LE SPORTING CLUB DE SIDI-BEL-ABBES (S.C.B.A)

Champion et vainqueurs de la coupe d'AFN
Rangée haut : Perlès (le roc), Salas Eugène (mon cousin germain, le castagneur), Guttierez Serge (Notre gardien volant), Moulon Robert( notre Joncquet), Macia Vivi(l'athlétique rugueux et infranchissable arrière) Marion ( la force tranquille, dcd, Hélas !) Cano Antoine, juge de touche sur la fin de sa carrière, mais (Notre défenseur intraitable, passeur de dattes aux adversaires, lors des corners)
Rangée basBAS ; Gros Hubert ( la flèche avec 10 secondes au 100m), Taillepierre (le buteur Guadeloupéen, dit Taillo par ses admirateurs), Jean-Pierre Martinez (notre Piantoni) Bielitsky( notre Penverne), et enfin l'enfant chéri des supporters, notre Piou DIAZ

Pour vous donner envie de lire ce livre
Quelques extraits de
LE BEAU CIEL PERDU A JAMAIS
De Pierre Salas natif de Sidi Bel-abbés

La vie est un mystère qu'il faut vivre, et non un problème à résoudre (Gandhi)

J'ai commencé à plancher sur ce recueil de souvenirs, le 31 Mai 2000, anniversaire de mes 67 ans, j'avais pris la résolution de mettre noir sur blanc, mes sentiments, mon amertume, ma colère rentrée et tout ce que je ressens comme Pied-noir d'Algérie, depuis que non pas de gré mais de force, on nous a forcé à choisir entre deux alternatives (pas trois) : la valise ou le cercueil. Et ce jour-là, j'ai commencé ce récit.

AMER DÉSESPOIR

Dans la nuit noire, sur la pierre noire, une fourmi noire, Dieu la voit (Proverbe arabe)

Une mère comprend la langue de ses enfants; même s'ils sont muets.
Cette mère que j'évoque, c'est la France et devinez qui sont ses enfants muets! Mais jusqu'à quand le resteront- ils?
Ce modeste récit est notre reflet à tous pour tout ce qu'il peut exprimer de vérité et de sincérité.

Nos familles, nos amis de toutes confessions mais aussi tous ces expatriés forcés venus d'Afrique du Nord ou d'ailleurs, ont seuls le droit d'en parler, pas les enfoirés qui nous entourent et essaient de nous juger sans rien savoir de nous.

Notre exode s'est déroulé dans le désordre le plus total et la pire désorganisation inhumaine qu'un cerveau malade, sénile, imbu de lui-même jusqu'au narcissisme et orgueilleux, ait pu concevoir.
Les parkings d'aéroport, les quais de gare, les aires d'embarquement, étaient pleins à ras bords de malheureux en détresse, livrés à eux-mêmes, affamés, désespérés et dans l'ignorance de l'endroit où ils allaient atterrir ou débarquer et surtout ignorants de ce qu'ils trouveraient là où ils allaient.
Les familles furent dispersées aux quatre vents.

Certains de leurs membres se retrouvèrent à Alicante (Espagne) Port-Vendres ou Marseille où à leur arrivée dans cette dernière cité, en guise de bienvenue, étaient écrits sur les murs du quai, les mots " les Pieds-Noirs à la mer" avec l'accord complice et tacite de l'édile en exercice, le putain de leur " maire" et des autorités de la ville.

C'était la fin du chapitre essentiel de la vie d'êtres humains arrachés brutalement à leur environnement, à leurs souvenirs, à leurs défunts, à leur famille et à leurs amis, avec pour tout espoir : apprentissage accéléré d'une épreuve inhumaine: survivre en exil forcé.

Depuis, le temps a accompli son œuvre. Les sentiments exacerbés se sont un peu émoussés. Chacun a retrouvé une sorte d'équilibre et de paix intérieure apportés par nos enfants et surtout par les petits "Patos" qu'ils nous ont donné.
Nous nous sommes aussi endurcis, et avons pris conscience de notre force. Et même si beaucoup d'entre nous ne sont plus là, notre relève est assurée et grâce à elle, nous représentons maintenant une puissante communauté en gestation encore provisoire, sur laquelle tous les politiques devront compter.
En gestation encore? Bien sûr, tant que nous n'aurons pas créé cette unité indispensable à toute action revendicatrice nous donnant le droit d'avoir des représentants de notre communauté dans toutes les instances qui gèrent notre existence.

