LA VIE PIEGEE

Colette BUSIDAN-NABET

Qui est Colette?

              Née à Guelma, Colette Busidan née Nabet, habitait Cité Bon Accueil. La villa de ses parents, faisait face à la forge Salerno, à deux maisons du garage Rieffel.    

                         Elle est la fille du facteur: Benjamin Nabet dit "Mamine" aujourd'hui décédé. Scolarisée à l'école Sévigné dirigée par Melle Octavi- Voici ce qu'elle en dit:

              "Sa menace préférée à mon encontre était:"Attends un peu que je vois ton père tout à l'heure!" il lui apportait son courrier! Tantôt rêveuse, tantôt rieuse, je m'attirais les foudres de Mme d'Hippolito, à la leçon de laquelle, je ne trouvais pas grand intérêt. Je respectais mes professeurs- ça j'y étais obligée- mais j'avais de l'attachement pour certains:"jadorais" Mme Escalon, femme douce et patiente, j'admirais Mme Quily- pourtant je la craignais-; je trouvais Mme Lévy élégante ....

               Denise Gauci, Denise Barrial, Octavie Debernardi,Francette Portelli, Danielle Attali, Michèle Escande, Mady Lévi, Michèle Richardot, Paquita Montosa....tant et tant d'autres copines,qui sont restées dans ma mémoire,et dont j'ai-pour certaines- avec joie retrouvé la trace! Les classes, les années, je ne les sais plus....

               C'est là que j'ai passé ma jeunesse, c'est là que sont mes souvenirs!
A l'occasion de ce livre- qui est un "hymne" à cette femme d'exception que fut ma mère- j'ai essayé de retourner dans ces lieux auxquels mon coeur est resté attaché."

Plaquette du livre :

          Sarah est née en 1898 à Guelma - une petite ville de l'Est algérien - dans une famille juive, nombreuse et désargentée. Dès l'âge de sept ans, elle quitte l'école pour " aider " à la maison. Lorsque sa mère meurt, elle est chargée d'élever ses frères et sœurs et ses neveux orphelins. Quand elle épouse Ben (qui vient de perdre sa femme), Sarah doit assumer les charges de son nouveau foyer : quatre enfants et une belle-mère aveugle. Intelligente et sage, elle s'adapte à cette servitude librement consentie.
Une fille, " la lumière de ses yeux ", va enfin éclairer une vie de sacrifices.
Mais les événements s'accélèrent : deuxième guerre mondiale, guerre d'Algérie, exode en France où, courageusement, Sarah reconstruit un cocon où sa famille aime à se retrouver.
Son histoire est un voyage dans le temps et dans une ville, avec ses traditions, ses habitants. Colette BUSIDAN-NABET, après avoir enseigné en Algérie, a passé l'essentiel de sa carrière aux Antilles comme Conseillère Principale d'Éducation. Elle réside actuellement dans le Midi de la France


Extraits :

Guelma....Il courait à ce propos, nombre de légendes...et l'une d'elle dit ceci :

             "Dans des temps très anciens, quand le pays dévasté par les guerres, n'était plus peuplé que d'animaux sauvages, une tribu, venue d'au-delà des montagnes, s'égara. Elle errait à la recherche de l'eau. Le dernier point d'eau était loin derrière elle. Les gourdes en peau de chèvre étaient presque vides. Il n'avait pas plus depuis de longs jours. La terre, sèche, se craquelait sous l'ardeur d'un soleil impitoyable. Les vivres se raréfiaient et toujours pas de village, toujours pas le moindre ruisseau en vue. Comme pour ajouter à leur détresse, le "sirocco" se leva, s'infiltrant sous les djellabas, emportant les turbans protecteurs. Le vent venu du désert soufflait avec violence, soulevant des tourbillons de poussière, dans lesquels étaient pris végétaux secs et particules de minéraux dont la morsure soudaine provoquaient des cris. Pour avancer,les hommes se courbaient,restant groupés pour offrir plus de résistance au vent. Les plus vieux, épuisés, tombaient sans qu'on puisse leur porter secours...... ......Soudain,deux hommes,partis en éclaireurs,revinrent en titubant, le doigt pointé en direction d'un troisième, qui n'était encore qu'un point dans le lointain. " El gha el ma! El gha el ma" Il a trouvé de l'eau ! Le chef les rassembla: .......
"Nous n'irons pas plus loin. Ici nous créerons notre foyer et nous l'appellerons:"El gha el ma"! Ainsi naquit la ville.....!."


             ....Ben était rien moins qu'un Prince Charmant! Quatre enfants,une mère aveugle,et sans doute encore au coeur, de l'amour pour son épouse défunte! Il n'était pas désagréable à regarder:un front large sous des cheveux noirs et bouclés,des yeux noisette,pétillants. Tout en lui était imposant: sa taille,haute;son nez,fort; sa moustache sombre,ombrant une bouche grandement fendue sur un sourire -les bons et les mauvais jours. On le disait humain et généreux. Mais ça, c'était la rumeur de la rue! Elle n'allait pas vivre avec une rumeur! C'est elle Sarah, qui chaque jour,aurait à ouvrir les yeux près de cet homme blessé et à les fermer dans ses bras!

Vie Piégée(extrait suite)

             " Guelma est une ville bâtie au creux d'une belle vallée verdoyante et fertile, au pieds des monts de la Mahouna. L'hiver, par temps clair, on pouvait voir les crêtes enneigées par dessus les arbres. L'Algérie est un pays de légendes, et la légende disait que l'ange tutélaire de la région:
" Lala Mahouna ", s'était couchée là, sur les sommets, et veillait. Ne voyait-on pas d'ailleurs, les formes supposées de sa chevelure, de son visage et de ses seins! "

              " Les gens s'attardaient sur les trottoirs... Les bijoutiers sortaient leurs vitrines portatives sur le pas de leur porte, exposant les filigranes les plus fins, les parures les plus originales.
Les dinandiers présentaient le fruit de longues heures hivernales de savant et patient travail.
On voyait s'installer les petits marchands d'artichauts sauvages. Assis sur une caisse, une boite de fer blanc entre les jambes, ils criaient: " Garnoun, garnoun! " (artichauts, artichauts!) sans cesser de tourner les capitules entre leurs doigts agiles pour en retirer les piquants. Puis, ils les plongeaient dans de l'eau citronnée, pour, enfin, les enfiler le long d'une tige de paille...
...On entendait parfois les clients apostropher: " Kahwa, ya kahwagé! "
.... La colonisation allait être centenaire.... Le bruit courait même, que le président de la République française Gaston Doumergue, viendrait à Guelma. Quel honneur il faisait aux guelmois! ...Enfin le jour tant attendu pointa son aube radieuse. La ville était en effervescence. Jusqu'aux chevaux des calèches de la place Saint Augustin qui secouaient frénétiquement leurs grelots, agitant pompons et fleurs dont ils étaient parés... "

Pour commander : Editions du Losange , 61 boulevard Edouard Herriot 06200 NICE Tél. 04 93 97 21 08 - los1949@wanadoo.fr

Collectif des Guelmois GUELMA FRANCE 2006 avec l'aimable autorisation de Colette Busidan-Nabet