En souvenir du passé
Rassemblememt Guelmois : juin 1997

             Maxime GORKI a écrit dans son livre " Les Bas fonds " : " Les carosses du passé ne nous conduisent nulle part... ".
Personnellement, je m'inscris en faux face à cette affirmation ; sauf à vivre une illusion ! ... car, avec mon épouse. les " carosses " en question nous ont conduits, aujourd'hui, à Port Leucate où a lieu le rassemblement annuel des Guelmois et, soyez en certains... nous nous réjouissons d'une telle initiative...  

             A cet effet, je tiens à remercier, très chaleureusement, l'équipe dirigeante actuelle pour l'action absolument remarquable qu 'elle mène à l'égard d'un " devoir de mémoire " qui nous concerne tous... Aussi, vu le nombre important de participants à ce " week-end Guelmois ", je peux vous assurer que mieux que d'avoir été écoutée, cette équipe a été parfaitement entendue... y compris et surtout, par moi-même...

             Pour bien connaître le secteur associatif, je peux dire. sans grand risque d'erreur, que lorsque l'on suscite des enthousiasmes de la manière qu 'elle le fait, on déclenche, à coup sûr, des soutiens de toutes parts, faisant que la vie associative qui en résulte est plus totalisante que totalitaire. plus participative que repliée sur elle-même, plus conforme aux valeurs qui fondent ses actions qu 'à celles qui les contrarient...

             Cela étant, les uns et les autres, avec une réelle complicité - dont on a dit que lorsqu 'elle cessait l'amitié s'évanouissait - nous allons pendant deux jours rêver... oui '.... nous allons rêver ensemble que notre jeunesse nous est rendue...Alors .... inévitablement des images, depuis fort longtemps oubliées vont ressurgir à nos esprits et à nos cœurs attentifs...Le film, plutôt les deux films que vous allez voir, transférés sur cassette vidéo, comportent - je préfère vous le dire à l'avance - de nombreuses imperfections techniques -mais, n 'oublions pas au 'il y a plus de 40 ans, les caméras 8 mm d'amateurs commençaient à peine à faire leur apparition sur le marché de l'audiovisuel.Pesantes, peu maniables, elles étaient équipées d'un moteur mû par un ressort que l'on remontait à la main... Et, seules quelques unes parmi les plus élaborées, possédaient un ralenti et un zoom Celle qui a servi a réaliser ces deux films est dans ce cas. c 'est une Paillard et l'opérateur n 'est autre que Gaston Fiorini qui, à l'époque, possédait l'une des rares, si ce n 'est la seule, caméra 8 mm de Guelma...Apprêtez-vous donc - en regardant ce film, " plus avec le cœur qu'avec les yeux " -, comme vous le recommanderait le Renard du " Petit Prince " - de faire un saut de 42 ans dans le passé, jusqu'au dimanche 12 juin 1955, exactement...Ce saut vous conduira à la fête sportive de Guelma qui regroupait les établissements suivants : George Sand -Sévigné - Ecole de la Gare - D'Alembert - Cours complémentaire d'Alembert et cours professionnel... soit environ un millier d'élèves, présents sur le stade, lors du mouvement d'ensemble final ; autant si ce n'est plus que les spectateurs...

             Cette fête eut lieu au nouveau stade municipal qui avait été construit deux années auparavant, route de Sedrata, pour donner à l'E.S.F.M.G., une installation à la hauteur de son football de haut niveau Nord Africain. En outre, des annexes fonctionnelles apportaient à cet " équipement sportif " le complément indispensable à une pratique sportive rationnelle ; en particulier une tribune couverte comportant 2 000 places assises environ...La deuxième partie de la cassette est consacrée à la préparation et au déroulement des lendits scolaire de juin 1957 qui eurent lieu par mesure de sécurité, au stade de Basket d'Alembert...

