TOURISME EN ALGÉRIE
en passant par Guelma

(Route stratégique; chevaux ou mulets de Constantine à Guelma ; diligence de Guelma à Constantine.

De Constantine à :
Sidi - Mabrouk. - Hameau à 3 kil.
Lambleche. - Ham. à 12 kil. à l'entrée de la vallée du Bou-Merzoug. Pop. europ. 11 hab. - Les premiers concessionnaires, israélites pour la plupart, ont vendu les lots qui leur avaient été donnés, et le.village (1,148 hectares) appartient, presque en entier, à deux ou trois individus.
L'Oued-Tarf. - Groupe de maisons à 26 kil.
El-Aria. -Caravansérail, à 50 k.
Oued-Zenati. - Caravansérail, à 68 kil.
Medjez-Amar, - flam. à 14 k, de Guelma. Pop. europ. 9 hab. - L'armée française, lors de la première expédition de Constantine, y établit son camp. Plus tard (1849) l'abbé Landmann y créa un orphelinat, auquel étaient affectés 500 hectares de bonnes terres.
L'abbé Plasson succéda à l'abbé Landmann ; depuis l'orphelinat a été supprimé, et l'établissement vendu à un particulier qui en a fait une ferme.
- Le territoire est couvert d'oliviers qui étaient à l'état sauvage greffés maintenet pour la plupart.
Guelma. - 100 k.; ch.-l. d'ar. Ville à 66 kil. S. 0. de Bône, sur la rive droite de la Seybouse, dont elle est distante de 2 kil. Pop. europ. 1636, ind. 2039. - Sous-préfecture : justice de paix ; jolie église et presbytère; mairie; école, asile, oratoire protestant ; casernes d'infanterie et de cavalerie, bureau arabe ; hôpital ; bureau de poste ; pépinière ; rues tirées au cordeau, parfaitement aérées, places et promenades publiques, eaux abondantes, belles plantations d'arbres. Climat salubre. - Deux marchés très-fréquentés; l'un quotidien, affecté à la vente des céréales, l'autre à la vente des bestiaux et de tous les produits indigènes.
Guelma fut fondée par les Romains, sous le nom de Calama.
Hammam-Meskhoutine (le bain des Maudits). Des omnibus conduisent de Guelma à Hammam, en passant près de la belle exploitation agricole de Bou-Far, et par Medjez Amar.

" Une route tracée dans la vallée de la Seybouse, et passant près de l'ancien orphelinat de Medjez-Amar, rend facile et rapide la course de Guelma à Hammam-Meskhoutine. - Mais le voyageur en quête d'impressions neuves et imprévues, préférera toujours les sentiers arabes qui sillonnent en zigzag les flancs des montagnes, s'il veut voir se dérouler devant lui les capricieuses beautés d'une nature orientale. Quelque route qu'il suive d'ailleurs, il devinera de loin l'emplacement des sources aux nuages des vapeurs qui s'en échappent comme de la surface des chaudières en ébullition.
" Elles sourdent sur la rive droite de l'Oued-Bou-Hamden, qui, réuni, à 10 kil. plus bas, à l'Oued Cherf, donne naissance à la Seybouse. Le plateau d'où s'échappent ces eaux forme la partie inférieure d'un versant à pente douce, exposé au N., et n'offre pas moins d'intérêt par sa végétation que par les phénomènes géologiques, anciens ou modernes, dont il est le théâtre.
" Vues de haut, elles occupent le centre d'un large bassin, entouré d'une ceinture de montagnes modérément élevées. Sur le second plan, le Djebel-Debbar, le Taya, le Rassel-Akba, la Màhouna, contreforts atlantiques, dont l'altitude varie entre 1,000 et 1,300 mètres, dessinent leurs crêtes abruptes aux quatre coins de l'horizon, et encadrent le pays le plus pittoresque qu'il soit possible d'imaginer.
Des montagnes aux fronts chauves et dénudés, des plateaux couverts d'une végétation luxuriante et primesautière, des ravins profonds, deux ou trois cours d'eau torrentueux, cachés dans une épaisse forêt de lentisques , de lauriers roses et d'oliviers, le tout noyé dans un océan de lumière et d'azur, telle est la perspective qui se déroule aux regards et frappe l'âme la plus prosaïquement constituée.

