DECHIREMENT

             Aucun analyste ou sociologue ne s'est encore, à notre connaissance, intéressé à la désunion qui trouble notre communauté depuis des décades. Même si le goût de la KHISSAM ou AARAK (1)dispute constitue une donnée essentielle de notre patrimoine, il est vrai qu'il y a là de quoi dérouter les historiens les plus perspicaces !

       Voici presque un demi siècle que nos multiples groupements se jalousent, s'entredéchirent et se scindent en groupuscules au nombre sans cesse croissant.

            Pour une même ville, il y a parfois cinq amicales !. D'autre pour survivre, incapable de regrouper les natifs d'une seule citée, s'accroche à des motivations éculées pour aboutir à une annihilation progressive du groupe.
           

      Longtemps, nous avons subodoré que ces divisions internes n'avaient que la politique pour origine, ce qui est faux ! il y a des carriéristes qui s'accrochent désespérément à leurs avantages ou à leurs ambitions.
    

           Faut-il trouver d'autres explications plus terre à terre et en fin de compte moins flatteuses ? L'explication politicienne avait pour le moins l'avantage d'être intellectuellement et moralement satisfaisante. Alors, d'où viennent ces scissions multiples et irraisonnées qui apparaissent aussi dans des sites Internet ? .
  

              Ce serait utopique de croire qu'une quelconque unité ait pu se dessiner au fil des années, comme pourraient le laisser penser les représentations que donnent périodiquement, au hasard des élections, les grands tirages nationaux, colportant des politiques supposées unitaires, représentées par des pseudo " grands groupements " , qui rassembleraient tous les " Pieds-noirs " (?) .
            Ces associations prétendument représentatives ne font que glaner un monopole d'expression octroyé pour " bons et loyaux services " auprès de partis politiques influents ou de mairies. Elles en deviennent des soumises fières d'être abêties.
           

   La réalité est, hélas, tout autre car l'opinion publique métropolitaine en est toute à fait consciente de nos divergences et nous observe, goguenarde, incapables de régler nos questions internes et l'on voit des " présidents sortis du chapeau " étaler au grand jour de sordides et inélégants règlements de compte. Dans un monde où se donner en spectacle est de plus en plus " valorisant ", il n'est pas étonnant de voir des gens instables s'inventer des histoires et dénaturer la vérité en revendiquant un statut de victime afin de reporter leurs fautes sur ceux qu'ils ne peuvent égaler.
            

   La mythomanie devient ainsi le moteur de nos sociétés. Ainsi la meilleure façon d'exister et de revendiquer le statut de victime pour faire du clientélisme parmi nos communautés.
   

             Il n'est pas étonnant de voir des dirigeants instables s'inventer une histoire afin de devenir un sujet de conversation.

Sous César le doigt aurait été pointé vers le sol de l'aréne.

             Ceux qui ont pris conscience, et ils sont nombreux, qu'ils se salissaient en les assistant ont depuis longtemps démissionné ou alors ont créé de nouvelles amicales ou encore ont tout abandonné…..et voilà….la boucle est bouclée.

(1) Précision donnée par K.Dadci, CHIKAYA le mot en arabe signifie plainte au sens juridique du terme.

Collectif des Guelmois GUELMA FRANCE