C'ÉTAIT IL Y A 20 ANS !

GUELMA fétait son 10 eme anniversaire
1989-1999

GUELMA 89 EST NÉE EN 1989 ET FÊTE SES 10 ANS
D EXISTENCE
EN CE WEEKEND PROLONGÉ DE L'ASCENSION

du 14 mai au 16 mai 1999

LE SPECTACLE QUE NOUS VOUS PROPOSONS

EST GRANDIOSE

- MUSIC- HALL : UNE REVUE INTERNATIONALE FÉERIE de PARIS ANNIMERA
EN PRIME TIME DE LA SOIRÉE

- POUR NOS JEUNES UNE SOIRÉE DISCO " D J " DE GRANDE CLASSE
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- LE THEATRE PIED NOIR (Á NE PAS MANQUER)
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- ORCHESTRE DU CASINO DE CANET PLAGE " COPACABANA GROUPE" ANNIMERA LA SOIRÉE
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- APERITIF MONSTRE ARROSÉ D'UNE SANGRIA SPÉCIALE "GUELMA"

EXPOSITION EXCEPTIONNELLE DE NOS PEINTRES GUELMOIS
MICHEL FARRUGIA-ALINE ZARA-CLAUDE MALLÉA
Bonne journées à tous et merci d'honorer par votre présence cette manifestation qui risque d'être unique dans les annales des rassemblements Guelmois

Yvette Martinez-Borg

Depuis 20 ans, Michel Malery et sa femme promènent strass et paillettes sur toutes les places de France. Cette troupe de 11 personnes peut enorgueillir d'avoir dans ses rangs. l'ancien chorégraphe du "Paradis . Latin" et des danseuses issues des grandes écoles.
Michel ne cherche pas à rivaliser les grands cabarets de la capitale
"Nous sommes des itinérants et, par définition, nous n'avons pas les mêmes moyens techniques et devons nous adapter tous les soirs, mais nous essayons de faire du bon spectacle traditionnel "parisien ".
Pour cette première à Leucate, ce sont pas les quelque 400 spectateurs, de l'association des Guelmois présidée par madame Yvette Martinez-Borg, présents qui viendront le contredire.

A 21 h 30, la meneuse de revue, et épouse de Michel, lance : J'espère que vous allez passer une très, très bonne soirée ", le public confiant, le spectacle peut commencer.
Pendant près de deux heures, danseurs et danseuses vont se succéder devant un parterre de gens appréciant non seulement le talent de ces artistes mais aussi, il faut l'avouer, leur sculpturale plastique. Plumes d'autruche, strings, paillettes, boas et autres coiffures surdimensionnées, sont les principales composantes de plusieurs tableaux enchaînés avec beaucoup d'énergie par toute la troupe.

Nous passons tour à tour par un air de valse "Nini la musclée" , le traditionnel "Cancan", mais également des rythmes disco dont la chorégraphie a été adaptée pour la circonstance.
Un tango fait chavirer l'assistance, les danseurs très expressifs sont étonnants d'aisance, un couple s'enlace puis se renverse.
La soirée est entrecoupée de chansons plus "variété", Michel offre notamment un medley des plus grands succès de Mike Brant "Rien qu'une larme dans tes yeux; Dis-lui ; Dans la lumière et C'est ma prière" que le public Guelmois reprend en cœur pour la séquence "émotion".

Vers 23 h 30, après un final très applaudi, notre meneuse de revue est rassurée, la magie a bien fonctionné et "Féerie de Paris", oh la la la, c'est magnifique.
( Compte rendu du journal l'Indépendant du 14.08.1997)


Dès l'accueil le ton était donné, une montagne de gâteaux du pays (plus de 1000 pièces) préparées avec amour par la présidente Yvette Martinez-Borg ( Makrouds, R'fis, Bradjes, Cornes de Gazelles) étaient offerts à un public de connaisseurs. Il ne manquait rien, tout avait été prévu, depuis le médecin Michel Martinez ( qui interviendra deux fois) jusqu'à la "Cuvée Spéciale Anniversaire " les 10 ans de Guelma " " A.O.C du Roussillon honorait les festivités.
Une indescriptible atmosphère de joies, d'étonnements, d'émotions, de larmes, de félicitations attisa pendant 48 heures le village de Port Leucate .... pour que vive longtemps encore dans les cœurs la ville de Guelma dans ce livre longtemps attendu : "Il était une fois..Guelma"