" Le nombre des sources est, en quelque sorte, illimité ; des changements se sont opérés dans leur lieu de dégagement, à une époque reculée, et continuent, de nos jours, sur une moins large échelle. Il n'est pas rare, en effet, de les voir tarir dans un point pour ne plus reparaître, ou pour se faire jour dans un autre, généralement plus déclive; quelquefois, au contraire, et cette circonstance est à noter, en creusant le sol à de faibles profondeurs, on en fait jaillir de nouvelles.
Elles sourdent par groupes aux bassins distincts, et MM. Hamel et Grellois en admettent six sous les noms de : sources de la Cascade, des Bains, de la Ruine, de l'Est, Sources nouvelles, et Sources ferrugineuses. Les deux groupes de la cascade et des bains servent, seuls, aux besoins de l'établissement militaire ; ils fournissent 84,000 litres d'eau à l'heure. La source ferrugineuse principale donne 4,000 litres à l'heure.
" Un examen comparatif des eaux minérales connues assigne à celles de Meskhouline une des premières places, sous le rapport du débit, à côté de Loëche et d'Aix en Savoie; Plombières ne fournit à l'heure que : 10,416 litres.
Baréges 7,500 : Saint-Sauveur 6,000 ; Bourbonne 5,000

Toutes les eaux thermales vont grossir l'Oued-Bou-Hamden, après s'être réunies à un ruisseau, important dans la topographie. du pays, de l'Oued-Chedakra ou Sekhrouna, rivière chaude ; en s'y jetant, les sources de la cascade donnent naissance à une belle chute d'eau, et revêtent les ondulations du sol d'un vernis calcaire éblouissant de blancheur. Une teinte rouge uniforme remplace, par moments, la blancheur de la cascade. Elle résulte, pour M. le docteur Moreau, de Bône, de plantes textiles que les Arabes font rouir sur le griffon des sources.
" A mesure qu'elles s'éloignent de leur point de départ et s'épandent sur le sol, les eaux déposent les sels calcaires qu'elles tenaient en dissolution. Le dépôt s'effectue au lieu même d'émergence, quand la température approche du degré d'ébullition, et, en thèse générale, d'autant plus' loin que la température est moins considérable. Par l'addition lente et progressive de nouveaux matériaux, une colonne s'élève autour de chaque source et produit, à l'état de complet développement, ces cônes bizarres qu'on croirait sculptés dans le roc, tant leur forme est régulière et bien dessinée.
On en compte plus de cent ayant trois, quatre mètres, et plus, de hauteur, et autant de circonférence à la base. Une ouverture, existant suivant l'axe, représente le conduit ascendant d'une source tarie. La terre, qui s'y est accumulée avec le temps, en fait des espèces de pots à fleurs naturels, où les graines entraînées par le vent viennent germer. Quand, dans la brume du soir et à travers les vapeurs des sources, on voit de loin blanchir ces pyramides, on croit avoir sous les yeux, dit M. le docteur F. Jacquot, les pierres lunulaires d'un cimetière de géants. "En présence de toutes ces choses, l'imagination ne pourrait manquer de se donner carrière. Dépourvue de notions scientifiques, ignorant des plus simples lois de la nature, l'Arabe fait appel au merveilleux pour expliquer les faits irai dépassent son intelligence; et, voici entre autres légendes spéciales à Hammam-Meskhoutine, celle qui a le plus de crédit :

