Siècle de médecine coloniale française en Algérie (1830-1929).
Tremsal, Jean Joseph Marie (Dr), 1929

En 1837, le choléra, poursuit ses ravages. Il atteint Bône, où il emporte 381 personnes, décime toute la province de Constantine. Après 9 années d'accalmie, il apparaît à nouveau, en 1846, dans toute l'Algérie. Aggravant de plus en plus son allure, il donne lieu, en-1848-49-50 à de violentes épidémies.

En 1848, il décime les habitants du cercle de Guelma. L'année suivante, il frappe avec une brutalité extrême : " Jamais l'épidémie n'avait été aussi meurtrière "

Cette année-là, il ajoutait son action à celle des fièvres, " qui avaient et déjà épuisé cette population guelmoise" . On l'observa sur plusieurs points de nos établissements, portant de terribles coups parmi les habitants et la troupe. Ce fléau, est bien plus destructeur que l'ennemi que nous avions devant nous " , dévasté aussi toute la colonie, se montrant particulièrement cruel aussi à Aumale, Arzew, où, d'après Toussaint , il fait disparaître presque toute la population, à Tlemcen, à Orléansville, dans les centres de la Mitidja, et où il a sévi avec une grande et vigueur .
"Ses ravages se continuent en 1850; il détermine à Orléansville une émigration considérable, et, dans la Mitidja.Il fait plus de 300 victimes; on le voit à Bougie, occasionnant 3.000 décès, à Alger (692 morts), à Aumale (46 décès), à Milianah, sévèrement touchée (745 cas), à Ténès, qui perd un seizième de sa population.

On le subit encore à Tlemcen en 1851, à Oran, Sidi-bel-Abbès, Mascara. Ces 3 années sont parmi les plus mauvaises qu'ait traversées l'Algérie : la mortalité générale s'élève à 29.744 décès, les provinces de Constantine et d'Oran étant les plus éprouvées.

La contagion s'étendit jusqu'au Maroc (épidémie de Fez).

. En 1854, presque toutes les localités de la province de Constantine sont en proie au choléra; cela dure jusqu'en 1855, année où Constantine, en 3 mois, enregistre 65 cas, dont 42 mortels.
Il sévit à nouveau avec intensité en 1859-60, spécialement à Alger. Puis, on reste 4 ans sans parler de lui, quand, brusquement, il réapparaît en 1864; alors, jusqu'en 1867, l'Algérie supporte ses ravages. Son retour suivait une série de calamités : les sauterelles, la sécheresse, et leur conséquence, la famine, lui avaient préparé des victimes aussi faciles que nombreuses.
Il dévasta, d'abord, les Tribus de la vallée du Chélif. En 1865, il visitait toute la côte méditerranéenne, Tunis, Alger, l'Italie, Marseille. L'année suivante, il dévaste la ville de Constantine, où éclate et un choléra épidémique dans et tous les rangs de la population " .

En 1867, dans cette même ville, " le choléra, qui depuis 1866, n'avait cessé de frapper à petit bruit, Espacé de çà et de là, se réveilla tout à coup avec fureur, et, de juillet à novembre 1867, entraîna des milliers de victimes "

Autour de Cherche], il avait et fait d'énormes ravages " Il sévissait de même sur les villages indigènes du voisinage de Fort-Napoléon. Les populations voisines de Tizi-Ouzou eurent beaucoup à en souffrir, de même que les Kabyles du cercle de Dra-el-Mizan. A Dellys, les Arabes furent durement frappés; Oran aussi fut éprouvée; bref, dans cette année 1867, le choléra domine toute la scène morbide, dévastant terriblement les populations arabes. Actuellement, la Colonie dispose d'une organisation hospitalière qui témoigne de l'activité des Gouvernements successifs qui y ont consacré leurs efforts. Au total on y compte 38 hôpitaux militaires, 20 hôpitaux civils, 3 hôpitaux indigènes, et 82 hôpitaux auxiliaires, " disséminés à travers le territoire à peu près proportionnellement à la densité de la population au moins européenne ".

Ils se répartissent ainsi :

Hôpitaux militaires. - Division d'Alger : Alger, Blida, Médéa, Miliana, Tizi-Ouzou, Fort-National, Dellys, Orléansville, Cherchell, Ténès, Koléa, Téniet-el-Haâd, Boghar, Aumale, Bou-Saâda.

Division d'Oran : Oran, Mostaganem, Arzew, Tlemcen, Sidi-bel-Abbés, Saïda, Lalla-Marnia, Frenda, Tiaret, Mascara, Nemours

Division de Constantine : Constantine, La Calle, Souk-Ahras, Guelma, Tébessa, Aïn-Beïda, Batna, Biskra, Sétif, Bordj-bou-Arréridj, El-Milia, Djidjelli.

Collectif des Guelmois site Internet GUELMA-FRANCE