Carnet du centenaire- 1830-1930

d'après le journal

LES ECHOS de GUELMA-LA NUMIDIE

en date du 29 décembre 1929.

(extraits)
          Lorsque au mois de juin de 1830 l'amiral de Bourmont débarqua les troupes françaises envoyées par Charles X à sidi Ferruch pour châtier le dey d'Alger, qui dans un mouvement de mauvaise humeur avait frappé notre consul qui lui avait fait des reproches quant aux actes de barbaries de ses corsaires, nul n'aurait cru que 100 plus tard les populations algériennes françaises et arabes fraterniseraient dans un aussi bel ensemble que nous constatons aujourd'hui. De Bourmont débarqua sans savoir ce qu'il l'attendait sur le sol algérien. Il lui a fallu deux jours après, avec ses généraux et sa troupe, faire le siège de Fort Empereur. Alger la blanche se défendait. La valeur des généraux Vallée, Bugeaud, d'Isly, Lamoricière fut mise à l'épreuve. Après maintes guérillas où tout était traîtrise, Alger tomba en notre pouvoir. Mais il ne suffisait pas de prendre ce repaire de bandits pour croire que l Algérie entière était entre nos mains. Il a fallu dès ces moments que des colonnes bien dirigées et bien commandées envahissent les plaines de la Mitidja où le ravitaillement se faisait de plus en plus difficilement. Malgré la ruée de la rage adverse, nos soldats arrivèrent à occuper à la fin de l'année 1830 Boufarik, où l'héroïque soldat Blandin gravera sur le granit le souvenir immortel que nous pouvons constater à l'époque actuelle :

" Soldats défendez-vous jusqu'au dernier "

         Vers la fin de l'année, les colonnes du maréchal Vallée s'attaquaient à la grande Kabylie, ainsi dénommée par les arabes, et aux " portes de fer ". La nation Kabyle très différente des arabes opposèrent une farouche résistance. D'après les historiens, les oueds de ces endroits de batailles sont restés teintés de sang pendant des mois.
Puis ce fut la prise de Constantine, la Cirta des romains où le Rhumel vit encore du sang vermeil des troupes françaises couler pour arriver à ce résultat.

            Dans le département d'Oran les guerriers arabes sous la bannière de l'émir Abdel Kader tinrent longtemps en respect les troupes de Bugeaud. Tlemcen fut un tombeau pour nous, mais poursuivit les troupes de l'émir demandèrent asile au sultan du Maroc. Bugeaud les poursuivit au-delà d'Oudjda et vainquit l'émir à environ 30 kilomètres de la frontière marocaine actuelle.
Pendant plus de 10 ans, cette troupe française de plus de 80.000 hommes se déployèrent sur tout le pays et assura, sans s'arrêter, par sa vaillance, son courage et son endurance à marcher à pieds pendant toutes saisons, la sécurité, tout en s'employant à la construction des pistes, des routes, des ponts inexistant dans le pays.
Châtiant sans arrêt les Turcs prévaricateurs mésestimés des arabes, organisant l'agriculture moribonde et l'hydraulique obsolète de ce nouveau pays. Les soldats de l'armée d'Afrique furent les précurseurs des colons actuels. Malgré les soubresauts ressentis durant l'occupation française, nous sommes heureux de déclarer, qui connaissant notre belle Algérie travaillée sans relâche par des vaillants colons, que seule la race française pouvait s'assimiler au caractère chevaleresque des populations vaincues.

         Parcourant le nord de l'Afrique, vous serez émerveillés de l'application du génie français et de son administration en tout point de vue. Autrefois les Turcs spoliaient les indigènes, aujourd'hui les algériens musulmans trouvent dans nos tribunaux des lois protectrices applicables pour tout ceux qui habitent le pays Ils ont cette maternelle protection que de la mère patrie leur accorde, sans distinction de race ou de religion. En aucun endroit de cette terre la France a refusé l'érection de cultes de prières, les mosquées sont en partie subventionnées ainsi que les synagogues et temples protestants.
Les Algériens toutes ethnies confondues, durant la grande guerre, ont su répondre à l'appel de la mère patrie, et combien d'entre eux dorment dans les champs de bataille de la Marne, de Verdun ou d'ailleurs.

La commémoration du centenaire de 1930 ne doit vexer aucune population indigène car l'installation de la France en ce pays et car le pactole que, bédouins, berbères et arabes leur apportera, ils ne l'avaient jamais connu sous le temps de la régence turc.

Collectif des Guelmois GUELMA FRANCE 2006