65 ANS APRÉS LA MÉMOIRE SUBSISTE TOUJOURS.......
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Face au barrage de la police le Bar du Progrès (Edouard Martinez) et à droite la pâtisserie Répiton

Bonjour Eric (Wagner)
        Tu me demandes de te rappeler comment j'ai vécu le 8 mai 45, je vais te confier une image redondante qui bouscule encore mes nuits.

        Ce 8 mai 1945, comme tous les français d'Algérie, je fêtais la fin de la guerre, bien que je ne comprennais pas totalement l'envergure de l'événement. Comme tous les gosses je caracolais sur le trottoir qui bordait le " Bar du Progrès " qu'exploitait mon père Edouard Martinez, brandissant trois petits drapeaux, français, anglais et américain et en chantant. " …..it's the long way to Tipperary…

        A 11 ans les images frappent et imprègnent l'esprit d'un gosse, elles s'incrustent dans le subconscient et réapparaissent parfois dans des moments d'angoisse.
       Au cinéma, à cette époque, était projeté le film Frankenstein 1944-45 ?, il a été pour moi cauchemardesque; ce regard métallique et fou du personnage, ces boulons qui lui fixaient la tête, et cette allure robotique m'épouvantait. Il m'arrivait, la nuit, de rejoindre le lit de mes parents, je ne voyais que cet homme diabolique. Ce fut de même pour ce 8 mai 1945

        Après cet aparté non sans relation directe avec mon récit, revenons au 8 mai 45.
       Me voilà regardant et écoutant des jeunes lycéens fêter à leur manière cette cessation des hostilités. Installés dans des fauteuils en rotin à la terrasse de la pâtisserie 'Répiton', ils jouent de la musique. J'ai vu un violoniste, entouré d'une foule joyeuse, compacte, qui accompagne les musiciens en chantant.

        Puis un bruit, ah ! ce bruit de piétinement, ce bruit dû aux guéridons et aux tables renversés, et ce vacarme qui dominent le reflux des kabyles gesticulant et hurlant m'effrayèrent.

        Tout à coup me voilà collé par un homme, (si ma mémoire est bonne il s'agissait de monsieur Corneto ( ?) ) contre un pilier des arcades de l'avenue. C'est un homme grand et gros, qui m'empêche de respirer tant sa pression qu'il exerce sur moi est forte, je trouve secours en levant la tête et en avalant goulument de l'air.
        Alors mon cauchemar apparait, il est grand, très bronzé et une casquette de l'armée américaine sale le coiffe. Des yeux noirs injectés de sang. Quelques poils parsèment son menton et le détail qui me frappe c'est sa pomme d'Adam proéminente qui monte et descend sans cesse. Il bave, les commissures de ses lèvres sont ourlées d'une crème blanchâtre. Il garde la bouche ouverte assombrit par une suite de chicots et respire avec force, sa transpiration sent l'aigre. Il prononce des mots que je ne comprends pas, notre sauveur lui répond mais c'est inintelligible. Puis apparait le revolver, je vois le barillet, le coup part mais je n'entends pas la déflagration. L'homme qui nous protège ( car nous sommes trois deux fillettes et moi) dans un geste de survie, recule sa tête et pousse l'assaillant qui est aussitôt avalé par la foule.
        Puis c'est le silence, un silence absolu, un silence tout noir. Je suis déposé à terre, et à un mètre ou deux, le cadavre d'un unijambiste git piétiné par ses coreligionnaires.

       On me racompagne dans le salon de thé où Madame Répiton, distribue des serviettes à des personnes ensanglantées. Mon héroïque sauveur soigne son front balafré par la trace de la balle.
      Dans la pâtisserie, des français gémissent, se plaignent, appellent ou se demandent étonnés ce qui a bien pu arriver en ce jour qui devait être un moment de liesse.
       L'avenue est couverte de chaussures, de turbans, de debouz (matraques) et toujours ce silence oppressant. Les adultes diront, et je le comprendrai plus tard c'était " un silence de mort ".
       Voilà l'image du génocide de mai 1945, car le mot n'est pas fort, dans lequel j'aurais pu perdre la vie.
       Je ne sais, Eric, si ce retour dans le passé t'apportera quelque chose…….
       Ce génocide entrainera l'assassinat de 21 personnes et de 36 blessés européens dans la ville de Sétif
       Le reste est sur mon site
http :www.piednoir.net/guelma/

Cordialement
Gilles


Pour information
          J'ai écrit mon désaccord à la documentaliste Yasmina Adi à la suite de mon interview tronquée et à son employeur "La Compagnie des Phares et Balises" qui est une société de production de documentaires .
        En effet Y.Adi a expurgé au montage une partie de mon témoignage, ne gardant que ce qui l'avantageait.
         Il avait été convenu qu'une fois le film monté, je sois invité à Paris à sa projection pour donner par écrit mon accord. Il n'en fût rien.
        Aussi, courroucé, me suis-je adressé au PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANCAISE, au DIRECTEUR DE FRANCE 2, et au directeur de la COMPAGNIE DES PHARES ET BALISES pour contester la version de ce film, (qui ne présente en rien l'interview réalisée), afin qu'il ne soit pas projeté à la télévision française en application des lois en vigueurs. (Voir lettres ci jointes)
         Vous trouverez également quelques mails écrits par Adi, (sans corrections) dont un où elle affirme que la parole serait donnée à égalité de témoins, ce qui ne fût pas.
Je considère avoir été trompé et je mets en garde ceux qui, comme moi, pourrait tomber dans le piège d'une interview truquée, et surtout de répondre à des lettres qui auraient pour finalité, une provocation journalistique nécessaire afin qu'elle ne tombe pas dans l'oubli.

CE QUE YASMINA ADI...N'A PAS DIT DANS SON FILM "L'AUTRE 8 MAI 45 "
       Je m'attendais à un scoop, une révélation, un événement télévisuel …ce fut un documentaire banal, programmé à juste raison en fin de soirée à minuit vingt cinq.
       Rien de ce qui été montré reflétait une nouveauté, les tabors marocains, les tirailleurs sénégalais, l'aviation, la légion dépêchée par de Gaulle, l'interview d'un américain, les archives, du déjà vu, en 63 ans sous et divers reportages la télévision nous a repue.

        On s'attendait à un équilibre de témoignages, comme annoncé dans un mail qui est joint, une parité en quelque sorte entre les premières victimes que furent les français et les émeutiers, là encore Yasmina Adi a distribué les beaux rôles aux algériens, pas moins de 19 témoins qui contre deux français, j'écris deux car Adi a refusé des Guelmois qui auraient apporté une version différente à son schéma directeur, tous les prétextes furent retenus, " trop jeunes ", ou " on leur avait raconté ", " ce n'étaient pas des témoins directs " ; mais dans son film rares étaient les témoins algériens directs et pourtant elle a fait témoigner le fils d'un dirigeant communiste qui se trouvait alors en France.
       Curieux n'est-ce pas qu'aucun Guelmois n'ait pu témoigner, quand on sait que plus d'une vingtaine ou plus furent contactés.
        Yvette Martinez-Borg a raconté et vécu le massacre d'un innocent, un simple ouvrier isolé sur la voix ferré occupé à son travail qui était de resserrer les boulons des traverses, il s'appelait Gauci Jean dit 'Djeni " il fut atrocement mutilé et laissé sans vie.
       Mais ce témoignage comme d'autres " ne cadrait " pas ! alors Yvette ne pu témoigner ! Adi lui conseillant de ne pas rapporter ces faits qui pourraient lui être néfaste en Algérie.