NOS PHOTOS
Extraites d'un film de Michel Berna

VOS COURRIERS

S'il fallait, d'un mot, caractériser le rassemblement de mai 1999 à Port Leucate, je dirais sans hésiter, qu'il fut exceptionnel.
-Exceptionnel par ses objectifs : célébrer avec éclat le dixième anniversaire de "GUELMA 89". Une décennie déjà !! -d'existence et d'action productive, unanimement reconnue, appréciée.
-Exceptionnel par sa durée : trois jours, pour la première fois, du vendredi 14 au dimanche 16 mai 1999.
-Exceptionnel par le nombre record de participants, adhérents ou invités, venus parfois de très loin : 400 personnes au total, soit une progression de plus de 74 % par rapport à 1998.
-Exceptionnel par la qualité de l'organisation, malgré les difficultés de dernière heure : afflux de demandes ; réduction de la capacité d'hébergement de la résidence "Rives des Corbières" par sa direction, soudainement confrontée à l'accueil de réfugiés Kosovars ; renforcement des équipes d'intendance nécessité par un programme plus étoffé; incertitudes quant à certaines échéances: la sortie de notre livre Il était une fois ..Guelma, par exemple.

Que les responsables aient pu, jusqu'au bout, résoudre les problèmes posés, sans jamais perdre leur sourire ou leur gentillesse habituelle, relève de la gageure et concrétise la valeur de leur dévouement.
-Exceptionnel par la richesse de la programmation qui a proposé davantage d'animations de grande classe, sans nuire aux échanges interpersonnels spectacles nationaux, expositions diverses, loteries richement dotées, stand de vins avec sa "cuvée anniversaire".
-Exceptionnel par la sortie du livre "Il était une fois ...GUELMA" Cette œuvre imposante de 656 pages est le fruit d'années de recherches passionnantes mais difficiles, menées par quelques uns des nôtres qui méritent amplement nos remerciements et notre reconnaissance.
LES TEMPS FORTS. DU RASSEMBLEMENT
VENDREDI 14 MAI:
-L'accueil chaleureux des organisateurs et de la direction du centre, suivi des retrouvailles habituelles mais toujours émouvantes et sans cesse renouvelées.
-L'exposition permanente de peintures et sculptures. Les œuvres de Danièle Bonnet-Garnier, Aline Zara, Michel Farrugia et Claude Malléa témoignent d'une sensibilité et d'un talent certains. Elles font honneur à notre communauté.
-L'exposition photos, véritables documents, elles ont permis de suivre concrètement l'évolution de notre ville de Guelma, mais aussi de retrouver des images parfois ternies par le temps.
-La remise du livre "Il était une fois ...Guelma"dépositaire de notre mémoire collective et de notre passé pour l'émotion intense qu'il a suscitée même si quelques erreurs ont pu se glisser.
-Le spectacle de music-hall. Malgré l'exiguïté relative de la scène, la troupe de Leslie et Michel Malery a, pendant deux heures, donné toute la mesure de son talent. La plastique sculpturale des danseuses vêtues de strings plumes et paillettes de même que la classe des danseurs ont été unanimement appréciés dans des ballets enlevés, sans temps morts, dignes des plus grandes revues parisiennes. A signaler la prestation remarquable du sosie de Mike Brant, Dalida et Mireille Mathieu.
-Le bal Disco organisé et animé pour les jeunes.

