UN CERTAIN 17 OCTOBRE 1961
OU
COMMENT LE F L N A CHERCHÉ L INFLATION SUR LES MORTS
ET QUAND LE F L N A DÉCIDÉ D'ENVAHIR PARIS

Des 12 h 30, le 17 octobre 1961, "Europe 1" signale un attroupement de nord-africains dans le secteur de l'Opéra. Environ 150 manifestants sont interpellés sans difficulté par la police. Deux heures plus tard, la même radio signale d'autres arrestations dans la capitale. Il s'agirait d'Algériens qu'une grève de la SNCF à Saint-Lazare empêche(rait) de rejoindre leur travail. D'autres rumeurs prétendent que ces manifestants se sont trompés d'heure... ou qu'ils ont pris les devants afin d'être interpellés sans histoire avant les affrontements probables de la fin de la journée.

La présence de nombreuses femmes et de très nombreux enfants parmi les manifestants incite les autorités à répudier l'emploi des grenades lacrymogènes et des lances à incendie pour venir à bout des concentrations.
Les forces de l'ordre reçoivent avec les consignes de sang-froid habituelles, celles d'éviter les provocations et de ne répondre par la violence qu'en cas de légitime défense.
Leurs unités vont être dispersées en multiples détachements. Les uns protégeront les points sensibles habituels : l'Elysée, Matignon, les ministères, la Préfecture de Police... mais également certaines installations essentielles à la vie économique de la capitale et même de la Nation.
C'est Gennevilliers. Le souvenir des sabotages perpétrés par le F.L.N au cours de l'été 1958 est d'autant plus vivace que des projets de destruction de cet objectif par l'O.S ont été découverts récemment*. De multiples détachements postés à proximité des bouches de métro situées près de points de rassemblement fixés par le FLN, intercepteront les arrivants. D'autres interdiront les principales voies d'accès à l'agglomération parisienne qui, depuis le nord et le nord-ouest, risquent de déverser des foules considérables.
Il faut reconnaître que malgré les recommandations de discipline et de sang-froid faites aux policiers par leur hiérarchie, la tension et la rancune sont fortes chez ceux dont le FLN a fait ses cibles privilégiées depuis plusieurs mois (nombreux agents de police ont été lachement assasinés)
En fin de journée, les premiers groupes importants de manifestants sortent du métro. Ils sont interceptés et ne font pas de difficultés lorsqu'ils sont conduits aux cars de police qui les emmènent aux divers centres de regroupement. Mais la situation, du fait de l'afflux algérien, s'aggrave contrairement aux propos de la propagande FIN largement répandus depuis, en dehors de quelques harkis destinés à servir d'interprètes aux détachements d'intervention les plus exposes, les "calots bleus" n'interviendront pas dans les opérations de maintien de l'ordre le 17 octobre 1961.

Rapidement, le flot humain qui aborde le pont de Neuilly submerge le barrage de policiers qui tente d'interdire l'entrée du pont près de la défense. La foule est difficilement contenue par le détachement qui tient l'autre extrémité de l'ouvrage. Il reste dans la nasse, sur le pont, les unes et les enfants que le FLN, fidèle à sa tacticte , a fait marcher en tête du cortège. Les heurts sérieux se sont produits à l'entrée du pont située sur la rive droite. Menacés de disparaitre dans la foule excitée, les policiers utilisent gênéreusement leurs bâtons. Si force horions : échangés (plusieurs agents sont blessés), sauf une rafale de PM tirée en l'air afin d'impresionner la foule, il n'est pas fait usage d'arme à feu La propagande du FLN et de ses complices prétendra que de nombreux Algériens ont été , blessés, jetés à l'eau ( l'un d'eux repéché avouera qu'il avait volontairement plongé pour échapper à la police) . La simple logique démontre la fausseté de ces affirmations.
On ne signalera aucune victime parmi les femmes et les enfants pourtant en tête du dispositif.