       Il en fut de même pour les Sétifiens, tous furent éliminés !

       Adi en réalité a interviewé un maximum de français, s'est enrichie de leurs témoignages pour construire son scénario directif occultant une vérité :
       L'oubli des innocentes victimes européennes (car des prisonniers Italiens furent égorgés.)
      Adi a coupé au montage le moment où je raconte, comment à Sétif, j'ai échappé à la mort sous les arcades devant la brasserie " Répiton " l'agression par un émeutier kabyle, la mise sur la tempe d'un pistolet, le coup de feu, mais elle n'a pas enlevé le témoignage d'un algérien qui affirma, je cite:
Que depuis les balcons les français tiraient sur la foule. Ce qui est absurde et faux.
       Adi m'a raconté qu'à Héliopolis "on lui avait montré " la "cartoucherie" que les algériens avaient qualifié de " fours crématoires " ! Le four à chaux en question (dit crématoire) a un foyer de 0.89 sur 1.10 mètre !!!!

       A-t-elle apporté la preuve que des corps avaient été déterrés pour ensuite être brûlés ?

      A kherrata, elle occulte délibérément le passage où la témoin explique le martyre des villageois européens massacrés systématiquement, l'assassinat d'une pauvre handicapée clouée dans son lit et qui aura, acte suprême de barbarie les seins tranchés. La tragédie quand son père, qui n'avait pu prendre un convoi en direction du château Dussaix, fut égorgé et le village brûlé, l'arrivée de légionnaires qui ayant aperçu depuis un autre village la fumée de l'incendie étaient venus les délivrer de cette tuerie…et furent attaqués à l'entrée du village..tous ces témoignages sont passés à la trappe, pourtant ils définissaient la violence effroyable des émeutiers leur haine sélectif du "

roumi

".
       Ils ne criaient pas, dans le film, en rameutant les algériens : Vive l'indépendance; mais tuons les Français explique dans le film un témoin algérien.

      Ce petit film conçu avant tout pour un public algérien a été acclamé par la presse outre méditerranée qui en fait éloge sur Internet .

      Quelques mails échangés avec Adi (+ de 30)

1. ----- Message d'origine ---- De : martinez guelma-collectif@orange.fr
À : yasmina adi: yasminadi@yahoo.fr Envoyé le : Mercredi, 13 Février 2008, 9h47mn 53s
Objet : témoignage
        C'est un véritable coup de pied dans la fourmilière des souvenirs cauchemardesques que vs avez donné dans la mémoire des Guelmois. Ils me téléphonent pour connaître les dessous de vt enquête, beaucoup sont dubitatifs et suspectent des idées non avérées.
        Il est certain que si vs leur téléphoniez à nouveau ils ne répondraient pas tous dans le sens premier
        En premier lieu, le 8 mai 45 ne sachant pas à quelle sauce ils pourraient être mangés, ils n'ont pas eu peur, ne mesurant pas l'étendue des émeutes, puis les nouvelles arrivant des assassinats collectifs, le trouble, puis la crainte s'est emparée d'eux, à 10 contre un ils ne faisaient pas le poids.
        Ils avaient en face des gens déterminés à tuer tout ce qui était européens et préparés au génocide par les divers partis politiques arabes..il y a un proverbe qui dit : un chien craintif devient dangereux quand il a peur, ce fut leur cas ce qui explique les méthodes des groupes d'auto-défense, car ces émeutes durèrent plusieurs jours
         Quand à Achiary, ce n'est pas en argumentant que vs arriverez à leur démontrer son manichéisme réfléchi, pour les Guelmois, il est celui par qui la vie est restée et il vs faudra des preuves intangibles pour démontrer combien il fut Machiavélique et encore personne ne vous croira
à +
Gilles
Le Sous-Préfet de Guelma André Achiary

MENSONGE
Je devais assister à Paris à la projection du film et donner mon aval pour sa projection, il n'en fut rien. Lorsque je me suis étonné auprès de Adi, elle me répondit:
Il n' y pas eu de projection et même je suis obligée de faire moi-même la promotion. France 2 a programmé cette projection à une heure trop tardive et surtout après Ouvéa qui c'est passé en Avril, je crois que c'est parce que je suis d'origine algérienne …qui regardera à une heure aussi tardive ce témoignage ?
Il n'empêche que ce film a bien été projeté en Algérie avant France 2. Des journaux algériens louèrent cette "bi-nationnale" d'avoir éclairé d'un jour nouveau ce 8 mai 45
En réalité ce film n'a rien apporté que nous ne sachions. Conçu avant tout pour un public algérien,(mais interdit à Mostaganem) il ne bouscule pas les idées reçues mais il marche dans la droite ligne d'une propagande anti-française militaire en occultant les abominables assassinats de Français sans défense.

Adi a fait un montage qui l'avantage dans sa thèse d'un règlement de compte, elle a coupé toutes les scènes où nous accusions les émeutiers de barbarisme, elle n'a pas cherché à filmer la vérité, elle a donné la parole à dix neuf (19) algériens et à trois Français dont un n'aurait pas dû témoigner puisqu'il n'était pas présent

