LES BERBÉRES

Nom sous lequel on désigne diverses portions de la population aborigène de la Barbarie, sur la côte septentrionale de l'Afrique. On le fait venir soit de celui de ........... que les Grecs donnaient aux peuples dont l'idiôme différait du leur, et qui fut adopté par les Romains ; soit de l'Arabe ber (racine du bariet, désert), ou enfin de berberat (mélange de sons confus), à cause de leur langage.
Des traditions rattachent aussi l'origine des Berbères à un certain Berr, venue de Syrie. Leurs signes caractéristiques sont une fi gure ovale, des traits arrondis, un front étroit, des yeux foncés, des cheveux noirs et rudes, un teint olivâtre.
Moins nomades que les Bédouins ils n'ont cependant pas, comme les Maures, adopté complètement les habitudes sédentaires des villes ; ils vivent dans des cabanes, se livrent à l'agriculture et au commerce.

Leur langue, qui se parle encore sans mélange étranger dans l'île de Zerbi ou Djerba, est en usage depuis les frontières de l'Egypte et de la petite Oasis jusqu'à l'Atlantique et aux Canaries; depuis les chaînes les plus septentrionales de l'Atlas, jusqu'au sud du Sahara.

On distingue plusieurs rameaux dans la famille Berbère :
1° les Amazihs ou Schellouh (nobles, libres), à l'Ouest dans le Maroh ;
2° les Kabyles ou Kobaïls (pluriel de Kabyleh, tribu), dans les montagnes du pays d'Alger et de Tunis ;
3° les Tibbous, entre le Fezzan et l'Egypte ;
4° les Touareghs (pluriel de terka, tribu), dans la partie du Sahara comprise entre le Maroc, le Fezzan et le Soudan.
D'après M. Rousseau Joseph,(Chronique de la légende d'Alger, 1841.), les Berbers forment une nation puissante et indisciplinée, en parties nomades, répandus dans les états du Maroc, Fez, Alger, Tunis et Tripoli.
Selon quelques historiens arabes, les Berbers descendraient des Amalécites et des Chananéens, que les Israélites chassèrent de la Palestine.
D'autres les disent issus des Hémianites qui vinrent s'établir en Afrique au temps de la grande inondation d'Aroun.
D'autres enfi n pensent qu'ils ont eu pour souche, Ber, fils de Gnaïs-Phaélan, un des anciens rois d'Egypte, qui, à la suite d'un démêlé avec sa famille, fut se réfugier dans l'intérieur des terres; et, quand on demandait des nouvelles de ce prince fugitif, le peuple répondait Berber, ce qui veut dire, Ber est allé au désert.
Ces mots devinrent, à la longue, le nom patronymique de sa postérité.

Quoiqu'il en soit, les Berbers sont cultivateurs, riches en bestiaux, belliqueux, adonnés à la chasse et au brigandage, bons cavaliers et toujours bien armés. Asservis et musulmanisés en l'an 647 de l'ère chrétienne, ils ont toujours été la souche dynastique des chefs qui ont régné dans ces contrées.
KABYLES : Ils ont été primitivement nomades ; les invasions des divers conquérants de l'Afrique les ayant chassés des plaines et refoulés vers les lieux d'accès difficiles, ils ont modifié leurs habitudes, pris une vie sédentaire, cultivé les champs, bâti des villages, exploité plusieurs genres d'industrie.
Ils sont forgerons, maçons, taillandiers, armuriers, fabricants de monnaie ; construisent des pressoirs à huile; dressent des ruches d'abeilles; connaissent la cuisson des tuiles, la fabrication du savon et de la poudre.
D'un esprit pratique et positif, simples et rudes, ils sont doués du don de l'imitation et de l'aptitude des doigts et des mains.
On a retrouvé en eux les moeurs et les qualités des Auvergnats et des Savoyards ; la sobriété à toute épreuve; le labeur infatigable; la plus sévère épargne; l'honnêteté; la franchise mais, en même temps, la violence de caractère, l'opiniâtreté dans les ressentiments.

Les Kabyles opposent à la domination française une grande résistance, qui parait avoir, en partie, pour cause principale l'appréhension d'être placés sous le commandement des caïds arabes.

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