L'ECOLE DE MEDECINE DE PERPIGNAN

d'hier à aujourd'hui

Conférencier : Docteur Michel Martinez

1. Introduction

         La conférence est articulée au travers un diaporama animé qui permet de mieux visualiser qu'une conférence ex cathédra les différents lieux de la vie universitaire, car si l'Université du XVIIIème existe toujours d'autres éléments de cette école de médecine ont disparu. C'est une vieille dame qui est née en 1379 et qui a disparu en 1793 .Elle a fonctionné plus de 400 ans au service des Roussillonnais et a formé des médecins, des chirurgiens, des apothicaires et des sages femmes.

2. L'école de médecine au moyen age

     Perpignan au XIVe siècle : à cette époque il s'agit d'une grande ville du bassin méditerranéen occidental, elle est la deuxième ville du Principat, puisque en ce temps il y avait à peu près 14 000 habitants de Perpignan, à la même époque, Barcelone comptait 30 000 habitants si nous comparons ces chiffres à la population actuelle nous voyons combien l'écart s'est creusé. L'enceinte de la ville enfermait à peu près une centaine d'hectares c'est ce que représentait la ville de Marseille à l'époque.
En ce qui concerne la création de l'université il s'agit d'une volonté politique du roi PIERRE IV d'ARAGON .Suite à la perte de l'université de Montpellier, la deuxième plus vieille faculté de médecine d'Europe après celle de Salerne en Campanie. L'université Montpelliéraine avait une aura européenne incontestable aussi le roi Pierre le cérémonieux décida de créer l'université de Perpignan en 1350 .

       En 1379 l'obtention de la bulle papale permet la création officielle de l'école de médecine. Pourquoi une telle durée entre les deux dates ? ceci est dû probablement à la peste, arrivée en Europe occidentale en 1349 qui a décimé les deux tiers de la ville de Perpignan.
Pour vous évoquer l'université du moyen age je vais vous parler de deux bâtiments le premier n'existe plus mais le second est toujours bien présent à Perpignan

    Tout d'abord l'hôtel des monnaies de Perpignan. En faisant des recherches à l'hôtel des monnaies de Paris je me suis rendu compte que en fait en 1710 l'hôtel des monnaies après quelques aménagements s'était installé dans les locaux de l'université car au vu des sommes engagées il n'était pas possible qu'un bâtiment neuf fut construit . L'atelier monétaire de Perpignan se situait à l'angle de la rue des dragons et de la rue petite la monnaie anciennement rue de Réart . Ce bâtiment a été détruit à une époque récente dans les années 1970 pour faire place à un bâtiment assez critiquable sur le plan esthétique qui abrite l' URSSAF des Pyrénées Orientales. Son portail d'entrée a été préservé lors de la destruction du bâtiment, l'arche a été démontée et préservée mais à ce jour elle n'a pas été retrouvée. Ce bâtiment a donc abrité l'université et son école de Médecine pendant plus de trois siècles. La chapelle Saint-Jean l'Evangéliste constitue le second bâtiment de cette université moyenâgeuse : pourquoi trouve-t-elle sa place dans cet exposé ?
Les locaux de l'université du Moyen Âge étant exigus les soutenances de thèse se déroulaient dans cette chapelle située dans l'enceinte du cloître cimetière Saint-Jean. Les thèses se déroulaient en trois parties la première en privée ,la deuxième en présence de ses maîtres , la troisième en public. Il faut remarquer que le la soutenance de thèse coûtait très cher puisqu'elle pouvait représenter jusqu'à 25 % du montant des frais engagés pour une année.

