ETUDES ARCHEOLOGIQUE
EUGENE GRELLOIS
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LE THEATRE de CALAMA
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Calama possédait plusieurs théâtres ; l'un d'eux, qui était, sans contredit, le plus vaste et le plus important, offre encore des restes assez beaux pour attirer l'attention et mériter une description particulière Ce monument, le plus complet de ceux qui nous ait légués l'ancienne Calama, est situé au nord de la ville, dans une admirable position. Il est comme la plus part des théâtres romains, adossé à une colline, aux dépens de laquelle on a creusé l'emplacement des gradins.

De leurs loges, les spectateurs jouissaient du plus délicieux point de vue. Deux collines, qui s'avancent vers la plaine, s'inclinent exprès pour découvrir les beautés de celle riche campagne et les riants contours de la Seybouse qui semble se rouler autour d'elle-même, pour être vue plus longtemps. Derrière le fleuve, les coteaux verts viennent successivement se fondre dans la teinte grise des montagnes lointaines, qui paraissent n'être que le dernier rideau de la scène.

C'est un grand sentiment de l'art qui avait dicté le choix d'une telle situation pour y asseoir un théâtre.

Le monument consiste en un amphithéâtre dont le diamètre mesure soixante-quatre mètres. La circonférence est garnie de huit rangées de gradins qui occupent un espace! de douze mètres, de sorte que le diamètre intérieur, (lui détermine l'étendue un prosœnium, est réduit à quarante mètres.
A la partie supérieure et moyenne existent encore des vestiges d'une loge qui était, sons doute, celle du gouverneur de la ville, la loge prétoriale. Une triple rangée d'escaliers fort étroits, au centre et sur les côtés, conduit des gradins au prosœnium tandis qu'un vestibule arrivant Je la partie supérieure et construite dans l'épaisseur même des gradins, du côté gauche faisant face à la scène), pouvait y conduire directement, l'extérieur Un pavimentum en larges dalles, échancré en lune vers le centre du diamètre, séparait le prosœnium du scenium. Il ne reste plus que des vestiges de celui-ci; les acteurs y arrivaient par une entrée particulière située au niveau même de la scène, tandis que les spectateurs entraient au théâtre par la partie supérieure.

Cette disposition Est facile à comprendre en se rappelant que le monument est situé sur le versant d'une colline, dont le sommet est au niveau même de la ville.

Il' existe encore des voûtes, des vestibules qui faisaient communiquer d'une partie du théâtre à l'autre. L'un d'eux constituait, sans doute, le vomitorium..

La façade du théâtre dont il reste encore quelques parties du côté opposé à la ville, était ornées de colonnes ,dont on trouve les débris, ct de statues, ainsi que l'indique une description rencontrée près de là, et que je n'ai plus retrouvé à Ghelma L'emplacement de deux statues, une de chaque côté de la façade, est encore indiqué par deux niches creusées dans l'épaisseur de la muraille.

Quoique les pierres de taille n'aient pas été ménagées dans la construction. Elles ont été cependant réservées d'une manière spéciale pour servir de parements, Ainsi, les gradins sont de moellons cimentés recouverts de dalles; les vestibules et la façade sont également construits en moellons, avec des pierres de tailles espacées de distance en distance.

Les murs, tant intérieurs qu'extérieurs, ont une épaisseur moyenne de deux mètres.

Il devait exister sous ce théâtre des parties profondes, des substructions qui ont été comblées depuis, et qui n'ont point encore été découvertes C'est du moins ce qui semble annoncer des marches d'escalier au-dessous du sol, et dont ne connaît point la destination Le calcul indique que cet amphithéâtre pouvait contenir environ 2000 spectateurs savoir: 1284 sur les gradins, et 716 dans l'enceinte du prosœnium

En résumé, ce monument démontre une œuvre faite à loisir et entourée de conditions de beauté et de solidité à loisir et entourée de toutes les conditions de beauté et de solidité. On ne saurait en douter, cet ouvrage appartient beaux temps de la domination romaine, car il porte encore ce cachet de grandeur que les conquérants du monde savaient imprimer à leurs immortels travaux.

Il a dû subir quelques modifications sous la domination, byzantine; mais ces modifications, dont on découvre quelques traces, indiquent l'absence du gout et la décadence de l'art; ainsi, l'une des portes du vestibule qui conduisait au proscenium a été fermée en partie, et l'on reconnait aisément que ce dernier travail n'est pas contemporain de l'âge florissant du théâtre.

CIRQUE.

-A l'Ouest et non loin de la ville on voit encore les restes d'un cirque dont il n'y a guère de conservé que les dimensions (pl. 3, No 4). Il a été creusé dans l'épaisseur même du rocher, sur un plan horizontal, de telle sorte que les loges ou gradins se trouvaient à-peu-près au niveau du sol extérieur, tandis que l'arène elle-même lui était inférieure; on ne sait point aujourd'hui quelle était sa profondeur au-dessous des gradins, car elle est couverte d'une couche, sans doute fort épaisse, de terre, et l'on n'y a fait encore aucun déblaiement. La forme de ce cirque n'est point circulaire, mais elliptique; ses dimensions sont, dans un sens, 40 mètres, et 81 dans l'autre . . Les deux tiers, environ 1 de la circonférence sont seulement conservés ou même indiqués. On y remarque, de distance en distance 1 des réduits taillés dans le roc, de 4 mètres, environ, de largeur sur 3 mètres de profondeur; à l'Est et à l'Ouest il existe deux de ces réduits beaucoup plus grands, dont la largeur est de 5 mètres et la profondeur de 9.

C'est là, sans doute, qu'étaient renfermés les animaux féroces destinés au spectacle.

Au-dessus de la porte la mieux conservée, et qui s'étend du Sud à l'Ouest, on observe encore les vestiges de deux gradins en maçonnerie,et ,ça et là, quelques pierres de taille.

L'entrée de l'arène était probablement du côté de la ville, mais il n'en reste plus de traces.

Ce cirque a dû être détruit par les Vandales et n'aura point été relevé depuis, car les matériaux même qui ont servi à sa construction ont, en grande partie, disparu.

N'ayant aucune notion sur le chiffre des gradins qui, pouvaient l'entourer, il est impossible d'émettre une opinion vraisemblable sur le nombre des spectateurs qu'il devait contenir Enfin, sur la place même du marché, existe encore indication d'une construction dont la destination analogue. Ce sont des restes de maçonnerie s'étendant sur une ligne courbe, dont on ne saurait pluss déterminer ni la nature ni le diamètre. Nous nous dispensons de toute conjecture à cet égard.

Nous émettons le vœu de voir l'administration s'occuper en premier de ces monuments. Le déblayer afin qu'aucune de ses parties ne reste cachée, faire des fouilles dans celles qui sont susceptibles d'être fouillées, sont des choses, archéologiquement parlant, de première nécessité.

Quant au second, nous aurions vu avec intérêt mesurer la profondeur et reconnaître la nature du sol de l'arène.
Mai 09

Le collectif des Guelmois site Internet GUELMA-FRANCE