NOSTAL..GÉRIE

A nos mères.., c'était là-bas..
Elle a le cœur dans sa cuisine
Toujours les mains dans la farine
Le regard baigne de tendresse
Pour ses souvenirs de jeunesse.

Elle est la base de sa famille
Comme toutes les mères d'Algérie
Elle a dans le cœur et la voix
Des comportements d'autrefois.

Elle soigne les rhumes à l'anisette
Dans les oreilles et sur la tête.
Elle suit l'exemple de sa mère
Qui le tenait de sa grand-mère.

Chez elle, l'odeur de la lavande
Vous saute au cœur comme une offrande.
Le linge respire la propreté
Esprit de sel, planche à laver.

Sa cuisine sent bon les épices
Sa table est un petit délice
Elle fait chanter la nostalgie
En cuisant des plats d'Algérie.

Elle aime ses fils à l'infini
Pour elle, ils sont restés petits.
Elle distribue avec largesse
Tout son Amour et sa Tendresse.

Derrière les carreaux de l'hiver,
Elle songe aux souvenirs d'hier
Qui ont marqué son existence
De l'autre côté de la France.

Loin de la terre où elle naquit
Loin des voisin et des Amis,
Elle vit, solitaire, ses journées,
Emmitouflée dans son passé.

Dans sa cité de solitude,
Elle veut garder ses habitudes,
Mais ses voisines ne viendront plus
Chercher de l'ail, de la laitue.

Sa porte, ouverte sur l'amitié
Reste inutile sur le palier
Ici ne vient jamais personne
L'affection parle au téléphone.

L'exode a dispersé sa Vie
Et disloqué toute sa famille.
Sa maison est comme un hôtel
Depuis qu'elle n'a plus son " chez elle".

Mais elle conserve au long des jours
L'esprit Pied-Noir et, pour toujours,
Son cœur respire en ALGERIE
Près de la tombe de son mari.
En hommage à toutes
les MAMANS pieds-noirs
qui ont vu le jour sur le sol
de notre pays perdu.

Auteur inconnu


PURÉE D'ACCENT
Pourquoi tu ris oh ! c'est mon accent!
Parol' d'honneur, j' le perds je meurs !
Tu sais…
Quand j' suis venu, j'étais tout nu,
La vie d' ma mèr', nu comme un ver !
Enfin… presqu', j'avais un' valis',
Mais pas d'argent, pas de devises.
Rien ! Rien ! Rien ! Mon accent c'est tout !
Mais lui au moins, y m' suit partout.

J'vais t' dir' aut' chos',
Tu sais, j'étais sûr d'êt'e français,
Et là-bas j'croyais bien l'parler.
En arrivant, purée d 'tes oss,
Qu'est-ce qui disaient les patos ?
" Tiens ! par ici y' un Pieds Noirs,
Ça se sait même sans le voir ! "

Moi, j' me disais qu'y z'étaient fous,
Eux y z'avaient l'accent, pas nous !
Et pis, j' me suis rendu compt'
Mais entention, j'ai pas hont',
Les poh ! poh ! poh ! Falso, bova,
Ici y connaissaient pas !

Là-bas ? On parlait tous pareil !
Comment tu veux que mes oreill' s,
Elles ont pu faire la différenc' ?
J'étais jamais venu en Franc'.
Mêm' les Arab' du bon vieux temps,
Y parl' l'français avec l'accent.

L'accent de moi, l'accent de lui,
Ouais… l'accent de not' Algérie.
Tu peux m'croir' j'ai pas la hain',
Mais sur ma vie ça m'fait d'la peine,
Quand j'entends mes p'tits enfants,
Parler avec un aut'e accent

! Mais… comm' elle disait ma grand-mère'
Le passé il est derrière,
C'est l'avenir qu'il est devant !
Mais moi… tant que je s'rai vivant,
Mon accent y s'ra comm'ça,
C'est tout ça qui m'reste de là-bas !

Nicole

Site Internet GUELMA-FRANCE