3. Ecole de médecine au XVIII ème siècle

    Nous voici au XVIIIe siècle, à cette époque Perpignan est française et elle compte à peu près le même nombre d'habitants qu'au XIVe siècle. Elle n' a d'ailleurs pas tellement changé de physionomie, seuls les remparts édifiés au XVIIe siècle par Vauban ont changé son aspect extérieur. Le roi Louis XIV a délogé l'université de ces locaux afin d'installer l'atelier monétaire. Pour le roi l'Université de Perpignan était un contre-pouvoir du catalan face au français, il fallait donc l'affaiblir aussi le pouvoir en place priva l'université de locaux. L'atelier monétaire étant déplacé de Narbonne à Perpignan afin d'être plus près de l'Espagne et pouvoir ainsi fondre l'or espagnol et le transformer en monnaie française. Tous les universitaires ont été délogés, les cours étant disséminés dans diverses bâtisses du quartier Saint Jacques et nous avons des écrits dans lesquels les professeurs se plaignaient du manque de moyens et de l'état d'insalubrité des locaux. Il fallut attendre la moitié du XVIIIe siècle pour qu'un homme très important pour les roussillonnais il s'agit du comte de MAILLY lieutenant général du Roussillon pense tout autrement .Pour lui, le seul moyen de l'intégration de cette province passait par la connaissance et l'acquisition des lettres françaises. Dans son esprit il fallait au contraire restaurer cette université dans un même lieu et rassembler les quatre universités (le droit, la théologie, la médecine, les arts), nous entendons par les arts l'enseignement des lettres. Aussi le 29 février 1760 est signé devant notaire un acte notarié de 66 pages toujours disponible à ce jour qui décrit très précisément ce que sera cette université. Il décrit en détail sa construction, son fonctionnement et son coût de 50 000 livres. Le Comte de MAILLY voulant être absolument sûr de cette réalisation ;il se porta caution et engagea sa fortune. Les revenus de l'université venant par ailleurs de l'abbaye de Saint-michel de Cuxa pour un montant de quinze mille livres annuelles. Les travaux ne pouvaient excéder deux ans ainsi il a fallu raser le pâté de maison, aplanir le terrain, construire la nouvelle université ; le délai fut respecté puisqu'à la rentrée universitaire de 1762 les quatre universités étrennaient leurs nouveaux locaux.

   Après avoir passé le portail et la grille d'entrée on se retrouve dans la cour d'honneur encadrée par la salle des actes et les deux ailes regroupant les deux petits amphithéâtres à gauche celui de droit ,l'enseignement de la théologie dans celui de droite puis se succèdent de petites salles de cours pour les arts ,pour la classe de médecine du cabinet d'histoire naturel du cabinet d'anatomie. Donnant sur la salle des actes se trouve la salle de physique expérimentale. Il est intéressant de constater que lorsque l'on parle au XVIIIe siècle de physique expérimentale forcément nous évoquons une faculté qui a une volonté de nouveautés qui n'est pas enfermée dans une rhétorique. En arrière de ce bâtiment la fameuse rotonde d'anatomie, le logement du bedeau et la prison, en effet les étudiants à cette époque n'étaient pas soumis au droit habituel mais avait un droit particulier .Il nous est parvenu trois représentations de l'université telle qu'elle été au 18ème siècle. Elles sont toutes les trois intéressantes bein qu'entachées d'invraisemblances l'une avec un toit en ardoise, or l'ardoise ne fera son apparition à Perpignan qu'à la fin du XIXe siècle l'autre avec un terrain devant l'université très aplanie alors que dans la réalité il existe une pente naturelle vers le sommet du Puig. par contre nous retrouvons des ailes de bâtiment sans étages ce qui rend toute sa légèreté à l'ensemble architecturale. Enfin nous remarquons que les classes, en dehors des deux grands amphis des ailes ne comportent aucune fenêtre vers l'extérieur : en effet l'université est un monde clos et le droit universitaire s'applique dans l'enceinte de celle-ci. Le CEDAAC. possède une représentation qui posait un problème car elle est en noir et blanc, il n'était donc pas possible de savoir quel était le revêtement extérieur, à savoir ; crépis ou briques naturelles, mais avec la représentation originale de Lespinasse retouvée à la Bibliothèque Nationale le problème semble résolu : l'université était crépie ce qui est conforme à la règle du temps.
   Il est à noter que ce bâtiment est le seul représentant d'un bâtiment classique à Perpignan puisque le seul bâtiment qui s'en approche est le théâtre municipal construit sur l'emplacement du collège des jésuites, mais celui-ci a été construit début XIXe siècle.

