mise à jour 2006
CIVILISATIONS

LE PETIT GUELMA Guelma avril 1897

NOS ANCETRES LES MIGRANTS

DIMECH

Textes de Madame Aurore Verié-Cassar

Dimech est un nom très ancien à Malte ainsi que l'atteste les archives notariales du Moyen age Il a été autrefois orthographié : Dimah, Dimach et Zimech Vicenzo Dimech fut un sculpteur spécialisé dans l'exécution des statues de grandes tailles il est l'auteur de la statue de Sir Antonio Micallet et des quatre statues qui ornent le monument dédié à Sir Alexander Ball Le gouverneur de l'époque l'estimait beaucoup et le chargea de la décoration de son palais de Corfou Vicenzo Dimech mourut en 1831.Manwel Dimech, est un personnage qui a compté dans l'histoire moderne de Malte.Il naquit en 1860, à la Noël, d'où son prénom Manwel (Emmanuel). Manwel perdit son père, très jeune et fut élevé avec ses frères et sœurs par une mère sans ressources. Il ne connut pas l'école et vécut de petits boulots aussi durs que mal rétribués.A l'âge de 17 ans, il fut accusé, à tort ou à raison, de complicité de meurtre et condamné à 20 ans de prison. Il mit à profit ces années d'incarcération ; il apprit à lire et lut beaucoup et il étudia 6 langues. Dès qu'il le put, il écrivit une critique sévère des systèmes administratif, scolaire et pénitentiaire. Il s'essaya aussi à la poésie.Quand il fut libéré, il gagna sa vie en enseignant des langues et en écrivant dans des journaux. Puis il fonda son propre journal, " Il-Bandiera tal-Maltin " ce qui signifie " Le Drapeau Maltais ". Le ton de ce journal contestataire et même pour l'époque subversif. Pensez donc ! Il dénonçait la misère où croupissait de nombreuses familles qui n'avaient pas d'autres choix que de mourir de faim ou émigrer. Dimech se mit en devoir de secouer la soumission du peuple et dans ce but, il fonda également un cercle 'Ix-Xirka tal-Imdawlin " qu'on peut traduire par le Cercle de l'Obscurantisme ".Dans son cercle et dans le journal, ; Dimech et son équipe s'attaquaient violemment et courageusement à l'attitude de certaines autorités civiles et religieuses et militaires (britanniques). Comble d'audace, on y parlait du droit des femmes.Manwel Dimech eut le tort d'être en avance sur son temps, il touchait à plusieurs tabous. La réaction ne se fit pas attendre, ses réunions furent interdites, des pierres volèrent…Cela n'intimida pas Dimech. Pour faire taire cet homme qui criait la vérité, on l'excommunia, ce qui avait une énorme importance à Malte. Cela ne se faisait pas, on l'exila en Egypte. C'était en 1914, il fut interné dans un camp de prisonniers allemands qui lui menèrent la vie dure. Jusqu'à sa mort en 1921, on le laissa sans soins et sans nouvelles de sa famille. Il fut enterré dans le cimetière d'Alexandrie.

septembre 2005

Migraient ceux qui souhaitaient changer de vie. Leurs raisons étaient simples et multiples et leurs motivations dépendaient de plusieurs facteurs. Il y avait la famine, le chômage, la politique, les crises économiques et d'autres citoyens qui n'avaient pas de choix. En tout état de cause ceux qui quittent leur pays sont des gens malheureux qui espèrent des jours meilleurs. Les migrants, pour la plupart, sont nés pauvres dans des familles nombreuses dans des contrées surpeuplées sans industries ou infertiles. Ils s'expatrient en Algérie pour tenter d'améliorer leur sort. Le gouvernement, les préfets, les maires, les ecclésiastiques leurs ont présenté ce pays comme un pays de rêves, un El dorado. Ils abandonnent leurs racines pour en créer d'autres et ils abordent ces terres hostiles et inconnues avec appréhension et espoir. 14000 ont embarqué de tous les coins de France pour des villages de colonisation. Qui s'en souvient aujourd'hui de ces Français ? : Millesimo 1 et 2, Héliopolis, Jemmapes, Mondovi, dans l'Est algérien, Rivoli, Castiglione, Lodi, Zurich, Marengo, Aboukir, Fleurus ailleurs dans ce vaste pays. Ces noms de batailles célèbres devinrent des villes prospères en Algérie. 114 ans après, leurs descendants étaient " rapatriés ", souvent humiliés toujours incompris.
Nous avons retrouvé le nom de ces pionniers, leurs métiers, leurs âges. Moyennes d'âge pour les hommes : 31 ans, 23 pour les femmes, ils étaient dans la force de l'âge. Beaucoup mourront dans les premières années de la colonisation, la malaria, la chaleur, les fièvres, le choléra, les accouchements, mais aussi le désespoir. Peut-être retrouverez-vous, sur notre site GUELMA-France, un de vos ancêtres, soyez patients la liste est longue
Bibliographie : Madame Aurore Vérié-Cassar- GUELMA FRANCE