La chaîne publique France 2 diffusera le 8 mai prochain, un documentaire consacré aux massacres perpétrés dans les régions de Sétif, Guelma et Kherrata, par les forces d'occupation coloniales au moment où la France et les forces alliées célébraient la victoire sur l'Allemagne nazie. "L'autre 8 mai 1945", titre du documentaire signé par Yasmina Adi, se présente comme une enquête sur ce crime contre l'humanité, faisant appel à des témoignages d'acteurs de premier plan et à des documents inédits, tels que les rapports secrets des services de renseignements britanniques et américains. Le documentaire, d'une durée de 53 minutes qui sera diffusé le 8 mai prochain en troisième partie de soirée, adopte un nouvel "angle d'attaque" pour permettre au téléspectateur de découvrir l'ampleur et la sauvagerie de la répression coloniale et de comprendre que ce douloureux événement loin d'être de "simples émeutes de la faim", comme l'avait présenté la presse coloniale de l'époque, mais une véritable action d'extermination d'un peuple, qui a manifesté, un jour de liesse, pour revendiquer son droit à la liberté et à l'indépendance de son pays. Yasmina Adi fait vivre, jour après jour, ce massacre programmé en s'appuyant sur les témoignages de Chawki Mostefaï, Layachi Kherbach, Saïd Allik, Yales Abdellah, Mohamed Fnides, Messaoud Merghem et bien d'autres, ces septuagénaires, âgés alors de vingt ans et dont la majorité ont été emprisonnés jusqu'à l'indépendance du pays. Pour la réalisatrice, les massacres étaient bel et bien planifiés. A quelques jours de la fête marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale, le général Pierre Martin, chef des forces armées d'Afrique du Nord, supervisait des manœuvres militaires près de Sétif, pour se "préparer à faire face à tout débordement". Des témoins racontent comment les manifestations du 8 mai 1945, pourtant "autorisées" par l'administration française, se sont transformées en bain de sang et donneront lieu à des massacres systématiques, commis non seulement par l'armée française mais également par des "milices civiles" surarmées pour tuer la population algérienne sans défense. Un témoin raconte comment des militaires ont exécuté, au bord d'une route, à la mitrailleuse lourde "la 14" des prisonniers. Un autre, adolescent à l'époque, a manqué d'être jeté dans les précipices des gorges de Kherrata, comme ont été jetés des dizaines d'autres Algériens. Le documentaire montre comment, selon une version du drame, les autorités coloniales ont tenté de dissimuler à la métropole l'ampleur des massacres. Avant sa visite dans la région de Sétif et de Guelma, des colons ont déterré des corps d'Algériens, alors entassés dans des fosses communes, pour les brûler dans un four à chaux, transformé pour la circonstance en four crématoire. "C'était un carnage. Un nettoyage en règle", se souvient Henriette Pitoun, une Française ayant vécu à Kherrata. "L'Autre 8 mai 1945" est un documentaire qui porte, grâce à des documents inédits, un nouveau regard sur ces massacres, annonciateurs du commencement de la fin de l'ordre colonial. Neuf années plus tard, c'est le déclenchement de la révolution armée, le 1er novembre 1954.

Bonjour Yasmina
Officiellement combien y a t-il eu de musulmans de tués à Guelma en mai 45 ?
merci
2. Bonjour Gilles,
Il n'y a jamais eu de chiffre exact pour Guelma et pour les autres villes et villages du departement, c'est un peu sa le probleme le chiffre officiel est une (estimation) de1500 morts dans tout le département, Vous savez les algériens ils annoncent 45.000 morts parce que c'était en 1945 .alors 1945….45000 morts
Yasmina Adi

1. Bonsoir Gilles,
Je ne doute pas du tout du cauchemar qu'ils ont vecus, pendant plusieur jours. Je sais trés bien que les arabes étaient 10 x plus nombreux, ils ont tués, égorgés, et fait beaucoup de victimes.
Mais il faut prendre un peu de recul, je suis là pour parler du mécanisme la repression militaire.
Et justement de la différence avec les groupes d'auto-défense. Je tiens à vous signalez que personne ne me parle de se groupe d'auto-défense il parle tous de on dit que....Il n'y a aucun témoin direct, et la plupart affirment des choses qui se passe aprés le 8 Mai et reconnaissent ne pas être témoin.
J'ai besoin de témoignage qui tient la route, si ils s'expriment comme cela ce ne sera pas crédible. Je ne veux pas qu'on me dise par la suite c'était un piége.
Concernant Achiary oui, il le considere comme le sauveur mais aucun témoin aprés le 8 mai étaient au côté d'Achiary, d'ailleurs la plupart des témoins ne pouvait pas être un témoin intime avec un sous prefet ils avaient entre 9 et 15 ans, il faut être objectif dans l'interet de tous.
Je ne cache à personne que le sous prefet était au courant un télégramme de la prefecure de Constantine le prouve. Que le prefet Lestrade Carbonnel en Mai 1945 va prendre des sanctions contre lui et le met à pied 15 jours et va même l'eloigner de Guelma en le faisant partir à Alger.
Le tout est sur des rapports qui sont officiels et que l'on trouve aux archives d'Aix en provence. C'est l'histoire et j'y peux rien. Mes preuves sont officiels.
Mon travail est de croisé les archives d'état et les témoignages je ne trompe personne.
Achiary était parfaitement au courant de la situation explosive ainsi, le docteur Lakhdari aussi et ils ont envoyé leurs femmes à l'abri à Philippeville…tout est consigné dans les archives
Je suis à votre disposition pour vous montrez en direct les rapports jour par jour de Mai et Juin 1945, de la sous prefecture de Guelma, de la prefecure de Constantine, du gouvernement general à Alger, du gouvernement à Paris + De Gaulle, et de l'armée.
A+ Yasmina.

Le 10 mai 1945; la population européenne accompagne au cimetière ses morts

COMPAGNIE DES PHARES ET BALISES
A l'attention de Yasmina Adi

Madame,

Puis-je vous rappeler madame avant toute chose, le texte fondateur du syndicat national des journalistes de 1918 : " Un journaliste digne de ce nom tient la calomnie, les accusations sans preuve, l'altération des documents, la désinformation des faits, le mensonge, pour les plus grandes fautes professionnelles.

C'était un autre temps, il est vrai, ce n'est pas le vôtre et vous êtes une simple documentaliste. J'ai donc regardé le documentaire" l'autre 8 mai 45" programmé sur France Télévision le 8 mai 2008 où j'ai été interviewé. Ce film est pitoyable tant la description de ce drame est a sens unique.
Cela ne serait pas bien grave si vous n'assassiniez pas la vérité par des découpages et des juxtapositions de témoignages pour le moins orientés. C'est un chef d'œuvre de manipulation, et cela rappelle une autre époque et des méthodes que l'on pouvait croire révolues.
Votre manque d'impartialité, votre mauvaise foi, dans le traitement de l'information est patent.

Vous faites œuvre de militante : la vérité ne vous intéresse pas, et tout ce qui n'est pas dans votre schéma de pensée est occulté. Vous jouez avec les événements et travestissez insidieusement -beaucoup par omission-les faits tels qu'ils se sont passés.

Vous parlez d'exécutions sommaires de plusieurs émeutiers, mais vous oubliez de d'écrire le nombre d'exactions commises par ces émeutiers et que tant de français ou de prisonniers italiens innocents furent abattus dans des conditions odieuses et ce, sans aucune forme d'humanité
Si ce n'est pas de la manipulation par omission, cela y ressemble étrangement.

A Kherrata, vous occultez le passage où le témoin cette vielle dame éplorée par ses souvenirs raconte le supplice de cette infirme de 17 ans, (sa nièce), couchée dans son lit, incapable de se mouvoir qui fut violée plusieurs fois avant que ses seins lui soit tranchés. Que le père de madame Pitoun fut égorgé alors qu'il attendait le car qui devait l'emmener à la ferme Dussaix. Vous avez sélectionné la fin de l'interview en oubliant de raconter, combien les émeutiers ivres de tueries, tranchaient les gorges des européens qu'ils rencontraient avant d'attaquer les militaires venus les défendre…pourtant vous avez filmé en intégralité toutes ces dépositions.

Vous laissez dire à un algérien qu'à Guelma des cadavres furent déterrés pour être incinérés dans des fours à chaux, mais vous en apportez pas les preuves? Vous laissez dire que du haut des balcons à Sétif les civils tiraient sur la foule! Mensonge puisque j'y habitais et que personne n'était armé. Mensonge aussi car à Sétif il n'eut pas de milice constituée.