4. La vie universitaire

Cette gravure est très intéressante puisqu'elle est en couleur et nous montre la salle des actes dans laquelle nos retrouvons différent personnages ; Tout d'abord le bedeau personnage très important pour l'université puisque c'était lui qui réglait la vie de l'université : (il sonnait la cloche de début et fin des cours et était rémunéré par les étudiants pour la fourniture de matériel, il s'agissait donc d'une personne incontournable dans la vie universitaire). Derrière le bedeau deux appariteurs portant une masse en argent suivi du recteur de l'université entouré par les quatre doyens ,en capeille jaune le doyen de l école de médecine portant capeille rouge le doyen des arts ,en noir le doyen de droit enfin en blanc le doyen de théologie .Nous allons nous attacher plus particulièrement au doyen de l'école de médecine car il cumulait en plus du titre de doyen un titre assez particulier qui est celui de Protomédic, nous avons ainsi la seule école de médecine en France à posséder un Protomédic. Ce titre existe en Italie, en Espagne au Portugal. Cette charge consiste à veiller à ce que le corps médical aussi bien les enseignants que les médecins en pratique de ville soient rigoureux dans leur travail respectent le code de déontologie , mais aussi de veiller à ce que les apothicaires fassent une bonne pratique de leur art ce Protomédic avait un rôle similaire à celui du président d'un conseil de l'ordre des médecins du Roussillon il était très important et quelque peu craint car il pouvait interdire d'exercice.
Nous allons nous attacher plus particulier ment à l'organisation de l'Ecole de Médecine ,celle ci comptait cinq professeurs : trois en médecine et deux en chirurgie plus un démonstrateur d'anatomie, ce nombre peut paraître modeste mais il faut savoir que la grande majorité des écoles de médecine en France n'avaient que trois professeurs ,.de plus il y avait l'enseignement de botanique par le Professeur Costa-Serradell et de chimie avec le Professeur Anglade à partir de 1786 .

5. L'Herbier de l'Ecole de Médecine

Pour commencer, un petit rappel historique: c'est en 1759, qu'est décidée la création d'un jardin des plantes, et qu'un cours de botanique est assuré par un professeur de médecine. L'achat de livres de botanique est aussi mentionné, et en 1770 , 2000 plantes sont répertoriées dans le cabinet d'histoire naturelle.

Nous retrouvons ensuite trois inventaires détaillés:

- En 1786: M. COSTA - SERRADEIL, alors doyen de la faculté de médecine, nommé à la chaire de botanique, réalise l'inventaire complet du cabinet, soit 23 cartons correspondant à 23 classes, répertoriées selon le nombre d'éléments femelles et mâles de la fleur: monoginia diginia, monandria, diandria ,triandria... .Chaque plante étant nommée selon la classification de LINNE (1735) soit par genre et espèce.
- En 1793 la convention supprime l'université, et en l'an 3 de la République ( 28/1/1795)
D'autre part,on peut se demander quelle peut être l'utilisation d'un herbier.

Au niveau national, les herbiers ont été choisis pour être les pionniers d'une homogénéisation de l'informatisation des données.
Cette collection de plantes pourrait intéresser les scientifiques pour des publications, mais aussi comme banque d'ADN , qui contribue à renouveler en profondeur la classification des plantes. De plus, du fait de leur ancienneté elles pourraient participer à l'évolution des savoirs sur la biodiversité:certaines de ces espèces ont peut-être disparu ?
Il faut noter qu'actuellement de nombreux ouvrages sur les herbiers sortent en librairie:
-" L'herbier du monde "sur les plantes du Musée d'Histoire Naturelle de Paris.
-" L'herbier voyageur" sur les fruits, légumes et épices du monde, dont les planches anciennes(18271920) ont été photographiées à l'Institut de Botanique de Montpellier.
enfin du point de vue pédagogique, des expositions permettent au grand public de reconnaître les plantes toxiques ou utiles, et dans le cadre de notre association, il pourrait servir à exposer les plantes étudiées par les élèves de l'école de médecine à une certaine époque.
Cette recherche a été passionnante et j'espère qu'elle permettra à cet herbier de sortir de sa léthargie, afin de mettre à la disposition de la communauté scientifique la richesse des informations qu'il contient. Ceci contribuerait à faire fructifier le travail minutieux de tous les scientifiques qui y ont collaboré, ainsi que celui des personnes qui ont commencé sa restauration.

6. Jardin des plantes


Une autre particularité de cette école est de posséder un Jardin des Plantes.

