IVROGNERIE.. OU TRISTE HISTOIRE D'ALCÔVE ?

     A présent que le temps a passé et qu'il y a prescription, j'ai toute la sérénité pour raconter aujourd'hui cette histoire. Ce n'est pas le temps qui pèse le plus, mais tout ce qui n'a pas été dit et ce qui a été dissimulé.

       Je ne savais pas qu'une mémoire remplie de silence pouvait devenir un fardeau rendant la pensée difficile. J'ai mis du temps pour venir jusqu'à vous. Tout est simple à condition de ne pas se détourner de la vérité. Cette histoire aurait pu devenir tragédie !!!!.

       Aujourd'hui il est frappé d'amnésie et ceux qui l'ont suivi perdront leur âme. Car un menteur, pour se faire valoriser, ne peut que CONTINUER à mentir.

       J'ai tenu à rétablir les faits et à vous livrer le secret gardé sous la pierre noire de la mémoire.

       C'était un samedi de retrouvailles Guelmoises, ce jour béni des Dieux où tout le monde se retrouve en fête.

       Pourtant certains n'étaient plus sous le charme, ils doutaient, parce qu'ils n'aimaient pas les propos rapportés par un homme qui avec le temps perdrait la mémoire mais pas son imagination.

       Il était venu confier, l'œil brillant, les lèvres assoiffées et la voix hésitante ponctuée de " Cooo..mment " affirmatifs, de phrases inachevées, qu'étant " caché " derrière un panneau d'exposition photos, il avait entendu une femme habillée d'un tailleur rouge, dire en parlant des responsables " ils s'en mettent plein les poches".

       Comment interroger habilement cet homme de vent et de sable dont le liant était l'alcool, accroché à sa cigarette, ses yeux bleux fixant avec obsession le vide et qui se dandinait comme une oie afin de se donner plus de sûreté et de sincérité.

       Que de fois lui avons-nous demandé :

       Es-tu certain de ce que tu avances ? ce sont des graves accusations !

       Oui ! hé comment cooomment ! heu heu heu !!!je suis affirmatif, j'ai bien entendu !je l'ai bien vue...heu heu !

       Te rends-tu compte que nous ne pouvons taire de telles accusations ? .

       Notre pression psychologique, et le doute que nous manifestions commençait à faire des trous dans sa mémoire, ses assertions se diluaient dans les brumes des anisettes avalées au bar. Puis pour ne pas ruiner son histoire, s'efforçait de donner encore plus de détails. Elle était devant moi, je l'ai bien vue...elle disait ça à son entourage, sans se cacher...

       Très bien, lui avons-nous proposé, nous allons nous promener dans la foule des Guelmois et lorsque tu verras cette personne tu nous la désigneras, es-tu d'accord ?

       Et co.o.omment heu heu ! que je suis d'accord ! moi, quand j'étais président d'un club bouliste, j'ai eu affaire avec ce genre d'imbéciles et croyez-moi...... ils ont pris la porte .....

       Ce n'était plus une " bonne " blague et l'homme découvrait que ses assertions pouvaient lui nuire. Sa certitude se fissurait, mais il tenait bon, il cherchait en vain un appui du regard mais nous ne l'écoutions plus. Confiné dans les brumes de son paradis d'alcool à 45 ° il s'enferait dans son mensonge.Nous ne l'avions jamais prit au sérieux et qu'il était là dans notre bureau pour vider les poubelles. Il renchérissait ses affirmations pour tenter de s'affimer en s'enfonçant de plus en plus dans ses assertions mensongères.

       Dimanche matin était le jour de l'assemblée générale, à la tribune le trésorier de l'association Gilles Martinez, trés "remonté" s'ouvrit de cette réflexion désobligeante aux Guelmois médusés. Il alla même devant toute l'assemblée surprise qu'il était prêt à donner sa démission, et d'expliquer qu'une guelmoise avait tenu des propose désobligeant à l'égard des membres du bureau en disant " que nous en mettions plein les poches".(1)

       Nous avions intallé le personnage en vigie en haut de l'estrade et il scrutait, pauvre fantome, la salle,

       Régnait un silence gênant que l'assemblée percevait, quant à nous, nos regards ne lâchaient pas notre homme qui devait désigner nommément la calomniatrice.

     La fin de la réunion n'apporta pas de réponse positive, mais notre homme fumait cigarettes sur cigarettes affichant une nervosité accusatrice.

     Notre détermination à découvrir la "médisante" rendait le témoin nerveux, brusquement il se souvenait mal " il ne connaissait pas tous les Guelmois "...
"sa mémoire visuelle lui faisait défaut", il avait des trous de mémoire; nerveux et hésitant devant les guelmois qui défilaient devant lui. Brusquement, il désigna dans un groupe une Guelmoise..

- C'est elle, c'est cette femme! coomment, Y a pas de doute heu heu !, celle au chemisier bleu !.

- En es-tu certain ?

- Coo oo mment ? (2) absolument, elle a changé de vêtements, elle n'est plus en rouge, mais c'est elle, je la reconnais formellement.

       La surprise fut grande et notre suspicion s'accrue, car nous connaissions bien la personne désignée, elle était la cousine d'un membre du bureau qui enquêtait avec nous.

     - Bon, hé bien ! nous allons lui demander de répéter ses accusations devant les Guelmois

     Le témoin est maintenant nerveux, il s'agite, sourit (²) béatement pour se donner une contenance, en vérité c'est le rictus des faibles, des personnes prises en faute, tire sur son mégot et traîne derrière nous, il ne s'attendait pas à une confrontation ouverte et notre obstination.