Bien plus grave vous avez occulté les passages où je racontais comment j'avais failli être victime d'un émeutier lors de la manifestation et comment, grâce au sang froid d'un passant (qui m'a protégé de son corps), je suis encore en vie. Pourquoi avoir coupé au montage le martyre de ma tante et oncle Bovo assassinés à Chevreul, c'étaient de simples ouvriers qui venaient à Sétif nous rejoindre pour être en famille ce jour de fin de guerre.

Comment une documentaliste "d'investigation ", qui est censée vérifier ses sources, peut entendre cela sans émettre le moindre doute?. En somme, dans votre raisonnement ce qu'avancent les agresseurs est forcément vrai, et ce qu'affirment leurs victimes est sujet à caution puisque vous ne leur donnez pas la parole.
En occultant les images dans votre reportage, vous dénaturez les faits, vous truquez le documentaire.
C'est ce que l'on appelle de la sordide manipulation intellectuelle.

Le mouvement des indépendantistes PPA et autres, est passé, chez vous, du statut d'agresseur à celui de victime. C'est cela ce que vous appelez l'équité ? Mémoire étrangement sélective madame ADI
C'est l'histoire que vous assassinez. Quelle éthique !.

Vous bénéficiez du silence de ceux qui ont vécu ces drames multiples parce qu'ils sont morts et que leurs enfants ou petits enfants n'ont pas été invités à témoigner puisque vous les avez rejetés.
Vous faites un pamphlet d'une rare malhonnêteté en occultant les faits qui gênent votre parti pris idéologique. Bien sûr, cela vous vaudra les applaudissements et les félicitations des "repentants" dont je ne suis pas, car ni ma famille, ni moi n'avons été des " colonisateurs".
Que de compromissions avec la vérité !.

Madame soyez réaliste, si les algériens n'avaient pas ignominieusement massacré systématiquement des innocents aux cris de" Djihad", y aurait-il eu dans certaines parties de l'Algérie : répression?

Ce genre de production de série C ne fait qu'augmenter la haine entre les deux peuples et cela 46 ans après ces émeutes sanglantes. Que cherchez-vous à prouver à part la reconnaissance de l'Algérie et l'envie de vous imposer dans ce pays dans lequel vous dites ne pas parler pas la langue !

Le service public ne doit pas être au service d'une idéologie.

Ces lettres sont adressées en copie à toutes les associations des Français d'Algérie, au président de France-Télévision et au président de la République Française
Gilles Martinez, Bar du Progrès, avenue Clemenceau ; Sétif
5 chemin de la Sagne 66350 Toulouges;
le 23 mai 2008.


"Monsieur Gilles Martinez
05 chemin de la Sagne
66350 Toulouges

guelma-collectif@orange.fr
www.piednoir.net/guelma

A

France 2 Télévision
Monsieur Patrick de Carolis
PDG France télévision SA
Esplanade Henri de France
75015 Paris Cedex

Toulouges le 4 mai 2008

Objet : Application du code civil 226-1 & 226-8

Monsieur,

En application du code civil :
Mise en ligne de photographie ou vidéo mettent en scène des personnes physiques sans son consentement écrit, je m'oppose à l'exploitation de mon image dans le documentaire Infrarouge "L'autre 8 mai 45: aux origines de la guerre d'Algérie" qui doit être projeté sur France 2, le jeudi 8 mai 2008 à 0.05 heure et vous prie de faire occulter mon interview et mon nom du générique de la production " Phares et Balises " réalisatrice Yasmina Adi

Je vous informe par ailleurs avoir exprimé cette apposition à monsieur Le Garrec par mail dès vendredi 2 mai 2008-

Je compte en outre saisir tous les sites de Français d'Algérie pour leur demander leur soutient et leur intervention.
Veuillez agréer, Monsieur, mes sincères salutations

Gilles Martinez

Le chef de cabinet du président de la République
Monsieur Gilles MARTINEZ
66350 TOULOUGES
Paris, le 27 JUIN 2008
Cher Monsieur,
Le Président de la République a bien reçu votre message.
Sensible aux sentiments qui ont inspiré votre démarche, Monsieur Nicolas SARKOZY m'a confié le soin de vous répondre.
Je dois vous indiquer que le Chef de l'Etat, soucieux de respecter le principe d'indépendance des médias, n'intervient ni dans le choix des émissions ni dans le contenu des informations diffusées.
Vous pourriez, si vous le souhaitez, saisir de vos réflexions le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (Tour Mirabeau, 39-43 Quai André Citroën 75015 PARIS).
Je vous prie d'agréer, Cher Monsieur, l'expression de mes sentiments les meilleurs.

COMPAGNIE DES PHARES ET BALISES

Monsieur Gilles MARTINEZ 66350 Toulouges

Paris, le mardi 6 mai 2008

Lettre recommandéa avec accusé de réception

Monsieur,
Nous faisons suite à votre courrier du 4 mai dernier.

Nous avons pris note de votre opposition à l'exploitation de votre image au sein du film intitulé " L'autre 8 Mai 1945 " qui doit être diffusé le 8 mai prochain sur France 2.

Nous ne pouvons cependant accéder à votre demande, pour des raisons techniques et de fond et notamment du consentement éclairé que vous nous avez donné (1) sur la captation et la diffusion de votre image au sein du film précité sur les antennes de France 2 le 8 mai prochain.

Nous restons bien entendu à votre disposition et vous prions de croire, en l'assurance de ma considération distinguée.

Jean Labib Président

55 bis, rue de Lyon. 75012 Paris - Tél. : +33 1 4475 11 33 - Fax: +33 1 4475 11 35 info@phares-balises.fr - www.phares-balises.fr
SAS. au capital de 50 000 € - Siret 384 578 38100012 - RC.S. Paris B 384 578 381 - N° Intracommunautaire FR 83 384 578 381 - APE 921A
(1) Je n'ai jamais donné de consentement par écrit

Article 226-8
Modifié par Ordonnance n°2000-916 du 19 septembre 2000 - art. 3 (V) JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002
Est puni d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende le fait de publier, par quelque voie que ce soit, le montage réalisé avec les paroles ou l'image d'une personne sans son consentement, s'il n'apparaît pas à l'évidence qu'il s'agit d'un montage ou s'il n'en est pas expressément fait mention.
Lorsque le délit prévu par l'alinéa précédent est commis par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables.
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UNE VÉRITE AUTREMENT DITE

     Pour l'Algérie contemporaine, l'épuration ethnique des européens en 1945 n'engendre aucun remord, jamais la presse algérienne n'a soufflé mot de ces 120 morts et 300 blessés français ou Italiens (prisonniers de guerre) dont certains errent encore dans des hôpitaux psychiatriques, ni des 786 français-musulmans égorgés par les émeutiers

      Jamais elle n'abordera les règlements de comptes tribaux qui firent suites aux exactions menées par les émeutiers contre les musulmans fidèles à la France .

     Certes, la répression fut violente elle est dûe à l'état Français qui ne voulait pas que l'algérie fasse tâche d'huile sur les autres colonies.

