LES FEMMES JUIVES DE CONSTANTINE

Les femmes juives doivent aller à visage découvert dans les rues et sans voiles, afin qu'on les distingue des dames turques et mauresques, ce qui était aux yeux des superstitieux musulmans un signe de mépris ; les juives avaient donc la même liberté que les Européennes, ces premières ont aussi leur costume distinct de celui des Mauresques (le noir y dominait sous les Turcs) ; mais depuis notre occupation elles ont repris leur indépendance et se sont émancipées, et pour leurs robes elles ont pris des étoffes très-voyantes en soie rouge ou bleu-de-ciel; avec cela elles sont couvertes d'ornements dorés et de boucles d'oreilles en diamants.

Leur costume consiste en une grande tunique ordinairement noire pourles jours non fériés, et sans manches, qui leur descend jusqu'aux talons ; elles sont sans bas, et n'ont aux pieds que des pantoufles où les orteils trouvent à peine la place pour se caser; les manches de la chemise sont en mousseline et de la plus excessive ampleur; les extrémités, qui pourraient devenir gênantes en leur couvrant les bras, sont liées l'une à l'autre derrière les reins, sans que le mouvement des bras en avant en éprouve la moindre gène ; elles portent sur la tête le Sarmah comme les Mauresques dès qu'elles sont mariées ; car, tant qu'elles sont filles, leurs cheveux restent flottants derrière elles, tressés d'un ruban vert ou rouge formant une longue queue.
Les jeunes filles juives comme les jeunes Mauresques portent une calotte de velours vert ou rouge garnie de sequins.

Si les juives portent le Sarmah comme les Mauresques, seulement avec la différence qu'elles ne le recouvrent pas d'un voile que lorsqu elles sont en grande parure, les plus coquettes, lorsqu elles sortent en toilette, se drapent avec une étoffe légère de laine blanche ressemblant à de la gaze, quelles relèvent avec une main pour s'en couvrir une partie de la figure ; il leur semble apparemment que ce rapprochement avec l'habitude des Mauresques ajoute quelque chose à leur propre valeur.

Les juives ont en général le teint un peu jaune; probablement on doit l'attribuer à leur manière parcimonieuse de se nourrir.

Toutefois on en voit beaucoup qui font exception à la règle, qui sont parfaitement blanches et fort jolies; les femmes juives à Alger sont en général de belles femmes, et communément on les reconnaît à leurs très-beaux yeux (1).

DES BAINS MAURES
Je ne dois pas passer sous silence les bains publics

Les bains maures, qui, comme nous l'avons dit, sont au nombre des plaisirs des indigènes, ne sont pas la chose la moins curieuse à connaître de leurs murs, malgré les détails qui en ont été donnés par plusieurs auteurs. Je crois donc à propos d'en parler ici pour les personnes qui ne les connaissent pas.

Les établissements de bains sont distribués à peu près de la même manière dans chaque ville.
Voici la description d'un de ces établissements à Alger, et la manière dont se prennent les bains à vapeur.

En entrant est une grande pièce formant un carré long, et dont les murs sont blanchis à la chaux ; d'un côté à gauche, on voit un immense fourneau surmonté d'une énorme chaudière pleine de café maure ; deux Arabes se tenaient près d'une espèce de comptoir, distribuant à chacun des habitués des tasses de café.

Dans cette première pièce, vis-à-vis la porte d'entrée, est une galerie profonde, dont le plafond était soutenu par un rang de colonnes torses en marbre blanc.
(suite prochainement)

Couple algerien et leur enfant

COURRIER DEPUIS GUELMA
Bonjour, Je suis heureux de recevoir du courrier de Mme Yvette.
C'est un grand plaisir pour moi de répondre à sa question.
Le couvre-chef dont vous parlez fait bien partie de l'habillement de l'Algérienne.
Sa forme conique est bien déterminée du reste, en ce sens qu'il ne s'agit pas d'un cône de révolution (droit, je dirais) mais d'un cône oblique.
Il est porté dans les grandes occasions, oui, c'est vrai ! Il est alors recouvert de Louis d'or.
Il est porté également quotidiennement sous sa forme simple. C'est le cas de ma mère, par exemple.
Il s'appelait "Chéchia"
Celle-ci n'avait pas que le cône oblique, elle avait également la bande qui servait à son maintien.

../..une cousine d'accepter de se vêtir selon la tradition algérienne en 1947.

femme musulmane

D'une manière générale, je n'ai aucun souvenir montrant la moindre différence entre les habits portés, respectivement, par les femmes arabes et juives. Recevez l'expression de ma sincère amitié pour vous, à Gilles et votre famille. GASMI ML

Le Lundi 10 juillet 2017 10h48, Yvette Martinez a écrit :

Bonjour Monsieur,
Nous vous espérons en bonne santé, vous et votre famille
j'ai besoin de votre aide au sujet d'une photographie prise en 1947 lors d'un mariage d'un ouvrier de la ferme école. La futur femme avait demandé à une cousine d'accepter de se vêtir selon la tradition algérienne. J'ai été étonnée de son couvre chef qui est un cône semblable à celui que portent les juives , d'après mes correspondantes algériennes ce cône serait aussi utilisé dans les grandes occasions par les femmes arabes, ma question est-ce vrai ? pouvez vous développer ?
merci à bientôt amicalement Yvette martinez-borg


Enfants juifs


Femme juive en tenue traditionnelle

Site internet GUELMA-FRANCE