" Un Arabe, riche et puissant, avait une sœur : mais la trouvant trop belle pour la fiancer à un autre qu'à lui, il voulut l'épouser, malgré l'interdiction formelle de la loi musulmane, malgré les remontrances et les supplications des anciens de la tribu, dont il. fit rouler les têtes devant sa tente.
- Alors commencèrent les fantasias, les danses, terminées par un immense festin; puis , comme le couple maudit allait se retirer, les éléments furent bouleversés : le feu du démon jaillit de terre, les eaux sortirent de leur lit, le tonnerre retentit effroyablement. Puis, quand tout revint au calme, on retrouva l'Arabe et sa sœur, les gens de loi, les invités, les danseuses et les esclaves pétrifiés :
- les cônes représentent tous les acteurs de ce drame. - Si, dans certains points, le sol résonne sous les pieds des chevaux, c'est la musique infernale de la noce. Si l'une des sources de la Cascade rejette au dehors des corps ronds ou ovoïdes, gros comme de petites dragées, les indigènes ne manquent pas de vous dire que ces petits corps, pisolithes, formés dans une colonne liquide tenant des sels en solution, sont les graines de kouskoussou du repas de noce. Et, ajoutent-ils, quand vient la nuit, fuyez cet endroit : chaque pierre reprend sa forme ; la noce recommence, les danses continuent, et malheur à celui qui se laisserait entraîner; quand le jour reviendrait, il augmenterait le nombre des cônes.
" Les eaux d'Hammam - Meskhoutine, celles de la Cascade, comptent parmi les plus chaudes que l'on connaisse : leur température s'élève à 95°. Celles de Geyser, en Islande, sont de 109°, et celles de Las Trincheras de 66°.

Les Arabes utilisent cette haute température pour dépouiller de leurs parties solubles certaines plantes textiles, qu'ils emploient à la confection de cordes et de nattes, ou pour laver leur linge et détruire les parasites dont il est trop souvent rempli; pour faire cuire des œufs, des légumes, de la volaille, etc.
" Les sources de la Ruine font monter le thermomètre à 90°. La source ferrugineuse a atteint 78°25, Les eaux d'Hammam-Meskhoutine rentrent dans la classe des eaux salines; chlorurées sodiques simples, selon M. Durand-Fardel; tout aussi bien sulfatées calcaires, selon M. Hamel, le sulfate de chaux étant représenté par le même chiffre que le chlorure de sodium. Elles se rapprochent de plusieurs eaux thermales importantes et tiennent à la fois des Eaux-Bonnes, de Bagnères, de Plombières, de Loëche, de Bath, d'Aixen Savoie, et Hammam-Rir'a (Milianah.)

" La source ferrugineuse sort des flancs de marnes ferrifères, sur la rive droite de l'Oued-Chedakhra, à en won 1,000 mètres de l'établissement militaire. C'est une eau ferrugineuse sulfatée, presque identique aux eaux de Spa, de Bussang et de Pyrmont. L'existence d'une eau de cette nature, à côté de sources salines et sulfureuses, est d'une utilité reconnue. En permettant d'élargir le cercle des indications thérapeutiques, elle contribuera, pour sa part, à faire d'Hammam-Meskhoutine une station thermale des plus importantes. "Les eaux de Hammam-Meskhoutine se prêtent aux applications les plus larges de la médication thermale ; elles sont indiquées dans les cas suivants, pour lesquels de nombreuses guérisons ont été obtenues : - hémiplégies et paraplégies, cachexies palustres, affections cutanées, accidents syphilitiques, névralgies sciatiques, plaies d'armes à feu, arthropathies, fistules, douleurs, engorgements glandulaires chroniques, ulcères atoniques, douleurs rhumatismales, arthritiques et musculaires.
" L'efficacité de ces eaux était du reste connue des Romains :

" Les Aquae Tibilitinae ont précédé Hammam-Meskhoutine. Ces thermes ont laissé des vestiges à différents endroits du plateau. Quelques piscines ont, surtout, résisté à l'action destructive du temps et des révolutions. L'une d'elle n'a pas moins de 55 mètres de long ; mais la hauteur où elle est placée n'a pas permis de l'utiliser, les eaux ayant baissé de niveau depuis des siècles, et ne sortant de terre qu'à un point de beaucoup inférieur. Les autres piscines, plus petites, mais situées au-dessous des sources actuelles, ont repris leur ancienne destination; restaurées par les soins du génie, elles ont formé jusqu'à ce jour les piscines de l'établissement militaire.
" De nouvelles baignoires, récemment terminées, sont au nombre de neuf, renfermées dans un grand bâtiment, et assez spacieuses pour que quatre à cinq personnes y prennent place à la fois. L'appareil y a donc été installé dans une anfractuosité de rocher, et les bains de vapeur, établis dans une hutte en planches, divisée en deux compartiments, laissent beaucoup à désirer.

