auraient tout intérêt à consentir des prix raisonnables plutôt que de s'exposer à avoir leur bétail fatigué par les longueurs du voyage Algérie-France, vendu à un vil prix.
Ces mêmes usines, après avoir, pendant les mois d'hiver, fabriqués des conserves de viande, auraient un élément de travail assuré pour l'été par la préparation de conserves de fruits et de légumes qui perdent toute valeur, aussitôt passé la saison des primeurs. Le gibier, le poisson, pourrait aussi utilement servir à alimenter ces usines.
Monsieur Mendemain de Guelma pose la question suivante.
Considérant que l'état crée en France des usines pour l'alimentation des troupes, que les boites de conserves fabriquées en France sont envoyées en Algérie. Emet le vœux qu'une conserverie soit encouragée en Algérie.

Guelma grâce a son cheptel, ses fruits, son gibier seraient probablement devenue un centre industriel important. Hélas, est-ce un manque de volonté de nos élus ! nous ne pensons pas, est-ce un manque de capitaux ? nous hésitons à le croire. Mais ce qui est certain, c'est que nous serions devenus de trop sérieux concurrents pour la métropole. Ce vœux ne sera jamais exaucé et notre bétail nous reviendra sous forme de conserves que nous appelions du " singe " ou " Corned-Beef "Tout comme le minerais de fer de l'Ouenza qui nous revenait sous forme de casseroles, notre coton ou notre laine manufacturés en France convertis en vêtements.

Monsieur le rédacteur en chef du journal "le Progrès"
Permettez-moi d'avoir recours à votre estimé journal pour porter à votre connaissance le fait suivant:
Dans la nuit du 20 au 21 juillet dernier, je fus victime d'un vol de quatre bêtes de valeur dont 3 fortes mules et un mulet.
Jusqu'à ces jours derniers j'avais fait toutes les démarches pour les retrouver, et j'étais prêt à croire que toutes mes recherches seraient vaines, lorsque je fus avisé qu'on avait vu mes bêtes à Batna.
Je me rendis aussitôt dans cette ville où j'appris que grâce à l'habilité de M Gabrielli l'adjoint administrateur de la commune mixte d'Aïn El Ksar, en résidence à EL Madhar et du cheikh Bouaziz Mohamed ben Tahar, adjoint indigène du même lieu, deux des meilleurs mulets avaient été reconnus et que quatre indigènes qui les accompagnés ont été incarcérés.
Je ne saurais trop féliciter M Gabrielli de sa sagacité de son énergie en cette occasion. Qu'il me permette de le remercier de tout cœur, en associant à mas remerciements le cheikh Bouaziz .
C'est un devoir pour moi de signaler ce fait, je m'en acquitte avec le plus grand plaisir. Agréez monsieur mes sentiments distingués
Alphonse Arella. Entrepreneur à Guelma.

THEATRE MUNICIPAL Jeudi 23, ont eu lieu les débuts de la troupe Italienne, composée de 42 acteurs sous la direction de M M Chev, G.Lenusky et Checcucci. cette soirée a eu un grand succès. Nous félicitons vivement tous ces artistes qui nous ont charmés pendant la durée du spectacle en interprétant l'opéra de AÏDA.

NECROLOGIE
Mort de M. Antoine Zuretti. Monsieur Zuretti fut un homme probe et honnête et consacra son existence au travail et au bien. D'une bonté exemplaire, d'une charité à inépuisable il secourait toutes les infortunes.
Le gouvernement Italien reconnaissant les nombreux services qu'il avait rendu comme vice-consul à Guelma l'avait nommé il y a plusieurs années Chevalier de la couronne d'Italie, ordre correspondant à notre légion d'honneur.
Arrrivé à Guelma en 1852, à l'age de 17 ans, il débute en travaillant aux fortifications de la ville. Il est aussitôt remarqué par le chef du génie qui lui confie, malgré son jeune âge, la direction de tous les travaux.
C'est là l'origine de sa fortune, acquise par ce travail honnête modeste et tenace.
Conseiller municipal, adjoint au Maire, Président de la Philharmonique, Membre du Bureau de Bienfaisance, il remplit ses mandats publics avec une impeccable conscience.
Zuretti fut avant tout, un vrai? un sincère et sur sa tombe, j'inscris cette simple devise: Il fut un homme de bien.
Maire M.Panisse

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