Ste Monique, naquit à Thagaste, en Numidie, de parents pieux et d'une condition honorable. Élevée avec le plus grand soin, elle devint bientôt un modèle de vertu.
       Lorsqu'elle fut en âge d'être mariée, séparent l'unir à Patrice, qui appartenait à une famille distinguée de Thagaste.
      Patrice était encore païen et d'un caractère violent. De plus, ses moeurs étaient déplorables, Monique eut beaucoup à souffrir de l'humeur difficile de son mari, qui, cependant, la chérissait avec tendresse.
     Aux injures plus grossières, elle répondait que par la douceur et le calme. Plusieurs fois Patrice, emporté par la colère,leva la main pour la frapper, mais Monique mettait tant de douceur et de soumission d'en sa voix et dans ses paroles, que Patrice, honteux de ces violences se calmait et tâchait de lui faire oublier ses emportements par un redoublement de tendresse.

       Elle eut encore à subir bien des épreuves dans la famille de son mari. La jalousie des servantes avait indisposé contre sa belle-mère : celle-ci n'eut pas tout d'abord pour sa belle-fille tous les égards que méritait sa grande vertu.
      Mais Monique sut si bien gagner ses bonnes grâces par ses manies respectueuses étonnantes, que cette femme finit par lui vouer un attachement qu'il ne se démentit plus. Monique avait demandé à Dieu la conversion de son époux. Ces prières ardentes jointes au spectacle d'une sainteté persévérante, obtinrent cette grâce du ciel.
     Patrice tomba dangereusement malade et demanda le baptême. Il mourut, laissant à sa veuve désolée la suprême consolation d'avoir gagné son âme à Dieu.

Monique avait eu trois enfants de son mariage avec Patrice. Augustin, qui devint plus tard le grand évêque d'Hippone, était l'aîné des trois.
Monique se consacra, avec le plus grand soin, à son éducation. Mais l'âge des passions entraîna bientôt Augustin bien loin de cette piété que sa pieuse mère avait taché de lui inspirer. Il tomba même dans les grossières erreurs du manichéisme.
Monique redoubla de prières et d'austérités pour sauver l'âme de son enfant.
On connaît le mot prophétique d'un évêque que Monique consulta sur la conduite à tenir envers son cher fils : " il est impossible que le fils de tant de larmes périssent ". Augustin s'est pas rendu à Rome, puis à Milan, Monique n'hésita pas à traverser la mer pour le rejoindre.

Augustin, que sa mère avait mis en rapport avec Saint-Ambroise, n'avait jamais pu le visiter sans que celui-ci lui fit l'éloge le plus chaleureux de sa mère. Enfin les larmes de Monique furent entendues du ciel. Augustin, converti au milieu de circonstances miraculeuses, se prépara au baptême, qui reçu des mains de Saint-Ambroise.
Monique, au comble de la joie, se disposait à retourner en Afrique avec son cher Augustin. Ils s'étaient tout deux rendus à Ostie, attendant que le vent fut favorable à la navigation.
Nous empruntons la fin de ce récit à l'admirable vie de sainte Monique par l'abbé Bougaud, dont on ne saurait trop conseiller la lecture aux mères chrétiennes :

Un jour, Monique et Augustin étaient assis près d'une fenêtre, la main dans la main, le cœur an haut. Ils contemplaient tour à tour la Terre, la mer, les astres, toutes les choses créées, et, les trouvant passagères trop petites, ils montaient ensemble, loin de la triste vallée, dans la région de l'impérissable beauté et de l'éternel amour.
Mon fils, qui Monique en achevant cet entretien, plus rien maintenant me retient sur la terre. Je ne sais plus ce que j'ai à y faire ni pourquoi j'y suis encore, puisque j'ai réalisé toutes mes espérances. Il était une seule chose pour laquelle je désirais un peu vivre : c'était de vous voir chrétien et catholique avant ma mort. Dur assez bien plus, puisque je vous vois mépriser toute félicitée tel est pour le servir. Que sais-je donc ici davantage ?

Cinq jours après cet entretien, sainte Monique fut prise d'un accès de fièvre qui l'obligea de se mettre au lit. On crut d'abord que ce n'était qu'un peu de fatigue occasionnée par le long voyage qu'elle venait de faire. Monique ne s'y trompa point . Elle comprit que c'était l'époux qu'il appelait, et elle ne pensa plus qu'à se préparer à sa venue.
Elle eut un ravissement, l'une de ces douces et fortes extases qui enlèvent l'âme à elle-même, en laissant le corps immobile et évanoui.
On l'a cru morte. On s'empressa autour d'elle. On s'agitait et on cherchait des remèdes pour la rappeler à la vie, lorsqu'elle ouvrit doucement les yeux : " où étais-je ? " Dit-elle étonnée ; et, pour révéler en un mot de quelle autre région elle descendait et ce qu'elle avait appris : vous enterrerez ici votre mère ". À ce mot, prononcé d'un ton qui ne laissait place à aucun doute, Augustin sentit les larmes monter à flot de son cœur, mais il eut la force les retenir. Navigius, son autre fils, plus faible, éclata : " mourir, est ici encore !... Àh ! Si c'était du moins dans la patrie ! " Monique l'entendit et lui envoya des yeux un doux reproche. Puis, s'adressant à Saint-Augustin, comme au plus fort : " tu entends ce qu'il a dit ? ". Et, les regardant tous les deux afin de ne laisser aucun doute sur ses dernières volontés : " vous enterrerez mon corps où vous voudrez. Ne vous en mettez pas en peine. Peu importe. Ce que je vous demande, c'est de vos souvenirs de moi à l'autel du seigneur, et en quelque lieu que vous soyez "
On dit qu'au dernier moment, comme elle demandait avec insistance l'eucharistie, qu'on croyait devoir lui refuser à cause de ces souffrances d'estomac, on vit entrer dans sa chambre un petit enfant.
Il s'approcha du lit de la sainte, la baisa sur la poitrine, et aussitôt, comme s'il l'eût appelée, elle inclina la tête et rendit le dernier soupir, à l'âge cinquante-six ans.

Saint-Augustin, dans ces ouvrages et ses sermons, parle souvent de sa digne mère en termes émus.

Dans le livre de ses confessions, il a consacré à Monique des pages admirables et qui met en relief la belle physionomie de cette femme incomparable.

Site Internet GUELMA-FRANCE