" Toutefois, le mode d'administration des eaux en douches, en bains de vapeur et en piscines, en boisson et par inhalation, a lieu à Hammam-Meskhoutine comme dans les établissements thermaux les plus fréquentés. Leur efficacité est authentiquement démontrée, et nul doute qu'on leur restituera, au profit de la colonisation algérienne, l'importance qu'elles avaient au temps des Romains.

Héliopolis. - Village. à 104 k., et à 5 kil. de Guelma. Pop. europ. 332 hab. - Eglise, écoles ; fontaine, abreuvoir et lavoir publics ; terres fertiles, abondamment irriguées : céréales, tabac, vignes, belles et nombreuses plantations d'arbres fruitiers; plusieurs moulins. -.Héliopolis est, sans contredit, le plus beau centre de l'arrondissement.
Guelaat-bou-Sba. - Villag. à 109 k., et à 10 kil. De Guelma. Pop. europ. 239 hab. - Église et presbytère ; conduite d'eau qui alimente une fontaine, avec abreuvoir et lavoir ; céréales, tabac et vignes; plantations d'arbres fruitiers.
Nechmeya. - Villag. à 11 8 k , à 22 k. de Guelma et à 47 k. de Bône. Pop. europ. 171 hab. - Chapelle, école, salle d'asile ; poste d'infanterie ; fontaine, lavoir et abreuvoir ; ferres d'une fertilité extrême: céréales de qualité supérieure; belles plantations.
Penthièvre. - Villag. à 126 k. et à 32 k. de Bône. Pop. europ. 196 hab. - Maison commune, église, salle d'asile ; fontaine, lavoir et abreuvoir publics; céréales, fourrages; élève du bétail, et, surtout, de la race ovine.
Dréan. - Ham. à 140 k. et à 24 kil. de Bône. - Ce fut, dans le principe, un camp militaire.
Duzerville.- Villg. à 150 k., et à 11 kil. de Bône. Pop. europ. 200 hab. - Céréales ; fermes environnantes bien entretenues.
Hippone. - Ham. à 158 k. et kil. est de Bône ; n'a d'importance que par les souvenirs qui s'y rattachent. - Fut fondée par les Carthaginois, sous le nom d'Ubbo : devint, plus tard, le siège d'un évêché qu'administrait saint Augustin (396); prise et, en partie détruite, par les Vandales (450) ; reprise par Bélisaire (534), et détruite de fond en comble par les Arabes en 667 : il n'en reste plus que des ruines. On a élevé sur le tertre qui dominé ces ruines un petit autel en marbre, surmonté de la statue de saint Augustin, et environné d'une grille de fer.
- On y célèbre chaque année, et en grande pompe, une messe commémorative.

DE CONSTANTINE A LA CALLE.
(De Constantine à Bône, diligences ou voitures particulières; de Bône à La Calle, chevaux ou mulets.)
De Constantine à Bône, voy. p. 235.
De Bône à : Hippone, voy. p. 240.
Oued-Mafrarg. - 20 kil.; caravansérail.
Bordj-Aly-Bey, - 44 kil.; caravansérail.
Camp-des-Lièges, - 55 kil., maison isolée.
La Calle, 60 kil., voy. p. 192.

