LE DRAME ALGERIEN
LOUIS LAVIE (suite)
FRANÇAIS DE LA MÉTROPOLE ET FRANÇAIS D'ALGÉRIE

        Une propagande odieuse, qui n'hésite pas à employer les calomnies les plus abominables, cherche à séparer les Français qui vivent de part et d'autre de la Méditerranée en deux catégories.

       Cette propagande a les mêmes origines et les mêmes buts que celle qui chaque jour tente de creuser un fossé, de plus en plus profond, entre les Européens d'origine et les autochtones qui vivent en Algérie.
       Ce but, c'est l'abaissement de la France par la division de ses fils et la destruction de l'unité nationale.
       Il faut que chaque Français comprenne, pendant qu'il en est temps encore, que la lutte que soutiennent ses frères d'Algérie n'a d'autres buts que la défense de la Patrie commune et la sauvegarde de la civilisation chrétienne, au sens le plus large du mot, sur le sol d'Afrique.
       Il faut que chaque Français comprenne que cet idéal, qui a été la raison d'être et qui a fait la grandeur de notre Pays, durant tant de siècles, est en grand danger et risque d'entraîner dans son écroulement tout l'édifice national.
        C'est pour cette raison qu'il est attaqué avec tant d'acharnement.

      Que certains milieux catholiques puissent participer à ces attaques constitue un défi au bon sens, qui prouve à quel point ils sont abusés par une propagande subversive, qui en fait les instruments de leur propre destruction.
      Que des hommes imprégnés de la morale et de la charité chrétienne en viennent à applaudir au meurtre de Chrétiens et de Musulmans, simplement parce qu'ils sont attachés à la France et que ces meurtres sont commis au nom d'un fanatisme qui confond, dans une même haine, leur pays et leur religion, passe l'entendement.
      Nous espérons qu'ils sauront retrouver, dans des informations objectives et dans les paroles du Christ, la voie de la vérité.

     Pour le moins, qu'ils fassent grâce à ceux qui souffrent et qui meurent pour eux, de cette fausse morale qui veut justifier la "non-assistance à la civilisation et à la Patrie" en danger, en condamnant les victimes.
     S'ils sont convaincus, qu'ils viennent donc apporter le secours de leurs personnes et de leurs biens, pour soulager tant de souffrances, plutôt que d'émettre de vaines critiques, entre un bon déjeuner et le spectacle à la mode.

     Si non, une fois de plus la civilisation chrétienne disparaîtra des rivages de l'Afrique, qu'elle avait quittés à la mort du grand évêque berbère, Saint Augustin, sous les coups des Vandales, en 430. Rome avait envoyé le Comte Boniface pour défendre l'Afrique. Son ambition personnelle lui fit rechercher un interlocuteur valable chez l'ennemi, en l'espèce, le Vandale Gonderic.
     Il ne sut entendre les sages paroles de son ami, l'évêque d'Hippone
     " Qui aurait supposé, qui aurait craint que Boniface Comte du Palais et de l'Afrique, occupant cette province avec une si grande armée et une si grande puissance, les Barbares deviendraient si hardis, avanceraient si loin, désoleraient un si grand espace et rendraient déserts tant de lieux habités. "
     Lorsque Boniface se rendit compte de l'immense erreur où l'avait entraîné la haine de son rival romain, Aétius, il n'était plus temps.
     Les Vandales étaient maîtres de l'Afrique et ce sont eux qui pillèrent Rome.

     L'exercice public de leur religion fut défendu aux catholiques, les cérémonies sacrées, même celle des funérailles, furent interdites.
     Les derniers vestiges de la chrétienneté devaient disparaître sous les coups de la conquête arabe.

    Le héros chrétien de l'indépendance berbère, Koceila, devait par l'épée (besif)se convertir à l'Islam et être définitivement battu par les troupes venues d'Egypte, en 668.
Le général arabe, Sidi-Okba, atteignit l'Atlantique en 683.
     Il fallut attendre plus de onze siècles pour que la France ramène sur les rivages d'Afrique la tolérance de tous les cultes et la religion chrétienne.
     Que les leçons de l'histoire ouvrent les yeux de ceux qui ne veulent pas voir.

    L'arme de choix contre les Français d'Afrique du Nord, c'est le colonialisme.
Ce colonialisme qui, en un siècle, a décuplé les populations autochtones, qui a construit pour elles 48 hôpitaux, 2.497 écoles, 50 lycées et collèges, 6 écoles normales, une université comprenant 7 facultés et 8 instituts, 80.000 kilomètres de routes, 5.000 kilomètres de voies ferrées, 14 ports modernes, 32 aérodromes, 11 grands barrages, fournissant huit cent vingt-sept millions de kWh et permettant d'irriguer 140.000 hectares.
Ce colonialisme qui laisse les populations d'origine propriétaires des sept dixièmes des terres et des neuf dixièmes des troupeaux.
Cette œuvre immense aurait pu être encore plus belle si les Français de la Métropole avaient apporté dans ce pays, où tout était à faire, la masse énorme des capitaux qu'ils ont préféré investir et perdre dans les fonds russes et autres emprunts étrangers.
Car cet édifice a été bâti grâce aux richesses arrachées par un travail exténuant à la terre algérienne. Les Européens installés e[} Algérie payent quatre-vingts pour cent des impôts directs, qui sont consacrés, pour les neuf dixièmes, à l'amélioration des conditions de vie des populations autochtones.
Colonialistes, ces milliers de petits fonctionnaires, ces 18.992 petits agriculteurs européens (sur 25.000), qui possèdent moins de cent hectares dans un pays où le rendement moyen en blé est de 9 quintaux à l'hectare, au lieu de 25 en France.
Mais ce n'est jamais d'eux que l'on parle, mais des propriétaires de quelques grands domaines, ou de quelques fortunes importantes, d'autant plus faciles à 'distinguer, qu'elles sont peu nombreuses et qui restent bien pâles, comparées aux fortunes métropolitaines.
Ce sont justement les grands propriétaires qui ont le moins à craindre d'une sécession, car ils sont indispensables à l'économie du pays. Nous en voulons pour exemple ce qui se passe en Syrie, au Liban et autres lieux, où leur situation est infiniment plus prospère qu'à l'époque de l'Administration et de la fiscalité françaises.

Mais il faut donner un instrument à la haine. Il faut aussi lui donner un visage, que ce soit celui du Nationalisme, celui du fanatisme religieux, celui de la lutte des classes, pour masquer des objectifs qui, ouvertement avoués, ne seraient pas tolérés.
Ces objectifs ne sont autres que la réédition de la manœuvre d'encerclement qui a provoqué l'effondrement de la puissance hitlérienne et dont sera victime à son tour l'Europe de demain, si elle n'y prend garde à temps.
NOTE:
Mohamed a dit dans le Coran (Sourate II, verset 186) :
" Combattez dans la voie de Dieu, ceux qui vous font la guerre, mais ne commettez point l'injustice en les attaquant les premiers, car Dieu n'aime point les injustices."
Nous annexons à cet ouvrage le texte des délibérations de la section constantinoise de la Fédération Nationale des Instituteurs qui ne passe pas pour réactionnaire et qu'il est difficile de taxer de colonialisme.
Elle a le mérite de donner l'opinion des instituteurs qui vivent en contact des populations. D'autre part, elle rend un hommage mérité à la réponse que M. Soustelle a faite à certains intellectuels ".
Cette réponse mériterait d'être plus connue et méditée.

Avec l'aimable autorisation de Jean-Marc LAVIE

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