Par ailleurs, il est impensable que des policiers, totalement submergés par la foule, aient pu impunément procéder à ce type d'exaction.
C'est mal connaître la férocité latente d'une foule musulemane que laisser supposer qu'elle ait pu, sans réagir, subir pareil traitement. Des coups sévères ont été échangés, il y aura des blessés des deux côtés, finalement le flot humain renoncera à franchir la Seine et se répandra de part et d'autre de l'entrée du pont, sur la rive droite du fleuve.
D'autres heurts violents se produiront sur les Grands Boulevards, à Saint-Germain où tourbillonnent des milliers d'Algériens , se heurtant aux policiers peu disposés à la discussion et à la mansuétude.
La manifestation (20 à 30000 manifestants) proprement dite durera à peu près trois heures. Le communiqué émanant à 22 heures de la Préfecture de Police fait état du rétablissement de l'ordre dans Paris. On apprendra le lendemain que 11 730 interpellations, environ 113 des manifestants, ont conduit autant d'Algériens dans les Centres de regroupement (Centre de triage de Vincennes, Palais des Sports, Porte de Versailles, stade de Coubertin, Cour du 19 août à la Préfecture de Police). Les cars de police étant insuffisants, il a fallu réquisitionner des autobus. De nombreuses femmes ont été rassemblées à l'hôpital Sainte-Anne.
P D'après le Préfet, les échauffourées auraient provoqué la mort de deux Algériens et d'un Français, une dizaine de gardiens de la paix ont été hospitalisés.
Ces chiffres seront vivement contestés par le FLN qui affirmera qu'il y eu 85 morts. On sait que pour sensibiliser l'opinion le F L N multiplie toujours par 10 le nombre des victimes, et qu' aucun cimetière de la région parisienne n' a recensé 85 enterrement de musulmans. A Marseille le nombre de cadavre en partance pour l'Algérie est resté constant.
Il est hors de question de reconnaître les massacres systématiques et délibérés imputés au sadisme et au racisme des policiers, par leurs adversaires, toutefois il est certain que certains agents de l'autorité ont. dans certains secteurs, perdu leur sang-froid et ont eu. sans vraies raisons, la main lourde. A ce sujet, Papon lui-même est intervenu pour calmer ses hommes dans la cour du 19 août. Si ce comportement imputable à la terreur qu'a fait régner antérieurement le terrorisme de l'OS et des groupes armés au cours d'opérations réputées de guerre, au réflexe de peur engendré par la menace impressionnante d'une multitude déclarée hostile, n'est pas admissible, il peut cependant être compris.
Pour diverses raisons, dans l'immédiat, la manifestation du 17 octobre peut être considérée comme un grave échec pour le FLN. Il n'a pas réussi à s'attirer la sympathie des métropolitains. Bien au contraire, ils ressentent de l'inquiétude, de l'hostilité même envers la population immigrée.

Le GPRA se désolidarisera de la manoeuvre, laissant entendre qu'il s'agit d'une initiative malencontreuse de la Fédération de France. Il n'y aura pas d'autres manifestations à Paris les jours suivants, ni en province. Celles prévues, très importantes, pour la commémoration du 1 novembre 1954, date du début de la rébellion, n'auront pas lieu. Mais, surtout, l'OPA a perdu le contact avec une population qui a très mal apprécié les résultats de sa manipulation. Dans la région parisienne, la collecte de fonds chute de l50 %. Les renseignements affluent auprès des services de police et surtout auprès du service de coordination des Affaires musulmanes et de la FAP. De très nombreuses arrestations s'ensuivent, provoquant l'écroulement de réseaux et des saisies d'armes importantes. D'autre part, les cadres de l'OPA et des groupes armés, identifiés et repérés à la suite de leur participation à l'organisation des cortèges, deviennent les cibles des militants du MNA et du FAAD. De nombreuses exécutions sommaires sont constatées. L'échec de la manifestation au 17 octobre fait subir à l'organisation du FLN en métropole des coups irréversibles. Ce sont les accords d'Evian qui assureront son succès et ses dirigeants pourront affirmer que l'indépendance de l'Algérie a été gagnée à Paris. Mais très vite, par le biais de ses complices français, ceux que le Préfet Papon .appelle "le grand orchestre rouge", du moins du point de vue politique, le FLN va, en partie,; pouvoir récupérer sa mise.

LES CONSÉQUENCES : UNE RÉCUPÉRATION POLITIQUE.
Pour masquer son echec le FLN multiplie les morts.
Le mot d'ordre : il faut (becif) manifester .
Les délégués du F L N font du porte à porte, menaçant de mort les familles d'algériens qui ne veulent pas se joindre aux manifestations. Ces morts, car il y en aura, seront comptabilisés comme étant l'oeuvre de la police française

COMMUNIQUÉ DE LA PRÉFECTURE DE PARIS
Le 31 octobre, le communiqué de la préfecture annonce que cinq nord-africain et un européen ont été tués au cours des heurts du 17 octobre.