      En France, tous les partis politiques étaient d'accord pour sévir :

Le 12 mai 1945, le Parti Communiste distribua dans les villes d'algérie un tract comminatoire, signé par cinq représentants du comité central qui exige :
     .....de passer par les armes les instigateurs de la révolte et les hommes de main qui dirigent l'émeute. Il ne s'agit pas de vengeance ni de represailles . Il s'agit de mesures de justice. Il s'agit de sécurité pour le pays (fin de citation)( source J-L Planche, historien Le Monde 8 Mai 2005.

Rapport de l'armée...../.....Ces représailles doivent être exécutées dans des lieux ciblés de résistances actives, d'attaques de convois, de pillages de villages ou après des exactions barbares contre les populations. Tout homme prit les armes à la main doit être arrêté


      J'ai pu accéder des rapports de gendarmerie, de la marine nationnale, du 19 eme corps d'armée (deuxième bureau), de télégrammes déchiffrés, du rapport du général Henri Martin sur le film de l'insurection sur tout le territoire de la subdivision de Constantine, de la subdivision de Bône, et de Sétif.
J'ai eu en main la minute d'interrogations d'émeutiers, l'un d'eux arrêté et interné à la caserne avoue ;

EXTRAITS :
Durant tout le mois d'avril nous étions informés par des messagers qui allaient de villages en douars, de mechtas en quartiers, de casbahs en souks (marchés), de bus de transports aux classes d'écoles prêcher la révolution.

       A Sétif nous étions 10.000 ou 15.000 (soit trois fois la population des européens) à s'être mobilisés pour manifester, moi j'ai marché une partie de la nuit pour arriver au point de rendez-vous qui était un champs à côté de la mosquée. Puis en cortège, à un coup de trompe, (clairon) nous avons été dirigés vers le centre-ville des français ( la rue Georges Clemenceau )..

       Ordre nous avait été donné de cacher sous les djellabas et burnous les armes, debouzes (matraques), boussaadi (poignards), serpes, haches et armes à feux, et des pierres.

      Nous devions donner l'impression d'une manifestation pacifique et de ne pas provoquer la police.

     En arrivant devant le magasin de chaussures (" André ") Hadj Slimane nous ordonna de scander des slogans il criait :" Vive l'indépendance", et nous on répétait, puis il criait "Libérez Messali Hadj", " l'Algérie est à nous" "à bas le colonialisme"

     L'un d'entre nous avait pour consigne d'exhiber le drapeau algérien je crois que c'était un scout. Nous savions que la police allait intervenir, dans ce cas ; nous avions ordre de forcer les barrages de pousser jusqu'à la provocation et de bousculer les policiers.

Nous étions très excités, mais notre chef Si Embarek était serein. S'il y a des morts avait-il dit ; Dieu en sera témoin car ils seront des martyrs pour la bonne cause. Ces morts, seront des victimes de la colonisation et avec l'aide de Dieu, nous pourrons galvaniser l'ardeur des indécis en criant à la djihad (guerre sainte).
- Ces morts, car il y en aura, attireront l'opinion française voire internationale.

J'étais en tête du cortège sur la droite, un français de la police tira en l'air et aussitôt ce fut la fuite, j'avais comme repère le clocher de l'église (rue saint Augustin) qui pouvait me ramener à mon point de départ. On s'éparpilla dans les rues de la ville massacrant tout ce qui n'était pas musulmans.
C'était la chasse au faciès européen, on criait : eddeblou, égorgeons-les

Ce jour là Sétif compta ses morts européens, toutes d'innocentes victimes, des enfants, des commerçants, des vieux, des femmes massacrés à coups de massues ou de couteaux.

La première victime fut un bébé de trois ans la petite Nakache atteinte d'une balle tirée depuis la foule des manifestants (l'analyse balistique prouvera que la balle n'était pas d'une arme de la police)

Un autre émeutier avoua ; j'avais demandé à mon chef : et si les français nous tirent dessus ? sa réponse fut sans équivoque : Dieu est avec nous, il nous faut un martyr qui puisse allumer le feu de la Djihad,

Alors se posent plusieurs questions :

Le coup de feu fatal qui a tué le jeune scout n'aurait-il pas été tiré sciemment par un manifestant ? cet assassinat n'aurait-il pas été prémédité ? En effet les scouts précédaient la manifestation et le cortège fut scindé par la police après leur passage

J'étais avenue Clemenceau et je n'ai vu qu'un seul cadavre, celui d'un unijambiste écrasé pas la foule des manifestants devant la porte de la pâtisserie Répiton. Je l'ai enjambé pour me mettre à l'abri dans le salon de thé.

Par contre :
J'ai vu, parce que ce jour là j'étais présent ; la mort de prés.
J'ai vu le revolver d'un émeutier braqué sur la tempe de monsieur Corneto un simple passant qui nous avait enlacé et plaqué contre les piliers des arcades de la pâtisserie Répiton pour nous protéger d'une foule fanatique et assassine, nous étions alors âgés de 7 à 11 ans il y avait deux fillettes et moi,
J'ai vu le front de cet homme saigner après le coup de feu tiré à bout portant par un insurgé,
J'ai vu dans le salon de la pâtisserie des corps de français ensanglantés inertes.
J'ai vu des parents apeurés à la recherche de leurs enfants.
J'ai vu des enfants hagards en pleurs cherchant leurs parents.
J'ai vu des tables, des chaises et des guéridons brisés dans la fuite des émeutiers
J'ai vu des centaines d'émeutiers hurler en courant et j'entends encore le martelement sourd de leur pieds nus sur l'asphalte et le carrelage.
J'ai vu l'hébétement d'une population française traumatisée.
J'ai vu des français errer sans but, totalement surpris par cette violence inattendue mais préparée.
J'ai vu des centaines de chaussures, de debouzes (matraques), de turbans qui jonchaient le sol de cette avenue.
J'ai vu ma mère et mon père affolés et heureux de me retrouver sain et sauf, j'ai vu sur une table un homme ensanglanté qui gémissait. J'ai vu une femme assise le corsage déchiré et le bras rouge de sang, un enfant la tête enfouie entre ses jambes, J'ai vu mon père déchirer des torchons pour en faire des bandes de soins, j'ai vu la salle du café occupée de gens affolés
J'ai vu ; la mère de Slimane un garçon du café de mon père, affolée venir supplier mon père d'intervenir auprès des militaires parce que son fils était retenu à la caserne
J'ai vu un jour plus tard, parce que je l'ai accompagné, mon père extraire de la caserne Slimane .
J'ai vu….. et j'ai compris, malgré mon jeune âge que je venais d'échapper à la mort

Mais de cadavres d'émeutiers abattus par l'armée, c'est de la désinformation ou par les civils en embuscade depuis les balcons c'est de la propagande. J'habitais au dessus du Bar du Progrés, à côté il y avait mon oncle Marcel Gervais, puis la famille Défindini, puis..puis..aucune de ces familles ne possédaient une arme
Avenue Georges Clemenceau : IL N'Y AVAIT AUCUN CADAVRE.

