Onze ..ils étaient Onze
Aux cris de "chiens de chrétiens", "juifs, fils de juifs"..
Ces onze colons furent massacrés
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Nous étions dans les premiers jours d'avril, la poudre parlait sur la frontière de la Tunisie ; des villages français avaient été brûlés, des colons assassinés.

Mokrani avait envoyé au général commandant la division de Constantine sa déclaration de guerre ; la Kabylie était travaillée par les émissaires du caïd Ali.

Le vieux cheikh El Addad appelait à la guerre sainte les enfants du prophète, le moment était venu de jeter à la mer les roumis, ces "chiens de Français", que la protection d'Allah ne couvrait plus. Les Arabes croyaient fermement qu'il ne restait plus de soldats.
À part quelques individus plus intelligents, à l'esprit desquels il ne pouvait venir à l'idée qu'une grande nation comme la France ne pouvait être anéantie complètement en si peu de temps, les indigènes étaient persuadés que nous étions devenus la proie des prussiens, et qu'en France il ne restait absolument que les femmes, les enfants et les vieillards.

Les marabouts répandaient les récits les plus mensongers, certains allaient jusqu'à fixer le jour où le dernier des Français quitterait le sol de l'Algérie.

Le caïd Saïd, était malade et son fils aîné Mohamed, âgé de 20 ans le remplaçait. Le samedi 15 avril, tous mes khemmès étaient en l'air; des nouvelles avaient été apportées pendant la nuit, les tribus des béni- Mansour s'étaient soulevées, le cercle d'Aumale tout entier était en armes, les colons avaient dû abandonner leurs villages, et des fermes isolées avaient été pillées, la route de Sétif était coupée, les poteaux télégraphiques renversés, le gros des insurgés s'approchait, marchant vers le nord, et le caïd Ali venait de lever l'étendard de la révolte, appelant ses aux armes les nombreuses tribus.

Je fis appeler le chef du village, et lui demanda son avis sur la gravité des nouvelles apportées pendant la nuit ; sa réponse fut très précise et la voici :

- Pour le moment, il n'y a encore aucun danger; mais dans quelques jours, si le beylick n'envoient pas de soldats tout le pays sera soulevé; tiens-toi sur tes gardes, veille surtout la nuit ; les voleurs de professions sont sur pied ; du reste, ajouta-t-il, ce soir et les nuits suivantes, je te donnerai quelques hommes de garde.

Je le remerciai, et comme deux avis valent mieux qu'un, je fis seller ma jument et me rendis au village où demeurait le caïd Saïd.

Je le trouvais entouré d'une trentaine d'arabes, parmi lesquels je remarquais bon nombre d'étrangers ; je connaissais déjà du douar, une grande partie des habitants, mais ceux qui causaient avec Saïd n'appartenaient pas à ses tribus.

La présence d'étrangers en un pareil moment me paru d'un mauvais augure, je restais sur mes gardes.
Après les salutations d'usage, je pris à part le caïd et lui demandais la vérité sur la situation, mais la vraie vérité.

Je te crois assez mon ami, lui dis-je, pour ne pas supposer un instant que ton intention soit de me laisser couper le cou par des coreligionnaires ; que vous cherchiez à nous chasser les reprendre possession de votre indépendance, je le comprends jusqu'à un certain point, vous croyez le moment propice, c'est fort bien mené, je n'ai pas la prétention de te prouver que vous ne réussirezn pas plus aujourd'hui, qu'il y a 10 ans, que la France, bien qu'affaiblie par les guerres avec la Prusse est encore assez forte pour battre un ramassis de kabyles et d'arabes sans discipline, sans chef capable et armé en dépit du sens commun.

Non, je sais que si j'étais dans le désert, tu me répondrais : que c'est l'affaire d'Allah et non celle du canon et des mitrailleuses.