SAMEDI 15 MAI:

- Le rassemblement à 11 heures autour de l'olivier symbolique. L'allocution de notre ami Christian Cautrès, modèle d'objectivité, de tolérance et d'esprit d'ouverture, a su émouvoir l'assistance. Puisse-t-elle contribuer à chasser les clichés qui font du Pied-Noir un réactionnaire insensible, uniquement tourné vers le passé.
-"N'oublie pas la cabassette". Cette série de sketches présentée à 16 heures par le théâtre Pied-Noir de Narbonne, a restitué la vie quotidienne, l'esprit et l'humour de là-bas, mêlant la plus franche gaieté, la tendresse et l'émotion. L'entrée en matière donne bien le ton avec "la Réclame" ; les poèmes rappellent que la culture n'était " pas une fiction chez nous '. Une chance d'avoir pu replonger dans ce bain avant qu'il disparaisse faute de vrais mainteneurs.
-L'apéritif-kémia de 18 heures et ses moules marinières, modèle de convivialité et de gastronomie.
-Le grand bal animé dès 22 heures par l'orchestre du casino de Canet-Plage en Roussillon. Une grande réussite.
Dommage que le champagne ait été trop vite épuisé.

DIMANCHE 16 MAI:

-La réunion d'information ouverte à 10 heures 30 par la présidente Yvette Martinez-Borg, toujours aussi concise, ce qui est une qualité. Des bonnes nouvelles comme l'état florissant des finances de l'association présenté par Gilles Marti nez. De moins bonnes aussi, comme celles données par Jacky Italiana qui annonce l'intention irrévocable de l'équipe actuelle, de passer le relais après une décennie d'efforts incessants. Le silence lourd qui a suivi, en dit long sur les craintes pour l'avenir, même si le bureau s'engage à aider les remplaçants éventuels. Les applaudissements vibrants de la fin,témoignent quant à eux des remerciements et de la reconnaissance de tous pour la qualité du travail accompli; pour avoir permis à "GUELMA 89" de cultiver la fierté du passé sans jamais occulter le regard sur l'avenir ; pour avoir rassemblé sans exclure ; pour avoir maintenu vivants des liens qui nous unissent à notre passé commun et d'autres que nous avions déjà tissés entre nous là-bas, il y a longtemps et qui se sont renforcés ici, au fil des rassemblements.
Que puis-je ajouter sinon qu'aucun compte-rendu ne pourra jamais traduire le climat d'amitié et d'affection de ces journées; que les repas comme les apéritifs ont été excellents ; que le service du personnel de l'établissement a été parfait. En somme, tous les ingrédients qui ont fait de ce rassemblement un grand moment de l'histoire de "GUELMA 89" et qui ont confirmé que ses dirigeants sont grands.
Roger LAURO

14 - 15 - 16 mai ; trois dates précieuses dans le cœur des Guelmois, puisqu'elles permirent de fêter le 10 ème anniversaire de "GUELMA 89".
Dès 14 heures, vendredi, les premiers participants se présentent à la résidence "Les rives des Corbières" devenue pour chacun un endroit familier, symbole de retrouvailles.
A l'accueil, Yvette Martinez, la présidente, toujours aussi souriante, nous souhaite la bienvenue, tout en nous donnant les ultimes précisions et en nous offrant des gâteaux de " chez nous ".

Après avoir pris possession des bungalows, profitant du temps libre, certains admirent les œuvres de nos talentueux artistes : Danielle Garnier-Bonnet, Aline Zara, Claude Malléa, Michel Farrugia ainsi que l'exposition de photos. D'autres se pressent au stand "des grands vins Cuvée Anniversaire" et, pour notre plus grand bonheur, le livre mémoire "Il était une fois ... Guelma" est disponible au stand "souvenirs". Le contrat est bien rempli, bravo !!

A 22 heures, la grande revue du music hall de Leslie et Michel Malery nous présente son nouveau show "C'est magnifique". Sous un déluge de plumes, de strass, de paillettes, danseuses et danseurs évoluent, enchaînant plusieurs tableaux sous les applaudissements frénétiques de l'assistance. A leur tour, Leslie et Michel Malery nous enchantent par leurs voix mélodieuses, profondes et sensuelles. Enfin, un bal disco permet aux jeunes et aux moins jeunes de clore cette première journée.