AZZOPARDI

Parmi les104 noms maltais les plus courants, il est au 14 ° rang. Signification de ce nom : il y a actuellement deux significations. Les uns pensent qu'il viendrait d'un nom qui signifie " boiteux ", en maltais : Tsop qui s'écrit Zop.
Pour d'autres, il viendrait de " sephardi ", qui signifie juif Sépharade (natif du magrheb). Aucune preuve pour trancher.
Ce qui sûr c'est que ce nom existait en 1419 puisqu'on le retrouve dans la liste de la milice de rabat où il est orthographié AZUPARDU. Entre 1486 et 1497, il est cité 24 fois dans les actes du notaire Sabbara, sous les formes de Zupard, Zuppardu, Zupardu, Azupardu. Quelques années plus tard, un compte rendu des funérailles du noble Francesco Gatt, mentionne un cavalier nommé l'homéo de Azupardu qui portait l'étendard du défunt. Dans un ouvrage traitant du Moyen-age, on cite les frères Pétrus et Salvus Azupardu. Plus tard , en 1624, les deux frères Benedetto et Andréa signent Azopardo.
Archives du tribunal de l'ordre des chevaliers:
En 1647, affaire de Pelegrina Azzupardo pour une histoire de mur mitoyen.
En 1688, une affaire d'intérêts au sujet d'un navire pour le prêtre Izidoro Azzopardi.
En 1628, Vincenzo Zuppardo, pour la vente de poudre pyrique.
En 1700, une affaire concernant Grazia Azzopardi, servante chez la chevalier Sans.
En 1713, les héritiers du capitaine Dominico Azzupardo se plaignent de vol .