Tu es un homme de poudre, mais tu n'es pas un assassin et si, face à face, nous devons bientôt échanger des coups de fusils, tu ne voudrais pas me laisser lâchement égorger ,si Dieu t'ordonnes la guerre sainte, je ne sache pas un seul verset du Coran qui admette l'assassinat.
Pour le moment, me dit-il les béni-Thour ne songent pas à bouger, au contraire, si les autres tribus se présentaient, nous les recevrions à coups de fusils, malheureusement nous n'avons que très peu d'armes et le beylick ne paraît pas disposé à nous en donner.
Le caïd Ali et son parti sont en pleine révolte depuis ce matin, une nefra (consultation prochaine) a eu lieu ce matin au marché, mais elle n'a pas abouti, les avis sont partagés, les uns veulent la guerre, les autres la voudraient bien aussi, mais n'osent pas se prononcer, ils attendent.
Si les kabyles voyaient seulement un bataillon d'infanterie, personne n'oserait.

Au village, il y a pour toute garnison, que des mercantis et des juifs. Mais, soit tranquille, à chaque instant je reçois des nouvelles et dès qu'il aura danger, tu seras prévenu
- Jure le mois, lui dis-je alors.
- Par Allah, je te le jure, répondit le caïd en mettant la main droite sur sa poitrine.
Je lui serrai la main et regagnai la ferme, bien convaincu que je serrais prévenu à temps

On verra par la suite quelle confiance qu'on peut avoir dans la parole de l'Arabe.

La journée du samedi se passa sans incident on était en plein labours de printemps, je faisais piocher les vignes et préparer le potager pour monter comme d'habitude les carrés de légumes dont je vendais des produits pendant l'été.

En rentrant, je remarquaisque pas un des hommes à la journée n'était à son travail ; J'en demandai la cause, il me fut répondu que les arabes étaient occupés à mettre leurs grains en silos et à cacher ce qu'ils avaient le plus précieux, car on s'attendait d'un moment à l'autre à l'arrivée des kabyles, qui ne feraient pas faute de ramasser ce qu'ils pourraient trouver.

Il avait entendu dire que des Français avaient dû rebrousser chemin car le pays était soulevé. Je fabriquais un certain nombre de cartouches et se tint mes armes prêtes, n'ont point que j'eusse l'intention de résister, je savais la chose impossible, mais j'étais décidé à me défendre, au moins contre les rôdeurs de nuit, quitte a céder devant le nombre et de gagner le village, dès qu'éclaterait l'insurrection, ce qui évidemment ne pouvait tarder.
Vers 8:00 du soir, je vis arriver quatre arabes que m'envoyait le cheikh Abdallah Moussa, je leur donnai du pain et du caillé m'entretien longuement avec eux, et leur remis à chacun un fusil ou un pistolet et allai me coucher.
Ma chambre, placée au premier étage, avait deux fenêtres sur la cour et deux sur la campagne ; au moindre bruit de mes chiens, qui faisaient bonne garde, m'auraient réveillé et j'étais prêt.
La nuit se passa parfaitement calme.

On construisit un camp retranché mais qui n'éditait rien de bon.

J'ai dit que les arabes relevaient la tête outre mesure depuis quelque temps, mais jamais je n'avais eu à me plaindre d'eux particulièrement.
Je jouissais parmi les indigènes d'une certaine considération, j'avais toujours été pour eux, sévère parfois, mais juste et beaucoup connaissaient le chemin de ma ferme quand ils étaient malade ou avaient besoin de quelque chose.