Samedi 15 mai, à 11 heures, au pied de l'olivier où nous sommes réunis, Christian Cautrès prend la parole. Son discours sincère et émouvant nous bouleverse ; aussi, chacun l'écoute dans un silence quasi religieux.
A 16 heures, le théâtre pied-noir de Narbonne présente avec humour "N'oublie pas la cabasette" série de sketches inspirés de notre folklore. L'assistance complice entre dans le jeu et participe vivement aux répliques et mimes.

Le temps clément, nous permet, ensuit installer autour des tables disposées à l'extérieur déguster, à l'heure de l'apéritif, une mouclade par tous.
Pour terminer cette seconde journée, un animé par l'orchestre "Le Copacabana's Group's permet de danser jusqu'à l'aube sur des rythmes pour notre plaisir. Dimanche à 11 heures, le comité nous convie à une réunion d'information. Nous apprenons alors certains membres du bureau (dont Jacky Italiana qui se qualifie d'élément usé mais qui 20 ans après se retrouve comme par hasard et après de nombreuses démissions dans un des bureau de l'association ????) désirent être remplacés (ce n'était bien entendu qu'un air de pipeau). Ils assument depuis de nombreuses années de lourdes et responsabilités. Bien que nous comprenions leur point de vue, nous espérons vivement qu'ils reviennent décision, afin que "GUELMA 89" puisse continuer à exister.

La tombola est tirée dans l'après-midi par une main innocente. Les lots variés, dont certains de grandes valeurs font de nombreux heureux. Nous avons également, la possibilité d'acheter de la pâtisserie orientale (maison) qui attire bien des gourmands. Les festivités se terminent ainsi sur cette note de miel. Puis, les voitures s'éloignent une à une emportant vers des horizons divers, des passagers au coeur gros mais rempli d'espoir pour une prochaine rencontre.
Merci à Yvette Martinez la présidente, à tous les organisateurs, pour ce week-end mémorable. Nous présumons qu'il a fallu des mois de démarches mettre sur pied ce rassemblement si réussi. Quant à nous seul nous incombait de savourer la joie d'être ensemble et les plaisirs procurés par les différents spectacles.
Paul ZURETTI


LE DISCOURS AU PIED DE L'OLIVIER
par Christian CAUTRES

Comme l'an passé, nous sommes aujourd'hui, autour de notre olivier pour vivre en la virtuelle présence de ceux qui désormais sont à absents ...

Au cours des 40 années ou presque qui écoulées, depuis notre retour en France, beaucoup hélas passés dans l'ombre froide de l'éternité, tandis que des enfants naissaient, ici et là, dans nos endeuillés, y apportant cette vie et cette joie toujours renaissantes ...

Mais, combien parmi ces disparus, nombreux ceux et celles qui jalonnèrent et enrichirent nos existences ? Nous leur devons l'essentiel de ce que nous savons en matière d'intelligence, de rectitude morale, de devoir accompli et de fidélité dans l'engagement, car ils furent et demeurèrent jusqu'à leur dernier souffle, des hommes et des femmes de fidélité :

- Fidélité à Guelma qu'ils bâtirent et firent prospérer;
- Fidélité à l'Algérie dont ils vécurent la perte, comme un désastre de l'âme;
- Fidélité à la France, devenue insensiblement, pour eux, un être spirituel... d'où l'amour qu'elle leur inspira et qui explique en partie leur attachement à l'Algérie française à laquelle ils avaient adhéré davantage par sentiments affectifs que par convictions politiques ...

Certes, de par leurs origines, de par leurs croyances et de par leurs idées, ils étaient différents les uns des autres.

Néanmoins, ils vécurent ensemble, à Guelma, pas implicitement dans une parfaite harmonie mais toujours dans une solidarité fraternitaire qui n'obéissait à aucune institution et à aucune règle, parce que cela faisait partie de leurs habitudes de vie terrienne ou de leurs croyances religieuses.

Mais, ensemble, ils connurent aussi des périodes dramatiques dont celle de la 2ème guerre mondiale, au cours de laquelle la France subira une tragique défaite qui causera le naufrage de ses valeurs démocratiques et de ses libertés fondamentales.

Et c'est par respect au sens même de ces valeurs et de ces libertés qu'après la victoire de 1945 la France s'interrogera sur le maintien de sa vocation coloniale.