Le nombre des tués et disparus estimés par le FLN et ses thuriféraires français relèvent non seulement de l'imagination, mais d'une extraordinaire fantaisie. Ce chiffre s'est même accru avec le temps et les nécessités de la propagande FLN estime les pertes à 200 tués et 2300 blessés :
" au pont de Neuilly, une bonne centaine de manifestants ont été assommée et précipitée systématiquement dans la scène. L'État cadavres qui remonte à la surface porte des traces de vie de strangulation (il paraît curieux que des policiers, au milieu d'une foule hostile, aient la possibilité d'étrangler leurs adversaires).

Toujours d'après les sources du FLN la même chose se passe au Mont-Saint-Michel. À la station de métro Austerlitz " le sang coulait à flots, des lambeaux humains jonchaient les marches des escaliers "
" depuis la cour de la préfecture de police, transformée en véritable charnier, les tortionnaires jetaient des dizaines de leurs victimes dans la scène.. Au parc d'exposition de la porte de Versailles, des dizaines d'Algériens ont été tuées à coups de crosse, de manches de pioche, 30 cadavres ont été jetés dans le canal à Saint-Denis. Dans le 18e, des Algériens ont été aspergés d'essence et brûlés par morceaux (fin de citation).

Ainsi, à trop vouloir prouver, on ne prouve que le mensonge.

Ainsi, le 8 mai 1945, lors du génocide contre les français, les algériens comptabiliseront 45.000 morts, tout simplement parce que nous étions en 1945, il suffisait donc d'ajouter quelques zéro

Dans le livre la bataille de Paris paru en 1991 l'auteur fournit 74 identités des victimes identifiées et celles de 70 disparus.
L'enquête récente ordonnée par M. Chevènement est confiée à M. Mandellvier, semble corroborer les chiffres officiels. La liste pour la période du 17 au 20 octobre, l'enquêteur fait état de 7 cadavres pouvant être imputés aux événements en cause

Deux corps ont été relevés à Puteaux (tués par balles, l'une des victimes portant des traces de strangulation). Or la police n'est pas intervenue à Puteaux…...
Un européen tué sur les grands boulevards, crâne fracassé.
Un nord-africain abattu à Coubertin par les gendarmes mobiles.
Un nord-africain décédé au cours de son transport dans un car de police.
Un nord-africain écrasé par un véhicule à colombes.
Un nord-africain tué par un gardien de la paix le 18 octobre à colombes.

Le même rapport précise que du 17 octobre 31 décembre, 88 nord-africain ont été amenés à l'institut médico-légal, une trentaine ne pourraient provenir de la seconde quinzaine d'octobre.
Ces chiffres, compte tenu de la cadence habituelle des règlements de comptes entre nord-africain (lutte FLN-MNA des actions terroristes du FAAD), reste dans " les normes " habituelles à l'époque et n'indiquent pas une action particulière des forces de l'ordre..

La volonté de récupération, au plan politique, d'un grave échec tactique, était déjà évidente peu après les faits.. Elle l'est encore davantage aujourd'hui.
On a pu entendre à la télévision, à propos de l'affaire du 17 octobre 1961 : " ce soir-là le fleuve charriait des cadavres "
ainsi, s'ajoutant une orientation politique indubitable, avec le goût du sensationnel, de préférence morbide, qui caractérise nos médias, le résultat devient propagande sans rapport avec la réalité..

En conclusion : (mais cela n'en sera pas une)
Aux juges de la rigueur de la répression d'une opération de guerre menée par le FLN, sur le territoire français, et de l'amère déception de ses affidés, on citera ces paroles de François Mitterrand prononcé en 1989 dans d'autres circonstances :

" Le vide des armes appelle l'ingérence extérieure ; et les droits auxquels nous somment accoutumés, les libertés qui nous paraissent aller de soi, sont d'autant mieux assurés qu'on nous sait détenir les moyens suffisants pour les protéger "

Pour l'année 1961, la presse fera état de 878 nord-africains tués. Du 1er janvier au 20 juillet, on comptera 417 cadavres d'Algériens. 24 civils européen seront abattus, 70 blessés, 11 policiers tués, 38 blessés. On note, pour cette période, une importante recrudescence d'attaques concernant des véhicules, des patrouilles, les postes de police. Les harkis de la FAP sont particulièrement pris à partie du fait de leur efficacité.

