MALACA-CALAMA-GHELMA-GUELMA

Mise à jour 2006

Histoire de Bône et la région de Guelma en 1906

            Coquette, radieuse, au fond de son golf bleu, verdâtre ou argenté, Bône, la féerique s'étale en de multiples fluctuations architecturales.
            Se dressant là, en mentor, renforcé par le légendaire Rocher du lion, le Cap de garde protège l'augustine cité contre les maléfices du malicieux Neptune. Il semble rappeler l'antique formule de l'Islam qui accompagne toujours de 'al m'haroussa '-la bien gardée- le nom d'une ville chère.
En regard aux confins mourants des Béni Salah, le cap Rosa se profile sur une mer bleue turquoise et d'azur.
           Au fond du golfe, la Boudjina et la Seybouse mélangent leurs eaux glauques aux ondes amères et fuyantes.
Ce, tandis que la haut, la vieille casbah aux tours décrépite et désertes, contemple jalousement la majestueuse basilique de saint Augustin qui s'élève coquette sur la montagne d'Hippone, comme pour perpétuer le souvenir…..
Et, tout au fond, rehaussant ce décor grandiose, l'énorme Bouzizi - le Goliath de l'Edough - s'impose au milieu des teintes innombrables et délicieusement variées…./…
Mais bien que transportés par la beauté de ce paysage enchanteur, n'oublions pas que, dans l'antiquité, des scènes fameuses s'y sont déroulées et, faisons une petite digression historique qui nous permettra de rappeler - oh, très succinctement - l'histoire de Bône et de la région.
Comme on le sait, c'est l'époque quaternaire qui est la plus ancienne connue jusqu'à présent en Algérie et dans toute l'Afrique septentrionale.
Cette époque est caractérisée par des armes et des outils de pierre qui se trouvent un peu partout, soit dans les terrains formés d'alluvions, soit dans les cavernes profondes, et, parfois même à fleur de terre.
La région de Bône à proprement parlé, n'est pas très riche en souvenirs de l'époque précitée qui paraît s'être plutôt centralisée vers Sétif, mais nous y reviendrons, Aïn Mlila et Aïn Beida, pour la province de Constantine.
Dans cette zone, qui semble avoir été le berceau préhistorique de la dite province, on rencontre des vestiges de campement de plein air qui fournissent une grande quantité d'instruments en pierres : des massues, des pointes de flèches et de lances, des couteaux , des perçoirs, des instruments généralement fabriqués sur place - ainsi qu'en atteste la structure du terrain - et dont quelques-uns dénotent une dextérité de taille fort remarquable.
Ces outils sont généralement mêlés à des œufs d'autruches et de casoars, à des ossements de mastodontes divers et d'animaux domestiques, ainsi qu'à des quantités de coquilles marines ou terrestres.
Selon toute probabilité, les habitants de ces campements ont séjournés là fort longtemps ; en se vêtant de peaux de bêtes, se tatouant en rouge, et, portant des parures faites de coquillages divers et de galets perforés ; ce qui d'ailleurs, nous permet d'assurer que les amulettes sont d'usage préhistorique.
Des savants autorisés prétendent, et nous nous inclinons devant cet avis, que ces habitants primitifs se nourrissaient des produits de leur chasse, et rien n'indique qu'ils aient cultivés les céréales.
Emanant d'une époque moins primitive, on possède des sépultures faites en pierres brutes, ou à peu près, et que l'on attribue ordinairement aux Djouala et aux Beni Sfao, races idolâtres qui n'ont guère laissés d'autres vestiges que les instruments de l'époque précédente, quelques récipients en terre ou en bois et, parfois même, des armes en métal grossier.
Deux rites funéraires sembles se dégager de ces nécropoles : tantôt les tombes sont communes et renferment une grande quantité d'ossements humains ; tantôt les morts sont inhumés séparément dans une attitude repliée, les rotules scellées au maxillaire inférieure, ce qui rappel la posture de l'enfant dans le sein maternel. Dans ce cas on trouve prés des squelettes des poteries ayant contenues des aliments ; cela nous permet que l'au delà et la vie future- pour ne pas parler de métempsycose -, étaient déjà en créance dans les temps reculés.