D'où l'ambiguïté des guerres d'Indochine et d'Algérie qui créèrent 2 logiques nationales antagonistes ...

Durant de nombreuses années, elles s'affrontèrent sans concession... Et même encore aujourd'hui, cette opposition suscite de part et d'autres des prises de positions autant obsolètes qu'inintelligentes.

Personnellement, il nous est difficile d'admettre un tel état d'esprit tant dans sa durée que dans sa conception simpliste et restrictive; car d'évidence, toute morale, toute idée, tout courant de pensée, doit faire du passé un tremplin et non une prison... Et puis, depuis 40 ans les choses de ce monde ont été assez bouleversées et changées pour que l'on puisse - sans pour autant approuver un système de pensée - admettre ce en quoi il peut nous enrichir ou ce en quoi il peut nous rapprocher.

C'est pourquoi, au sein de "GUELMA 89" la diversité des opinions, doit être considérée comme un bien qu'il faut souhaiter plutôt que comme un mal qu'il faut tolérer.

Mais revenons à notre sujet. ..

Considérée comme un affrontement idéologique, la guerre 39-45 ne pouvait que sonner le glas de la vocation coloniale française qu'avait éveillée la défaite de la guerre de 1870.

En effet, humiliée par cette déroute qui l'a reléguée à un rang qui n'était pas le sien, la France alla chercher sur des continents déserts ou endormis, une issue à ses énergies et une revanche à son malheur.

Ainsi, nos parents et grands-parents grandirent et vécurent dans une "union française" qui s'était déployée des rives de la Méditerranée aux bords de la mer de Chine.

Et tout naturellement, en Algérie comme à Guelma, ils se sentirent solidaires et proches de ces grands chefs militaires, de ces grands administrateurs, de ces grands ingénieurs, de ces grands médecins, de ces grands missionnaires, qui écrivirent - pour la France - une glorieuse histoire, laquelle fut aussi, quelque part, une partie de l'histoire de l'Algérie et de celle de Guelma.

Cette Algérie là et ce Guelma là. . . tous les contemplent, aujourd'hui, d'un regard attendri et ému comme un album de photographies familiales empli de grands-pères et de grands-oncles moustachus ou barbus, ou d'autres, coiffés de chapeaux mous à larges bords, de grands-mères et de grands-tantes corsetées à l'extrême, fesses et poitrines rebondies, ou d'autres, en robes courtes peignées à la garçonne, d'automobilistes conquérants portant la casquette à la Roland Garros, de chasseurs triomphants à l'image de ceux du film "La gloire de mon père" et de footballeurs alignés martiallement sur 2 rangs, bombant le torse, telle une basse-cour de pigeons mâles.

Toutefois, si nous admettons que cette glorieuse histoire soit close aujourd'hui, nous nous étonnons que l'on veuille nous en faire honte, car si elle fut impure comme toute l'histoire, elle ne le fut pas plus que celle des autres empires et des autres nations ...

D'ailleurs, routes, voies ferrées, hôpitaux, écoles, installations portuaires et sportives prouvèrent le travail et le courage de ces bâtisseurs, à un point tel, qu'après la défaite de 1940, alors que les pays que la France avait annexés auraient pu facilement se ~égager de sa tutelle ; contre toute attente, ils se pressèrent autour de son drapeau ...

Mais c'est surtout à ses territoires d'A.F.N. que la France demandera les efforts les plus considérables d'où naîtra la glorieuse "Armée d'Afrique" berceau de la valeureuse 1ère armée française qui débarqua le 15 août 1944, en Provence, pour libérer la "Mère Patrie".

Dette énorme de la France à l'égard des pays du Maghreb et surtout de l'Algérie et de ses fils, mobilisés en masse de 19 à 45 ans ...

Mais dit-on, il est des services qui ne peuvent être payés que par l'ingratitude.

Le cas se présentera lors de l'ultime retour, quand sur les quais de départ et d'arrivée : femmes et enfants, personnes âgées et moins âgées - avec dans les yeux la désespérance du dernier regard ou le profond désarroi de celui de l'enfant perdu - attendirent, en vain, ce qui aurait du être la présence et l'accueil de cette "Mère Patrie".

