DEMOGRAPHIE ET HABITAT EN ALGERIE

1954-1955-1956

La lutte contre les logements insalubres, l'un des problèmes les plus urgents à résoudre, s'ajoute à l'effort de solidarité sociale dont bénéficient les populations d'Algérie.

Tant que les problèmes posés ne présentèrent pas un caractère d'urgence, les solutions furent tout naturellement laissées à l'initiative des municipalités chargées de l'hygiène publique à l'échelon local.
Pendant cinquante ans, les réalisations furent fragmentaires mais la construction restait limitée et n'avait pas encore l'importance qu'elle présenta aussitôt après la guerre.

L'attraction exercée par la ville sur les campagnes, l'arrêt presque complet de la construction de 1940 à 1945, et surtout la poussée démographique donnèrent au problème une acuité nouvelle. Les pouvoirs publics interviennent alors, tout d'abord pour créer des cités de recasement au cours de l'année 1946.
En outre, l'Administration se préoccupa de donner une vigueur nouvelle à la législation sur les H. B.M. (Habitations à Bon Marché) qui avaient vu le jour après la première guerre mondiale. Une aide financière fut prévue pour favoriser la construction de ces immeubles qui prirent alors le nom d'Ho L.M. (Habitations à Loyer Modéré) La loi du 3 septembre 1947 instituant un régime provisoire de prêts de l'Etat à taux d'intérêt réduit et couvrant au maximum 90 % de la dépense totale, a permis aux H.L.M. d'amplifier leur action au lendemain même des hostilités.

A ce titre furent réalisés par l'Office municipal d'H.L.M. d'Alger des groupes d'immeubles très importants comme celui du Champ de Manœuvres qui constitue une unité de quartier de 650 logements
En 1952, 4.140 personnes avaient pu être logées dans les H.L.M. construits dans les trois départements. En 1953, plus de 2.000 logements ont été mis à la disposition de la population. En 1954, a été achevée la construction de 1.616 appartements, dont 1.195 dans le département d'Alger, 379 dans le département d'Oran, 342 dans celui de Constantine. En 1955, 2.500 logements ont été construits.
Au 1" janvier 1956, on comptait 5.263 logements H.L.M. en chantier

-Depuis 1955 est en cours d'exécution un vaste programme H.L.M. de secteur industrialisé qui comprend actuellement :

- Département d'Alger :
- 842 logements à Alger (634 aux Eucalyptus, 208 au Stade municipal) .
- 1.000 logements actuellement en cours d'adjudication à Hussein-Dey.

- Département d'Oran :
- 500 logements à Oran (Cité des Mimosas).

En outre, pour ces deux départements, la reconduction du programme 1956 est prévue pour 1957 soit 800 logements à Maison Carrée (département d'Alger) et 500 logements à Oran.

- Département de Constantine:
- une tranche de 700 logements est actuellement en cours d'adjudication sur un programme de 5.000 logements à réaliser à la cité Bellevue.

En 1954-55, furent édifiées sur les hauteurs d'Alger deux cités de 750 et 1.550 logements, équipés et installés. Les cités de Diar es Saâda et Diar el Mahçoul comprennent stade, école, terrain de sport, marchés, etc ...
Le problème quadriennal d'études pour les H.L.M. comprend pour les années 1955-56-57 ;

LOGEMENTS
Logements destinés à la location: - à normes ordinaires 6.500
- à normes économiques 7.500
2" Logements à construire sous le régime de l'accession à la propriété 3.000
SOIT AU TOTAL 17.000 LOGEMENTS

Au titre des " Cités d'urgence " , une somme de 650 millions a été affectée à la réalisation de logements sur la base d'une dépense de 500.000 Fr par logement, tous éléments compris.
D'une manière générale, les villes d'Algérie ne peuvent que difficilement loger leur population attirée par le machinisme et l'industrie. La conséquence de cette concentration est un bouleversement total dans la politique communale en matière de logement et d'équipement. Du point de vue sanitaire, par exemple, de nouveaux problèse posent et les finances des communes ne peuvent suffire aux besoins toujours croissants des agglomérations surpeuplées, C'est quoi, dans le cadre de cette logique d'habitat destinée à aider Municipalités et les organismes publics, l'Administration favorise la création de cités satellites dans les banlieues immédiates : la cité Annassers, groupera près d'Alger sur 350 ha, une population de 1 50.000 habitants. Une autre cité ; étendue est envisagée également dans le périmètre de la région algéroise .. la cité de l'Harrach- pour 30.000 habitants sur 170 hectares. Des cités du même genre sont prévues autour des principales grandes villes d'Algérie. Sur ces sont particulièrement étudiées les trames évolutives destinées à favoriser une adaptation progressive et rationnelle des populations musulmanes à un habitat solide et salubre.

Mais si la solution du problème de l'habitat exige le concours des Pouvoirs Publics, il est évident que l'initiative privée doit jouer dans ce domaine un rôle particulièrement important. Encourager et stimuler cette incitative, tel a été le but poursuivi en Algérie par une réglementation nouvelle et de caractère original, grâce à laquelle les particuliers résidant en Algérie peuvent obtenir d'établissements bancaires privés un prêt garanti par l'Algérie, amortissable sur une longue période et destiné à la construction de leur logement familiaux'.
Cette formule nouvelle a permis, par l'attribution depuis le 1.1.50, d'un volume de prêts de 19 milliards 219 millions 650.000 francs, l'édification de 7.819 logements dont pour l'année 1954, 3 milliards, 264 millions, 429.000 Fr. de prêts et 1.417 logements et en 1955, 3 milliards, 552 millions, 680.000 Fr de prêts et 1.548 logements

Les divers encouragements ainsi apportées aux collectivités ou aux particuliers ont entrainé un essor considérable de la construction en Algérie (dans les 7 premiers mois de 1956, 23.163 autorisations de bâtir ont été délivrées contre 17.513 pour toute l'année 1955), ainsi que l'amélioration de la situation de l'habitat rural principalement poursuivie dans le Cadre des Sociétés Agricoles de Prévoyance. L'application de la formule éprouvée dans la région du Chéliff est étendue à divers points du territoire par l'arrêté du 11 mai 1956 qui institue un système de subventions à fonds perdus, individuelles ou collectives, au profit des populations rurales, subventions qui se font en nature, sous forme de matériaux courants et de prestations de service. Ainsi, a été mis en œuvre un vaste programme doté de 500 millions et qui est en cours de réalisation dans le département Amélioration de l'habitat rural.
Sur la base de l'Expérience conduite dans la zone du Chéliff par le commissariat à la Reconstruction, après le séisme de septembre 1954, est menée une politique systématique d'amélioration de l'habitat traditionnel. I:n 24 mois, en effet, 3.500 logements représentant une centaine de hameaux nouveaux, sains et nets, ont rem-placé les gourbis dans la zone sinistrée.

Ainsi a été mis en oeuvre un vaste programme doté de 500 millions qui est en cours de réalisation dans le département de Bône (735 logements) et en Grande Kabylie (510 logements). Les programmes des autres départements vont être entrepris.
Un nouvel arrêté du Ministre Résidant du 25 septembre 1956, consacre l'extension à tout le territoire algérien de cette formule qui s'inscrit dans le cadre d'une politique sociale nouvelle en relation avec les mesures de réforme agraire, de réorganisation foncière et d'accession à la propriété.

Source Algérie quelques aspects des problèmes économiques et sociaux face à la démographie galopante des indigènes

Site internet GUELMA-FRANCE