De Sétif, l'émeute s'est généralisée, dans l'Est Constantinois la terreur régna pendant quelque temps et s'embrasait sous les feux brûlants du printemps 45 avec comme consignes :

"N'Koutlou Em nessara (tuons tous les européens), N'Koutlou (tuons) les serviteurs du colonialisme, N'Koutlou (tuons) les anciens combattants, N'Koutlou (tuons) les caïds, N'Koutlou (tuons) les postiers arabes, N'Koutlou (tuons) les chaouchs. N'Koutlou (tuons) les gardes champêtres , N'Koutlou (tuons) tout ceux qui servent les colonialistes.

En 1945 ce 8 mai : sept cent quatre vingt six français musulmans payèrent de leur vie leur fidélité à la France.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là, lorsque l'armée reprit le contrôle de la situation, les familles des fonctionnaires musulmans égorgés réglèrent leurs comptes, ce qui ajouta une masse de morts égale ou supérieure aux exactions de la première heure.

       L'un des survivant garde-champêtre Mohamed ben... expliqua, je suis en vie parce que j'étais à Sétif pour le défilé des anciens combattants.
En revenant au village ; le " taleb " (ainsi nommé parce que instruit), qui était le chef des insurgés avait égorgé 8 membres de ma famille.
Quand les askris (soldats) sont arrivés, j'ai dit au sergent des tirailleurs noirs :
Chef, celui là , ne le touche pas, je vais m'en occuper. Je lui ai coupé la gorge devant sa famille, puis j'en ai fait autant de sa femme et de ses enfants, j'ai transporté leurs corps sur ce tas de fumier, ils y sont encore.

Les dirigeants révolutionnaires du Parti Populaire Algérie, des Amis du Manifeste et de la Liberté, des Oulemas (théologiens) ne s'emmurent pas strictement dans un concept philo-politique. Ils cajolent, tel un jouet, le croyant qui hurle 'Djihad' et les poussent à commettre le premier Génocide Algérien.

Il y en aura d'autres actes aussi barbares, comme par exemple ; l'élimination à la frontière Tunisienne de 1500 moudjahiddin sur ordre de Boumediene en 1962,
La tuerie dans les douars favorables au M N A Melouza 1957 (*)
Les différentes purges internes sanguinaires dans les wilayas plusieurs centaines de moudjahiddin .
Enfin, mais ce n'est pas terminé, 1990-2000 la décennie noire ; 400.000 morts …….mais c'est leur histoire

Point n'est besoin de travestir l'histoire pour cacher la vérité.


LES ÉMEUTES!

De La Calle à Bône, de Sétif à Kherrata, de Perrigotville à Chevreul, de Guelma en passant pas Héliopolis, Bled Gaffard, Lapaine, Millesimo, de Constantine à Sillegue, de saint Arnaud à La fayette, de Bougie à Didjelli, de Fedj M'zala à Bordj Bou Arridji et le tableau n'est pas exhaustif, sous le nom de " Djihad ", de " Paix " et de liberté, on releva des centaines de corps émasculés, des ventres béants, des poignées tronçonnées, des seins tranchés, des sexes d'homme enfoncés dans la bouche, des pieux enfoncés dans le vagin ou dans l'anus, des fillettes, des femmes jeunes ou âgées violées, des nez tranchés, des yeux crevés…/….

Ma famille a été particulièrement affectée par l'assassinat d'un oncle et d'une tante sur la route de Chevreul.

Interrogé l'un des assassin raconte le 9 mai 1945 à Chevreul.(extrait de la minute du procès)
       - Nous avions pour ordre de tuer tous les européens.
       - A 10 ou 15 kilomètres du village, on a vu l'auto qui montait lentement le col. Nous occupions la route, le français a ralenti en nous voyant, et nous on a commencé à jeter des pierres. Les vitres ont explosées.
       - Le chauffeur a accéléré mais nous avions mis des blocs de pierre, des tubes en béton, des madriers sur la route.
       - Dans la voiture, ils étaient 5 avec une fillette. Deux hommes, un vieux aux cheveux blancs et un plus jeune. Le vieux voulu nous donner de l'argent, mais nous on continuait à caillasser la voiture.
       - Comme le vieux eut peur, il accéléra on lui jeta un bloc à la figure et le sang jailli ce qui eu pour effet de nous stimuler, nous savions que si l'auto s'arrêtait ils seraient à nous.
       - Nous étions peut-être 500 ou 1000, il y avait des femmes du douar de " fedj el ghoul " qui nous encourageaient à tuer
       - Notre chef nous incita à redoubler le caillassage, puis voyant que le vieux continuait à rouler, il tira un coup de fusil la tête du vieux qui explosa, Puis tout le monde tira des coups de fusils sur la voiture.
       - C'était la joie, certains dansaient en tirant des coups de fusils en l'air et les femmes faisaient entendre leurs Youyous.
       - On ouvrit la porte et on sortit le vieux de l'auto. Il tomba à terre et on le tira par les pieds. On lui donna des coups de couteaux dans la poitrine et on lui taillada les joues à la recherche de dents en or.
       - Les femmes le déshabillèrent, on lui coupa le sexe, puis on lui planta un gros pieu dans le cœur. On lui ouvrit la poitrine et on jeta son cœur sur la route.
       - Le plus jeune français s'accrocha au volant mais je crois qu'il était déjà mort tué par des chevrotines (à la tête). D'un coup de hache sa main tomba et on lui enleva sa bague (alliance) et sa montre, comme il râlait encore on lui coupa la langue, comme il continuait à geindre, on lui écrasa la tête avec un bloc de pierre et sa cervelle se répandit dans la terre.
       - Il ne bougeait plus, alors on le déshabilla et on lui prit le pantalon, sa chemise, sa veste, et on lui planta un pieu dans la poitrine. Puis d'un coup de hache on lui ouvrit le torse, il était mort depuis longtemps mais les femmes continuaient à lui écraser le visage. Comme ses yeux nous regardaient on les enfonça avec un pieu dans les orbites.
       - La femme jeune était atteinte par nos plombs je crois qu'elle était morte. On sorti la femme en la tirant par les cheveux, une fois par terre, on lui enleva ses vêtements, sa culotte et on la viola 10 fois ou plus. Comme son sexe saignait on lui enfonça un manche de pioche dans le vagin. Elle ne bougeait plus depuis longtemps, les femmes la retournèrent et l'une d'elle lui enfonça le pieu dans l'anus. Puis on lui ouvrit le ventre et les femmes le remplir de cailloux. Avant de partir nous lui avons tranché les seins.
       - Quant à la vieille, elle sortit de la voiture en protégeant la fillette et en courant, elle criait, elle criait. Elle avait les yeux qui roulaient* comme une folle. Elle a couru le long de la route en direction du cimetière des chrétiens du village de Chevreul, elle criait toujours et on comprit qu'elle était devenue folle.
       - Une femme du douar la ramena vers l'auto, on lui montra les cadavres et on lui dit :
       - Tu vois on peu facilement vous égorger, vous n'êtes rien, maintenant on va vous marier avec l'un d'entre nous.
       - Elle recommença à crier, elle disait des mots que l'on ne comprenait pas, elle avait perdu, je crois, la raison.
       - Alors une femme l'emmena …//…
       - Après je ne sais pas, je suis parti dans la montagne rejoindre les autres ……
       - Voilà c'est tout !
       - * (exorbités)
-
- Rapport (extrait):
-            Que le cadavre de Monsieur Bovo âgé de 38 ans présentait plusieurs plaies à la tête, produites par des objets contondants et d'autres occasionnés par des coups de feu. Le haut du visage était complètement défiguré.
       - Que le cadavre de Mme Bovo, née Jaufret Blanche, (soeur de madame Suzanne Gervais) âgée de 37 ans, présentait l'abdomen complètement ouvert : A la nuque on découvrait un coup de feu. Le sein droit était entièrement sectionné".
       - Que le cadavre de M. Coste, présentait cinq ou six blessures dans les deux seins. Les joues étaient tailladées. Dans la paroi postérieure du crâne, était un trou-de-40 centimètres carrés. L'occipital était entièrement défoncé.
            Ces détails témoignent de l'acharnement apporté par les agresseurs dans l'accomplissement de leurs crimes. Nous ne donnons pas de précisions, plus affreuses encore, concernant Mme Bovo. Par sentiment de pudeur respectueuse nous ne pouvons tout écrire..
       Les trois corps ont été provisoirement inhumés dans un petit bois de frênes, près de la gendarmerie de Chevreul.