J'étais donc allé à la chasse ; je ne tardai pas à remarquer que les gens que je rencontrais, qui tous me saluaient ordinairement du bonjour traditionnel (sbalkrer), affectaient de passer, sans même regarder.
Un moment il m'arriva de traverser un champ de blé où mon chien faisait lever nombre de cailles ; tout à coup j'entendis un arabe crier, non pas après moi, il n'osait pas encore, mais après l'indigène que j'avais avec moi et qui me suivait et lui intimer l'ordre d'avoir à quitter son champ.
C'était la première fois que pareil fait se produisait

L'arbico cria de plus belle et les grossièretés commencèrent à pleuvoir, toujours après mon arabe c'est vrai, mais s'adressant évidemment à moi.
Nous étions deux, nous n'avions affaire qu'à un seul individu, je pouvais donc me montrer sans crainte, aussi, m'arrêtant et prenant la parole, je priais celui qui vociférait de loin de vouloir bien s'approcher et m'expliquer, de puis quand il était défendu de chasser dans les jeunes blés encore en herbe.
Pour toute réponse, j'ai reçu une bordée d'injures, parmi les épithètes de chiens de chrétiens, juifs, fils de juifs, charogne fils de charogne, je distinguais cette phrase significative, que : bientôt je ne chasserais plus qu'au fond de la mer.

La colère alors s'empara de moi, je désarmai mon fusil par mesure de prudence et, le prenant par le canon pour m'en servir comme d'une massue :
Viens dis-je à l'arabe, et tu vas voir comment je corrige les insolents ; je courus sur l'Arabe provocateur, qui prit ses jambes à son cou et s'enfuit dans la direction du village, en criant comme si je l'eusse écorché vif.
J'ai repassé la rivière et je suis rentré chez moi véritablement inquiet.

Ma ferme ! Mais c'était tout ce que je possédais ; depuis 15 années j'y mettais soins, travail, argent, je l'aimais pour tous les déboires dont elle était la cause ; depuis les premières arbes, le premier pied de vigne, la première haie, j'avais tout planté, tout soigner et s'était alors que je commençais à jouir de mes dépenses, alors qu'elles étaient véritablement agréables, qu'il fallait tout abandonner !
Qu'allais-je devenir ? J'entassais dans les mâles, linge, livres etc…et pleurais.

Le lendemain, lundi, je suis debout de grand matin, la nuit avait été tranquille
Le cheikh vint me trouver et me dit :
Dépêche-toi, demain, il sera trop tard. Crois-moi repris t'il, méfie-toi de tous tes gens, ils n'attendent que le signal, les insurgés sont à deux heures d'ici, dès qu'ils rentreront sur le territoire, nous serons obligés d'entrer dans le mouvement, pour ne pas être pillé nous-mêmes.
Ce soir, demain au plus tard, le mouvement éclatera ; cela ne tient qu'à un fil ; au premier coup de fusil, tout le monde se lèvera

Cette fois j'étais prévenu, bien prévenu ; aussi ne perdis pas une minute, je pris au hasard dans les troupeaux, une douzaine de vaches, tauracins, une génisse et fait conduire au marché situé à 3 km de la ferme, un peu plus au dessus du village européen. je montais à cheval et parti, muni de deux pistolets de poche, chargé de gros plombs de chasse.
Je parcouru le marché où je remarquais une grande influence arabes.

Les juifs étaient à leur place, assis devant leur étalage d'étoffes ; les bouchées kabyles abattaient, comme d'habitude, chèvres et moutons ; les cafetiers préparaient gravement la délicieuse liqueur ; la place était, comme à l'ordinaire, encombrée de grains de toutes sortes, blé, fèves, etc. les colons allaient et venaient. Tout à coup et comme nous parlions de ce qui menaçait la colonie tout entière, une immense clameur monta sur le marché, il était une heure et demi ; nous sortîmes précipitamment ; les arabes fuyaient de tous cotés en criant :
- "la razzia… La razzia"

Tout le monde criait, vociférait ; les juifs pliaient bagages en évoquant Moïse, les marchands chassaient devant eux leurs mulets, anes, boeufs, vaches et moutons, les colons se rangeaient en armes sur la conduite du lieutenant de la milice ; le tambour battait le rappel.
J'aperçu Ahmed, le fils du caïd Saïd, à qui j'avais donné, enfant, des jouets et des bonbons ; je lui avais appris à monter sur un poulain de quatre ans, je m'approchai et lui demandai ce que signifiait tout ce vacarme.
- Mais, je n'en sais absolument rien, me répondit-il.
- Es-tu sûr lui dis-je, que ce n'est qu'une panique ?
- Parfaitement sûr, et je te jure par Allah, que pour aujourd'hui du moins, les béni-Thour ne bougeront pas
- Mais demain, ?
- Ah ! demain ; Dieu le sait
.