Ce Jardin des Plantes avait été créé par BARRERE médecin très important de l'histoire médicale de Perpignan,ce médecin avait été chargé par Jussieu afin d'effectuer en Guyane un inventaire botanique .Tous ses travaux ont été consigné dans un livre célèbre à l'époque de nouvelles relations de la France équinoxiale. Le premier jardin des plantes fut créé dans la cour des jardins de l'hôpital, ce jardin était exigu, aussi le Comte de MAILLY intendant de la province du Roussillon donna en jouissance à l'université deux bastions des fortifications de Perpignan. Le professeur qui s'est illustré au développement des Jardin des Plantes est le professeur Costa -Serradell après des études médicales à Montpellier, il est allé étudier à Paris auprès de Jussieu puis il a été envoyé à Perpignan où il a développé de manière considérable le Jardin des Plantes. Le premier bastion aménagé est le jardin des Capucins ,son nom venant du couvent situé à proximité .Il disposait d'une alimentation en eau par le canal des Quatre Cazals, ce qui permettait la culture de plantes médicinales .cet apport en eau était loin d'être parfait, l'université devant payer régulièrement un journalier afin de curer les bassins .Le jardin avait la particularité d'être protégé de la tramontane par un mur d'enceinte et d'une sorte de cavea ce qui permettait la culture de plantes fragiles. Le deuxième jardin était beaucoup plus grand, il s'agissait du jardin des Arbustes. Ce jardin n'était pas pourvu d'alimentation en eau aussi Costa-Serradell contourna le problème en cultivant des plantes africaines .En effet ce professeur n'avait de cesse d'acquérir des graines et des plantes venant de l'orient des palmiers, du coton. Il existait au centre du bastion une serre afin de conserver les plantes tropicales les plus fragiles. Le Jardin des Plantes a survécu à l'école de médecine pendant une cinquantaine d'années, il était devenu jardin public, il a été progressivement absorbé par la croissance la ville au XIXe siècle et il a disparu.
Que reste-t-il de nos jours de ce Jardin des Plantes ?
Peut-être un des cèdres offert par Jussieu et qui se trouve actuellement dans la cour de la banque de France. Un autre témoignage est celui du nom d'une rue toujours existante dite du jardin botanique.

7. Bibliothèque

Nous passons maintenant à un autre chapitre très intéressant de l'université celui de la bibliothèque.
Le Comte de Mailly voulait que la bibliothèque universitaire soit publique et non pas réservée uniquement aux étudiants et au corps professoral, tout Perpignanais pouvait consulter la bibliothèque universitaire. Cette bibliothèque était bien achalandée puisqu'on estime qu'il existait 4000 références dont 256 livres de médecine. Pratiquement tous les livres de médecine étaient modernes (moins de vingt ans) le seul fond ancien venant de l'école des jésuites. Le bibliothécaire était le professeur Costa . La salle de la bibliothèque ne bénéficiait que de l'éclairage naturel, de plus le Recteur JAUME avait promulgué un règlement dans lequel il interdisait l'accès de la bibliothèque pendant les heures de cours, Les livres étaient situés sur un rayonnage qui courait tout le long des murs de la bibliothèque, au centre de la pièce étaient disposées de longues tables, les étudiants ne pouvaient pas se servir directement, un appariteur était chargé d'amener les livres en fonction des besoins.