       Nous rejoignons la Guelmoise en question, qui en nous apercevant, se précipite vers nous en s'exclamant les bras ouverts :

- Bonjour cousin!, ah ! que je suis heureuse ! je viens juste d'arriver et suis contente de vous retrouver ; dire que j'ai failli ne pas venir! est-il trop tard pour se faire inscrire ?

- Ah bon! tu arrives maintenant ?, tu n'étais donc pas présente hier samedi ?

- Hé que non ! je ne m'étais pas inscrite pour le samedi à cause de mon mari qui ne peut plus conduire, j'ai profité de la voiture d'amis et me voilà. Mais que vous arrive-t-il vous faites une drôle de tête, vous n'allez pas bien ?

       Entre temps, notre falot avait disparu.

       C'est alors qu'intriguée par nos déplacements que nous pensions discrets, une jeune femme du village d'Héliopolis s'avança :

        - Je vous prie de m'excuser, mais j'ai entendu par hasard vos conversations. Vous n'allez pas prendre au sérieux les dires de " M ". C'est un affabulateur, personne n'a porté d'accusations à votre encontre. Il se trouvait bien, hier, derrière le panneau auquel, d'ailleurs, il s'accrochait, et pour cause ; il était saturé d'anisettes. Il m'a même fait une cour pressante et désobligeante ....…j'ai dû le menacer d'aller trouver sa femme et d'appeler mon mari. C'est alors qu'il est sorti de la salle, et a filé en direction du bar…

       Mais le secret fut poreux, des parents affolés larmoyants et la glotte vibrante vinrent plaider la cause de ce "soukrane", (ivrogne en arabe) les mots tombèrent comme des gouttes d'acides....ils expliquèrent que le couple fut un temps en rupture, ils s'étaient séparés, l'homme avait eu une maîtresse et avait mis des kilomètres entre eux. Elle était venue le rejoindre pour tenter de reprendre la vie commune, nous vous en prions ne divulguez pas cette affaire et son ivrognerie cela serait une fois encore la désunion assurée

       Que devions-nous faire ? la situation de cet homme étant précaire car au chomâge depuis de nombreuses années.

       Le bureau, moins deux membres, en urgence fut réuni, il vota à l'unanimité l'exclusion de l'association du "mythomane". Cependant sur l'insistance de la présidente Yvette Martinez, l'affaire fut dissimulée.

       Voilà, le voile est entrebâillé, vous connaissez la vérité qui est parfois plus destructive que le mensonge, et ceux qui ont assisté à cette " représentation ", s'en souviennent toujours, mais je ne vous dirais pas de qui il s'agit ! à moins que....

(1) Nombreux furent les Guelmois qui vinrent nous trouver désireux de connaître le nom du personnage pour lui foute une "debza" et pour lui faire une tête comme une pastèque"
(2) T.O.C (Troubles Obsessionnels du Comportement)

Elle s'appelait "Cha-ma "Low" (1)"

Elle cultive un domaine stérile
Où les semences de son esprit,
Ne donnent ni de fleurs ni de fruits
Qui ne tirent leur suc de la nature humaine,
Naguère, en un cercle savant,
Elle qui chante les louanges
De ses amis stupides
Qui marche sans idées,
Sans mémoire et sans vent,
S'accroche comme un morpion
A une vie sans joie

Poême de Madame Laplouk

(1) Gomme molle
"low dog" traduction en français "bas", un chien qui a la queue basse"

M.TCHOPA

La femme de Tchopa entend un jour un grand bruit dans le salon où vient de rentrer son mari. Elle s'y précipite pour voir ce qui se passe :
Ce n'est rien, dit Tchopa, s'est juste mon manteau qui est tombé par terre...
Mais comment ton manteau peut-il faire un tel bruit ?
Et bien, c'est simplement qu'à ce moment là je le portais !


On lui donnait plusieurs sobriquets aussi ridicules les uns que les autres mais qui collaient fortement au personnage.
Au début c'était "Barissa", prénom donné par les tirailleurs algériens à leurs filles en souvenir de Paris, car elle est née en région parisienne dans un HLM d'une banlieue rouge fortement anti pieds-noirs.
Elle en a épousé un supposé être rentré chargé de valises pleines d'or. La nature ne l'a pas gâtée. Basse sur pattes, le fessier sur les mollets velus, souvent vêtue de noir afin de cacher ses formes, mal attifée des jupes trop serrées qui, lorsqu'elle est assise, laissent entre voir une culotte jaunâtre.
Elle marche droite en trainassant ses chaussures. Bien que jeune encore sa face est vieillotte, glabre ornée d'un énorme nez en boule d'où surgissent des touffes de poils par ses naseaux ouverts.
Sa figure est glabre et fraîche comme une première gelée d'automne, des petits yeux ridés sans expressions passent du sourire triste à l'amère déception.
Enfin toute sa personne explique sa laideur, son casque chevelu masculin renforce sa silhouette insipide. Elle ressemble à un rat d'église.
Son homme n'étant, et depuis bien longtemps plus attiré par elle, se refuse à l'acte d'amour aussi l'appelle-t-elle par dépit " Chamalow " et lui la siffle au nom de " Bermuda " car elle affectionne ce vêtement qui masque ses jambes poilues.
Amen

Collectif des Guelmois site Internet GUELMA -FRANCE