Je retournais à la ferme pour rassurer tout le monde en affirmant que, pour le moment, il n'y avait aucun danger ; mais ajoutai-je, il faut partir.

Tout était prêt, les chariots chargés contenaient les caisses de la ville, les effets d'habillement ainsi que la literie, fauteuils, quelques chaises, des livres, des papiers, enfin tout ce qu'on avait pu à entasser

Il était 3:00 heure, je quittai la ferme, je n'oublierai jamais ce moment-là.

Ce que j'éprouvai ne peut se décrire ; c'était tout à la fois de la douleur, de la honte, de la colère.
Fuir, me sauver, abandonner tout ce que je possédais, et cela de devant mes khammès qui assistaient, eux, leurs femmes et leurs enfants, en départ précipité ; il y avait là plusieurs arabes du village voisin et aussi un ancien berger que j'avais eu tout enfant, à qui j'avais appris à parler français ; celui-là pleurait. C'est le seul.
Tout le long du chemin, je rencontrais des colons qui fuyaient, emportant dans des charrettes, hardes, matelas, et tout ce qu'ils avaient pu empiler.

Ah ! L'horrible chose que de quitter ainsi sa maison, son champ et fuir devant les arabes !... Et comme je me faisais à moi-même le serment de me venger à la première occasion !
Le commissaire civil, prévenu à onze heure par le caïd, qu'il fallait faire au plus vite et replier tous les colons.

Il était temps, le premier assassinat fut commis à cinq heure de l'après-midi, le nommé Blanc, instituteur, fut la première victime. Le malheureux se sauvait, mais au lieu de suivre la grande route, il voulut couper à travers champs ; les gens du douar l'aperçurent et le tuèrent dans d'horribles conditions. Ils étaient trois pour accomplir ce haut fait. Trois contre pour assassiner un homme sans défense, voilà la bravoure du guerrier arabe vantée par quelques écrivains.

À sept heure du soir, une autre tentative d'assassinat avait eu lieu contre l'aubergiste ; comme les autres, il se sauvait dans une voiture ; trois km avant d'arriver au village, plusieurs coups de fusils furent tirés, une balle lui traversa le mollet.
Le curé et trois autres personnes furent également assaillis par une fusillade assez vive, personne heureusement ne fut atteint.

Onze colons, parmi lesquels Lambert, celui dont j'ai déjà parlé, n'avait pu se décider à abandonner leurs maisons, les femmes et les enfants étaient partis, ils crurent avoir le temps d'emporter encore quelques objets et cacher le reste.
Les malheureux! Ils avaient confiance en les arabes qu'ils employaient.

Les indigènes du douar distant de 300 m seulement, vinrent, le soir du lundi 17 avril, offrir leurs services aux onze malheureux colons qui, les connaissant de longue date, vivant cote à cote avec eux, travaillant ensemble, crurent pouvoir se fier à ceux qui s'offraient à les protéger.

Acceptant avec reconnaissance les offres de leurs voisins, ils leur donnèrent du pain, du café et la nuit se passa en causerie intime ;

Le lendemain matin, les défenseurs se firent égorgeurs ; ils étaient 300 contre onze, les lâches ! Ils tuèrent en détail les malheureux affolés, qui ne cherchèrent même pas à se défendre.
Cependant les trois derniers, refusent de se laisser égorger comme des moutons à l'abattoir et, les poches garnies de cartouches, le fusil en bandoulière, ils se précipitent dans la maison d'école, dont ils barricadent la porte.