Selon toute vraisemblance, ces Africains avaient des enceintes fortifiées, datant de l'époque où ils commencèrent à bâtir des sépultures. C'était dans ces enceintes fortifiées, datant de l'époque où ils commencèrent à bâtir leurs sépultures. C'était dans ces enceintes faites de blocs énormes et très sommairement équarris et formant des murailles protectrices de leurs nécropoles, que les indigènes se réfugiaient en cas de danger.
Leur religion consista tout d'abord à l'adoration des animaux : taureaux, singes, béliers et un peu plus tard, sans doute sous l'influence de l'Egypte, ils ajoutèrent le culte du soleil et de la lune . On retrouve en quelques endroits des traces du Dieu Ammon, de Thèbes, apparaissant sous les traits d'un bouc auréolé d'un disque solaire.
Ainsi, l'Afrique septentrionale possède des vestiges très démarqués de l'époque quaternaire. Cette partie que les arabes ont appelée, avec juste raison ; l'Ile du M'ghreb (occident), était abordée au Nord par l'océan Atlantique et la Méditerranée et au Sud par l'ancienne mer de sable du Sahara ; à l'Est, un isthme, dont la Sicile constitue un débris flagrant, reliait l'Italie à la Tunisie, et, à l'ouest le détroit de Gibraltar à peine naissant, peut-être séparait le M'ghreb de la presqu'île Ibérique.
Dans tous les cas, il apparaît que les habitants ont été en relations avec les peuples d'Europe bien avant la descente des Phéniciens sur ces côtes. Le cabotage était assez facile sur le vaste lac méditerranéen.
Or, vers le second millénaire avant notre ère, plusieurs peuples qui avaient acquis, sur les bords de la mer Egée, une grande puissance commerciale, furent obligés d'étendre leurs opérations au delà du bassin orientale de la méditerranée. Les Crétois, sous le régime fameux de Minos, s'incursèrent en Lybie puis en Egypte. Vers le XIV ° siècle ils emportèrent leur civilisation dans toute l'Afrique du Nord, et, c'est de ce siècle que semble dater la culture des céréales dans nos pays.
C'est vers cette époque que se révèle distinctement dans le M'ghreb l'apparition des Phéniciens.
En effet les Phéniciens, peuple très mercantile, exploitant les riches gisements miniers du pays des Tartessiens, longeaient le littoral de l'Afrique et ils furent forcés d'y établir des repaires. Ces repaires se transformèrent bientôt en comptoirs d'échange qui ne tardèrent pas à devenir considérable et où se réfugièrent Tyriens et Sidoniers chassés de la mer Egée
Or , vers le VIII siècle, avant Jésus Christ, les Grecs poursuivant les Phéniciens détruisirent la plus grande partie de leurs comptoirs du M'ghreb. Ce fut alors que Carthage, ou Kart-Hadatsch, fondée suivant la légende connue par Didon et l'aristocratie tyrienne, arrêta l'invasion Grecs et en débarrassa les Phéniciens. Elle imposa en retour, à ces derniers, sa suzeraineté sur toutes leurs villes du littoral, notamment sur Hippo (Hippone), Rusicade (Philippeville) etc .
La domination des carthaginois en Algérie ne s'étend guère que jusqu'au Cap Bougaroun et à la région sud de cette pointe, d'où ils furent d'ailleurs chassés par les indigènes . Aussi ce ne fut que trois siècles avant notre ère que Carthage conquit Théveste (Tébessa) et elle ne la conserva qu'une cinquantaine d'années ; alors que Madaure (M'daourouch près de Souk Ahras) était le domaine absolu de Syphax roi des Numides. L'influence punique se propage dans toute la région ; Carthage, grâce à des subsides considérables et des liaisons princières , s'allie les chefs Numides. Ainsi une nièce d'Hannibal épouse Oesalces, prédécesseur de Massinissa ; Amilcar Barca donne sa fille à Navarase qui avait protégé Carthage contre une révolte intestine ; la malheureuse Sophonisbe, fille d'un Astrubal, est fiancée à l'illustre Massinissa -né à Cirta, élevé à Carthage - mais elle devient d'abord la femme de Syphax, et elle n'épouse que plus tard Massinissa qui, comme on le sait, la sacrifia aux Romains.