DE CONSTANTINE A SOUK-AHRAS PAR GUELMA.
(156 kil. Route stratégique : chevaux ou mules.)
De Constantine à Guelma,
Millesimo. -Villag. à 104 kil., et à 4 kil. de Guelma, sur la rive droite de la Seybouse. Pop. europ. 572 hab. - École et salle d'asile; église et presbytère; terres excellentes : céréales, tabac; plantations d'arbres très-bien entretenues.
Petit. -.(Comm. de Guelma). Villag. à 7 k. de Guelma, sur la route de Souk-Ahras. Pop. europ. 250 .- Église et école mixte ; fontaine et abreuvoir ; jardins potagers, céréales ; belles plantations d'arbres; bétail nombreux et estimé.
Medjez Sfa. - Villag. sur la route de Bône à Souk-Ahras. à 170 kil. de la première de ces villes et à 30 kil. de la seconde. Ce centre se compose 1° du village de MedjezSfa ; 2° du hameau annexe d'AïnTahamine. Pop. europ. 60 habitants. - Les habitants actuels sont presque tous ouvriers d'art.
Duvivier.- Villag. à 34 kil. de Souk-Ahras, sur la route de Bone à cette dernière ville. Population europ. 98 hab. - Point d'établissements publics.- Céréales, tabac, vignes. - Prendra de l'extension.
Souk-Ahras. - Ch.-I. de distr. à 100 kil. de Bône, et à 67 kil. de Guelma, à la jonction des routes de Tunis à Constantine, et de Tébessa à Bône. Pop. europ. 744 hab., ind. 509. - Commissariat civil; chapelle, école mixte, salle d'asile ; casernes d'infanterie et de cavalerie, magasins de subsistances et autres, hôpital-ambulance ; fontaines et abreuvoir; bureau de poste. - Marché arabe très-important. - Terres fertiles ; vastes forêts.

Souk-Ahras a été créé spontanément, en 1856, par les colons qui étaient venus se grouper autour de la garnison, placée là pour surveiller la frontière tunisienne; elle a pris rapidement de l'extension et deviendra, sans aucun doute, un de nos centres les plus actifs et les plus prospères. - C'est le Thagaste des Romains.

DE BONE A SOUK-AHRAS.
(85 kil. Diligences.)
Duzerville, -11 k., v. p. 240.
Mondovi :Village à 25 kil., sur la rive gauche de la Seybouse. Pop. europ. 519 hab. - Maison commune; église, école et salle d'asile ; sol fertile : céréales et tabac; élève et engraissement du bétail. - Aux environs plusieurs fermes importantes.
Barral. - Villag. à32 kil., sur la rive gauche de la Seybouse. Pop. europ. 303 hab. - Sol fertile et bien cultivé. Céréales ; tabac; bétail nombreux,
K'sar-Zakour,- 48 kil.; caravansérail.
Medjez-S'fa. - 63 kil., voy. p. 241.
Souk-Ahras. - 85 kil , voy. p. 241.

DE CONSTANTINE A TEBESSA.
(188 kil. Chevaux et mulets.)
Constantine :
Le Kroubs. - 16 kil., voy. p. 244.
Aïn-Beïda Kebira,- Villag. à 106 kil. Pop. 512 hab.- Centre de commandement d'un cercle établi, depuis 1851, au milieu de la tribu des Haractas ; bureau arabe, maison de kaïd et caravansérail; smala de spahis; chapelle, synagogue pour les Juifs; bureau' de poste ; marché arabe tous les mercredis et les dimanches. - Prendra de l'extension ; la pierre à chaux et à bâtir se trouve sur les lieux ; une source, dont l'eau est l'excellente qualité, débite 400 litres à la minute.
Oued-Meskiam. - 140 kil.; caravansérail.
Tébessa. - Ch.-l. d'un cercle milit., dans une riche vallée et au pied des Nemenchas, à 188 kil. Pop. europ. 170 hab. - Visitée en 1842 par le général Négrier; occupée définitivement depuis 1851.- Casernes, hôpital militaire ; chapelle catholique. - Les sources d'eau y sont nombreuses, et les jardins d'une admirable fertilité. Il s'y tient, deux fois par semaine, le dimanche et le mardi, des marchés où il se fait un commerce considérable de bétail, de laines et de tissus indigènes.
Tébessa (la Thevaste des Romains) était autrefois une ville de premier ordre. On trouve, parmi ses ruines, des restes considérables de temples et de monuments publics ; un arc de triomphes sur lequel on lit que l'ancienne Thevaste, détruite par les Barbares, a été relevée par Saloman, vainqueur des Vandales ; un cirque qui pourrait contenir six mille spectateurs ; une forteresse, encore debout avec son mur d'enceinte, flanqué de quatorze tours ; un temple de Minerve et une basilique.

