Sainte Marcienne : Une berbère courageuse

Son courage l'amena au martyre vers 303.
Née à Rusucuru (Dellys, sur la côte de Kabylie), Marcienne appartenait à une famille distinguée. Quoiqu'elle eût été douée d'une rare beauté, elle avait voulu se consacrer à Dieu. Etant venue à Césarée, elle y vivait loin du monde dans une cellule.

Un jour, pourtant, elle céda à la tentation de visiter la ville. Arrivée devant l'amphithéâtre, non loin de la porte de Tipasa, elle remarqua sur une place une statue de Diane, qui ornait une fontaine. Saisie de colère à la vue de cette idole, elle lui brisa la tête et la renversa. La foule s'empara de la jeune fille, la roua de coups, l'entraîna auprès du gouverneur. Celui-ci ordonna qu'elle fût livrée à des gladiateurs, mais un mur qui se dressa à plusieurs reprises entre eux et Marcienne, les empêcha d'attenter à sa chasteté.

Au milieu de ces épreuves, elle fut insultée par un homme de confession israélite dont la maison était voisine de la caserne des gladiateurs. Alors, elle supplia Dieu d'incendier la demeure de ce méchant homme.

Le jour suivant, on la mena à l'amphithéâtre. Elle fut attachée à un poteau et présentée à un lion, qui ne voulut pas d'elle. Mais le méchant homme et ses amis, acharnés dans leur haine contre une chrétienne, demandèrent à grands cris et obtinrent qu'on la livrât à un taureau. L'animal, furieux, la blessa au sein. Puis survint un léopard, qui l'acheva. A ce moment même la maison du dénonciateur prit feu. Bien des fois, on essaya de la reconstruire, mais toujours elle retomba en ruines.

Les manuscrits des Actes ne s'accordent pas sur la date du martyre, 9 janvier ou 12 juillet. Baronius, dans ses notes sur le martyrologe romain, estime que le 12 juillet marque une translation de reliques, et le 9 janvier l'anniversaire du martyre qui semble être daté vers 303. Au 12 juillet, le martyrologe romain mentionne une sainte Martienne, vierge et martyre à Tolède ; Baronius pense qu'il s'agit de Saint Martienne de Mauritanie, honorée à Tolède. On trouve dans le bréviaire mozarabe, une belle hymne ancienne en son honneur. Pour les docteurs de l'Eglise, son acte était répréhensible ils condamnaient le zèle téméraire de ceux qui couraient au devant de la mort en renversant des idoles et qui risquaient, par leur imprudence, d'attirer de grands malheurs sur toute la communauté. Cependant l'autorité ecclésiastique devait souvent tenir compte de l'enthousiasme que de tels sacrifices soulevaient parmi les fidèles, et accorder le titre glorieux de martyr à ces héros indisciplinés.

La mémoire de Martienne fut vénérée, non seulement en Afrique, mais même en Espagne, surtout à Tolède, où l'on composa à sa louange une hymne, parvenue jusqu'à nous.

(Extrait de "Promenades archéologiques/Cherchell").photos B Reybaud

Hymne à Sainte Martienne

Sainte Martienne réveille la foi chrétienne,
Vierge Tutélaire, entends notre prière,
Nous chantons en ton honneur,
Sois toujours notre modèle,
Conduis-nous troupe fidèle,
Vers le seigneur,
Le ciel s'entrouvre et les chœurs angéliques,
Nous font entendre un des plus beaux cantiques (bis),
C'est le récit, le récit glorieux,
Des saints martyrs sont entrés dans l'arène,
Au milieu d'eux, marchant au sacrifice, Martienne s'avance et sourit au supplice.

Crédit : www.afrique-du-nord.com

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