Les Numides étaient alors les farouches guerriers de l'armée de Carthage ; cavaliers intrépides, ils parcouraient le nord de l'Afrique en des chevauchées fantastiques, jouissant d'une tactique incomparable et redoutée. Ils furent d'un précieux concours à Hannibal dans son expédition en Italie.
Avec l'influence guerrière de Carthaginois la langue punique se répandit bine au delà des conquêtes. Elle devint la langue officielle de Massinissa et de ses successeurs jusqu'au 1 er siècle avant notre ére.
Dans les environs e Constantine et de Malaca (Guelma) on a retrouvé des épitaphes et des ex voto phéniciens qui datent d'une époque postérieure à la chute de Carthage . Et, même au temps de Saint Augustin la langue punique étaient vulgarisée à Hippone et à Guelma. Les chefs Numides donnèrent à leurs enfants des noms puniques , ce fut ainsi que le fils et le petit fils de Massinissa s'appelèrent Mastanabal et Hadherbal. Cette coutume s'étendit jusqu'au peuple.
Mais vers le VII siècle avant J-C , la civilisation grecque avait envahi presque complètement Carthage, la Tyr de l'occident, et ce fut ainsi qu'elle pénétra au cœur du Maghreb. Aussi constate-t-on, dans certains monuments de l'Algérie d'une époque pré romaine, un mélange d'inscriptions puniques et de style Grec. Des monuments portant ce genre d' inscriptions ont été découverts en abondance à Guelma. De même le mausolée du Kroubs, près de Constantine, et le Medracen à Batna sont des exemples de cette architecture batarde.
Quand aux cultes, les phéniciens avaient implanté le dieu Ammon transformé en un dieu Sémitique, un Baal, Baal Hammon (qui devint plus tard Saturnus Augustus) et ils l'avaient adoré sous différentes formes. Les africains l'adoptèrent à leur tour, et, à Cirta, à Calama (Guelma), à Mileum, on retrouve des stèles puniques dressées en l'honneur de cette divinité.
Vers la fin du IV siècle avant Jésus-Christ, le culte de Demeter et de Persphoné, se répandit dans toute l'Afrique du Nordet, à l'époque romaine, les divinités Cereres, Liber Pater et Pluto représentaient encore les cultes de Dionysos et d'Hadès.
Mais, bientôt la domination romaine devait s'étendre sur Carthage et sur le Maghreb tout entier. Après la fameuse bataille de Zama, que Scipion l'Africain remporta en 202 sur Hannibal, et, la destruction de Carthage par ce même Scipion, les états numido-puniques furent confiés à des chefs numides qui respectèrent la prépondérance de Rome.
Massinissa, entre autres, courba humblement son front de tyran devant cette puissance. Mais, la décadence de ces royautés africaines s'accentua de plus en plus. Pourtant il convient de mentionner la vaillance de Jugurtha, fils de Mastanabal. Elevé avec ses deux cousins Adherbal et Hiempsal, il les fit égorger pour rester maître de la couronne. Cependant vaincu deux fois par Metellus et Marius, Jugurtha se réfugia chez Bocchus, qui le livra à Sylla, et mourut vers l'an 105 avant notre ère. (une légende dit que Jugurtha enterra son trésor de guerre aux environs de Malaca (Guelma).
C'est alors que la domination de Rome prend, en Afrique septentrionale, une extension inimaginable. Les romains surent domptés tous les peuples de ces pays. Les vestiges innombrables qu'ils y ont laissés prouvent assez quelle fut leur force de domination et leur valeur administrative ! L'Algérie devint alors le grenier de Rome et des temples et des monuments multiples et grandioses l'embellir d'une façon merveilleuse.
La christianisme, alors naissant, y fut vite vulgarisé, remplaçant ainsi le paganisme, et nous arrivons à l'époque mémorable de saint Augustin, le grand prélat d'Afrique que nous reverrons dans HIPPONE.
Héla ! la merveilleuse colonie des Romains devait bientôt subir le contre coup de leur décadence ; les Vandales tirèrent aisément parti de la faiblesse croissante de l'Eglise et de l'Aristocratie et ils massacrèrent cruellement les derniers représentant de " la grande conquérante ". C fut ainsi qu'Hippone, dans toute la splendeur de son développement, fut mise à sac et à feu.
Et, passant rapidement sur les périodes byzantines et arabes, fort bien décrites par Ibn Khaldoun et El Makari ben Ahmed, nous voici arrivés à la conquête de l'Algérie par nos pères……..