8.Visite de l'Ecole de Médecine

Nous allons effectuer une visite rapide de cette école de médecine. Du point de vue architectural il s'agit d'un bâtiment tout à fait classique ; Il était prévu dès le contrat de construction que dans la mesure du possible les éléments de construction devaient provenir de la province, ainsi le fer de la grille forgé vient du Vallespir les colonnes ioniques en pierre blanche viennent de La Palme, le bois de la charpente vient de la forêt de Quillan . Le pavage n'existait pas le sol était recouvert de sable grossier afin de limiter le bruit dans la cour d'honneur .L'aile droite du bâtiment n'a pas été modifiée depuis le XVIIIème siècle. En arrière du bâtiment nous retrouvons la petite cour donnant sur la rue par un escalier qui desservait l'appartement du bedeau. Au faite la façade se trouve la cloche de l'université celle-ci n'est actuellement plus en place mais elle existe toujours, elle est en dépôt au couvent des Clarisses de Perpignan .Lorsque on pénètre à l'intérieur du bâtiment on entre dans la salle des actes La salle des actes est la plus grande et la plus belle salle de l'université. Elle a été voulue solennelle et sobrement meublée. A l'époque de simples bancs courraient le long des murs, ils étaient réservés aux étudiants,les professeurs avaient a leur disposition un fauteuil de plus il existait un pupitre qui permettait au maître de cérémonie ou au professeur de faire sa présentation. Nous retrouvons les magnifiques pilastres surmontés de colonnes doriques. Cette salle nous est parvenu pratiquement intacte, elle est telle que l'ont connu les étudiants .Nous poursuivons la visite et nous voici dans le cœur de l'école de médecine. La rotonde d'anatomie. L'enduit sur les murs a été retiré ce qui a permis de mettre en évidence les attaches murales des bancs de l'amphithéâtre de bois, de même pour le sol en béton,il a été retiré et ainsi est apparu le magnifique pavage formé de cercles concentriques de cayrous. Au sommet de la voûte se trouvait un lanterneau qui avait pour fonction de créer un puit de lumière, comme vous pouvez le constater, actuellement il n'existe plus mais le projet de restauration prévoit la reconstruction du lanterneau.

La salle mesure six mètres de diamètre au centre du pavage qui existe un puit centrale dans lequel était enchâssé la table d'anatomie. La table d'anatomie en bois de noyer était très particulière car circulaire et de plus mobile autour de son axe de sorte que le prosecteur d'anatomie une fois la dissection effectuée, il faisait tourner la table afin de la présenter au professeur et aux étudiants. Ce système permet de palier à la taille réduite de la salle et évite une pièce sur deux niveaux.

Nous possédons les cotes exactes de cette table ce qui permet d'espérer la construction d'une réplique au cours de la restauration de la rotonde. De même il est possible d'imaginer de reconstituer l'intérieur car j'ai retrouvé l'inventaire du cabinet d'anatomie de 1786.

Son étude permet de connaître le matériel chirurgical des boites de dissection ainsi que les squelettes mis à la disposition des étudiants. Par ailleurs nous avons la confirmation qu'il n'y avait pas que des dissections mais aussi des études physiologiques, donc sur du vivant, en fait sur des moutons .En particulier les étudiants bénéficiaient de cours sur la circulation sanguine et sur la respiration .

9.Conclusion

Il n'était pas question dans le temps impartie de résumer toute l'histoire de l'école de médecine de Perpignan. La question récurrente est de savoir pourquoi cette école de médecine a disparu à la Révolution .En 1793 toutes les écoles de médecine seront fermées mais très rapidement trois vont rouvrir : celle de Strasbourg, de Paris et de Montpellier.

Celle de Perpignan sera fermée de manière définitive ceci pour des raisons économiques et des raisons politiques.
En ce qui concerne les raisons politiques, il faut savoir que les professeurs de médecine avait conservé du droit catalan d'être nobles, aussi au début de la Révolution ils ont siégé sur les bancs de la noblesse sans revenir sur ce choix, de plus pour les conventionnels locaux en particulier Cassagne il était préférable de former " des médecins à Paris ou il leur serait enseigné les bonnes pratiques et la morale républicaine ".
En ce qui concerne les raisons économiques depuis le traité des Pyrénées en 1659 Perpignan était coupée de Barcelone, par ailleurs la proximité de Montpellier limitait son l'influence. Enfin une autre explication avancée par le Professeur Baisset : les droits universitaires à Perpignan étaient particulièrement élevés aussi bons nombres d'étudiants commençaient leur médecine à Perpignan et soutenaient leurs thèses dans d'autres villes notamment dans les états du pape.
Par contre ce qui est difficilement compréhensible est l'oubli dans lequel cette faculté est tombée après avoir eu un tel rayonnement au 18ème siècle ; oubli rapide puisqu'elle n'est plus citée dès le milieu du XIXe siècle.
Et pourtant durant 420 ans cette école a rempli sa mission de former 5 à 6 médecins par an, ainsi que des pharmaciens, des chirurgiens et des sages femmes tout ceci au service des Roussillonnais.

Michel MARTINEZ Président .

Collectif des Guelmois site internet GUELMA-FRANCE