             Mais, déjà nos souvenirs pressentant que nous allons, dans quelques instants, soulever la trappe qui les maintient dans le sous sol de notre conscience, commencent à s'agiter, afin de mieux se précipiter à la porte qui va s'ouvrir...Voyez-vous, un rassemblement de personnes de tous âges, ayant entre-elles des liens affectifs étroits et particuliers, est toujours le fait d'héritages de croyances, de connaissances, de valeurs et bien évidemment de souvenirs communs, acquis au cours d'un même vécu ou issus de mêmes événements.Cela est difficile à expliquer par la seule et froide didactique : un peu comme les (racés des chemins de terre de nos campagnes dont on devine assez bien la logique du comment ? sans pour autant en discerner clairement celle du pourquoi ...Quoi au 'il en soit, ces regroupements sont toujours des moments très riches de par les échanges, les relations, les retrouvailles et les rencontres qu 'ils favorisent. D'ailleurs, a' n'est pas sans raison que le Philosophe Gabriel Marcel a écrit que : " toute rencontre est une grâce... ".Ce qui est sûr c'est que, les uns et les autres, nous sommes venus à ce rassemblement avec des certitudes, des convictions, des anecdotes, des souvenirs tronqués ou amplifiés: ce qui est bien '....Ce qui est certain, en revanche, c 'est que nous en repartirons avec des vérités corrigées et débarrassées de leurs doutes ou de leurs interrogations ; ce qui est mieux '....Mais, ce qui est inévitable, c'est que sauf à être privé de voix, nous évoquerons GUELMA : Jardin de notre enfance ou de notre jeunesse, en même temps que masse d'émotions confuses, de passions exprimées et dont l'ultime regard d'adieu demeurera, en chacun de nous, comme une déchirure si forte que nous avons encore quelque pudeur à évoquer cet instant...

               Oui .... notre vie à Guelma fut bon an, mal an. une très belle histoire, faite d'ombres et de lumières, d'enthousiasme et d'amertume, d'entreprises et de renoncements, de réussites et d'échecs ; mais toujours fraternelle, généreuse, franche et humaine ; en un mot plus solidaire que solitaire...Je n 'en dirai pas plus, pour ne pas tomber dans une nostalgie réductrice... alors qu 'elle a toujours été à mes yeux. et j'en suis persuadé, aux vôtres, motif à renaissance...Je dirai simplement qu 'il y a des routes qui mènent plus loin que d'autres. Ça été le cas de la mienne, comme ça été le cas de la vôtre...Elles ont connu bien des départs, bien des difficultés surtout quand il fallut quitter la terre de nos balbutiements...Oui !... l'enfance, vous le savez bien. n'est jamais un voyage oublié parce que le ciel s'étend tout autour d'elle rendant cette période privilégiée... ce n'est qu'après que les choses s'assombrissent...C'est pourquoi.- après tant d'années de silence j'ose dire en votre présence et surtout en celle de mes anciens élèves, eh bien '.... malgré, ici en France, une réussite sociale ci professionnelle incontestable, la plus belle partie de ma vie c'est la-bas à GUELMA que je l'ai passée..J'y ai connu l'amitié, l'amour, l'harmonie... j'y ai connu comme le dit Camus dans " LES NOCES " : " Les déchirements du oui !... et du non '...., du midi et des minuits, de la révolte et de l'amour... ".Aussi, quand il m'arrive d'y songer, je me dis qu'il est important de bien comprendre cela, pour mieux connaître quelle force nous transporterons intérieurement tant que nous resterons fidèles à l'Image et au Rêve de nos jeunes années...Ces images, ce rêve, nous allons maintenant tenter d'en découvrir une petite partie ; mais très significative d'un état d'esprit, d'une adhésion active, parfois enthousiaste, à celte incomparable école de vie qu 'était et qu 'est encore le sport et qui constitue - aujourd'hui comme hier - une des rares aventures du monde moderne que l'on puisse proposer à la jeunesse... et nos jeunes guelmois d'alors, n'en furent pas tenus à l'écart...

              Regardons ensemble ces images, additionnons nos mémoires dans la conscience et la reconnaissance du temps et des lieux qu 'elles peuvent nous aider à mieux situer. N'oublions pas aussi, que la valeur de l'image se mesure toujours à l'étendue de ce qu 'il peut y voir en elle. d'imaginaire...Alors !... laissons courir notre imagination, si nous voulons que les vrais souvenirs se démarquent de la légende sans pour autant la supprimer." L'histoire des Guelmois ", comme toutes les histoires n'y fait pas exception... Elle se doit aussi de comporter ses légendes... Un écrivain contemporain n'a-t-il pas dit : " les pays qui n 'ont plus de légendes sont condamnés à mourir de froid…mais, c'est là une autre histoire…Revenons à nos films ..il est temps de les voir…ils attendent depuis si longtemps

C Cautrés

Collectif des Guelmois site internet GUELMA-FRANCE