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FOOT

......./......Comme déjà dit, à cette époque, notre grande passion, était le foot. C'est vrai qu'à Sidi-Bel-Abbès, nous avions la chance de posséder le meilleur club d'Afrique du Nord et aussi le plus titrée ,le S.C.B.A dont pratiquement les 2/3 de l'équipe étaient régulièrement retenus en sélection d'Oranie. Il est vrai que nous avions une source intarissable de joueurs du crû, renforcés par l'apport apprécié du creuset de la Légion Etrangère, laquelle nous fit rêver avec des joueurs ex professionnels de grandes équipes d'Europe. (entre autres Plooner (goal international Autrichien), Yung, Schunke .. etc.

Nos régionaux tels les frère Rodriguez, le regretté Pepe Domingo( oncle de mon épouse) dont la ruse n'égalait que le talent, ce qui lui avait valu le surnom de "renard à moustaches), les Hubert Gros, Aber, Salas, Cano, Piou Diaz et Vivi Macia, Jean Paul Lacaza (notre petit Kopa) Jean-Pierre Martinez (notre petit Piantoni) et son frère Elisardo, Calatayud, Aber, Tisnaïco et tant d'autres. (Ils étaient pour la plupart, mes amis).

Le SCBA s'enorgueillissait aussi d'accueillir d'autres joueurs venant de France ou d'ailleurs tels les Dakowsky, Olmiccia, Bottini, Marion, Taillepierre, Moulon, Lepage lesquels sous la férule du "magicien" René Rébibo, venaient consolider notre équipe.

Ah ! Ce Sporting, quel cœur et quelle volonté. Ils ne s'avouaient jamais battus et luttaient jusqu'à la dernière seconde. C'était notre Olympique de Marseille à nous et en plus ils jouaient en blanc, juste en face de Marseille, de l'autre côté de la mer, et je crois que c'est à cause de cette similitude, que par mimétisme, les nostalgiques de cette grande époque, aiment autant l'OM d'aujourd'hui. Nous étions vraiment le club phare d'Algérie. En 1951, ce club magique remporta la coupe d'Afrique du Nord, en battant le redoutable WAC ( Widad Athlétique Club) de Casablanca. Ce club était un véritable épouvantail par le talent de ses vedettes lesquelles presque toutes jouèrent par la suite dans des clubs professionnels de première division de l'hexagone. J'étais présent ce jour-là au stade Philips de Casablanca, en compagnie de mon épouse (ma fiancée à cette époque, laquelle habitait Casa et était la nièce de Domingo qui était sur le terrain.

BOXE

......./......Quand il y avait un combat de notre Marcel, on s'agglutinait autour de la TSF pour les privilégiés qui la possédait, ou on allait chez le voisin plus fortuné qui voulait bien organiser une veillée chez lui pour écouter l'évènement.C'était une réunion entre amis et parents, entre initiés. Mais quels instants magiques on vivait ! On buvait le: paroles du talentueux Georges Briquet qui était généralement l'envoyé spécial de la radiodiffusion Française pour décrire et faire vivre en direct les évènements sportifs. Pour en revenir à notre Marcel national, son apothéose fût sa campagne américaine initiée par un combat contre Holman Williams, en passant par Georgie Abrams .etc. Tous ses autres adversaires américains furent battus avant la limite, jusqu' au moment où il fût désigné comme challenger au titre mondial qui, à cette époque, était détenu par deux champions inter changeables, Tony Zale et Rocky Graziano qui se knockoutaient allègrement chacun à tour de rôle. Finalement, ce fût comme si j'avais perdu un parent proche.

