Ruines romaines
vendredi 28 août 1903

            Lorsque le spectateur, assis sur les gradins regarde la scène du théâtre romain, il aperçoit trois grandes niches demi circulaires formant le fond de l'espace réservé aux acteurs.
            C'est habituellement au milieu de ces niches que se trouvaient percées les portes donnant sur le péristyle.
Mais dans le théâtre de Calama, la porte centrale seule existait et les portes latérales étaient percées dans les réduits formés par les niches et le mur du péristyle sur lequel elles s'appuient.

Toute cette partie du moment était revêtue de marbres de colonnes qui s'élevaient sur deux étages et donnaient à la scène l'aspect d'une façade monumentale de palais, richement décorée.
Des statues, des inscriptions rappelaient aux spectateurs les protecteurs de la cité et les citoyens illustres qui avaient contribué au prestige de la ville à la construction de l'édifice.
Toute cette portion de la construction était couverte par un toit en appentis relevé dans les formes massives se soutenaient sur les doubles murs formés par le mur du péristyle et ceux de raccordement entre les niches.

Toute cette place de la scène était dallée, tandis que parfois dans d'autres théâtres, elle recouverte de mosaïques.
En avant se trouvait le plancher ou pulpitum, sur lequel se tenaient plus particulièrement les acteurs, et qui se trouvait soutenu sur des poutres apparentes des deux bouts, sur des pierres enchâssées soit dans le mur de fond soit dans le mur de devant du pulpitium.

Le mur du fond du pulpitum existe encore dans son entier, mais celui-ci de devant est complètement détruit, à l'exception de quelques fragments du soubassement qui présentent leurs demi-circonférences moulurées sur le sol même de l'orchestre.
Il n'est donc un décor permanent qui représentait un palais et permettait de supposer que l'on se trouvait soit à l'intérieur d'une grande salle et qui permettait les représentations tragiques soit encore sur la voie publique, devant le palais, ce qui permettait de représenter les comédies qui souvent se passaient en plein air et dans la rue.
D'ailleurs quelques décors sur toile ou quelques panneaux peints ou démontables pouvaient se placer soit sur la scène soit même sur le péristyle dont on laissait les portes ouvertes.

Dans certains théâtres romains il y avait une toile qui masquait la scène et s'abaissait devant les assistants tandis que dans nos théâtres modernes, elle s'élève ;.
Nous voyons donc que la scène et les deux avant corps contenaient les salles et qui flanquaient cette scène étaient protégés des intempéries par une couverture permanente en tuiles.

Quant à la cavée, à l'exception du portique supérieur qui courait autour de sa circonférence extérieure, elle était en plein air.
Toutefois, pendant une représentation on disposait des toiles qui abritaient le public contre les ardeurs du soleil.

Dans nos salles modernes, tout est disposé pour concentrer l'attention sur la scène, mais il n'était pas de même au temps antique où les représentations théâtrales étaient des représentations populaires, des réjouissances publiques, où les divisions entre citoyens se manifestaient que d'un par catégories, par classes, et où par suite régnait la plus grande familiarité.
Quand un magistrat, un élu, donnaient des jeux théâtraux comme don de bienvenue au peuple, tous étaient invités, et il en résultait pendant plusieurs jours une foule considérable et bruyante, non seulement dans le théâtre même, mais encore dans toute la ville. Le public mis en liesse par ces libéralités, était joyeux, distrait, et les conversations s'échangeaient au milieu d'un brouhaha qui rendait souvent pénible la tâche des acteurs.

Des colloques s'engageaient entre ceux-ci et les assistants, particulièrement ceux des gradins supérieurs, les habitués du poulailler, dirions nous maintenant.
Les acteurs étaient obligés de se servir d'un porte voix pour se faire entendre de toute l'assemblée, et ils réclamaient très fréquemment le silence ce qui prouve qu'ils ne l'obtenaient guère.

Lorsque le public n'avait pas entendu, on recommençait la tirade incomprise et pour plus de précautions, Plaute avant de mettre ses acteurs en scène, commençait par résumer la pièce aux spectateurs, et chacun des artistes en entrant sur la scène, déclinait son nom et le personnage qu'il allait représenter.
Toutes ces précautions montrent bien que malgré la présence des agents de police, chargés seulement d'assurer l'ordre, les représente rations étaient loin de ressembler à celles de nos jours.

D'ailleurs, les comédies furent par la suite abandonnées pour laisser la place aux mimes et aux pantomimes, qui remplaçant la parole par le geste n'avait plus besoin de tant d'efforts pour surmonter le bruit et l'inattention de la foule.

Des paysans indignés, s'émerveillaient à ce spectacle, et les femmes étaient nombreuses, mêlées aux spectateurs, et bavardant comme des cigales Noevius . Les nourrices apportaient leurs nourrissons, et les courtisanes se plaçaient tout près de la scène revêtues de leurs plus beaux habits de manière à attirer l'attention, à être vue.

Parfois des cabales s'organisaient, des cris, des invectives accueillaient les comédiens. Les figurants, les organisateurs se mettaient de la partie et les projectiles, les moins recommandables, pleuvaient sur la scène mettant en fuite les interprètes qui cherchaient en hâte un refuge dans les dépendances pour se soustraire aux manifestations hostiles.

VETUS (à suivre)

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