NOUVELLES DE L'ÉTRANGER........

Guelma - L'environnement agressé au boulevard Abdekader-Herga

Les responsables du secteur des transports à Guelma persistent avec la politique de colmatage. Les nuisances causées par les bus qu'endurent quotidiennement les Guelmis en témoignent.
L'atmosphère est des plus asphyxiantes dans certains quartiers de la ville, causée surtout par la grande anarchie qui règne autour des arrêts de bus.
On prend comme exemple le cas du boulevard Herga-Abdelkader, qui sépare le stade communal Ali-Abda et la cité du 8-Mars, où la commission a décidé, ces derniers jours, de prolonger l'arrêt des bus qui desservent la région de Khézaras Bouchegouf et Hammam N'bails, jusqu'à la poste de la cité Agabi.
Cette initiative censée diminuer la pression perturbe fortement la quiétude des riverains. Les habitants de la cité Bon-Accueil, quartier résidentiel et emblématique de la ville, et ceux de la cité du 8-Mars s'indignent devant les incivilités de certains usagers de ces lignes. Ils déplorent les désagréments qu'ils subissent au quotidien.
"Les passagers qui descendent des bus ne respectent pas la quiétude des résidants. Certains dépassent même toutes les bornes de l'impudeur, en urinant sans gêne aucune sur les murs des habitations", déclare un des plus anciens habitants de ce quartier.
A cela s'ajoute le problème des toilettes publiques, ouvertes pour la circonstance en face des bâtiments de la cité du 8-Mars.
On peut facilement imaginer les désagréments multiples que cela peut engendrer pour l'environnement et les familles riveraines. Des dizaines de bus sont garés à longueur de journée sur le boulevard, les chauffeurs, les receveurs et des passagers s'agglutinent le long du trottoir, notamment devant le portail de l'école d'agriculture (ITMA) et aux alentours de la poste de la cité Agabi, rendant très difficile le passage des piétons.
Des vendeurs à la sauvette commencent déjà à s'installer sur les lieux, et cela va prendre sans doute de l'ampleur au vu du rythme où vont les choses.
A quand une prise de conscience des populations et des autorités communales pour la protection de l'environnement à Guelma ?
C'est la question que se posent les habitants de cette ville, classée jadis parmi les villes les plus propres du pays.
Noureddine Guergour

Envoyé depuis Guelma


C'était il y a longtemps....en 1999


UNE ALGÉRIE INCROYABLEMEMT SALE ....l'autre peuple plastic
par Kamel Daoud
Quelque chose de triste qui vous prend au ventre, vous met l'encre de la colère dans les yeux. D'insultant. De terrible comme révélation sur les siens face à leur terre : des milliers de bouteilles d'eau minérale, emportées par les vents, roulant sur l'asphalte. Des sachets bleus, de la saleté, des détritus.
Une terrible saleté sur les plages algériennes, contrastant avec le bleu infini, le sable et les youyous de l'Indépendance. Pas la saleté habituelle qui dure depuis des ans, mais quelque chose de plus ample, grave.
On ne sait pas quoi écrire sur le phénomène : le regarder, en souffrir et s'interroger : pourquoi les Algériens, en majorité, sont-ils sales ?
Le dire blesse l'image édulcorée que l'on se fait de soi et des siens au " nom du peuple" et de la fiction.
Mais c'est ainsi : nous sommes sales

Photos crédit internet

Encore plus depuis que l'argent gratuit a libéré les excès de consommation. On vend du pétrole, on achète, on dévore puis on baisse la vitre de la voiture pour jeter ses déchets, ses emballages et ses sachets dans le " Dehors".
Cet espace de personne, de la prédation, de la poubelle, de la vacance, du butin ou de l'abandon. Comparé au " Dedans algérien" : lieu des soi et des siens, de l'intime, du sentiment de propriété, du beau ou de la convivialité.

De mémoire du chroniqueur, jamais les spectacles de la saleté n'ont été aussi énormes, catastrophiques. Comme s'il s'agit d'une volonté conscience de faire mal à la terre, de se venger. Expression sinistre de la mort de l'âme et de la complète débilité de la majorité. Lien brisé et méprisant envers l'environnement.
Fallait-il libérer ce pays avec du sang pour, au final, le noyer dans la saleté ? Pourquoi cette absolue inconscience ? L'École ? La Religion ? Le rejet de toute autorité ? Le lien maladif entre l'Algérien et l'Administration assimilée à une autorité exogène ? La certitude que l'on va aller au paradis et que ce pays n'est qu'une salle d'attente ? La surconsommation ? La négligence de l'autorité publique ? A la fois, en vrac, en tout. Il y a de tout dans la poubelle de l'âme.

Et face à cette saleté inconcevable, on rêve presque de dictature dure : amende énorme pour la moindre bouteille de plastique jetée. Prison pour le sachet bleu ou la poubelle lancée hors de la poubelle. Il ne faut plus se jouer des sociologies faciles, il faut punir.
Le crime est énorme. Il faut sévir et rééduquer les gens aux habitudes de base : se laver les mains, respecter le feu rouge comme s'il s'agissait d'un dieu tricolore, ne pas jeter ses ordures n'importe où et avoir le culte de l'hygiène et de la propreté. Car cela devient honteux et scandaleux ce pays vu par le train, la voiture ou aux bords des eaux ou dans ses espaces publics.
Un assassinat de l'espace et de la terre que l'on va laisser aux enfants à venir.

Il en va de l'acte de chacun. Pas comparé aux autres, mais la sphère fermée de la responsabilité individuelle. Il en va aussi de la mission de tous : école, administrations, pouvoirs publics. Il faut sauver au moins ce pays de ses ordures. Car c'est un déluge, un raz de marée, une honte.
Après des années de guerre, un millénaire d'attente et tant de sacrifices, en venir à habiter une décharge publique avec un drapeau, est une honte.

Car désormais, c'est ceci le pays : des sachets bleus, des décharges, des poubelles éventrées partout, un peuple au trois quart ignare, insouciant de la terre à transmettre, bigot, sale, incivique et intolérant.
La civilisation commence par l'hygiène et l'hygiène n'est pas aller se laver les pieds dans les mosquées que l'on construit par milliers, puis jeter ses déchets au visage de la terre rare et malheureuse.

Une honte. De chacun par chacun, de tous. La terre appartient à ceux qui la respectent.
Si on en est incapable, autant la redonner aux colons.

Site internet GUELMA-FRANCE