Evêché de Calama ou Ghelma.

Calama,
Ville intéressante de Numidie, décorée par Auguste du titre et des prérogatives de colonie ; elle était située à quelque distance d'Hippone-Royale Calama possédait plusieurs temples et sanctuaires, parmi lesquels saint Augustin célèbre celui du saint martyr Etienne ( les africains appelaient ces sanctuaires Memoria) ; et il affirme que, dans le même temps, une foule de prodiges y avaient opérés par son intercession.
On n'est pas bien fixé sur le temps de la durée de Calama ; mais Pagius estime qu'en 1013 elle était déjà détruite, d'après le récit du diacre Pierre, moins du mont Cassin, qui raconte comment un certain religieux, du nom d'Azzon, avait été fait prisonnier, avec ses compagnons, par des pirates, et conduit par eux dans la ville de Calama...d'autres ne reconnaissent sous cette dénomination qu'une ville d'Alkala, bâtie du reste je ne sais où, par les Sarrasins. Le traducteur de Morcelli est tout à fait de l'avis de ceux qui ne peuvent croire à une pareille prolongation de l'existence de Calama ; cette ville dont il a étudié les ruines et l'histoire avec soin, avait été déjà saccagée une première fois du vivant de saint Possidius, et peu avant le siège d'Hippone; plus tard Bélisaire en relevant les murailles en grande hâte, et dans une proportion beaucoup moins considérable ; mais, elle ne dut pas échapper longtemps à une deuxième et dernière dévastation. Il n'est guère croyable non plus que des pirates ou écumeurs des mers aient conduit leurs captifs aussi avant dans l'intérieur des terres. Les évêques connus de Calama sont :
1 DONATUS ; l'un de ceux qui, en 305, subirent dans le concile de Cirta sous Secondus de Tigsi, alors primat de Numidie, un interrogatoire juridique, au sujet de la tradition des livres sacrés dont ils étaient accusés. Les actes de cette assemblée en font une mention particulière. Et, en effet, il répondit d'une manière amphibologique à la question nette et précise qu'il avait posée : "J'ai seulement donné des livres médicinaux (codices médicinales) " pensant ainsi en lui même d'une façon, et essayant de faire comprendre, ou laissant comprendre d'une autre ; et persuadé qu'il pouvait à bon droit désigner du nom des livres médicinaux, des livres, des écritures où les âmes infirmes et malades pouvaient trouver, et trouvaient réellement chaque jour, des remèdes à leur blessure et à leur maux. Toutefois saint Optat le compte hardiment non seulement parmi les fauteurs des schismatiques, mais encore parmi les traditeurs eux-mêmes : ¨Parmi ceux-là, dit-il, qui, " au moment où les édits impies de Dioclétien furent proclamés en Afrique, livrèrent, par une lâcheté sacrilège, ces instruments divins de la loi, sacrifiant misérablement la vie éternelle aux trompeuses et fugitives espérances de cette vie incertaine et caduque " Au surplus, SECONDUS, qui avait eu le malheur de tomber dans le même crime, ne pressa pas d'avantage Donat ; aussitôt après sa réponse ambiguë, " Passez, lui dit-il, de ce côté " Ce qui équivalait à une absolution de l'accusation suscitée contre lui.
2 MEGALIUS ; celui-ci eu la gloire, en qualité d'ancien ou de Primat de Numidie, de consacrer saint Augustin, en 395, selon que l'illustre évêque d'Hippone l'attestait lui-même dans la conférence de Carthage ; il nous apprend en outre dans sa lettre à PROFUTURUS que, deux ans après, MAGALIUS était passé à une vie meilleure. Quoique D. Ruinart ait pu dire, il n'eut point pour successeur Crescentianus cité par Aurelius dans le concile de 397 ; car le vénérable Aurélius n'appel point celui-ci Evêque de CALAMA, mais seulement évêque du premier siège, Episcopus primae sedis, expression honorifique et appliquée seulement au plus ancien des évêques, seniori ; elle ne pouvait donc, en aucune façon, convenir à celui qui venait à peine de monter sur le siège de Calama, vacant par la mort du saint vieillard Mégalius. Les bénédictins, auteurs de la vie de saint Augustin, placent, quelques mois après la rémunération de ce dernier, l'élévation à l'épiscopat de Calama de st Possidius ; Norisius ne suppose pas que ce puisse avoir été avant l'année 397. A la conférence de Carthage, en 414, Possidius fut un des sept Evêques chargés par les catholiques de défendre leur foi, et la saint unité de leur église contre les attaques ardentes des donatistes ; aussi, après la proclamation de son nom, et au bas de son mandatum il écrivit " j'ai accepté le mandat et j'ai souscrit " Il y avait eu auparavant à lutter contre Crispinus à qui saint Augustin crut devoir écrire ; mais, en 411, il n'existait déjà plus ; Pétilien ajouta, en effet, à la déclaration de Possidius : Crispinus, son compétiteur est mort il y a quelques temps" C'est Possidius qui a écrit le premier la vie de saint Augustin, il survécut par conséquent à l'année 430, devenue à jamais mémorable par la mort de son illustre et très saint ami. Il est lui-même honoré par l'Eglise, et il a été donné pour patron spécial à l'église de la Miarandole ; en 1843, il fut établi premier patron de l'église renaissante de CALAMA par Antonius-Adulphus qui en célébra publiquement l'office sur les ruines de son église qui en tressaillirent.