Vers 1713, le Grand Maître Mancel de Vilhena fait construire à La Valette, un très joli théâtre " pour le divertissement du peuple ". C'est à ce jour le plus ancien théâtre de style baroque d'Europe. Un des deux architectes était Antonio Azzopardi. Un compositeur redécouvert récemment Francesco Azopardi. Il fut musicien précoce et apprit rapidement les rudiments de l'art avec le maestro Mikelang Vella. Puis ses parents l'envoyèrent continuer ses études à Naples avec le maestro Piccini. A 24 ans, il était célèbre, revenait à Malte et ouvrait son école. Il y forma d'excellents musiciens comme Nicolo Isouard et Pietro Paolo Bugeja. Quand il fut nommé Maître de chapelle de la cathédrale de Mdina sa renommée atteignit le niveau international surtout dans sa spécialité de " l'Arte del Contrapunto ". Des musiciens étrangers comme Flammery et Chérubini appréciaient ses compositions et considéraient son manuel de Musique Pratique comme le catéchisme de tout musicien. Ce livre fut traduit en français et adopté par le Conservatoire Royal de Paris. En Italie son nom figurait dans le Dictionnaire des Compositeurs. Mais tous ces sucés ne tournaient pas la tête du Maestro et il continuait à mener une vie simple, car courir les villes d'Europe pour faire mille révérences sous les applaudissements, ne lui disait rien et il préférait continuer à composer au fond de sa modeste maison de Mdina. Où il composa opéras, symphonies, cantates, musique sacrées et le tout dans le ton doux et mélancolique de son caractère. Dans les archives de la cathédrale de Mdina dont le conservateur est un Azzopardi, il nous reste 90 de ses œuvres dont certaines ont été enregistrées sur C D et émises sur France Musique. En 1775, ce n'est pas un artiste qui fait parler de lui, c'est un révolté, un militant qui se dresse contre le despotisme du Grand maître Ximenes. Il participa activement à la révolte des prêtres, fut arrêté et échappa de justesse au gibet et fut exilé à vie, il s'appelait Calcidon Azzupardo. Deux ans plus tard, le Grand Maître de Rohan, anoblissait le docteur Gaetano Azopardi en récompense de ses services en tant que " protomédico " médecin en chef de l'hôpital et directeur du service d'hygiène de l'île. Gaétano assumait de nombreuses charges : il était pharmacien en chef, présidait les jurys aux examens des futurs apothicaires , barbiers et sages femmes, il supervisait les achats de plantes et drogues médicinales, inspectait les officines, les marchandises importées et les abattoirs. Il devait aussi contrôler la fabrication des charcuteries, visiter les étrangers en quarantaine au Lazzaretto et veiller à l'inhumation correctes des défunts. Vous comprenez que ce travail avait une importance considérable, à cette époque, où les épidémies prenaient une ampleur effrayante et il fallait les prévenir d'autant plus qu'on ne savait pas encore les guérir. D'ailleurs grâce à l'Ordre de Saint Jean dont le but initial avait été se soigner, le niveau d'hygiène de Malte était supérieur à celui des autres pays d'Europe. Gaetano Azopardi trouva le temps d'écrire des traités de médecine connus dans les cours royales du continent. Ses lettres de patente furent enregistrées à l' Académie de Médecine de Paris dont il était membre. Ce médecin, devenu Baron de Bulepen, eut des frères et cousins tous appréciés de Grand Maître, Guisto et Piétro Pailo, médecin et Vicenzo avocat. C'est le Grand Maître Emmanuel de Rohan qui anoblit Gaetano en 1777, le titre fut reconnu par l'Angleterre en 1833. Son blason porte la devise :" Nec timeo nec terreo " ce qui signifie "Je ne crains pas d'être craint "
Au sujet des blasons maltais :
On ne peut connaître exactement leur sens, ceux qui avaient été élaborés n'ont pas donné le sens qu'ils voulaient exprimer par ces symboles. Ils voulaient indiquer un idéal ou rappeler un évènement de leur vie. Ils s'inspiraient souvent des symboles de l'Héraldique Italienne.
Ainsi, le léopard signifie la valeur, le courage
L'étoile, un idéal ou la réalisation d'une grande œuvre.
L'olivier, la paix, la gloire, la bonne action.

A la même époque, naissait et grandissait à La valette, le petit Paolo Azopardi qui montra, très tôt des dispositions de sculpteur. Ses parents le mirent en apprentissage chez un artiste formé en Espagne. Et paolo développa son talent mais la chance tarda à lui sourire. Il se maria, eut trois enfants, son épouse mourut prématurément et comme il fallait subvenir aux besoins des siens, il ouvrit un bistrot ; ses clients étaient des gens de mer. Et la chance commença à pointer le bout de son nez car bientôt les armateurs lui commandèrent des figures de proue pour les navires. Les figures de proue eurent du succès et des Confréries lui commandèrent les statuts de leur saint patrons, pour les processions. Puis le clergé lui confia la restauration des sanctuaires et Paolo Azopardi n'arrêta pas de sculpter si bien qu'il est difficile de rentrer dans une église sans y voir une de ses belles statues en bois polychrome si expressives. Cet artiste eut le bonheur d'être apprécié de son vivant et son apothéose eut lieu le jur où sa statue de St Georges entra solennellement dans la cathédrale de Gozo, accompagnée des slaves d'artillerie et du crépitement des feux d'artifice. Parallèlement à son travail artistique, Paolo prenait part à la vie sociale et politique du pays qui, à l'époque, était fertile en évènements. Il s'éteignit en 1875 à La valette et on l'inhuma dans l'église de Tarxien.

ARCHIVES DE LA PAROISSE SAINT LAURENT à MARSEILLE.