A la suite de l'enquête ouverte à Chevreul, dix-sept arrestations ont été opérées, le tribunal militaire a prononcé 5 condamnations à mort ; non suivies d'exécution,-----

N D L R : Les visages des deux hommes, étaient méconnaissables au point que, pour les différencier, on a dû tenir compte des cheveux grisonnants de l'un d'eux, mon oncle MARCEL GERVAIS c'est rendu sur place depuis Sétif. Il lui a été impossible de reconnaitre qui était qui, la désignation fut faite par la blancheur des cheveux de monsieur Coste

Si je m'exprime aujourd'hui, que j'aborde et c'est la première fois depuis la création de mon site la tragédie du 8 mai 1945, c'est avant tout parce que j'ai été interviewé et que mon témoignage censuré ne correspond pas avec la réalité des choses dites.

Pour terminer je laisse la parole à un algérien qui après avoir vu mon " témoignage " sur France Télévision m'écrit :

Je suis ce qu'on appelle un "intellectuel pacifique" maître de conférence dans une université algérienne et je désapprouve le montage du documentaire.
     Vous avez et vous êtes le seul a apporter un brin d'humanisme en narrant le sauvetage de Slimane d'une possible exécution.
      Bien que profondément algérien, je précise que je n'ai pas la bi-nationalité alors que je le pourrais, je vie dans ce pays et lutte pour que la déconsidération de l'autre soit exclue.
      Tous les français n'étaient pas des colonisateurs et le rapprochement activé pas leur retour et l'accueil de la population le démontre..../....
      L'Algérie, bien que le gouvernement de "Boute" s'obstine (ou s'acharne) à illuminer ou enluminer, l'Algérie n' a jamais été un état, une nation, donc elle n'a pas de passé, il faut donc la rattacher à une période glorieuse ' la guerre d'indépendance" et sur ce thème les algériens vibrent.
     Boumediene 'le libérateur' s'est empressé d'éradiquer tous textes qui pouvaient le diminuer aux yeux du peuple algérien, ainsi notre histoire est simplifiée à la lutte contre la France.
     J'aurais aimé que Algérie devienne une Afrique du Sud dans intelligence d'un Mandela unitaire, au lieu de cela nous sommes des pauvres dans un pays riche de potentiel inexploité et mal aimé ...et pour cause
      Nos jeunes diplômés s'évadent d'un pays qui s'enlise dans un passé révolu ....certes l'algérien est fier d'être indépendant...mais l'indépendance a un prix ...celui du délabrement des structures, du "je t'aime moi non plus" d'une classe dirigeante minée et de la haine de l'autre
      Que recherchait la cinéaste ? veut-elle se faire un nom ? ...../.....
      Regrettable
      Hacen Djillali ......
.-

LISTE OFFICIELLE DES VICTIMES EUROPÉENES LACHEMENT ASSASSINÉES

PÉRIODE DU 8 AU 11 MAI 1945

CHEVREUL : M. Grousset, agriculteur, assassiné le 9 mai.
M. Devèze, garde-forestier, assassiné le 9 mai à Ain-Settah.
Mme Devèze, assassinée le 9 mai à Ain-Settah.
M. Morelli, garde-forestier, assassiné à Ain-Settah, le 9 mai.
M. Magri, prisonnier de guerre italien assassiné à Ain-Settah.
M. Coste Georges, ingénieur des Ponts et Chaussées à Djidjelli. assassiné le 9 mai au matin.
M. Bovo Louis, agent technique des Ponts et Chaussées à Djidjelli. assassiné le 9 mai à Chevreul.
Mme Bovo, assassinée le 9 mai.
M. Boissonade Louis, assassiné le 10 mai.

COMMUNE DE TAKITOUNT AUX AMOUCHAS :
M. Carrier Charles, agriculteur, assassiné le 8 mai.
M. Rousseau René, administrateur principal, assassiné le 8 mai. M. Bancel Yves, administrateur adjoint,assassiné le 8 mai.

A TIZI-N'BECHAR
Mme Parmentier, chef de bureau Mairie de Sétif. assassinée le 8 mai A KERRATA :
M. Trabaud Michel, juge de paix, assassiné le 9 mai. Mme Trabaud Cécile.assassinée
M. Gramond Aimé, boulanger. assassiné le 9 mai.
M. Viliedieu. de Torcy Bernard, pointeur. Tué le 9 mai.
Mlle Zemmour Paulette, tuée le 9 mai.
M. Lopez Emmanuel, maçon.
M. Onnis Giuseppe, jardinier, assassiné le 9 mai.
M. Oukàci Mohamed, soudeur. assassiné le 9 mai.

A PERIGOTVILLE :
M. Saubin Pierre, receveur des P.T.T., assassiné le 8 mai. M. Saubin Pierre, fils du précédent.
Tué le 8 mai. M. Richard Pierre, agriculteur, assassiné le 8 mai.
M. Fabrer Henri, agriculteur, assassiné le 8 mai. M. Vetillard Claude, sans profession, tué le 8 mai.
M. Morel Adolphe, chef cantonnier, assassiné le 8 mai.
M. Flandrin Joseph, corps retrouvé le 18 mai.

COMMUNE DE GUERGOUR (LAFAYETTE) : M. Atlan Joseph, commerçant, assassiné le 8 mai.
Mme Atlan, épouse du précédent, tuée le 8 mai.
M. Lévy Rolland, assassiné le 8 mai.
M. Février Georges, garde-forestier. Blessé mortellement. Décédé à Sétif le 10 mai.

