Compagnie de Recherches et d'Exploitation du Pétrole au Sahara

En février 1952 la (C.R.E.P.S., filiale de la Régie Autonome des Pétroles 55 % et du Groupe ShellRoyal Dutch 35 %) et la Compagnie des Pétroles d'Algérie (Groupe Shell-Royal Dutch 65 % RA.P. 30 %, B.RP. 5 %) se mettent à leur tour sur les rangs.

Un ensemble de permis de recherches d'une superficie totale de 145.000 km2 situés à la bordure Nord du massif cristallin du Hoggar est attribué le 23 mai 1953 la C.RE.P.S., tandis que la C.P.A. se voit accorder un ensemble couvrant 160.000 km2 entre le domaine C.RE.P.S. et celui de S.N. Repal C.F.P. (A).
Une intense compétition se développe alors dans ces régions désertiques dont l'infrastructure rudimentaire pose des problèmes ardus aux techniciens de toutes disciplines.

L'immense territoire soumis à la prospection est caractérisé par l'épaisseur, croissant du Sud ou Nord, des terrains qui recouvrent les roches mères et les roches réservoirs, du pétrole et des gaz combustibles. Un rôle de premier plan est ainsi dévolu :
(a) à la photographie aérienne qui permet la cartographie rapide et précise des zones de recherches et révèle, en outre, dans bien des cas, la structure des terrains ;

(b) à la prospection géophysique (gravimétrie - magnétisme - sismique réflexion et réfraction, tellurique) qui s'efforce de déceler, sous la couverture stérile, le comportement des terrains pétrolifères. Comme il est de règle en pareil cas, la précision de ces investigations s'accroît au fur et à mesure de la progression des sondages de vérification.
Un échange périodique de renseignements entre les quatre Sociétés accroît encore l'efficacité des travaux.

Deux chiffres donnent une idée de l'ampleur de la tâche :
A la fin de 1955 près de cinquante kilomètres de forages avaient été exécutés par l'ensemble des Sociétés qui occupaient 2.000 personnes dont 150 ingénieurs et assimilés et 400 techniciens et spécialistes.
Le montant global des dépenses atteignait environ vingt milliards de francs (dont la moitié pour la seule année 1955).

L'essentiel des résultats obtenus dans les différents secteurs à la fin de novembre 1956 peut se résumer de la façon suivante :
Fin 1953 la C.R.E.P.S. a découvert au Djebel Berga (100 km au Sud d'In-Salah) à 1.400 mètres de profondeur, dans des grès poreux du Dévonien inférieur, une réserve tràs importante de gaz combustible. Les recherches ultérieures ont révélé l'existence de gisements analogues dans l'Ahnet mais jusquà n'ont pas fourni de pétrole en quantité commerciale

Les grès du même étage contiennent des indices importants d'huile légère dans la partie occidentale des permis S.N. Repal - C.F.P. (A) de l'Oued Rharbi et d'El Goléa.

En mars 1956 la C.R.E.P.S. a mis à jour vers 650 m de profondeur, dans les grès carbonifères de l'Erg Issaouane, au voisinage de la frontière lybienne, une huile légère d'excellente qualité.
D'autres indices positifs ont été reconnus dans ce district où la prospection se poursuit très activement.

En juillet 1956, à 130 km SE de Laghouat, la C.F.P. (A) rencontre à 2.250 mètres de profondeur, dans les grès triasiques, une quantité notable d'un excellent pétrole brut.

En août 1956, à 3.200 mètres de profondeur, les essais effectués par la S.N. Repal sur les grès triasiques recoupés par le sondage d'Hassi-Messaoud (75 km à vol d'oiseau Est d'Ouargla) fournissent - à raison de plusieurs m3/h sous une pression de gisement de 450 kg/cm2 - une huile légère, de densité 0,80, très fluide et exempte de soufre. L'épaisseur du réservoir dépasse ici - pour le moment la centaine de mètres. Il n'a pas encore été traversé complètement.

Enfin au début de novembre 1956, le sondage d'Hassi-R'Mel (70 km NW de Ghardaïa) exécuté par C. F.P. (A) pour le compte de S.N.Repal rencontreà 2132 m les grés triasiques fortement imprégnés d'un gaz comustible

On voit ainsi qu'en moins de trois ans les hydrocarbures ont été rencontrés dans des roches gréseuses appartenant à trois étages géologiques distincts, à des profondeurs variant de 600 mètres à 3.200 mètres avec des pressions de gisement permettant d'escompter des débits commerciaux si les structures se révèlent convenablement imprégnées.

Un tel résultat est dû, à la fois, à l'efficacité des équipes de Géophysique et au dynamisme des équipes de géologues et de foreurs sahariens.

Cette série de découvertes apporte la preuve que le Sahara peut être considéré désormais comme une " province pétrolifère ).

Reste à déterminer, dans les mois qui suivent, les caractéristiques des grès réservoirs à proximité des belles découvertes réalisées. Dans tous les secteurs, en effet, les sondages de reconnais-sance ont mis en évidence de très grandes variations dans la porosité et la perméabilité des grès de tous les étages - aussi bien dans le sens vertical que dans le sens horizontal

Les brillants résultats obtenus récemment ne font pas perdre de vue le problème d'ensemble. Des travaux de préreconnaissance sont menés à bien par le B.R.P. dans les régions de Tindouf, d'Adrar et de la Hammada de Tinr'hert où de nouveaux chercheurs sont prêts à intervenir.

Si les espoirs suscités se réalisaient, si ces ressources se révélaient aptes à une mise en valeur sur une vaste échelle, l'économie algérienne en serait très favorablement influencée.

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