Ray Sugar Robinson, grand admirateur de Cerdan, le vengea bien, en massacrant consciencieusement le mafioso et tricheur Jake La Motta (qui se félicitait de ne pas avoir donné sa revanche à notre Marcel) à tel point, que ce dernier disparût à jamais du monde de la boxe. C'est ainsi que l'on vécut toute la campagne Américaine de Marcel Cerdan, et après son tragique accident des Açores qui lui coûta la vie, celles de Laurent Dauthuille, de Robert Villemain et un peu plus tard Jean-Claude Bouttier battu en championnat du monde par le dur Argentin Carlos Monzon, et surtout du grand Ray Sugar Robinson, ses vengeurs ou successeurs. Omar Kouidri d'Alger, combattant valeureux et loyal s'il en fût, qui ne craignit pas d'affronter à quatre reprises notre grand Marcel, à l'apothéose de sa carrière, pour ne s'incliner à chaque fois, qu'aux points au grand dam de la presse spécialisée ; celle-ci, en effet, se plantait avec un vrai bonheur dans ses pronostics en lui prédisant une rapide défaite par KO. Kid Marcel (Bouaziz) l'Oranais, le maître à boxer, rival malheureux lui aussi de Marcel, vainqueur aux points. Le poids coq de Tunis, Gaëtan Annaloro, magnifique et élégant puncheur, grand rival du gitan Théo Médina, l'autre vedette Franco-Européenne de la catégorie, tous deux battus par Peter Keenan, l'Ecossais. Jo Ventaja, l'agent de police de Casablanca, bourré de qualités mais manquant d'ambition, avec aussi une grande carrière internationale. Robert Cohen de Bône, poids coq de qualité lequel après une brillante carrière amateur, devint champion du monde chez les pro en 1954, en battant Songkitrat Chamen, à Bangkok, en Thaïlande .. Qui ne se souvient pas d'Alphonse Halimi, poids coq aussi et champion du Monde également en battant le sourd muet Mario d'Agata. De Hocine Khalfi, grand combattant sur tous les rings internationaux, vit toujours (Dieu Merci) une retraite bien méritée quelque part sur la côte Pacifique des Etats- Unis.,du côté de la Californie (USA).
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BALS

C'était l'époque de la conga, du mambo, du tcha-tcha, du slow, de la samba, du swing, du be-bop, des premiers pas du rock et de nos premiers flirts avec Josette, Mathilde, Yolande, Jeannine et bien d'autres mais en tout bien tout honneur, car elles sont probablement maintenant d'honorables mères de famille et pour certaines des mamies, sûrement.

A cette époque, c'était plus facile d'escalader l'Everest que d'embrasser une fille ou alors il fallait avoir le courage d'un toréador, pour oser le faire sans risquer de se prendre une tarte; et pour cela il n'y avait rien à faire avant un sacré bout de temps et encore fallait-il, au préalable, déclarer officiellement ses sentiments, faire preuve de fidélité et même montrer la bague de fiançailles.

C'était aussi nos premières cigarettes pour avoir une contenance au bal ou se donner l'attitude virile des Humphrey Bogard, Clark Gable, Robert Taylor,et autres stars de rêve et inoubliables du cinéma noir et blanc ou des premiers films "couleur." Mais c'était aussi tomber dans le piège du tabac, et beaucoup d'entre nous, dont votre serviteur, regretterions plus tard cette dépendance acquise par jeu au début. Quelle connerie!

Cette étape de ma jeunesse a été marquée par l'empreinte d'autres amis très chers, je pense en particulier à Yvon, Mathias, Azzouz, Sebastien, Etienne, Yoyo, Dédé, kaca, Loulou ... Si je devais les citer tous, il me faudrait un bottin. Mais je les aimais comme des frères et ils resteront dans ma tête tant qu'il me restera un souffle de vie.

J'en ai conservé de tels souvenirs, qu'il m'arrive encore de rechercher ces potes formidables qui l'ont jalonné. Beaucoup d'entre eux ont disparu, ou victimes malheureuses d'attentats en Algérie, (tel mon ami Vandelin tué par une grenade aveugle. il ne connût jamais ses jumeaux venus au monde deux ou trois mois après, (dont je fus le parrain). D'autres sont décédés en France.

Extrait du livre de Pierre Salas "Le beau ciel perdu à jamais" Editions "Les Presses Littéraires" commandes à www.lespresseslitteraires.com
Collectif des Guelmois site Internet GUELMA-FRANCE