COMMUNE D'OUED MARSA
M. Lambert, garde-forestier, assassiné le 10 mai.
Mme Lambert (épouse). Tuée le 10 mai.
M. Piras, restaurateur, assassiné dans la nuit du 10 au 11 mai.
Mme Piras, (épouse) décédée des suites de blessures le 13 mai.

COMMUNE MIXTE DE DJIDJELLI
M. Parro Pépito, chef de chantier, assassiné à " Bou Aboron ".
M. Farnier Gustave, garde-forestier à Tamentout, assassiné le 10 mai.
M. Dupont Raphaël, brigadier des Eaux et Forêts, assassiné avec le garde Morelli, corps retrouvés le 17 mai.
Mme Dupont Marguerite, (épouse). Tuée le 10 mai. M. Dupont André, fils du brigadier. assassiné le 10 mai.
Mme Dupont Annie, (femme du précédent). Tuée le 10 mai. M. Dupont Philippe, 3 ans, fils de Dupont André, mort des suites de blessures à Djidjelli.

CENTRE DE SILLEGUE
M. Mutschler, garde-champêtre, assassiné le 8 mai.
Mme Mutschler, (épouse), tuée le 8 mai.
M. Beignet, chef cantonnier, assassiné le 8 mai.

CENTRE D'AIN-SEFRA
M. Fabre Charles, propriétaire agriculteur, assassiné le 8 mai.
M. Cherrer, chauffeur, assassiné le 8 mai sur la route de Kerrata,

COMMUNE DE SETIF
M. Deluca Edouard, Président de la Délégation Spéciale de Sétif, assassiné le 8 mai.
M. Vaillant Louis, Président du Tribunal, assassiné
M. Clarisse Louis, employé à l'Hôpital Militaire,assassiné
Nf. Hayes Marcel, jardinier,,assassiné
M. Capoti Louis, jardinier,,assassiné
M. Tisch Albert, colon assassiné.
M. Péguin Pierre, directeur Ecole indigène assassiné.
M. Hadafnar Charles, employé à l'Office du Travail. M. Clauzier Michel, employé, assassiné.
M. Carré François, assassiné.
M. Gros Albert, colon. assassiné
M. Gourlier Gaston, collecteur au marché, assassiné.
M. Croso Jean-Baptiste, commerçant, assassiné.
M. Jaulin Albert, colon, assassiné
M. Péres Raymond, colon, assassiné
M. Fabrer Louis, assassiné
M. Vella François, colon, assassiné
M. Pons Antoine, colon, assassiné
Mlle Nakache Arlette (fillette), assassinée
M. Malvezin Louis, propriétaire-agriculteur, assassiné
M. Dussaix Emile, propriétaire-agriculteur, assassiné

ARRONDISSEMENT DE GUELMA
M. Vella Victor,assassiné à Petit.
M. Baali Paolo (prisonnier de guerre italien), assassiné
M. Sammarti Paul, assassiné à Petit.
M. Gauci Antoine, assassiné à Petit.
M. Missud Josept,assassiné à Millesimo.
M. Bezina Dominique, assassiné à Beld Gaffar.
M. Winschel Nicolas, ferme Prunetti, Cne de Guelma. Mme Winschel Marie, tuée avec son mari.
M. Gauci Jean, cheminot, assassiné.
M. Valensi Baptiste, chef cantonnier, assassiné.
M. Zahra François. Ferme Bellevue, Cne de Guelma, assassiné.
M. Halbedel André, gérant de la ferme Lucet à Villars, assassiné.

ARRONDISSEMENT DE CONSTANTINE
M. Champelle,assassiné, dans la nuit du 15 au 16 mai, au douar El Ouassam Cne Mixte d'Oum et Bouaghi.
Mme Titolier à Bekkaria, Cne mixte de Morsott, assassinée.

ARRONDISSEMENT DE BONE
M. Marchetti blessé le 8 mai et décédé le 24 mai des suites de ses blessures

ACTE DE FOI

Les Membres des Conseils d'administration de la Cultuelle musulmane, Comité de Section des Amis de la Démocratie, Comité des Amitiés Africaines, Bureau du Syndicat des Petits Fellahs, les Chefs et Mokaddems des Confréries religieuses et Notables de la région de Perrégaux, réunis ce jour, 16 mai 1945 en séance commune à la Mai-rie, en présence du Maire et de ses adjoints, des Conseillers' municipaux musulmans et des représentants de l'autorité et du culte, flétrissent publiquement les actes de cruelle sauvagerie perpétrés le jour même de la célébration de la grande victoire de la France démocratique et de ses Alliés, victoire pour laquelle des milliers de Musulmans algériens ont versé leur sang.
Ils rendent responsables des affreux crimes commis tous ceux qui spéculant sur les difficultés de l'heure ont surexcité les esprits simplistes, portant ainsi atteinte à l'union si indispensable entre les Français musulmans et les Français non musulmans de ce pays.
Ils adressent leurs vives et affectueuses félicitations à toute la population musulmane de Perrégaux et de sa région qui, s'écartant depuis longtemps de tout mouvement subversif et condamnant toute propagande anti-française, a su et saura toujours entretenir dans le calme et la dignité de bonnes relations amicales avec la population européenne.
Ils prient celle-ci d'avoir confiance en eux et de ne pas se faire la propagatrice consciente ou inconsciente des fausses nouvelles alarmantes dont les auteurs ne peuvent être que des gens de la 5° colonne. Conscients de leurs devoirs comme de leurs droits et de leur dignité d'hommes, ils proclament hautement leur reconnaissance et adressent leurs sincères remerciements au Gouvernement de la République française et à son valeureux chef, le général de Gaulle, d'avoir fait nette distinction entre la masse musulmane saine et paisible et les perturbateurs de toutes origines, ennemis avoués ou cachés de la France.

Ils expriment à M. le Gouverneur Général de l'Algérie, à M. le Préfet d'Oran et aux représentants de l'Autorité locale, leurs sentiments d'indéfectible attachement à la France que la grande majorité des Musulmans algériens savent défendre ou soutenir dans les heures graves et aimer dans les moments de tristesse ou de joie nationales. Ils prient enfin M. le Maire de Perrégaux d'être leur fidèle interprête auprès des Chefs de la Colonie et du Département à qui il voudra bien, par télégramme, faire part des sentiments solennellement exprimés devant lui en attendant qu'ils reçoivent le présent acte de foi.

Perrégaux, le 16 mai 1945.
Pour les Organisations musulmanes de la localité :
H. B. M, instituteur en retraite ; Miloud G, adjoint au maire ; C B, conseiller. Pour les Confréries religieuses: Si M'Hammed B, chef de Zaouïa ; Si Abde M.
Pour les notables musulmans :
Mi H ; B Mohamed et A.Mostéfa, anciens conseillers municipaux et Caïd, chevaliers de la Légion d'Honneur, propriétaires-agriculteurs.

Textes communiqués par M.Muraccioli

Boussaadi prit sur insurgé
Arme redoutable qui se porte pendue dans le dos, est en main par un simple mouvement d'épaule

Site Internet GUELMA-FRANCE