GUIDE DU VOYAGEUR EN ALGÉRIE DE CONSTANTINE A BISKARA. (243 kil. Diligences.)
Le Kroubs. - Ham. à 16 kil., nouvellement créé, sur une haut, qui domine la vallée du Bou-merzroug. Pop. europ. 76 hab.
-Église, école ; bonnes cultures. - Il s'y tient tous les samedis un marché considérable de bestiaux.
Ouled-Ramoun - Villag. à 26 kil. Pop. europ. 75 hab. ; de création récente.
Aïn-Mlilia.-ib kil.; caravansérail.
Aïn-Yacouts. - 70 kil.; caravansérail.

Après avoir dépassé le caravansérail d'Aïn-Yacouti, on trouve de nombreuses ruines romaines : la plus curieuse est le Tombeau des rois de Numidie (Medrasen). Ce monument, qui, par sa forme, se rapproche beaucoup du Tombeau de la Chrétienne (voy. prov. d'Alger), est situé au pied du mont Bou-Arix.
" C'est, peut-être, dit M. Bérard, le seul édifice encore debout qui marque la transition entre l'art égyptien et l'art grec. Sa base a 55 mètres de diamètre, sa hauteur 18m,60. - Soixante colonnes coniques, sans piédestaux, ayant, avec leurs chapiteaux, 2m,60 de hauteur, sont engagées dans un mur circulaire. Au-dessus d'une corniche d'ordre poesturn, 23 degrés de 58 centimètres chacun de hauteur et de 98 centimètres de large, s'élèvent, en diminuant de circonférence, progressivement, jusqu'au sommet, qui ne présente qu'une plate-forme de 4 mètres de diamètre.
- Le pourtour du soubassement est divisé en trois parties égales, par des fausses, portes. On a trouvé à l'E l'entrée d'un couloir au-dessous du troisième gradin à partir de l'entablement, fermé par une pierre rectangulaire, qui descendait, à peu près, au niveau de la corniche couronnant la base du bâtiment. On a déblayé un escalier descendant dans un couloir dont les parois sont revêtues de pierre de taille, et dont le plafond est formé de longues pierres, portant sur les deux parois. Toute cette partie, jusqu'à deux mètres au delà, est un pallier parfaitement conservé. Une nouvelle fouille a fait découvrir des ossements humains. Le caveau, placé après le couloir, est détruit, par suite de l'affaissement de la plate-forme et de l'éboulement intérieur. "
(Voy., an, sujet de ce monument, la notice publiée, par M. Foy, dans L'ANNUAIRE DE LA SOCIÉTÉ ARCHEOLOGIQUE DE LA PROVINCE DE COSSTANTISE, 1856-1857.)
Oum-el-Isnam. - 95 kil.; caravansérail.
Ferdis. - 110 kil.; groupe de maisons.
Batna. -Ch.-l. de subd. mil. (commiss. civ.) à 120 kil. Pop. 1786 hab. dont 500 ind.-Hôtels: d'Europe, de France; cafés : du Monde, le France, de l'Univers; théâtre militaire; poste et télégraphie électrique.
Ville toute française, avec rues spacieuses et tirées au cordeau; fondée en 1844.
- Elle est située sur l'Oued-Balna, au milieu d'une vaste plaine qu'environnent, au Nord, sur un périmètre de trente mille hectares, de magnifiques forêts de cèdres et de chênes verts. - Hôpital ; casernes; église ; justice de paix ; pépinière ; cercle militaire; jolies promenades ; climat salubre et tempéré ; sol fertile ; eaux abondantes.
On y remarque de belles usines, notamment les moulins à blé. - Voitures publiques qui conduisent à Constantine et à Biskara. - Ses routes sont jalonnées de caravansérails.

Site Internet GUELMA-FRANCE