Mariage de Georges Azzopardo, calfat, fils d'André et Madelana Spéranza avec Marie-Thérèse Barthélemy fille de Louis, emballeur et Thérèse Bourrely le 09 février 1777.
Pendant l'occupation française de Malte 1798 - 1800, le nom de plusieurs Azzopardi restent dans les annales : Angelo, maire de Zejtun ; Anna, May et Jacob blessés au combat.
Charles, professeur d'Université. Francis à la municipalité de Zebbug.Mikelangelo médecin et président de la municipalité de Birbirkara. Peter Paul et un autre John, patriote exécuté. ( The French in Malta, de C. Testa)

ARCHIVES DE LA MARINE à TOULON.
Enrôlés : Joseph Azzopardo ; matelot de deuxième classe, Calcidone Azzopardo né le 26 septembre à Malte, " Taille moyenne ; poil châtain fils de Michel et Rosalie, habite rue des Fabres. Charles Lamy, colporteur, hors la porte de Rome, répond de lui. Aide canonnier du 15/09/1790 au 3 brumaire an IV , Guadeloupe, Le Cap avec le Capitaine Roustan. Michel Azzopardo du canton ouest, au charpantage.

ARCHIVES DE VINCENNES
Enrôlé " pour la campagne d'Egypte : Vincenzo Azzopard caporal dans la 2° compagnie, détachement de l'Artillerie Maltaise. En 1864, le Baron Azzopardi écrivit le journal :Prise de Malte par les Français.

LA LANGUE MALTAISE


Aussi loin que l'on puisse remonter, on sait que le langue parlée à malte, se décomposait de latin, grec et phénicien car après avoir été occupée par les Phéniciens, puis leurs descendants Puniques de Carthage, ils firent partie de l'empire romain Les archéologues ont trouvé là-bas, un cippe portant une inscription bilingue , phénicien et grec. C'est grâce à cette inscription que le phénicien- ancêtre des alphabets occidentaux- a été décodé. Bien plus tard, du IX ° au départ du XX °, Malte fut occupée par les Arabes qui imposèrent leur langue. Les arabes furent chassés par les Normands de Sicile en 1901 et Malte intégra le parlé du sud de l'Italie. Les chevaliers de saint Jean, bien que de huit origines diverses adoptèrent l'Italien comme langue officielle. Pendant l'occupation éclaire des Français, il y eu quelques documents en français , puis les Britanniques arrivèrent et voulurent imposer leur langue. Mais pendant tout se temps, les Maltais continuèrent à parler le Maltais et enrichir leur langue de mots étrangers selon leurs besoins. Puis, entraînés par un grand patriote et pionnier en le matière, ils prirent conscience que leur parlé n'était pas un patois, mais la langue d'une nation riche d'histoire qui valait bien celle des grands pays. Il leur fallu plus d'un siècle pour due le langue Maltaise soit reconnue, ce fut une question politique très épineuse. Malte devenue indépendante en 1964 a maintenait une langue nationale, le Maltais et deux langues officielles, le Maltais et l'Anglais. 85% des Maltais parlent couramment l'Anglais. D'après les récentes études du professeur Brincat (Université de Malte) la langue Maltaise se compose actuellement de 32,41 % de langue arabe, de 52,46% de langues romanes, de 6,12% d'Anglais et le reste d'origines diverses. A la rentrée universitaire en 2005, le Maltais sera enseigné à la Faculté de Paris x Dauphine par le professeur Edward Paul Magro
A Vérié-Cassar
La vie
La vie passe comme un rêve,
Elle passe comme une fleur
Elle passe comme une brise
Le cœur espère toujours
Et ne s'en lasse pas
Et la vie est comme
Un nuage qui se défait dans le vent
P.Cuschiéri
Il-hajja bhal holma,
Il-hajja bhal fjur,
Il-hajja bhal ziffa
Il-qalb tohlom dejjem
U qatt ma tistrieh
Id-dinja bhal shaba
Li tisfa bir-rih


Rose

Rose rouge et veloutée,
Je t'attendais depuis des mois
" Quand donc arrivera-t-elle ? "
me demandais-je avec impatience.
Et te voilà enfin, rose charmante !
Ta beauté m'enchante
Et ton sourire me console
De t 'avoir tant attendue et espérée
D .K Psaila
Warda
Warda hamra, bellusija
Xhur kien ili nistenniek
" Meta tasal dik il-warda ? "
Kont nistaqsi, fuq ix-xwiek.
Wasalt fl-ahhar, ward helwa,
U bi gmielek jien tghaxxaqt ;
Int hallastni b'dahka wahda
Ta' kemm tlabt u ta kemm xtaqt

Textes de Madame Aurore Verié-Cassar 30/10/05