AZZOPARDI

     Parmi les104 noms maltais les plus courants, il est au 14 ° rang. Signification de ce nom : il y a actuellement deux significations. Les uns pensent qu'il viendrait d'un nom qui signifie " boiteux ", en maltais : Tsop qui s'écrit Zop.
     Pour d'autres, il viendrait de " sephardi ", qui signifie juif Sépharade (natif du magrheb). Aucune preuve pour trancher.
     Ce qui sûr c'est que ce nom existait en 1419 puisqu'on le retrouve dans la liste de la milice de rabat où il est orthographié AZUPARDU. Entre 1486 et 1497, il est cité 24 fois dans les actes du notaire Sabbara, sous les formes de Zupard, Zuppardu, Zupardu, Azupardu. Quelques années plus tard, un compte rendu des funérailles du noble Francesco Gatt, mentionne un cavalier nommé l'homéo de Azupardu qui portait l'étendard du défunt. Dans un ouvrage traitant du Moyen-age, on cite les frères Pétrus et Salvus Azupardu. Plus tard , en 1624, les deux frères Benedetto et Andréa signent Azopardo.
Archives du tribunal de l'ordre des chevaliers:
En 1647, affaire de Pelegrina Azzupardo pour une histoire de mur mitoyen.
En 1688, une affaire d'intérêts au sujet d'un navire pour le prêtre Izidoro Azzopardi.
En 1628, Vincenzo Zuppardo, pour la vente de poudre pyrique.
En 1700, une affaire concernant Grazia Azzopardi, servante chez la chevalier Sans.
En 1713, les héritiers du capitaine Dominico Azzupardo se plaignent de vol .

      Vers 1713, le Grand Maître Mancel de Vilhena fait construire à La Valette, un très joli théâtre " pour le divertissement du peuple ". C'est à ce jour le plus ancien théâtre de style baroque d'Europe. Un des deux architectes était Antonio Azzopardi. Un compositeur redécouvert récemment Francesco Azopardi. Il fut musicien précoce et apprit rapidement les rudiments de l'art avec le maestro Mikelang Vella. Puis ses parents l'envoyèrent continuer ses études à Naples avec le maestro Piccini. A 24 ans, il était célèbre, revenait à Malte et ouvrait son école. Il y forma d'excellents musiciens comme Nicolo Isouard et Pietro Paolo Bugeja. Quand il fut nommé Maître de chapelle de la cathédrale de Mdina sa renommée atteignit le niveau international surtout dans sa spécialité de " l'Arte del Contrapunto ". Des musiciens étrangers comme Flammery et Chérubini appréciaient ses compositions et considéraient son manuel de Musique Pratique comme le catéchisme de tout musicien. Ce livre fut traduit en français et adopté par le Conservatoire Royal de Paris. En Italie son nom figurait dans le Dictionnaire des Compositeurs. Mais tous ces sucés ne tournaient pas la tête du Maestro et il continuait à mener une vie simple, car courir les villes d'Europe pour faire mille révérences sous les applaudissements, ne lui disait rien et il préférait continuer à composer au fond de sa modeste maison de Mdina. Où il composa opéras, symphonies, cantates, musique sacrées et le tout dans le ton doux et mélancolique de son caractère. Dans les archives de la cathédrale de Mdina dont le conservateur est un Azzopardi, il nous reste 90 de ses œuvres dont certaines ont été enregistrées sur C D et émises sur France Musique. En 1775, ce n'est pas un artiste qui fait parler de lui, c'est un révolté, un militant qui se dresse contre le despotisme du Grand maître Ximenes. Il participa activement à la révolte des prêtres, fut arrêté et échappa de justesse au gibet et fut exilé à vie, il s'appelait Calcidon Azzupardo. Deux ans plus tard, le Grand Maître de Rohan, anoblissait le docteur Gaetano Azopardi en récompense de ses services en tant que " protomédico " médecin en chef de l'hôpital et directeur du service d'hygiène de l'île. Gaétano assumait de nombreuses charges : il était pharmacien en chef, présidait les jurys aux examens des futurs apothicaires , barbiers et sages femmes, il supervisait les achats de plantes et drogues médicinales, inspectait les officines, les marchandises importées et les abattoirs. Il devait aussi contrôler la fabrication des charcuteries, visiter les étrangers en quarantaine au Lazzaretto et veiller à l'inhumation correctes des défunts. Vous comprenez que ce travail avait une importance considérable, à cette époque, où les épidémies prenaient une ampleur effrayante et il fallait les prévenir d'autant plus qu'on ne savait pas encore les guérir. D'ailleurs grâce à l'Ordre de Saint Jean dont le but initial avait été se soigner, le niveau d'hygiène de Malte était supérieur à celui des autres pays d'Europe. Gaetano Azopardi trouva le temps d'écrire des traités de médecine connus dans les cours royales du continent. Ses lettres de patente furent enregistrées à l' Académie de Médecine de Paris dont il était membre. Ce médecin, devenu Baron de Bulepen, eut des frères et cousins tous appréciés de Grand Maître, Guisto et Piétro Pailo, médecin et Vicenzo avocat. C'est le Grand Maître Emmanuel de Rohan qui anoblit Gaetano en 1777, le titre fut reconnu par l'Angleterre en 1833. Son blason porte la devise :" Nec timeo nec terreo " ce qui signifie "Je ne crains pas d'être craint "
Au sujet des blasons maltais :
On ne peut connaître exactement leur sens, ceux qui avaient été élaborés n'ont pas donné le sens qu'ils voulaient exprimer par ces symboles. Ils voulaient indiquer un idéal ou rappeler un évènement de leur vie. Ils s'inspiraient souvent des symboles de l'Héraldique Italienne.
Ainsi, le léopard signifie la valeur, le courage
L'étoile, un idéal ou la réalisation d'une grande œuvre.
L'olivier, la paix, la gloire, la bonne action.

A la même époque, naissait et grandissait à La valette, le petit Paolo Azopardi qui montra, très tôt des dispositions de sculpteur. Ses parents le mirent en apprentissage chez un artiste formé en Espagne. Et paolo développa son talent mais la chance tarda à lui sourire. Il se maria, eut trois enfants, son épouse mourut prématurément et comme il fallait subvenir aux besoins des siens, il ouvrit un bistrot ; ses clients étaient des gens de mer. Et la chance commença à pointer le bout de son nez car bientôt les armateurs lui commandèrent des figures de proue pour les navires. Les figures de proue eurent du succès et des Confréries lui commandèrent les statuts de leur saint patrons, pour les processions. Puis le clergé lui confia la restauration des sanctuaires et Paolo Azopardi n'arrêta pas de sculpter si bien qu'il est difficile de rentrer dans une église sans y voir une de ses belles statues en bois polychrome si expressives. Cet artiste eut le bonheur d'être apprécié de son vivant et son apothéose eut lieu le jur où sa statue de St Georges entra solennellement dans la cathédrale de Gozo, accompagnée des slaves d'artillerie et du crépitement des feux d'artifice. Parallèlement à son travail artistique, Paolo prenait part à la vie sociale et politique du pays qui, à l'époque, était fertile en évènements. Il s'éteignit en 1875 à La valette et on l'inhuma dans l'église de Tarxien.

Madame Verrié-Cassar

Collectif des Guelmois GUELMA FRANCE