Par exemple, le 8 juin, 33 Algériens en tenue militaire attaquent à Paris en plein jour, les implantations policières. Les agresseurs sont abattus ou neutralisés, 8 policiers sont blessés dans cette seule opération. Les représentants des forces de l'ordre, cibles permanentes des tueurs du FLN sont traumatisées.

Depuis 4 ans, 67 policiers ont été tués, 382 blessés. En août et en septembre 1961, 12 policiers sont tués dont cinq en septembre, une vingtaine d'entre eux sont blessés.
Le 5 octobre, le préfet de police, M. Papon, décide sur l'ordre du ministre de l'intérieur R Frey :
" Dans le cadre des mesures prises pour neutraliser le terrorisme algérien et accroître la protection des personnels de police "d'imposer un couvre-feu interdisant la circulation de la population musulmane de 20:30 à 5:30 h dans la région parisienne et la banlieue à l'exclusion des déplacements professionnels ou justifiés par l'urgence…../…
Le même jour, Mohammedi Saddek, " coordination de la fédération de France " propose au comité fédéral qui siège à Cologne la mise sur pied d'une manifestation de masse à Paris :
" Nous devons mettre le peuple de France au pied du mur "…../…..

L'opération envisage plusieurs phases :
1- le mardi 17 octobre, la manifestation massive des algériens de Paris de la banlieue (femmes, enfants inclus) submergera, à partir de la fin de la journée, à l'heure du couvre-feu, les principaux quartiers de la capitale. :
Les Champs-Élysées, les grands boulevards, Opéra, Saint-Michel, Montmartre en criant des slogans réclamant des négociations avec le G P R A et…la lutte contre le racisme.../…
La note insiste sur le rôle des femmes qui, en réaction aux arrestations prévisibles, devront manifester devant la préfecture de police, le troisième et le quatrième jour.

Cette manifestation, qui sera " encadrée par des militants expérimentés ", a pour but de convaincre les Français, submergés et donc fortement impressionnés, de la puissance du F. L N, constituant une sorte d'État dans l'État, de la justesse de sa cause et donc de la nécessité impérative de passer à les exigences de ses représentants.,
2- de nouvelles consignes propageront le mouvement à l'ensemble du territoire métropolitain avec le soutien, obtenu ici et là, des partis et des personnalités de gauche, les syndicats, des milieux universitaires, des réseaux de soutien.
Le lundi suivant prévoit une grève générale des algériens et la grève de la faim des prisonniers et internés.
Il s'agit donc d'une véritable opération de guerre psychologique, menée sur le territoire national par un adversaire qui, depuis trois ans, a ouvertement entamé les hostilités contre la France et, jusqu'à présent, fait peu de cas de la vie des citoyens. Les autorités nationales ont donc légitimement le droit d'être extrêmement inquiètes . Il y a la réaction prévue, sûrement violente, d'une police à bout de nerfs, exaspérée par les multiples attentats récents, mais aussi les menaces du FLN qui ne prévoit rien moins que l'égorgement, suivant ses méthodes habituelles, pour les récalcitrants.

Pour s'opposer aux 30 000 Algériens déferlant sur le centre de la capitale, les responsables du maintient de l'ordre disposent d'à peu près 8000 hommes.
De toute façon, il faudra faire face.

Extrait : Histoire des grands conflits, missions et actions secrètes en Algérie. Collection LE PATRIMOINE 6 rue Anatole de la Forge 75017 PARIS

CETTE JOURNEE DU 17 OCTOBRE INTERPRETÉE PAR LES ALGÉRIENS DANS LE JOURNAL "EL WATAN " traduction "LA VÉRITÉ"
17 octobre 2001 : Cinquante ans de mobilisation pour la reconnaissance officielle de ce "crime d'Etat"
Pour le cinquantième anniversaire de cette journée qui ne doit pas être "portée disparue", la manifestation pacifique des Algériens de Paris du 17 octobre 1961 - à l'appel de la Fédération de France du FLN - et sa violente répression seront commémorées et célébrées non seulement dans la capitale française et sa banlieue, mais aussi dans plusieurs villes de province et jusqu'en Algérie à travers de très nombreuses initiatives multiformes qui s'étaleront sur plusieurs jours.

