NECROPOLES ET MONUMENTS FUNERAIRES

On a rencontré sur différents points de l'emplacement de Calama, de nombreuses pierres portant des inscriptions funéraires, ainsi que des urnes et à ossements ; il faut donc croire que les morts étaient inhumés partout où il convenait alors survivants.

Cependant il existait un véritable cimetière, que de récents travaux ont mis presque entièrement à découvert. Cette nécropole était à la partie supérieure de la ville, vers l'ouest, et les travaux de nivellement de la rue Saint-Louis l'ont ouvert dans sa plus grande étendue.

Elle consistait en un nombre indéterminé, mais considérable, de grottes creusées dans un tuf peu dur, taillées en voûte, arrondies, de trois à quatre mètres de diamètre, dans lesquels on pénétrait par des portes basses et étroites, un mètre de haut environ et soixante environs de large. Ces caveaux étaient dessinés, sans doute, à recevoir chacun une ou plusieurs familles ; mais comme l'entrée était peu inférieure au niveau du sol, ils ont dû l'être, après l'invasion sarrasine, fouillées et dépouillées : on conçoit, ainsi, comment nous ne les avons trouvés vide, ou, tout au moins, simplement rempli de débris étrangers, par suite de ces atterrissements qui sont exaucé tout le sol de l'ancienne ville.

Mais ce qui rend leur destination non douteuse, c'est le grand nombre d'urnes funéraires contenant des cendres, des ossements, des lampes, les lacrymatoires, entiers ou brisés qu'on a rencontré près de l'ouverture de chacun d'eux.

Cela posé, passons en revue les divers monuments que nous avons pu observer les objets variés qui accompagnaient le mort à sa dernière demeure.

Puisque j'ai parlé d'urnes et de cendres, il est évident que les habitants de Calama avaient la coutume de brûler et d'incinérer leurs morts. Ces urnes, dont j'ai recueilli un assez grand nombre, sont toutes des poteries grossières, de dimensions variables, à une ou deux anses, d'une forme presque toujours commune, manquant d'élégance et indiquant peu de mise de fonds artistique ; à côté de l'urne est toujours déposée une petite lampe de terre, simples ou ornés de reliefs extrêmement variable.

Voici quelques-uns des sujets que j'ai pu remarquer :
Un lion emportant un cheval ;
Une tête de femme ;
Un bélier ;
Un dragon ;
Un cheval libre ;
Un amour ;
Un ange ;
Des ornements de fantaisie, modelage d'inspiration.

J'ai déjà dit que j'en avais possédé deux ornés de croix.
Enfin l'on a trouvé de lampes en bronze : l'une est terminée à la poignée par une belle tête de cheval ; elle appartenait, sans doute à une famille numide.
L'autre, d'un modèle plus grand, était deux becs qui se terminent sous forme de pétales de marguerite ; elle appartenait à M. Graillet capitaine du génie, à la libéralité duquel je dois la première.

Les lacrymatoires sont de petites ampoules en terre cuite, à col allongé, longue de 0 m 08 à 0 m 10. Ils sont beaucoup plus rares que les lampes ; on n'en a trouvé d'entiers, à ma connaissance, que trois ou quatre.

Ces objets sont souvent accompagnés d'un vase qui devait, je pense, contenir de lui pour la langue. Ces vases, de dimensions très variables de formes analogues à celles des urnes, s'en distinguent, cependant, à l'étroitesse de l'ouverture et à un moindre volume.
Quelquefois, mais moins souvent, on rencontre encore une sorte de petite assiette et une tasse, l'une et l'autre en terre rouge.

Toutes ces poteries sont fabriquées avec la même terre argileuse, mais présentent de nombreuses différences quant à l'élégance du travail et à la finesse du grain de la pâte.

Parfois encore on rencontre une pièce de monnaie d'époque, de modules ou de métal variable, mais le plus souvent de bronze.

Enfin on trouve aussi, mais rarement, un petit miroir en acier poli, de 0 m 85 de diamètre, percé sur toute sa circonférence d'une quantité considérable de petits trous qui étaient, sans doute, destinés à le fixer au vêtement des hommes.
Lorsque l'on ouvre ainsi une tombe qui est arrivée intacte jusqu'à nous on voit, en tout ou en partie, les choses que je viens d'indiquer, juxtaposées sans symétrie, le plus souvent brisées et enfouies dans la terre qui recouvrait la fosse.
Il faut fréquemment creuser à plus de deux mètres avant d'arriver aux objets que l'on cherche.

Les tombes et les reliques qu'elles renferment sont ordinairement indiquées par des pierres à inscriptions, lorsque celles-ci n'ont pas été dérangées de leur place.

Ces pierres et leurs légendes sont, comme tout travail des hommes, variables par leur élégance et le mérite de leur exécution, mais elles diffèrent peu quant à la forme.

Le monument funéraire consiste toujours en un cippe fixé en terre dans le sens de sa longueur et laissant voir son inscription au-dessus du sol, à moins que des atterrissements ne l'ait caché en tout ou en partie.

Ces pierres n'offrent souvent qu'une partie épigraphique d'autrefois elles sont ornées de figures en reliefs, de personnages allégoriques, de moulures, d'encadrements, mais il est permis de croire que peu d'artistes de distinctions occupaient de ces sortes de travaux.

Etudes archéologique de Guelma par Eugène Grellois

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