Lambert était un des trois qui, pendant une demi-heure, tena en échec 300 bandits, 300 assassins

Pendant ce temps, les gens de la tribu arrivent en foule, pour prendre leur part de la curée humaine, la besogne était faite aux trois-quarts, les colons étaient égorgés :

Chien ! fils de chien, s'écrient les premiers arrivants, en s'adressant aux assassins, pourquoi vous ne avez-vous pas attendus ? Le sang des roumis est-il donc pour vous seul ?

La maison d'école servait de cible et Lambert tirait toujours, déjà sept des assaillants étaient mortellement atteints, lorsque Ahmed le chef des insurgés arrivant au galop de son magnifique cheval noir, donna l'ordre de mettre le feu à la maison d'école et de les enfumer, comme des sangliers dans leur bauge, les trois braves qui résistaient toujours.
Aussitôt les fagots amoncelés près des demeures des colons et destinés à chauffer le four, furent apportés et bientôt les malheureux, asphyxiés par la fumée, furent obligés de grimper jusque sur la toiture du bâtiment.

Un des trois le fils du maître d'école assassiné la veille, reçu une balle au moment où il passait la tête par l'ouverture faite à la toiture et, deux mois après, on voyait encore la traînée de sang le long du mur noirci.
Un second fut abattu au moment où, perdant la respiration, il cherchait à ouvrir une fenêtre du premier étage.
Quant à Alembert, sautant d'une hauteur de huit mètres, il vint donner, tête baissée, au milieu de la tourbe des assaillants.

En un clin d'œil, il fut haché, chacun tenant à honneur de faire son trou dans ce corps déjà cadavre.
Et les plus acharnés, les plus avides du sang de ce malheureux père de famille, était précisément ceux à qui, une heure auparavant, il offrait une tasse de café confectionné par lui-même au foyer domestique.
Et c'est sur de pareils monstres, qu'aujourd'hui encore, j'entends nombre de gens à s'apitoyer !
Mais nous ne sommes pas au bout, j'ai d'autres atrocités à vous raconter.

Jourdan, un colon reçoit à bout portant un coup de feu qui lui traverse la cuisse, il tombe, trois arabes le prennent, le portent sur le lit, pillent sa maison, ferment les fenêtres, se retirent en tirant la porte, et mettent le feu aux quatre coins et brûlent le tout .

Canette se sauve, atteint la berge de l'oued, six arabes le poursuivent, tirent sur lui le manquent ; d'autres arrivent, tirent aussi, ils ne sont pas plus adroits, la chasse continue, le gibier n'est pas atteint et cela dure dix minutes ; enfin, le malheureux sent ses forces l'abandonner, son pied glisse, il s'abat et les chasseurs d'hommes, trop maladroits pour atteindrent leurs victimes à la course, lui envoient trois balles à bout portant.
Canette demande grâce, supplie ses bourreaux.

Un tigre plus de tigre que les autres, lui promet la vie si il fait la prière de tout bons musulmans :
ia iah ila allah, ou mohamed raçoul allah.
Le malheureux est fort empêché, il ne s'est pas un mot d'arabe.
Répète lui di-t-on : ia iah ila allah
Et Canette bégaie la formule ; à peine a-t-il prononcé le dernier mot, qu'il reçoit un coup de bâton sur la tête et les monstres l'achèvent.

Rey est sur le seuil de sa porte, il se demande où fuir.
Passe Ali Srier, l'ancien cheikh, qui depuis 10 ans que le village de Reybeval est créé, passe toutes ses journées au village, tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre..

Ray l'appel, lui demande aide, Ali Srier s'approche et, pour toute réponse, plonge son poignard dans le ventre du colon, et coupe promptement le cou à celui dont, il y a deux heures, il serrait la main.

Soudon a 63 ans, il n'a pas voulu fuir la veille, quoique n'ayant rien à sauver ; c'est un maçon qui vit du travail de ses mains, au jour le jour, mais il est assez vieux, dit l'arabe pour faire un mort ; Ali Mansour le voit, l'injuste et l'abat d'un coup de fusil.

Onze ils étaient, onze furent assassinés

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