Le Collectif 17 octobre 61-17 octobre 2011 Vérité et justice, qui en assure la coordination réclame la reconnaissance officielle de ce crime d'Etat par les plus hautes autorités françaises.
Depuis plus de quatre décennies, à la même date, le 17 octobre, ils se donnent rendez-vous sur le pont Saint-Michel pour se recueillir à la mémoire des Algériens jetés dans la Seine par la police de Maurice Papon, préfet de Paris, le 17 octobre 1961, alors qu'ils manifestaient pacifiquement contre le couvre-feu que celui-ci avait imposé aux Algériens de Paris et sa région onze jours plus tôt.
Ces porteurs d'une mémoire étouffée (leurs enfants, des progressistes et militants des droits de l'homme), qui ne se sont jamais résignés à ce que le silence officiel la recouvre définitivement - d'abord une poignée - sont de plus en plus nombreux au fil des commémorations.
Leur détermination et leur pugnacité ont lézardé le mur du silence et abouti à quelques avancées comme l'apposition en 2001 d'une plaque commémorative, en 2001, par le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, place Saint-Michel. Et pour le cinquantième anniversaire de cette journée, qui ne doit pas être "portée disparue", la manifestation des Algériens de Paris et sa violente répression seront commémorées et célébrées non seulement dans la capitale française et sa banlieue, mais aussi en province et jusqu'en Algérie à travers des initiatives multiformes qui s'étaleront sur plusieurs jours : colloque international à l'Assemblée nationale, colloque à Nanterre, conférences-débats dont une au Centre culturel algérien, documentaires, éditions d'ouvrages, théâtre, expositions, musique, le tout couronné par une imposante manifestation qui partira des Grands Boulevards, un des lieux de convergence de la manifestation du 17 octobre 1961, où des dizaines d'Algériens désarmés ont été criblés de balles, piétinés, tabassés, leurs habits des grands jours souillés de sang - car c'était un grand jour que de manifester ce jour-là pour leur dignité et pour l'indépendance de leur pays - jusqu'au pont Saint-Michel où nombre d'entre eux ont été jetés vivants dans la Seine, la plupart s'étaient noyés parce qu'ils ne savaient pas nager.
Toutes ces initiatives - à l'actif de plusieurs dizaines d'associations animées par des citoyens français et des enfants de manifestants du 17 octobre 1961 coordonnées par le Collectif 17 octobre 61-17 octobre 2011 Vérité et justice initiées par "Au nom de la mémoire", le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), la Ligue des droits de l'homme (LDH) et 17 Octobre contre l'oubli - ont pour finalité la reconnaissance officielle de ce crime d'Etat par les plus hautes autorités françaises, laquelle reconnaissance serait le prélude à la reconnaissance des crimes de la colonisation."On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations", affirment-ils.
Et de considérer que "cinquante ans après, il est temps que les plus hautes autorités de la République reconnaissent les massacres commis par la police parisienne le 17 octobre 1961 et les jours suivants comme un crime d'Etat" ; que "la Fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie (créée en application de l'article 3 - dont l'abrogation est demandée - de la loi du 23 février 2005 vantant les ''aspects positifs'' de la colonisation, ndlr) soit refondée sur des bases totalement différentes" ; que "la liberté d'accès aux archives soit effective pour tous, historiens et citoyens" ; que "la recherche historique sur ces questions soit encouragée, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant".
Cet appel du Collectif 17 octobre 1961-17 octobre 2011 Vérité-Justice a recueilli d'ores et déjà l'adhésion d'une cinquantaine d'associations, de syndicats, de partis politiques.
Pour paraphraser ce journal algérien: "VÉRITE JUSTICE" :cinquante ans après, il serait temps que les plus hautes autorités de la République Démocratique et Populaire Algérienne reconnaissent le crime d'état commis par le F L N, des 2000 à 3000 civils français qui furent atrocement assassinés le 5 juillet 1962 à Oran.
-

Site Internet GUELMA-FRANCE