FAMILLE LAVIE

La famille des De Lavie

Notre génération de Lavie, ne remerciera jamais assez notre grand-oncle François Lavie, frère de notre grand-père Marcel Lavie d'avoir, le premier, cherché à en savoir plus sur nos ancêtres. Il s'est surtout attaché à deux personnalités de notre famille, d'abord Marc-David Lavie, son arrière-grand-père, personnage historique, député de Belfort à l'assemblée constituante en 1789, et ensuite son grand-père François-Marc Lavie, qui fut un des pionniers de l'Algérie, où il débarqua en 1834. Avec mon père, Louis Lavie, nous avons essayé de compléter ses travaux par de nouvelles recherches, qui se sont révélées fructueuses. Notre oncle François a commis une erreur: celle de croire qu'il était impossible de remonter dans le temps, plus loin que Marc-David, du fait du protestantisme de notre famille.En effet, à l'époque il n'y avait que les catholiques qui avaient un état civil ; les registres paroissiaux catholiques étaient les seuls en France, avec leurs actes de baptêmes, de mariages et de décès, à pouvoir être consultés pour retrouver une généalogie. Mais nos ancêtres, après la révocation de l'édit de Nantes le 22 octobre 1685, se sont toujours réfugiés dans des pays protestants. Donc, en consultant les registres paroissiaux protestants de Montbéliard: lieu de naissance de Marc-David, nous les avons retrouvés et maintenant nous savons qui ils étaient et d'où ils venaient, et ce avec des documents vérifiables. Le point le plus lointain donné par l'oncle François, naissance de Març-David à Montbéliard en 1737 était la naissance de Marc-David à Montbelliard en 1737. Partant de là aux archives de Montbéliard par des documents paroissiaux du temple Saint-Martin de cette ville, nous avons trouvé en date du 17.11.1737 le certificat de Baptême de Marc-David (2) et sur ce certificat le nom de son père Théophile Lavie. Toujours aux archives protestantes à Théophile Lavie, nous avons trouvé son acte de Bourgeoisie datant de 1734 Dans cet acte le nom de son père "Jacques Lavie" vivant marchand bourgeois de "Vevai" ,aujourd'hui Vevey en Suisse romande, canton de Vaud. Aux archives de Vevey, nous avons été reçus par une archiviste charmante et compétente, Madame Guisan. Nos premières recherches semblèrent infructueuses, car nous cherchions un Jacques Lavie. Dans la conversation, mon père fit allusion à une lointaine parenté avec un de Lavie, président à Mortier du parlement de Bordeaux.En cherchant à de Lavie, nous avons trouvé tout de suite: Jacques De Lavie, venant des Vans en Languedoc. Il était probablement arrivé en Suisse vers les premières années de 1700.Avant de parler de lui, et pour respecter la chronologie, il faut relater ce que nous avons trouvé aux Vans avec mon frère Jean-Marc le berceau de la famille semble bien être cette petite ville d'Ardèche. Il y a encore à notre époque beaucoup de Lavie aux Vans et aux alentours. Dans l'annuaire de l'Ardèche, il y a actuellement en 1994, 15 familles Lavie.D'après les légendes locales, notre très lointain ancêtre serait un De La Via venu de Rome ; les Romains venaient en Ardèche, qui s'appelaient alors l'Hévie, pour chercher de l'or natif abondant dans les cours d'eau et rivières.Il est amusant de rappeler que beaucoup plus tard en 1876, c'est un Louis Lavie qui ramassa dans cette région la plus grosse pépite d'or trouvée en France. Elle pesait 534 gr et lui fut payée deux mille livres par l'hôtel des monnaies où elle se trouve toujours.Donc les De La Via se fixèrent dans cette région. En Languedocien le nom est devenu De Laviau. De nombreux lieux-dits se nomment encore Laviau et ont été, à l'origine, des propriétés De Lavie. De La Via pourrait se traduire en de la voie. En vieux français une voie et une rue se disaient une vie. Le nom est donc devenu De la vie. Les documents les plus anciens trouvés à la Mairie des Vans datent de 1651 : Octobre 1651 Baptême d'Antoine De Lavie 1658 : Mariage Antoine De Lavie 1660 : Décès de Jean De Lavie notaire royal. Père de Jacques et de Pierre De Lavie, premier d'une long lignée de notaires 1661 Naissance Jeanne De Lavie 1668 Baptême Jacques De Lavie. Date et prénom concordent. Il fut sûrement le grand-père de Théophile

1673 : Beaucoup de documents signés Pierre Lavie, qui aurait repris la charge de notaire

1691 : Mariage Pierre Lavie avec Jeanne Cregut .