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RUINES DE CALAMA

CALAMA-KALAMA

             Au milieu du III ème siècle, Calama fut une citée importante puisqu'elle eut des évêques aux même titre que les grandes villes, en particulier à l'époque de Saint Cyprien qui occupait le siège de Carthage.Les actes du concile d'hippone nous apprennent qu'en 394, Mégalius évêque de Calama, était prima de Numidie. C'est lui qui conféra la consécration épiscopale à Saint Augustin.
Auparavant, il avait accusé ce dernier d'avoir donné, sous l'apparence d'eulogie (pain bénit), des maléfices à une femme sous l'ordre du mari de celle-ci qui voulait en être aimé. Cette accusation avait pour but d'empêcher l'ordination de Saint Augustin par jalousie! Megalius, ne pouvant prouver ces faits, se rétracta et demanda publiquement pardon. Sa fonction le contraignit de consacrer Saint Augustin, sous la pression des chrétiens d'Hippone en 395, dans la basilique si célèbre.
Calama possédait plusieurs temples ou sanctuaires, parmi lesquels Saint Augustin célèbre celui du saint martyre Etienne. Les Africains appelaient ces sanctuaires Memoria; et Saint Augustin affirme que, dans le même temps, une foule de prodiges y avaient été opérés par son intercession. A Calama où l'on honorait la divinité terre :
Telluri-Gilvanae et le dieu Gurzil figurant sur une stèle libyque retrouvée par M Halev. Cependant, c'est le saturne romain qui parait être la divinité la plus vénéré puisque c'est à sa gloire que le plus grand nombre de monuments a été érigé dans la région de Sétif. Les dédicaces épigraphiques fort nombreuses dans la région guelmoise et dans la maurétanie témoignent de l'importance du culte réservé à ce dieu des paysans. Neptune, le poseidon grec, le plus volage des dieux, bénéficia aussi d'un culte spécial à Calama; dieu de la mer, on le célébrait le 23 juillet au cours des Neptunalia; l'iconographie le représente barbu, fortement charpenté avec son attribut, le trident Les ruines des thermes de Guelma sont encore imposantes (elles se situaient dans la caserne) mais il est possible d'indiquer d'une manière précise les dispositions intérieures de cet édifice, qui n'a été fouillé que partiellement La construction est fort bonne et peu remonter au II siècle de notre ère; elle est faite en blocage avec des revêtements de pierres de petit appareil et en briques. Certaines parties sont en grandes pierres de tailles (les pieds droits et les arcs de portes principales, ainsi que des chaînes dans les murs. Une grande salle rectangulaire mesure 22 mètres de long sur 14 de large Elle présente deux niches pour statues A une hauteur de 10 mètres de fortes consoles en pierres sont enfoncées dans les cotés longs; elles portaient quatre arceaux qui étaient jetés a en travers de la salle ( deux aux extrémités deux autres au milieu) et qui devaient servir de soutien de toiture. Un étage était ménagé sous le toit, car à la hauteur des consoles, on voit dans les parois une série de trous pour l'insertion des madriers qui supportaient le plancher.Ravoisié croit avec vraisemblance, que cette vaste salle était un tépidarium ( salle à température tiède ). Des portes de dimensions diverses, au nombre de onze, donnaient accès à d'autres pièces ou conduisaient en dehors. Presque toutes ont été bouchées. On ne distingue maintenant qu'une partie des salles de l'est qui sont d'ailleurs remblayées. Les dimensions en sont toutes petites. Elles étaient surmontées d'un étage, dont les chambres présentes des voûtes. A l'ouest, Ravoisiè indique une abside qui occupait peut être le fond du caldarium.( Salles de bains chauds.) Quelques fragments d'une arcade en marbre ont été recueillis autrefois dans cette ruine : les sculptures représentent un buste d'Océan (divinité grecque personnifiant l'eau qui entoure la terre)l , un bassin établi un peu plus au nord, recevait probablement de l'eau froide à laquelle on pouvait au besoin tempérer la chaleur. Au sud est, une ouverture munie d'une vanne servait à l'écoulement du trop plein qui allait se perdre dans un ruisseau voisin. Autour de cette piscine on distingue quelques vagues traces de bâtiments qui ont été probablement remaniés à diverses époques, on y observe aussi, un aigle, et un trident flanqué de dauphins. A l'époque Byzantine les termes dont nous parlons furent enclavés dans la citadelle construite sous l'ordre du général Solomon : Une petite poterne s'ouvrait dans le rempart à coté de l'édifice romain comme l'atteste une inscription " Posticius sub terma concluditur ferro". En conclusion: Les ruines romaines nombreuses dans notre région sont la preuve d'une civilisation avancée, éclatante de richesse et d'architecture.

Source le journal LES ECHOS de GUELMA 300905


Collectif Guelma France 2005