Oui ! durant ces jours de profonde détresse : la France fut absente... douloureusement absente... coupablement absente ...
Déçus, devant tant d'incompréhension beaucoup se réfugièrent alors dans le silence car il est difficile de se faire entendre ou de se faire comprendre quand on a eu tort aux yeux d'historiens talentueux quoique impatients, mais peut être pas au regard de l'histoire qui demande un temps de réflexion plus approfondi, plus objectif.

Alors encouragés par ce retrait d'authentiques témoins des apostilles en marge de "l'entière vérité" s'appliquèrent à occulter ce qui avait été réalisé de "bien" pour se limiter au "moins bien", si ce n'est au plus mauvais ...

Et puis ... ! Mais après 27 ans d'attente, naîtra "GUELMA 89" qui dira et écrira sur Guelma ce qui n'avait jamais été dit ou écrit ...

Le livre "Il était une fois ... GUELMA" n'a pas d'autre objectif que celui-là, tout en se voulant, malgré tout une réponse modeste mais une réponse tout de même à ces apostilles propres "au tricheurs de l'histoire" et aux "histrions de la politique" qui depuis fort longtemps font entendre leurs jactances de pontifes ou leurs chuchotements de faux dévots, dans ce foirail de la désinformation, de l'hypocrisie et de la calomnie dont les événements d'Algérie sont la source. Néanmoins cet ouvrage n'a pas été écrit pour satisfaire un quelconque esprit de revanche... il a été rédigé pour mieux faire découvrir GUELMA aux jeunes générations qui ne l'ont pas connue et pour mieux alimenter la mémoire des anciens qui l'ont un peu oubliée.

Et puis, il se veut être un hommage discret mais pressant à tous ceux qui bâtirent et développèrent GUELMA, et puis, enfin ! il suffisait. .. oui, il suffisait que notre vie en Algérie soit racontée, filmée, écrite, jugée par des maladroits qui se font juges de l'adresse, par des perfides qui se déguisent en vertueux et par des diseurs de rien qui encombrent la plupart des tribunes de l'information.

Oui ! il fallait une pause à tout cela ... Il fallait que la vérité se vêtit d'habits plus discrets et plus sobres, car nous avons assez de ces idées reçues qui font d'une forme de pensée, l'héritière des lumières et de la révolution et d'une autre, l'héritière du nationalisme et du conservatisme ... car la vérité n'est pas de dire "ce qui est mal" ou "ce qui est bien" ; la vérité est de dire "tout ce qui est mal" et "tout ce qui est bien".

C'est cette ligne directrice qu'ont essayée de tenir depuis 10 ans les dirigeants de "GUELMA 89" ; n'étant habités - comme toutes les âmes vigoureuses et généreuses que d'une ambition : "Celle de servir" et non "de se servir".

Et, si cette dernière ne leur a pas fait défaut, c'est qu'il fallait - à tout prix - que Guelma, suivant le mot de Balzac, "ne demeure pas engloutie dans les eaux profondes de l'oubli".

Oui ! Si Néron a laissé le souvenir d'un tyran sanguinaire et d'un histrion, il n'a pas effacé pour autant la grandeur de Rome... Et si le colonialisme laisse le souvenir d'une aberration politique et sociale, il n'occulte pas, également, l'oeuvre de la France, c'est-à-dire des "Pieds-Noirs" en Algérie.
Le vent de l'histoire qui balaye tout, sauf l'essentiel, lui rendra un jour cette justice ...
En attendant que cela soit, terminons par une pensée émue à l'adresse de nos chers disparus.

"Autour de l'olivier, cher à nos disparus, gardons les en mémoire et par notre prière, qu'ils puissent reposer hors des plis de leur terre, qu'ils ont beaucoup aimée et qui les a perdus ...

Partageons ce chagrin immense de nos pères, qui firent de cet amour leur plus grande misère, et, pour qu'ils ne meurent pas une seconde fois, l'olivier de Leucate est l'écho de leur voix ... "

Collectif des Guelmois site Internet GUELMA-FRANCE