1698 : Baptême de leur fils Pierre

Alors que grâce au droit d'aînesse le reste de la France a maintenu le Fief, le Languedoc, à l'époque, appliquait la coutume du paréage, né du droit romain, ce qui provoqua un émiettement des fiefs, des propriétés rurales, et des fortunes. La tradition locale raconte que chez les De Lavie comme dans bien d'autres familles protestantes, les fils aînés abjuraient ou tout au moins un fils de la famille, pour pouvoir garder le bien familial sans le partager, car souvent les protestants avaient leurs biens confisqués. Ensuite en sous-main ils dédommageaient les autres fils en or ou en argent. Nantis de leur fortune, ceux qui voulaient garder leur foi protestante s'expatriaient, soit dans d'autres régions protestantes du sud de la France, soit dans les pays du refuge: Suisse, Hollande, Angleterre. Ce qui arriva à notre aïeul.Sur un état des sommes dues par les protestants des Vans pour les gages de leur pasteur Daniel Raugeaud en 1666, plusieurs De Lavie figurent, et parmi eux "Jacques De Lavie, fils de feu Jean, imposé pour deux livres cette année" .Celui-là est bien le fils du notaire Jean De Lavie et le frère de Pierre De Lavie ...et le père de notre aïeul. Son père Maître Jean De Lavie avait lui payé pour sa part 8 livres. Au Compoix (3), le premier Jacques De Lavie possédait deux maisons proches l'une de l'autre dans une impasse. Une des maisons toujours existante est restée dans des mains protestantes très longtemps. En 1670, le notaire Pierre De Lavie avait une maison toujours existante, sur l'ancienne place de la Fontainelle (rue du Marché).Pour notre ancêtre Jacques De Lavie arrivé en Suisse vers le début des années 1700, nous savons par les documents de Vevey qu'il était Jacques fils de Jacques, mais jamais sa date de naissance n'apparaît. Il était certainement né pendant la période troublée qui précéda la révocation de l'édit de Nantes et pendant laquelle il n' y a guère de documents sur les protestants .IIl arriva donc en Suisse. Le premier document trouvé aux archives cantonales de Renens est son certificat de mariage avec Suzanne Guiraud de Saint-Ambroix en Languedoc. Ils se marièrent à la Tour-de-Peilz le 26 mai 1704 (document). Ils avaient sûrement à ce moment-là déjà deux enfants, Jacques dit Jacob et Théophile.

En Languedoc, à l'époque, les fiancés qui n'avaient pas de papiers à l'église catholique partaient se marier au désert, c'est-à-dire dans un coin tranquille avec des amis et des parents pour témoins. Ils ont sanctifié en Suisse ce premier mariage par un mariage légal dans le joli temple de la Tour-de-Peilz qui existe toujours. Suzanne Guiraud venait de Saint-Ambroix, petite localité à une trentaine de kilomètres des Vans à la limite des départements de l'Ardèche et du Gard. A Saint-Ambroix non plus pas de traces du mariage. Mais encore une fois, aux alentours de 1685, les documents sur les protestants sont très rares, sauf ceux qui sanctionnent les enterrements clandestins (document). Pourtant, la commune des Vans semble avoir été relativement calme à cette époque, nous trouvons même un Pierre De Lavie protestant et consul (maire) en 1690. Des Guiraud furent nos voisins par la suite à Héliopolis. Ils avaient dit à Marcel Lavie qu'il existait une lointaine parenté entre Les Lavie et eux.

1) 17.11.1737 Marc-David Lavie fils de Théophile Lavie perruquier bourgeois de Montbéliard et de Catherine Fayot ses père et mère a été baptisé le 17.11.1737 présenté au St baptême par honnête Marc-David Prongcy boulanger bourgeois de Montbéliard le parrain et par honnête Catherine (Frédérine ?) femme d'honnête Vernier Fayot bonnetier et bourqeois de Montbéliard.
2) Théophile Lavie a été reçu bourgeois de Montbélj.ard le 19.11.1734 copyright
3) Compoix ou Compoids : autrefois registres publics servant à établir l'assiette de la taille réelle et autres impositions. Le compoix terrien servait à constater la valeur des immeubles roturiers en vue de la perception de la taille réelle de 1670. (document) copyright

GUELMA-FRANCE copyright Généalogie Lavie / Hélène & avec l'aimable autorisation de Jean-Marc Lavie